Prologue
Je poursuis ma collection de 200 !
Ce sera mon neuvième sur onze possibles cette année, sans compter les 200 sous zéro auxquels je ne participe pas, pas folle la guêpe !
Plus on avance dans la saison automnale, moins la météo risque d'être favorable. C'est justement cela, le challenge ! Les 200 bornes ne sont plus la difficulté, le froid et le vent s'invitent au party, ajoutant une difficulté supplémentaire à l'épreuve.
Justement ce samedi, il est annoncé une température fraiche de zéro degré au départ, culminant à huit degrés en cours de journée. Et la brise va tournoyer autour des 20 km/h avec des rafales à 35 km/h, youhou, attachez vos tuques !
Voilà un bon défi pour ce brevet Rive Sud du samedi.
D'autant que la veille ne sera pas de tout repos, puisque c'est la fête de ma douce, avec visite de la ville et des restos en grande pompe, vraiment pas la meilleure activité pour se ménager les guiboles et l'estomac !
| Du froid, du vent mais aussi du soleil et de la bonne humeur |
Parcours
St Lambert - St Bruno - Chambly - Tim 104 (CP1) - L'Acadie - Napierville - St Édouard - Tim St Henri (CP2) - Ste Martine - Tim St Constant (CP3) - La Prairie - St Philippe - Carignan - St Lambert (CF)
| Richie, Yvon, Marcus toujours au RV |
Météo
Ciel bleu avec quelques passages nuageux. Vent assez fort de 15 à 25 km/h de Nord-Ouest. Température fraiche entre 0 et 10 degrés, sortir bien couvert !
| Deux comiques à l'orée de la leur carrière |
Date et lieu
Samedi 17 Octobre à 7h, départ de la Voie Maritime de St Lambert.
Participants
20 : Loïc A, Gabriel A, Marc B, Lancelin B, Guillermo C, Olivier C, Yvon C, Richard C, Emmanuel G, Maelle G, Benoit J, Sebastian K, Bertrand L, Michel L, Pascal P, Maxence S, Christine T, William-Henri TD, Thomas V, Daniel V.
| Gaby, Olive, Daniel et Christine, des randonneurs assidus |
Sur la ligne de départ
Météo oblige, j'ai mis trois couches sur le dos pour éviter de geler. Mitaines, cache-cou, cagoule, sur chaussures, le kit hivernal quoi !
Plus d'une vingtaine d'inscrits en théorie, pour ce 200 annoncé pas facile, trois ne viendront pas, sept recrues qui se décomposent comme suit. Deux gars venus de Québec et Matane, un autre duo me faisant penser aux Denis Drolet, la fille d'Emmanuel G dans la jeune vingtaine et enfin deux couraillons inscrits dernière minute, en préparation à un 800 km en Argentine !
Il y a aussi une douzaine d'assidus et irréductibles randonneurs, comme Marc, Olive, Michel L, Loïc, Richie, Daniel V, Yvon, Sebastian, Gaby, Christine et moi-même ! Ceux-là sont des passionnés des brevets.
Explication aux nouveaux, tandis que le soleil se lève doucement sur la métropole. Briefing, photos et c'est parti pour 7h pétantes. Pas de pitié pour les retardataires. Nous laissons Emmanuel et sa fille, encore en phase de préparation.
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| Avé RQ ! Ceusse qui vont souffrir de froid te salue ! |
Étape 1, St Lambert - Tim 104, 43 km
Départ par le même parcours que la sortie de 100 km de la semaine passée, c'est à dire direction plein Est. Le temps d'allumer mon GPS avec le tracé approprié, que ma gang de fous furieux a déjà pris 200 mètres d'avance. Sur le chemin Tiffin, c'est pas mal dur à rattraper, surtout que c'est parti sur les chapeaux de roue.
Km 4, un peu de garnotte sur la Route Verte. Il a plu la veille en masse, le terrain est encore imbibé d'eau. Je dois faire gaffe avec mes tits pneus de 25, comparés à la majorité qui roule avec des largeurs supérieurs sur leur vélo mi-route mi-gravel.
Km 6, je papote avec Marcus, au sujet de nos vies persos, de la gestion du club. Pas assez concentré sur ma route sur ce chemin piégeux, je roule sur une grosse roche. La roue avant passe par dessus mais celle arrière n'apprécie pas du tout le choc, provoquant un pincement de tripe ! C'est aussi avec un pincement au cœur que je constate la crevaison instantanée. Bye bye peloton, qui file droit devant, me laissant seul avec mon flat et mon désespoir.
Pas le choix que de mettre immédiatement à l'ouvrage, pour réparer vite fait, bien fait. Je retourne mon Puma sur la selle et le guidon, je sors promptement le matose du mécano. Les chiens du coin ne tardent pas à me repérer, je dois dégager dans un endroit moins menaçant.
Ceusse qu'on avait laissés derrière, me dépassent par duo. D'abord Maxence et Lancelin, puis William et Thomas, mes fameux Denis Drolet, enfin la famille Germaine, fully equiped and running !
En une dizaine de minutes chrono, le pneu est remis en état de marche. Me voilà dernier du peloton, pas très bon pour le moral, surtout en début de brevet ! Comme elle est ouverte, je pars à la chasse aux autres participants, franchement motivé.
Km 10, Éole va m'aider pour les vingt premiers kilomètres. Je longe YHU, maintenant dénommé MET, le nouvel aéroport de St Hubert ou de la métropole de Montréal. Des avions porteurs de Porter vrombissent bruyamment, s'apprêtant à décoller. Pour moi, ce sera dans un gros mois, vacances vélo prévues aux iles Canaries avec la miss, youpi !
Je continue par St Bruno, passage par les nombreuses pistes cyclables du secteur. Mais qui a donc fait ce parcours, avec toutes ces routes ou on doit ralentir ! C'est Bibi bien sûr, ou avais-je la tête !
Km 22, St Basile, toujours pas de randonneurs dans le collimateur. J'oblique vers l'Ouest, soleil et vent dans la tronche !
Traversée de Chambly, et au km 32, je rejoins enfin mon duo de comiques, Will et Thom Drolet. Je les salue mais ne reste pas à leur allure, trop lents pour Captain Audax, minimum 23 à l'heure requis. Faut pas déconner quand même !!!
Jusqu'au km 40, on circule sur la route pourrie de Salaberry. Point positif, le vent est repassé en notre faveur. Je longeant les méandres de la rivière Acadie, le premier contrôle n'est plus très loin,
Voilà l'intersection avec la 104, assez passagère merci, et son fameux Tim, que je fréquente assez souvent lors de mes balades locales.
CP1 au Tim Horton, km 43, il est 9h09, pause 22 minutes.
Seul Maxence est encore là. Un petit échange de paroles et il repart en compagnie de Lancelin, déjà lancé. Tout le reste de la troupe a déjà foutu le camp vers la prochain destination.
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| Le premier groupe au premier CP |
Je décide donc de prendre mon temps, rien ne sert de courir maintenant. Je n'ai pas la puissance d'un Frédéric Perman pour rattraper ma gang de randonneurs chevronnés.
Commande d'un Timatin œuf bacon sur muffin anglais, avec petit café régulier et roussette au miel. Il était temps d'avaler quelque chose, j'avais les crocs après cet imprévu matinal.
Les Denis Drolet arrivent et cassent la croute. William-Henri et sa compagne Morgane, ont déjà participé à un 200 des 2 Traversiers en 2023, qu'ils avaient terminés en 14 heures, malheureusement hors délai pour être homologués. Will espère effacer cet affront dès aujourd'hui !
| Thomas et William, des bonnes bouilles sympathiques |
Passage aux toilettes pour délestage complet des intestins, ça va beaucoup mieux. De retour dehors, je me réajuste chaudement. En fait, je laisserai mes trois couches toute la journée, préférant être au chaud, même si mouillé à l'intérieur.
Me voilà on the road again, let's go !
Étape 2, Tim 104 - Tim St Henri, 47 km, total 90 km
Ma drôle de paire de chevelus a reclippé avant moi, pendant que je me réharnachais. Je me retrouve bloqué à la lumière de la 104.
Plein Sud maintenant sur le chemin du Grand Pré, bien asphalté avec une tite bande cyclable, pas trop achalandé d'autos en ce samedi automnal.
Je me rapproche vitesse grand V des deux compères. Je me laisse drafter un peu puis je dépasse. J'ai récupéré de l'énergie et me sens d'attaque à continuer solo sur un tempo plus rapido.
Km 50, village de l'Acadie, l'église, sa halte en face, pas d'arrêt aujourd'hui. Puis à gauche sur le chemin des Patriotes, parallèle à la 219.
Je poursuis ma balade, I am a lonesome poor cowboy, anyway, not any choice ! C'est dans ces moments que j'apprécie de la bonne musique entre mes oreilles, ce qui provoque des sécrétions d'hormones du bonheur, bénéfiques à l'effort que je produis.
Je salue le vignoble du Mas des Patriotes, les bornes défilent, pas trop dur pour l'instant. Ça va se corser dans pas long, après Napierville dès le km 66, d'après mes prévisions.
Sur la route 221, le parcours s'oriente plein Ouest puis Nord-Ouest, les pires directions pour progresser contre le vent. L'allure se fait ressentir. Un insignifiant faux plat et me voilà à 18 à l'heure. Il va falloir prendre son mal en patience.
Km 71, bye le grand axe, je déambule à nouveau dans les rangs, voici St Jean puis celui des Sloan. C'est très tranquille, je progresse vers St Édouard et son pitoyable Brosco alias G-Economize de légende, quasiment le seul commerce du village.
Km 80, pas d'arrêt au dépanneur mais plutôt un tit pipi à l'église, histoire de relâcher la tension prostatienne et musculaire, pas mal intense depuis quelques miles.
Décontracté et un tantinet requinqué, je me relance, façon de parler, dans le faux plat vers St Rémi ... à 15 à l'heure ! Et personne devant pour me protéger. Le vélo, école de persévérance et de résilience, cela n'a jamais été aussi vrai. En résumé, y en aura pas de facile et y aura de meilleurs moments.
Km 84, légère courbe vers le Sud, afin de changer le mal de place, le second checkpoint n'est plus très loin. Le décompte kilométrique a commencé, histoire de me motiver. Chaque borne dépassée est une victoire !
Traversée de St Michel, quelques gros culs me frôlent de près, l'accotement étant assez mince, il est vrai.
St Rémi est en vue, beaucoup d'efforts sont dépensés pour l'atteindre. Cependant, le moral est bon et les jambes tournent bien.
CP2 du Tim de St Rémi, km 90, il est presque midi, pause 40 minutes.
Comme au dernier CP, je rencontre Maxence en attente de son pote Lancelin. J'aurais du croiser ce dernier sur la route, mais que nenni, je ne l'ai pas aperçu. Il a dû stopper quelque part et je lui suis passé devant sans m'en apercevoir. Max lui donne encore un peu de temps, puis il va repartir.
Je sélectionne ma pitance, un bon bol de chili chaud, avec pain au beurre, trop dur pour être tartiné. Avec un coke et une autre roussette, ça devrait m'apporter quelques glucides réconfortantes.
| Chili bien chaud pour chiller |
Tandis que je grignote, Lancelin apparait dans le décor. Il se prend un wrap qu'il dévore en ma compagnie, nous faisons connaissance. Il me fait penser à mon fiston Jacques-Antoine, celui-ci vivant en Belgique, même forme de visage, même look, même gouaille de français !
Lancelin, prénom original, est au Québec depuis quelques années. Il vit à Matane, région de Gaspésie, qu'il adore. Il aime la nature sauvage, ce qui change avec ce qu'il voit aujourd'hui, beaucoup de trafic, me dit-il. Avec son chum Max, ils se sont lancés le défi de rouler ce 200 à Montréal, résultat d'une recherche sur l'IA, la techno a parfois du bon, comme le nom de famille de Lancelin !
Il a contracté une crampe depuis ce matin, il n'a pas de lumière pour la nuit qui va arriver tôt en ce jour de mi-octobre. Mais il a un cœur gros comme ça, du haut de ses 25 ans, et l'insouciance de sa jeunesse. C'est beau de voir ça ! Terminera-t-il le brevet, réponse dans quelques heures.
| Lancelin Bon de Matane, le clone de mon fiston |
La paire des DD arrive à son tour. Nouveau brin de jasette avec eux, je leur fais remarquer leur ressemblance avec les comiques québécois, ce n'est pas la première fois qu'on leur signale. Will est très jovial et souriant, tandis que Thomas est plutôt bougonneur, mais sympa tout de même.
C'est rafraichissant de parler avec cette génération de trentenaires, avec la vie devant eux.
Bon, ce n'est pas avec toute cette socialisation que je vais faire tourner mes roues. Je me fais donc violence, et récupère ma monture qui m'attend accotée au Tim. Mon pneu arrière regonflé avec ma mini pompe ce matin, a l'air ... de tenir le coup !
Le soleil sort le bout du nez, ses faibles rayons me caressant les joues, c'est le moment ou je me remets en route.
Étape 3, Tim St Henri - Tim St Constant, 50 km, total 140 km
Sortie du bled par la 219, je réchauffe la machine.
En jasant ce matin avec Richie, celui-ci m'a mentionné qu'il y avait un bout de route en travaux entre St Rémi et Ste Martine. Persuadé que c'est le segment indiqué en pointillé sur Ride with GPS, je décide de faire le tour par la 209 puis la 205. En fait, c'est le tracé initial réalisé l'an passé, Marcus l'a changé dernière minute, sans m'en faire part, le petit vlimeux !
Pour faire une histoire courte, il n'y aura aucune construction à cet endroit, le hic étant localisé à Ste Martine, avec un morceau de piste en réfection, justement évité par le tracé du brevet.
Du coup, me voilà parti sur la belle 209, vent de côté, bien propulsé sur sa bande cyclable, excellent pour digérer en toute quiétude.
Km 101, virage à droite sur la 205, au niveau de la Pataterie. J'en profite pour mettre les lunettes de soleil, Galarneau devenant trop ardent pour mes yeux fragiles de sexygénaires !
J'attaque une longue ligne droite vallonée. C'est bien mieux ainsi, le vent de face se faisant moins sentir.
Je traverse St Urbain Premier, ou les fanas d'Halloween ont mis le paquet sur la décoration ! Il y a même un détecteur de présence qui déclenche une bande son inquiétante à mon passage, j'ai presque peur !
| Scène de peur à St Urbain |
Cinq bornes plus loin, je retrouve le parcours officiel rejoignant Ste Martine. Je constate en effet que la piste au niveau de la Halte de la Gare est barrée. Pause pipi tout de même.
Je dépasse l'IGA, ou Maelle la fille d'Emmanuel, devra abandonner à cause d'un genou douloureux. Bravo à elle, les conditions venteuses sont effectivement difficiles pour un premier 200.
Au km 115, je regagne la piste du Roussillon, à l'endroit ou les travaux finissent, une chance ! Un beau ruban d'asphalte de seize bornes va se glisser sous mes pneus, balayé latéralement par Eole, qui s'en donne à cœur joie sur cette portion champêtre découverte.
On traverse des haltes équipées de kit de réparation pour vélo et station de gonflage, ou j'aurais pu remettre de l'air dans ma chambre. Le temps que l'idée me monte au cerveau, j'ai largement dépassé le spot. Trop tard, Edouard !
Les éoliennes tournoient allègrement à mon passage, comme pour me saluer, tels les moulins de Don Quichotte de la Mancha !
Km 132, St Régis Sud m'emmène à présent vers la civilisation de St Constant. Trois bornes plus loin, un gardien des cônes oranges me demande de faire le tour par l'Est par la montée Régis.
Qu'à cela ne tienne, tous les chemins mènent au Tim Horton, c'est bien connu.
CP3 du Tim de St Constant, km 140, il est 15h10, pause 30 minutes.
J'accoste mon bécyk dans la sacro-sainte institution des familles et des retraités, fort achalandée en ce samedi de magasinage. Y a peu de monde au comptoir, je me dépêche de commander mon tit café un un avec deux beignes bien sucrés.
Une fois de plus, je rejoins Maxence à sa table pour tailler le bout de gras, autre référence à Don Quichotte ... Le gars au beau vélo carbone S-Works, attend son pote Lancelin, encore perdu dans la pampa, mais il n 'est pas pressé.
Max me fait part de son projet vélo Québec-Matane, 400 bornes en 16 heures. Il me parle aussi d'une possible TCR, Trans Continental Race ! Wow, sait-il dans quoi il s'embarque, un raid d'environ 4000 kilos, juste un zéro de plus que son Québec-Matane !
Je lui propose plutôt un petit PBP en 2027, ce serait un bon palier de progression, avant de traverser le continent européen. Français, originaire de Bourges, dans le Cher, il va y réfléchir.
| Maxence de Québec attend son pote |
Quelques cyclos et cyclotes habillés en couleur pastel, viennent également se réchauffer dans ce temple du kawa aseptisé. C'est vrai que le mercure est encore bien bas en cette heure de la journée.
On jase, on jase et une demie heure est facilement passée. Je salue Max, et peut-être à bientôt, lui qui roule à vive allure sur son rapide destrier.
Quant à moi, je dit hue à Rossinante, encore un clin d'œil à qui vous savez !
Étape 4, Tim St Constant - St Lambert, 60 km, total 200 km
Regonflé en sucre one more Tim, je repars vent en poupe, sur la piste cyclable longeant le fleuve, que je connais par cœur. En effet, mon condo est à moins d'une heure de pédalage, j'ai pourtant encore soixante kilomètres à accomplir. Autant dire que je vais faire quelques détours avant d'interpréter le home sweet home !
Km 146, quittant l'eau, le parcours s'insinue dans La Prairie, par un dédale de cordons cyclables, traversant parcs et cités résidentielles. Diantre, qui a donc fait ce tracé en forme de labyrinthe. Je crois me souvenir ...
Km 152, je retrouve enfin la cambrousse, après le franchissement de la 30, direction St Philippe. Le vent est toujours mon allier quand je repique vers le Sud aux alentours de 16h30. Le soleil commence à perdre de sa luminosité, les ombres s'agrandissent sur les bas côtés. Encore deux heures de jour, et je serai plongé dans l'obscurité. Le final risque de se rouler aux loupiotes.
Km 160, St Philippe, dernier stop propice au ravito. Refill d'eau dans le bidon, tortillons de fromage salé, et un Pepsi pour le sucré.
Encore quelques kilomètres à traverser la campagne montérégienne, au coucher du soleil, avec la métropole en toile de fond, en totale harmonie physique et mentale sur mon bécyk à pédales. En un mot, c'est le bonheur à son paroxysme. Je savoure ces moments de solitude bienfaisante.
Km 172, pause photo avant que l'astre solaire ne passe derrière l'horizon, juste pour ne pas oublier cet instant de joie de vivre, et le garder dans ma collection de milliers de souvenirs issus de mes aventures à vélo.
| Au crépuscule du jour, je rentre au bercail |
Km 180, le soleil s'est couché lorsque j'atteins Carignan. Dernière pause sur une table avant le rush final, je grignote mes tourillons en avalant quelques gorgées de Pepsi. La température se rafraichit mais je ne ressens toujours pas le froid, trop bien habillé de la même panoplie de la journée, merci à mon équipementier !
La fin de la ride est une formalité sur la Route Verte dans la forêt. Le vent de Nord-Ouest a plié bagage, c'est donc sans difficulté que je déroule la dernière ligne droite de dix bornes de piste traversant St Hubert jusqu'au boulevard Edouard puis Churchill, à la lueur des lampions.
J'arrive sur Victoria en passant le km 200. Le Esso du contrôle final se situe à un kilomètre sur ma droite. Mais je préfère rentrer direct chez moi à deux bornes d'ici, je vire donc à bâbord.
Il est presque 20h, j'ai le sentiment du devoir accompli, pas la peine de forcer mon talent. De toute façon, il ne doit plus y avoir de randonneurs au checkpoint. Tout le monde a dû rallier le final, être douché, à dévorer un bon repas !
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| Les premiers à l'arrivée |
Mes quatre recrues du jour finiront une heure trente après moi, et groupées en plus de ça ! Bravo à eux, à ces jeunes remplis de volonté et de persévérance. Bel esprit d'équipe, mention spéciale à Max, Lancelin, William et Thomas !
Statistiques
Résultat des 20 participants:
8h11 - Richard C, Sebastian K, Daniel V.
9h15 - Loïc A, Bertrand L.
9h30 - Gabriel A.
9h59 - Marc B, Guillermo C, Olivier C, Yvon C, Benoit J, Christine T.
10h17 - Michel L.
11h10 - Emmanuel G.
11h57 - Pascal P.
13h14 - Lancelin B, Maxence S, William-Henri TD, Thomas V.
Abandon de Maelle G au km 113.
Épilogue
Chaque brevet apporte son lot d'aventures.
Ce matin, je n'avais pas prévu de crever six kilomètres après le départ, largué par mes potes, me retrouvant livré à moi-même pour le reste de la journée.
Il faut s'adapter aux circonstances, et gérer le moment présent.
J'ai pourtant vécu une belle journée, côtoyant à chaque contrôle, cette bande de jeunes. Ils font tellement plaisir à voir aller.
C'est certainement la relève de notre sport. Je m'aperçois qu'ils sont animés par la même motivation que j'avais à leur âge.
Le vélo est une belle école de volonté, de camaraderie, de découverte des lieux de nature, de découverte des autres et de soi-même.
Tout compte fait, j'ai bien envie de me faire tatouer un vélo sur le cœur, depuis le temps que ça me tente.
À la prochaine, pour écrire un nouveau chapitre des aventures de Captain Audax !
Vive le CVRQ !














