samedi 11 mai 2013

Les difficultés commencent : 1er brevet de 300 km

Lever à 4h30 après une nuit un peu agitée, ça me fait toujours ça la veille des brevets, une petite excitation est toujours perceptible, ma foi, faut que j'apprenne à me relaxer. Déjeuner que j'essaie de faire copieux mais ça ne passe pas trop ce matin, alors rentre ce qui peut. En regardant la météo, le temps est vraiment a la pluie, on va vraiment en bouffer alors autant se préparer mentalement, plus question de reculer. Le materiel et le bonhomme est prêt à en découdre. Départ pour le rassemblement de la voie maritime a 5h30 par Victoria, la pluie commence a s'égoutter sur mon équipement, ça promet.



9 participants au départ incluant Jean le photographe, chacun s'est soigneusement équipe pour la circonstance, voir photo. Et c'est parti pour une journée de dur labeur. 3 sont déjà partis comme des fusées, Fred, Marcel et Simon mais cet dernier fait demi tour car il a oublié quelque chose, en fait il changera sa position de selle et on le reverra de temps à autre tout au long des 300 bornes. Un groupe se forme avec Marc, Yves et René, déjà présents au 200, c'est le groupe auquel je m'étais accroché et qui semblait rouler plus vite que moi. Il y aussi Jean et Martin qui seront avec nous par portion, Jean n'a pas l'air aussi saignant que d'habitude, Martin écrase toujours les pédales, impressionnant. Nous roulons sous la pluie incessante en groupe de 6 jusque Ste Césaire km 54, essuyant averse sur averse, il va nous pousser des nageoires si ça continue de la sorte ! Les 2 autres du brevet doivent être loin devant maintenant, en route pour un nouveau record peut être.

Pause brève au Bonisoir, pipi et banane, et c'est réparti par la piste cyclable qui roule bien, direction Granby, la pluie continue par intermittence et cessera en attaquant les premiers reliefs de notre parcours du côté de Bromont. Le soleil fait même son apparition et nous ôtons les imperméables, histoire d'avoir moins chaud dans les raidillons peu avant Lac Brome, lieu du 2ème contrôle, km 115. Nous retrouvons Jean et Martin partis en éclaireur et nous cassons la croute ensemble sur les tables a picnic de l'IGA, nous séchons nos os humides.



Les hostilités de la journée ne sont pas terminés et nous continuons par la 243, route que j'aime bien même si assez fréquentée, ça passe par le Bolton pass puis des côtelettes    à répétition jusque Mansonville, maintes fois traversé dans d'autres brevets. La forme est plutôt bonne, les jambes répondent bien et notre petit groupe de 4 s'entend a merveille, nous nous attendons mutuellement et je pense que nous irons au bout ensemble sauf incident. Arrive le morceau de résistance du 300, la côte de Scénic longue de 2 bornes avec ses pentes à 15%. Quelques minutes plus tard, ce n'est plus qu'un mauvais souvenir et nous filons plein nord jusqu'au 3ème contrôle de Sutton et son IGA point de contrôle, km 180.

Nous retrouvons encore nos acolytes, le duo infernal, nos poissons pilotes, Jean et Martin terminant de se restaurer, ils repartent sans nous attendre. Requinqués, nous reprenons aussi la route, j'ai toujours la frite et je mène la cadence plus souvent qu'à mon tour dans cette portion, retrouvant la pluie et une bonne ondée à hauteur de Cowansville, super on commençait à s'ennuyer de la flotte ! La bonne rincette est de courte durée et nous retrouverons quelques gouttes seulement en fin de parcours. Après Dunham, nous remontons plein nord vers Ste Césaire et le vent défavorable nous accompagne, nous enchaînons les relais mais notre moyenne descend un peu et on serre les dents pour rejoindre l'ultime contrôle km 265.

Pour moi, le mal entre les omoplates est revenu, fais chier d'autant que les jambes tournent comme une horloge suisse, c'est vraiment rageant. Nous rencontrons, devinez qui, au Tim de la 112 champ de mines, les inévitables Martin et Jean, celui ci semblant en avoir plein les bottes. Collation rapide et c'est ensemble que nous repartons, installant nos lumières et nous habillant plus chaudement en prévision de la chaleur déclinante de ce début de soirée. Le vent est toujours in the gueule sur l'atroce 112, les relais sont donc effectués et chacun apporte sa contribution, surtout nos deux locomotives, Martin et Jean, pas si nase que ça. A la brunante, nous atteignons les faubourgs de la rive sud, un sprint s'organise dans le groupe car nous voulons arriver avant les 21 heures pétantes, histoire d'avoir un beau 14 heures et queuques sur les résultats du site du CVRM !

Mission accomplie après la course dans les nids de poules de Victoria, nous faisons étamper notre carte de route a 20h59 ! Yes, du 25 a l'heure en moyenne roulée ! Congratulations puis dispersion du groupe uni pour la journée, merci les gars de votre solidarité, un pour tous, tous pour un, j'aime ça ! Retour à mon condo pour une douche réparatrice, ah que j'aime l'eau ! Puis délassement des épaules, éfoiré dans mon sofa, devant la TV et les efforts des pros du Giro d'Italia, ah que j'aime ça le vélo ! Prochain brevet, le 400, plus motivé que jamais, ah que j'aime ça les brevets !

Téléphone a ma cocoon pour lui donner des nouvelles de ma performance dont je suis fier, j'ai tenu le choc pendant 300 bornes avec un groupe du CVRM, l'entraînement a payé. Et zou au pieux pour un repos du guerrier bien mérité.

samedi 4 mai 2013

1er brevet officiel : le 200 km

Réveil matinal en ce samedi ensoleillé, la journée s'annonce belle et agréable pour le premier brevet de 200 km organisé par le CVRM. Douche, déjeuner copieux en prévoyance des efforts à venir, préparation du matériel avec les gestes déjà plusieurs fois répétés l'année dernière, mon année d'initiation aux brevets randonneurs au Québec. Cette année, je me suis entraîné tout l'hiver sur un traîner Tacx, environ 2000 bornes somme toute théoriques, mais j'ose espérer que mes progrès seront sensibles par rapport à l'an passé, l'ambition de gagner des minutes voir des heures sur mes temps précédents, ce ne sera pas dur vu que j'avais mis la barre pas mal basse, entre 10 et 11 heures pour un 200, résultats de 2011-2012. De plus, j’ai un peu amélioré ma bécane, en changeant les roues, plus légères avec des pneus de 25 au meilleur rendement, une magnifique selle Brooks en cuir, idéale pour se former à notre anatomie si différente d’une personne à l’autre et enfin une roue libre plus compacte pour ajuster finement la cadence de pédalage au relief de la route.

Vers 6h30, je quitte mon condo de St. Lambert pour pédaler jusqu’au stationnement de la voie maritime, mon fréquencemètre déconne a plein tube, ça monte à 217 pulsations, je sais que je suis un peu anxieux mais faut pas pousser quand même, doit y avoir des problèmes de contact, de batterie ou d’interférence, il se calmera au départ. Les 30 participants annoncés sur le site CVRM s'avèrent exact au rendez-vous, avec cette superbe météo, il y a du monde qui veulent se faire tanner le cuir et durcir les jarrets et moi le premier ! Salut à quelques connaissances, Harald l'allemand, David l'albertain, présent au populaire de la semaine passée avec son vélo de vrai cyclotouriste, les autres engins sont plus des cyclo-sportifs plus légers et plus véloces. Une participante a des problèmes avec son pneu et Jean en bon samaritain, s'affaire à la dépanner glorieusement ! C'est déjà l’heure du départ, alors vite la photo panoramique de Jeannot, quelques consignes aux néophytes pour le déroulement d'un brevet et le départ est donné avec 5 minutes de retard, grrrr va falloir mettre les bouchées doubles pour rattraper ça !


C'est parti à allure respectable dans les faubourgs de la banlieue rive sud, attention aux nids d'autruche sur Victoria mais on a l'habitude, vive le Québec ! Après Taschereau, nous voilà dans la campagne et la vitesse augmente, et comme par magie, les cyclos s'éparpillent dans la nature par groupe d'allure similaire. Je me retrouve dans un des groupes de tête à ma grande satisfaction, je vais essayer de m'accrocher le plus longtemps possible, cela va donner un bon coup de pouce à ma moyenne horaire. Faut dire que le vent n'est pas très fort, entre 5 et 10 a l'heure avait prédit Météomédia et c'est effectivement le cas. Le seul vent que l'on rencontre est celui provoqué par la résistance de l'air quand on roule entre 30 et 35 à l'heure. Nous sommes 6 à pédaler joyeusement sur de belles routes dans le jour qui s’éveille, se relayant par 2 de front, le trafic n'étant pas trop intense. J'essaye de contribuer comme je peux, mais les gars avec moi ont l'air plus costauds et il me faut appuyer sur les pédales pour maintenir un bon rythme. Nous rattrapons Harald, largué d'un gruppetto précédent qui l'ont rejeté, le vélo est souvent impitoyable et dur pour l'estime de soi lorsqu'on ne tient pas le rythme.

Nous ne tardons pas a rallier le premier contrôle de St. Cyprien, km 41, et son Shell classé monument historique par le CVRM. La moyenne au Garmin avoisine les 30, tout a fait respectable pour moi, merci les gars, je n'en espérais pas tant. On tamponne, on pisse, on avale un petit quelque chose comme source d'énergie et je repars seul car j'ai décidé de ne pas trop m'arrêter aujourd'hui, le mot d'ordre est gain de temps au max, de toute façon les autres me rattraperont, c'est certain.

Je continue de filer plein sud, un groupe de 3 cyclos me dépassent, je m'accroche sur quelques kilomètres mais le rythme est un peu trop vite dans les faux plats, je décroche sagement. De toute façon, tout seul je roule déjà bon train, alors ne forçons pas et gardons en sous la pédale pour la suite vallonnée que je connais bien, ah le mental ! Le groupe de 6 de tout à l'heure me rejoint lorsque nous entamons la direction ouest, en avant toute vers la montée de la Covey Hill. La route en tôle ondulée commence a secouer notre escadrille et après quelques raidillons, nous nous retrouvons a 2 distancés par les autres qui s'éloignent inexorablement, le vélo est souvent impitoyable ... bla bla bla, fait chier !!!

Pas de panique, le rythme est quand même bon avec mon nouveau compagnon de route Jean Cardin. Son nom me fait penser au couturier français, mais ce n’est pas lui, c’est un gentil père de famille qui me raconte les exploits de sa fille qui s'est mise à la compétition, et dans la conversation, nous avalons les bosses sans nous en apercevoir. La côtelette vedette de la journée pointe le bout de son sommet au loin, va falloir passer à travers et je renseigne mon compagnon sur les caractéristiques techniques de l'ascension, attention le dernier raidillon est a 14%, je le sais, j'ai testé pour vous ! Je lui ai dit que je l’attendrai en haut car c’est la première fois qu’il fait ce parcours et moi la 5éme fois alors je lui servirai de guide. Arrivé au sommet passé à la moulinette, un cyclo me rattrape en fixie, c’est Simon qui a sorti son vieux bazou, histoire de mieux se faire mal aux pattes, sacré Simon. Jean lui emboîte le pas puis nous continuons le long faux plat descendant puis la descente sur Franklin à vive allure. Dernier droit par la 209 jusque St Antoine a fond les ballons, ça sent le casse croûte !

Boulangerie Chartrand, km 105, lieu du 2éme contrôle, coin rempli de délicieuses pâtisseries toujours bienvenues pour se bourrer de sucre, je prends une tartelette aux fruits, un bagel à la crème arrosé d’une limonade maison et bien fraîche, je me régale. Quelques cyclos des premiers groupes sont encore là à discuter et se prélasser au soleil. Pour moi, ce sera 30 minutes d’arrêt, pas une minute de plus. Ça tombe bien parce qu’un groupe d’une dizaine de cyclos se remet en route et nous partons donc ensemble. C’est à ce moment que nous voyons arriver Jean et Martin pour leur halte restauration, pas mal retardés par leur dépannage matinal.

C’est reparti à bonne allure, la vitesse d’un groupe avec peu de vent présent, ça aide à aligner les kilomètres. Des appels téléphoniques retardent 2 de nos comparses et le groupe fait halte pour rassembler les troupes. Ça repart de plus belle et le rythme ne faiblit pas dans les faux plats aussi je décide de décrocher et de rouler à mon rythme sur les derniers 20 kilos qui nous emmènent au dernier check point km 165. Entre temps, je rattrape à nouveau le groupe qui a fait encore halte car Raymond a besoin de manger quelque chose car il a les jambes molles. Je continue à mon tempo et le gruppetto me re-dépasse, sans Raymond.

St Cyprien est atteint tranquillement, certains se sont arrêtés au Shell pour l’étampe, je décide d’aller directement au coin Douglas, c’est pareil pour le contrôle, c’est bien connu par les membres du CVRM, surtout pour ses fauteuils en cuir. J’aperçois des gars du groupe des rapides, Rémi et sa gang. Je croise aussi Harald et Simon qui repartent chacun en solo à quelques minutes d’intervalle. De mon côté, je pointe, je m’enfile une crème glacée avec un pepsi pour me désaltérer au max, faut dire qu’il fait chaud aujourd’hui et je pense avoir attrapé des coups de soleil sur les mollets. L’arrêt est encore une fois limité, en tout et pour tout, je me serai arrêté à peine une heure, ce qui est un exploit pour moi qui aime prendre ça relaxe, mais c’est incompatible avec la recherche d’un bon temps, à moins de rouler à 40 de moyenne !

Il me reste donc une quarantaine de bornes à faire en solo, avec un petit vent légerement défavorable mais la moyenne ne s’en ressent pas trop, les bornes défilent au son de mon ipod bien branché dans les oreilles, au diable la police ! La musique me motive bien et quand on se retrouve seul, c’est bien agréable. À St Philippe, je vois un cyclo au maillot rouge se rapprocher à vitesse grand V, c’est Martin en solo qui en termine aussi. Bientôt c’est Taschereau et le trafic de la banlieue, Pelletier et enfin le champ de mine de Victoria, avec un œil rivé sur mon Garmin qui me prédit un temps inférieur à 9 heures, youpi, mission accomplie.

La gentille madame du Couche Tard de St Lambert inscrit 15h50 sur ma carte de route et j’en suis fier, temps de 8h50 (moins 5 minutes ;-) presque 27 de moyenne, c’est ma meilleure perf à vie. L’entraînement a fini par payer, les jambes ne ressentent aucune fatigue, pas de mal à la selle, seul ce maudit mal aux épaules subsiste, peut-être un problème de position. Je remercie également les différents groupes qui m’ont emmené sur différentes portions du parcours, sans eux je serai au dessus de 9 heures, c’est certain. Il ne me reste plus qu’à rentrer chez moi par Victoria ou je croise Raymond qui en termine à son tour. La semaine prochaine, ce sera le 300 km, espérons que la météo sera aussi clémente, les cyclos aussi sympas et l’allure aussi bonne et je serai un homme heureux ! Enfin merci aux gentils organisateurs qui mettent ces événements sur pied pour le bonheur des joyeux pédaleurs que nous sommes. À la prochaine donc !

PS : message à Marie Claude Dumais : bravo pour ton récit qui m’a fortement ému et chapeau pour ta performance au brevet populaire. Si tu veux rouler avec du monde de ton allure, va plutôt voir des clubs genre Explotour plutôt que le CVRM qui demande de bouffer des kilomètres à vitesse élevée !

Suite de ma vie privée non diffusée sur le site de CVRM. Je rejoins mon condo, envoie un texto a Véro pour lui dire qu'elle peut venir avec Alex pour 17h30 et téléphone a ma cocoon pour lui raconter ma journée et ma performance. Douche et un peu de tour d'Italie en attendant Véro et Alex qui reviennent du parc de Verdun assez tardivement. C'est donc vers 19h30 que nous allons au pizza hut pour nous remplir la panse d'une pizza, assez original n'est ce pas ! Texto de Pauline pour confirmer le brunch de demain matin aussi je dois faire un peu d'épicerie et Véro se propose de nous emmener chez Métro pour acheter de quoi pour demain. Dispersion vers 21h30, dodo du chou et moi un peu plus tard après cette journée bien remplie. 

samedi 27 avril 2013

1er brevet de l'année : le populaire de 147 km

Réveil a 7h sans pression pour le premier brevet 2013, 145 km au programme, une belle journée s'annonce et plus de 2500 kilomètres dans les jambes, cela devrait aller sans problème. Déjeuner avec café, toasts au nutella, banane et Marielle se lève aussi pour participer a cette joyeuse pédalée. Pour 8h30 nous rejoignons la gang par Victoria et retrouvons des visages familiers. Prise des cartes, quelques bonjours par-ci par-la et c'est le moment du départ avec la photo souvenir et les consignes de Jean pour les néophytes car nous sommes plus d'une vingtaine.



Pour 9h03, nous partons en peloton, le rythme est vif mais pas violent ce qui permet à tout le monde de rester dans le paquet. Des nouveaux avec lesquels je fais connaissance, Olivier un français qui a l'habitude des brevets en France, ayant déjà fait PBP en 2011, ça peut être intéressant de le côtoyer. Il y a aussi un gars barbu de l'Alberta avec son vélo de cyclotouriste pur et dur et une jeune femme nommée Marie-Claude sur son nouveau vélo Canondale pas de clip toute guillerette et motivée, enfin il y a le couple Perman, Frédéric et Catherine, le premier pour faire un sprint sur ce mini brevet et l'autre qui va tenter de faire mieux que l'année passée (8h50) mais qui s'est bien entraînée cette année et elle devrait faire mieux sans problème. A la sortie de la civilisation, les groupes se forment, en tête les torpilles suivies d'un premier groupe qui roule a 30 suivi d'un deuxième qui oscille a 27, c'est dans celui-la que nous évoluons car Marielle a sympathisé avec Catherine et elle veut l'attendre, tant pis pour mes ambitions de rouler fort, nous jouerons les bons samaritains. 

Après 40 km, nous bifurquons a gauche et faisons une pause pour regrouper les effectifs, c'est a ce moment que Jean et Martin nous rattrapent nous signalant une retardataire, la pauvre Marie Claude sur son vélo pas de cale qui pédalera seule toute la journée et nous écrira un récit fort émouvant a ce sujet. Le groupe est composée de Marielle et moi, Catherine, le couple des trop habillés Ginette et David Bilodeau, Raymond le professeur vélo, ainsi que Jean et Martin qui nous accompagnent un bout. L'allure est bonne et avoisine les 26 a l'heure, je roule en dedans et je me sens bien. 


Pause repas a St. Paul au noix km 65, les groupes se retrouvent mais le premier repart avant nous. Chips, banane, sandwich pour recharger les accus et c'est réparti avec notre petit groupe de 6 a divaguer a travers la campagne ensoleillée et peu ventée, ce qui nous fait arriver au dernier contrôle motel Dagleuse ou toute la gang se trouve encore réunie sauf les 3 fusées du départ. Coke, friandises au chocolat et le groupe réuni repart, j'ai a peine le temps de remettre les écouteurs sur mes oreilles et mes gants que l'allure vive est déjà repartie. 

Nous suivons le paquet emmené par Jean et nos féminines ont du mal a accrocher les wagons sauf Marielle qui a l'air d'en avoir encore dans les jambes. Nous perdons donc Catherine et Ginette qui resteront derrière accompagnées de leur chevalier servant David et Raymond, nous avons l'esprit tranquille et nous pouvons continuer de suivre nos guides qui filent à plus de 30 a l'heure. C'est Jean qui mène la danse, de temps en temps relayé par Philippe. En arrivant sur St Philippe, Jean décide d'en remettre une couche et nous roulons a 40 a l'heure et il ne me décroche pas, je suis bien en jambe et bien calé dans ses roues, il ne me larguera pas aujourd'hui, c'est même moi qui en rajoute une couche en prenant le relais ! Je suis ben content de mon état de forme, l'entraînement finit par payer. Dans la bagarre, nous avons rattrapé Clément et largué Marielle qui navigue quelques centaines de mètres derrière et qui m'engueule de ne pas l'avoir attendue. Je m'excuse comme dirait Chouchou mais je m'amusais avec Jean, les derniers kms a allure vive lui ont été fatal, plus d'essence dans le réservoir ! 

Nous retrouvons Taschereau et la banlieue achalandée, derniers droits jusque l'ultime contrôle Uniprix. Le groupe précédent est arrive seulement 5 mn avant nous, bel effort les gars, 6h16 record battu d'un quart d'heure par rapport a l'année dernière. Vite une boisson bien fraîche, on discute un peu sur notre belle journée de vélo et c'est la dispersion. Catherine et compagnie arriveront 20 mn après nous. 

Nous regagnons le condo, texto a Véro pour 18h, douche, relaxation et retour Verdun dans le trafic de Champlain en travaux aux beaux jours. Dépose de ma cocoon et je file chercher Alex qui a fait du vélo aujourd'hui avec sa mère jusqu'au vieux port. Retour rive sud par Victoria, nous regardons la fin de Rango en mangeant pizza et cantaloup puis dodo pour Alex et tour de Romandie pour moi. Puis zou au lit pour moi après cette journée d'effort, chus ben content.

samedi 30 juin 2012

Le premier 400 de ma vie

Prologue

Nouvelle journée de défi aujourd’hui, affronter 400 km à vélo en une seule étape et sans dormir ! C’est la plus grande distance que j’ai jamais réalisée et cela fait longtemps que je m’y prépare psychologiquement. Physiquement, je pense être prêt puisque j’ai parcouru 2500 km depuis le début de la saison cyclo (soit début avril) et j’ai plutôt bien passé le 300 de la semaine dernière sans mal aux jambes, les seuls soucis avaient été la selle et surtout les cervicales assez douloureuses à l’arrivée. Couché tôt la veille et les jours précédents pour accumuler du sommeil, je me réveille vers 3h15 du matin, ayant bien dormi et étant assez relax malgré l’angoisse de l’inconnu. Ma chérie, qui dort à mes côtés et qui va m’accompagner sur une partie du parcours, a choisi de se réveiller plus tard car elle a horreur de se lever tôt et même de se lever tout court. La décider pour ce genre de folie a été tout un exploit et il a fallu que je travaille fort pour qu’elle me fasse plaisir: je l’en remercie d’ailleurs ! Préparation aux aurores car dehors il fait nuit, c’est la routine de l’avant brevet, douche, déjeuner, vérification des affaires à emmener sur le vélo. Ce coup-ci, j’ai décidé d’emporter le strict minimum dans une sacoche centrale sur le porte-bagages, une belle sacoche toute rutilante de chez MEC. Aussi mes 2 grosses sacoches latérales du 300, beaucoup trop chargées de choses inutiles, resteront à la maison pour aujourd’hui et ne se délaveront pas sous le soleil prévu par Météomédia en cette chaude journée d’été. Que voulez-vous, on apprend de ses erreurs et il faut trouver des solutions. 

Samedi 30 Juin 2012

À 4h30, je suis sur mon vélo avec une lumière clignotante à l’arrière dans le jour naissant, j’emprunte Victoria pour rejoindre St Lambert downtown et le point de ralliement du brevet. 8 randonneurs sont prévus pour aujourd’hui et une belle fébrilité mêlée de bonne humeur est présente au sein de cette petite communauté de sportifs qui savent qu’ils vont réaliser une épreuve qui n’est pas à la portée du premier cyclo venu. En effet chacun s’est préparé à sa façon mais nous savons tous que les maîtres mots pour la réussite de ce périple sont la pratique et l’accumulation de kilomètres des semaines précédentes. Jean distribue les ordres de mission pour chacun puis nous nous rassemblons par la rituelle photo de départ. 

À 5 heures pétantes, je m’élance derrière 2 cyclos qui ne tardent pas à me distancer rapido-presto, il s’agit de Sylvain et René qui ont des ambitions d’horaires vraiment ambitieuses, faire moins de 16 heures ! Je ne m’en fais pas car Marielle m’attend au Tim de Brossard (km 5), elle est réveillée mais ses yeux sont encore endormis, je le vois bien ! Elle va rouler avec moi jusqu’au km 170 pour m’accompagner et m’aider au besoin à prendre des relais si les conditions venteuses se mettent de la partie. En plus cela me fera de la belle compagnie ! Nous roulons à bonne allure avec vent favorable pour le début et nous sommes rapidement rejoint par Raymond puis Martin et Jean que nous suivons sur quelques kilomètres. Mais le rythme soutenu est un peu trop rapide pour nous 2, surtout pour Marielle qui a moins de kilométrage que moi, aussi nous préférons réduire la cadence et rouler à notre allure qui est plus confortable. Les autres participants sont tous des machines, la plupart ont fait cette année plusieurs 200, 300, 400 et même un 600, alors un 400 de plus ne leur fait pas peur et leur défi est non pas de terminer mais d’essayer de faire mieux que la dernière fois ! Moi je n’en suis pas là (dans 2-3 ans peut-être ?), mon objectif est d’arriver peu ou pas crevé comme le préconise l’éthique des brevets randonneurs mondiaux ! Nous dépassons Chambly (km 25) et attaquons la descente vers le sud et sa frontière par les petites routes tranquilles de la Montérégie. Dans la petite commune du Mont St Grégoire (km 50), nous faisons une pause grignotage (banane et barre céréale) à la cantine déserte à cette heure matinale, le 1er contrôle est en effet au km 105 alors nous nous aménageons des arrêts intermédiaires. La direction plein sud nous force à appuyer d’avantage sur les pédales et nous sommes dépassés par les 2 autres cyclos du brevet. D’abord Gilles qui roule bon train puis par Olivier qui a l’air de tirer grand et de peiner, est-ce une impression ? Toujours est-il que nous le redoublerons vers le km 70, arrêté sur le bas-côté, a-t-il eu un ennui mécanique ou une baisse de régime, je ne l’ai pas su même s’il m’a répondu oui lorsque je lui ai demandé si tout allait bien. Enfin nous atteignons le km 88 et le chemin St Armand pour une direction ouest avec wind in the back. C’est une route que nous avons déjà empruntée dans l’autre sens, ou la nature verte et vallonnée s’offre à nous, les premières côtes d’une longue série aussi ! La journée avance doucement et le soleil commence à darder ses rayons plus intensément, pourtant il est à peine 10 heures, ça va donc chauffer aujourd’hui ! Après quelques côtelettes apéritives, nous descendons sur Frelighsburg lieu du 1er contrôle (km 105) et nous stoppons au Marché Gosselin que je crois être le Sergaz dépanneur ! De toute façon, il n’y a déjà plus de cyclos de notre gang ici, nous sommes beaucoup plus lent qu’eux. Halte de 30 minutes dans l’herbe à l’ombre avec quelques victuailles et boissons pétillantes en prenant quelques photos, c’est ça le cyclotourisme !

Nous quittons le joli bourg de Frelighsbourg, lieu de résidence du chroniqueur de la Presse, Pierre Foglia, passionné de vélo. Voilà la côte de Joy Hill (je chantonne Y a de la joie de Charles Trénet) que nous connaissons aussi lorsque nous allons faire notre traditionnel tour de Jay Peak. Ma chérie commence déjà à peiner alors je ne lui parle pas du reste des festivités pour la journée car elle se découragerait. Je lui dis qu’il faut prendre chaque côte une par une, sans se défoncer et sans penser à la prochaine car nous avons tout notre temps ! Nous atteignons Abercorn et la traversée de la 139, ensuite c’est un des gros morceaux du 400, la côte de Scénic (km 125) déjà prise par le 300 mais en sens inverse. C’est là que ma cocoon explose et met pied à terre alors je l’attend en haut et nous y faisons une petite pause réconfortante. Avec la canicule, Marielle est en train de se déshydrater, aussi je lui conseille de boire plus qu’à l’habitude. Pour ma part, j’ai mon Camelbak qui me rend un service incroyable, vraiment je ne pourrais plus partir sans cette gourde dorsale, c’est impeccable pour boire souvent par petite quantité et c’est pour cela que je ne souffrirai pas de soif en cette chaude journée. Nous redescendons dans la vallée de la Missisquoi toujours avec un bon vent arrière qui assiste bien ma coéquipière. Nous faisons halte à Mansonville (km 147) pour nous réhydrater copieusement et faire le plein de nos réservoirs. Nous dégustons une crème glacée sur un banc à l’ombre et écoutons la fin du show d’un guitariste-chanteur en ce jour précédant la fête du Canada. Je discute avec 2 cyclos qui ont eu la même idée que nous et qui viennent de Magog et y retournent. Ils me demandent également mon parcours et je leur dis modestement que je fais un 400, leurs bras et leurs jambes leur en tombent, ils me félicitent ! Mais hey les gars, c’est pas encore bouclé, ce n’est pas encore le moment de se bomber le torse ! Les côtes continuent de se succéder sous la chaleur, ce qui réduit considérablement l’allure de ma courageuse mais affaiblie compagne de route. Nous devons nous séparer vers le km 170 mais voyant ma moyenne fondre à vue d’œil, nous décidons d’un commun accord que je la laisse aller à son rythme pour rejoindre son motel situé à Eastman à une trentaine de km de là. Nous nous séparons donc au km 155, un petit bec, puis j’enclenche le turbo pour essayer de remonter l’allure et ne pas terminer hors délai, mais je n’en suis pas là tout de même. Belle descente atterrissage sur Knowlton Landing puis ça continue de jouer à saute colline sur chemin Cooledge, le chemin d’Austin et je rejoins la 243 signe de calme passager pour le relief. Petite pause au dépanneur de Lac Brôme pour me recharger en glucide et liquide. Puis je file plein pot vers Sutton (km 211) par la 215 sud, histoire de pointer ma carte pour le 2éme contrôle. Petite halte yogourt vite fait bien fait et je remonte la 215 nord direction le chemin Brôme par de longues montées faciles. Les jambes tournent à la perfection, faut dire qu’attendre ma chérie pendant un certain temps m’a fait économiser des forces. Le ciel s’obscurcit à l’horizon et je vais droit vers l’orage au loin. Je bifurque à droite chemin Fullford puis remonte plein nord vers Waterloo franchissant la 10. J’atteins le dépanneur de la 112 et lieu du 3éme contrôle (km 248) sous quelques gouttes de pluie. Lorsque je ressors du magasin, il s’abat une solide averse d’orage, ouf je suis à l’abri et j’attends que ça passe, tant pis pour le timing mais je n’ai pas envie de me faire rincer sous cette douche chaude. 

15 minutes plus tard, le soleil revient et c’est le temps de reprendre la route qui m’amène tout droit à Eastman et le motel de Marielle (km 265), il est 21h15. Elle est arrivée depuis belle lurette, elle a pris son souper dans le restau du village et se relaxe devant la télé. Moi je profite de sa douche pour me refaire une beauté, de sa prise murale pour recharger mon GPS faiblard et manger quelques pâtes achetées au dép de Waterloo. Nous relaxons allonger sur le lit, ma chérie commence à s’endormir mais pour moi la journée n’est pas terminée ! Vers 22h30, je m’équipe en configuration nocturne, lumières, baudrier, habit plus chaud, changement de chaussettes car il me reste 130 bornes by night à effectuer. Il faut une bonne dose de folie ou d’inconscience pour repartir sur des routes inconnues à cette heure de la nuit mais l’adrénaline aidant, je ne pense pas à tout ça, tout ce que je veux c’est en terminer avec ce défi personnel. Mes 2 lumières Cygolite 500 éclairent vraiment bien mais il faut que je pense à les économiser car je dois passer 6 heures dans la noirceur alors je jongle avec les différentes intensités en fonction de l’éclairage publique des localités traversées. La nuit, c’est cool, c’est calme mais on ne voit rien du paysage environnant, dommage. J’aperçois les animaux nocturnes, les vivants et les morts gisant sur les bords de la chaussée. J’ai été effaré de voir pendant le parcours, autant de bestioles ratatinées, explosées, éventrées, oiseaux, rongeurs, ratons laveurs même des chats, un vrai massacre animalier sur toutes ces routes, paix à leurs âmes, amen ! Je rejoins donc la 220 en continuant de grimper et descendre régulièrement à un rythme assez tranquille, ce qui n’entame toujours pas mes forces à mon grand étonnement. C’est plutôt le mal au cou qui se réveille et me force à m’arrêter souvent, juste quelques secondes pour faire des étirements. Cela devient pénible, je dois avoir un problème chronique et je devrais consulter à mon retour. Les villages défilent, Ste Anne puis la 243 et Warden (km 298), je vais bientôt retrouver la 112 signe que les côtes achèvent, youpi ! Un dernier rush sur cette route connue et me voilà au Vélogare de Granby (km 315) ou je m’accorde une pause bouffe mais je n’ai pas faim et pourtant il faut alimenter la machine pour ne pas tomber en panne et se taper une hypoglycémie. J’ingurgite donc mes gels miracles, cela passe mieux et ça a bon goût, faut juste boire beaucoup après ! Je traverse Granby bien animé même vers 1h du matin, c’est la fête ici tandis que je file par la 112 vers le 4éme contrôle de St Césaire (km 343). Bien sûr je me restaure au Tim, une bonne soupe, un yogourt et un jus d’orange pour me garder éveillé car l’envie de dormir commence à me tenailler. 

Après ce bon repas, me voilà reparti pour la dernière ligne droite de 40 bornes sur la 112, le jus m’a fait du bien et me tient éveillé. Les jambes tournent toujours impeccable, aucune douleur nulle part, en revanche le cou me fait vraiment souffrir, c’est bien dommage car sinon tout aurait été parfait. Même la douleur aux fesses est franchement supportable, faut dire que j’avais appliqué un produit miracle recommandé par mon vélociste Beausoleil, il a fait la job ! Les fous en bagnole et autres joyeux fêtards me doublent mais je suis bien visible avec mon costume et mon vélo de lumières, et sur la large bande cyclable je n’ai aucune crainte. Le jour au loin commence à poindre, en 24 heures j’aurai vu le soleil se lever, se coucher et se lever à nouveau, toute une belle expérience ! Chambly est dépassé et voilà St Hubert, traditionnel parcours de retour de brevet, ça sent la fin des haricots alors le profite de mon bonheur de cyclo réjoui d’avoir accompli un petit exploit personnel. Mon compteur annexe atteint 395 km (mon Garmin m’a lâché au km 360 malgré la recharge de 40%) alors que je rejoins le Tim Horton de Brossard, zut j’ai même pas 400, suis un peu déçu !

Épilogue

Je fais pointer ma carte il est 5h16, je suis fourbu mais heureux, je l’ai fait ! Tu es tough, me dira par la suite ma blonde émerveillée par l’athlète qu’elle a devant les yeux ! Je n’ai plus qu’à rejoindre mon condo du coin Victoria-Simard non loin de là, prendre une douche et m’affaler dans mon lit pour prendre quelques heures de sommeil. À 11 heures le cadran me réveille, il faut repartir à Eastman chercher ma chérie au motel … oui mais en auto cette fois, ce sera un peu plus rapide ! À 13h, nous nous retrouvons à Waterloo car elle s’est défoulée un peu les jambes en pédalant puis nous rentrons tranquillement vers Montréal. Notre aventure est maintenant bel et bien terminée. Merci aux organisateurs pour le parcours de toute beauté. Maintenant je sais que le 600 est à ma portée, en formule 2 fois 300 km avec une courte nuit au milieu et à condition de régler mon problème de cervicales. Mais ce sera pour l’année prochaine car ce n’était pas dans mes objectifs de cette année. Alors à plus pour de nouvelles aventures.


samedi 5 mai 2012

Le premier brevet d'une longue série avec PBP en vue

Le cadran sonne à 5 heures, c’est l’heure de vérité, celui du brevet de 200 km du CVRM. Ma copine Marielle a jeté l’éponge, non pas qu’elle ne peut pas le faire mais elle a du mal à se lever tôt et c’est radical. Douche, déjeuner, préparation du matose, vélo sur la bagnole et direction la rive sud et le Tim de Brossard, je fais le plein de bouffe calorique puis RV au stationnement du parc de la voie maritime de St Lambert vers 6h30, les participants arrivent peu à peu. Chacun se prépare, prend sa carte de route auprès de Jean Robert et son adjoint. Parait-il que certain s’échauffe sur leur vélo stationnaire avant de partir, pour être ben chaud et attaquer un départ tonitruant, on se croirait au départ du Tour de France !

C’est la photo de départ coutumière pour mettre sur le site internet et Jeannot déclare le 1er brevet CVRM de 2012 lancé. Puis là, c’est la débandade, ça déboule sur Victoria, sauf qui peut, mort aux faibles, attrape-moi si tu peux ! Déjà un groupe est parti fort devant, j’hésite à les suivre car j’ai du mal à m’accrocher à un autre petit groupe emmené par Simon Unterberg bientôt rejoint par Martin Dugré et accompagnés de 2 français et 1 suisse. Je me joins à ce mini paquet pendant 20 km puis je lâche le morceau, on roule à 35-40 km-heure et cela me déplait, je n’ai pas envie de faire comme la dernière fois (brevet 200 de septembre 2011), j’ai perdu des forces dans ce sprint matinal de 40 km et après j’ai un peu galéré.

C’est ainsi que je me retrouve seul perdu dans la nature, heureusement que j’ai mon GPS sauveur qui m’indique la route à chaque intersection, un puis deux cyclos me rattrapent, on discute et chacun reprend son rythme, moi derrière ! En fait, je me croyais dernier mais je ne le suis pas, il reste encore 2 cyclos je le saurais 3 jours plus tard sur la page des résultats du CVRM, ils arriveront 2 heures après moi, au moins ils étaient 2 pour cycler ensemble. Vers 8h35 et quand même et à une bonne moyenne (27 km/h) je rejoins le Shell de Napierville et le premier contrôle, le gros de la troupe est déjà reparti s’expliquer du côté de la Covey Hill. Je me restaure un peu en discutant avec le groupe des français de tout à l’heure. 

Puis après 20 mn, nous repartons ensemble pour quelques centaines de mètres, ils roulent un ton au dessus du mien, je n’insiste pas, tant pis je roulerai encore seul. Le vent est de nord donc nous pousse depuis le début et c’est pour cela que ça roule facile mais bientôt je bifurque plein ouest pour aller me frotter au contrefort vallonné longeant la frontière US, j’aime cette route quoique exigeante mas le cadre est charmant d’autant que le soleil est de la partie et j’en profite pour me dévêtir un peu. 

Km 80, je fais une pause et envoi un texto qui me réponds aussitôt, elle prend le café tandis que je me prépare à gravir le géant de la frontière, la fameuse colline Covey. Je me fais doubler par un peloton de couraillons qui grimpent devant moi et qui disparaissent bien vite alors que je m’échine avec mon triple plateau à 8 km/h avec une pente à 14% sur le final de la corvée, merci Edge 800 ! Après c’est la descente sur la boulangerie Chartrand de St Antoine l’Abbé que je rejoins vers 11h45, il ne reste que le mini-groupe de français avec Simon Unterberg (un québécois au nom suisse ?) qui s’apprête à repartir quand je descends de bécane. Ben je vais pas être gêné par les autres cyclos, je fais pointer ma carte, commande un délicieux sandwich jambon, une sucrulente (retire pas le R de sucrulente, Jean, c’est fait exprès) tarte au sucre et une boisson gazeuse et je m’installe sur la terrasse au soleil en téléphonant à Marielle qui est prête justement à partir à vélo et venir me rejoindre au dernier contrôle de Napierville, cela me donne un peu de baume au cœur dans mon aventure solitaire. 

Après 35 mn d’arrêt et bien repus, je reprends le collet et m’attaque aux 60 bornes qui mènent au coin Dagleusse. Il fait beau mais le vent de nord-est est défavorable maintenant quoique pas trop fort mais c’est suffisant pour me faire lambiner à 20 à l’heure avec le moral dans les talons. Quelques chiens déchaînés viennent mettre de l’ambiance sur le circuit assez peu fréquenté en ce samedi. À 20 bornes du check point, je fais une petite pause santé pour m’alléger et me revigorer un peu avant d’attaquer la dernière ligne droite plein nord et vent pleine gueule ! Pour 15h21 je fais viser mon carnet de route et Shell et vais rejoindre ma chérie arrivée depuis quelques temps déjà et qui m’attend confortablement installée dans les fauteuils de cuir du Pétro Pass. Je fais de même en ingurgitant un coca cola bien frais et une crème glacée bien venue. Elle me raconte qu’elle a croisé en sens inverse un groupe d’une dizaine de cyclos (dont Jean qui lui a fait un signe), il y a bien bien longtemps (j’exagère à peine) et que mon idée de les rattraper est sans espoir, ce n’était pas mon intention non plus ! 

Après 30 minutes de repos, nous enfourchons nos destriers pour terminer ce brevet à bonne allure malgré le vent contraire, heureusement que ma copine me tire dans le vent mais je prends quand même quelques relais, mon orgueil de mâle l’oblige. Bientôt nous retrouvons le trafic sur St Jean, Taschereau puis les rues connues de mon lieu de résidence à St Lambert. Mon dernier contrôle se fait au Couche Tard à 17h47 (mieux vaut Tard que jamais !), pas pire, car je voulais rester dans les 10 heures pas 11 ! 

Je congratule Marielle de m’avoir accompagné pour la fin du parcours, c’est toujours mieux à deux, en tout cas c’est moins chiant que tout seul, au total j’aurais fait 140 kilos en solitaire. Nous voilà de retour au stationnement de l’auto pour remballer le matériel et nous rejoignons la métropole ou d’autres activités familiales m’attendent mais cela je le garderai pour moi ! 

Après l’analyse de mes exploits sur Garmin Connect, je suis un peu déçu du comportement des cyclos du brevet (partir en fou en oubliant les gars derrière) mais chacun fait ce qui veut, c’est ça le Québec ! Cela m’a un peu refroidi pour le 300 visé samedi prochain, je le ferai plus tard comme prévu initialement soit le 23 juin. À la prochaine donc amis cyclos pour un 300 puis un 400 cet été. Fin du petit article pour le CVRM.