samedi 10 mai 2014

La petite reine et ses 3 mousquetaires

Prologue
Lever 4h30 pour les habituels préparatifs de brevet, dont le principal étant fait la veille pour éviter d'oublier des choses importantes dans la fébrilité du jour J. Le but matinal est de se remplir la panse de liquide et de solide, c'est toujours autant de fuel emmagasiné.  Une heure plus tard, je pédale sur mon fidèle destrier arnaché de multiples sacoches et d'accessoires à la haute pointe de la technologie. Je teste l'humidité de la journée, c'est pas si pire puisqu'il ne pleut pas mais il a flotté une partie de la nuit, la chaussée est encore toute détrempée. Me voilà au stationnement de la voie maritime, j'aime cette ambiance de départ, je salue les participants, beaucoup de têtes connues qui sont devenues au fil du temps, des compères de brevet, des partenaires de joie et de souffrance, des breveteux, des mongols quoi ! Marie Claude a sorti son nouveau Look, je parle du vélo tout rutilant tout droit sorti du magasin, avec 0 km au compteur, nouvelle selle, nouvelle position, tout ça pour son premier 300 km, le défi est de taille et la miss à choisi de le relever ! Nous sommes une douzaine de braves à se rassembler pour la photo de départ de l'ami Jean, nous scrutons le ciel gris et moche mais nous sommes plein d'optimisme, miss météo nous l'a prédit.




  

Étape 1, 54 km, St Lambert - St Césaire, km 54
Les groupes se forment, les plus rapides partent devant, et pour une fois ce n'est pas   notre ami Fred, en vacances en Floride avec sa douce moitié. Bien sur, nous ne sommes pas les plus rapides dans notre club des 5 formé de MC, Yves, Marc, Sam et moi. D'autant que nous voilà déjà à l'arrêt pour régler les nouvelles lumières de Marc et Yves, acquisition de chez Peter White, le ricain qui assemble de si belles roues avant avec dynamo incorporée pour une autonomie d'éclairage, idéal pour la nuit. Nous goûtons à ce vent redoutable, prédit aussi par la grenouille de la météo, oscillant entre sud et ouest, pour l'instant plutôt favorable. Je fais connaissance avec un autre frenchy du peloton, Sam de la région de Grenoble et du Dauphiné, arrivé au Québec il y a 3 ans et qui chevauche un Marinoni vintage, très à la mode cet an-ci chez nos amis breveteux. Nous effectuons nos premiers relais entre hommes car nous voulons protéger Marie Claude, notre petite reine du groupe, et néophyte de ce 300. Il ne pleut pas vraiment mais la route est humide, ce qui salit nos vélos fraîchement nettoyés à cause des précédents brevets très arrosés. Un dernier virage à gauche, nous prenons un bord vent arrière, dépassons le golf de St Césaire et arrivons à l'Ultramar, déjà 54 bornes de liquidées.



Étape 2, 62 km, St Césaire – Lac Brôme, km 116
On retrouve Jean et Martin, pointage rapide des bouts de papier, photo d'ambiance et on enchaine par la piste cyclable. Travaux sur ce bout d'asphalte, franchissement d'obstacle et passage glissant dans la boue, c'est plutôt casse gueule. Et nous voilà avec des vélos repeinturés et surtout tout crottés, bonjour la transmission qui couine ! Jean disparaît à l’arrière, on apprendra qu'il a fait 2 flats, Martin et Sam mènent la cadence un peu rapide, ça décroche un peu en queue de peloton. Pause santé au vélo gare de Granby et retrait des dessous car il commence à faire chaud. Nous continuons un peu la piste cyclable le long du lac puis attaquons les premiers reliefs avec la côte de Saxby puis celle de Bromont. Je me fais un peu largué à cause de la perte de mon mouchoir qui éponge mon nez toujours coulant ! Notre grupetto définitif se forme, je le surnomme les 3 mousquetaires et la petite reine. Justement celle ci commence à tirer la langue malgré ou à cause de son nouveau vélo, et bien sûr Yves, son chevalier servant, reste à ses côtés pour l'encourager. Dernière côte du Lac Brôme, nous atteignons l'IGA et son contrôle, nous retrouvons Sam et Martin. Pause lunch et ravito dans le magasin bien achalandé. Yves et Martin nettoient leur chaîne avec 2 techniques differentes, pour Yves ce sera avec de l'huile de canola, quant à Martin, il démonte sa chaîne tout simplement ! Une averse passe et nous retarde pour repartir, ouf, tous aux abris. Je reçois un texto de Marielle qui fait du vélo de son côté et lunche au même moment au sommet de la Covey Hill avec son groupe d’amis.











Étape 3, 64 km, Lac Brôme - Sutton, km 180
Requinqués, on repart, Jean, Martin et Sam se détachent, nous restons à quatre. Vent favorable, ça roule bien jusque la direction sud vers Mansonville, ou le vent n'est pas encore si violent grâce aux côtelettes. Pause pipi au Shell de Mansonville, on s'engouffre dans la vallée de la Missisquoi, les choses sérieuses commencent, le vent est direct en face, prise de relais avec Marcus et Yves, MC serre les dents et s'accroche. Une autre pause reprise d'énergie pour MC à un km de la Scenic, dommage pour Marc et moi qui venions juste de prendre une fiole de gel avant le monument coteux de la journée. Chacun monte à son rythme, regroupement en haut, pour ma part, tout va bene ! Descente énivrante sur Abercorn puis full pin vent dans le dos jusque Sutton, on jase avec Marc, nos tourtereaux profitent de la roue libre à l'arrière. Pause copieuse au Sub, soumarin, soupe, yaourt et coke en fontaine dans ma gourde. Épisode crème à cul, les esprits s'échauffent et pas que les esprits ... Moi pas besoin avec ma super selle Brooks, j'ai les fesses aussi fraîches qu'un nouveau né, enfin presque ! Dehors le soleil est radieux, en revanche j'aurais donc du mettre de la crème solaire, en plus j'en ai dans ma sacoche et j'ai tout simplement oublié, grossière erreur.






Étape 4, 87 km, Sutton – St Césaire, km 267
Nouveau départ pour la plus longue étape du brevet, axe plein nord, le vent nous aide encore un peu avant d'attraper la 114 ouest. Qui dit ouest, dit vent, oups, et la on va en avoir pour notre argent, ça souffle et pas à peu près, on s'accroche à nos guidons, on s'arc-boute comme on peut, on défie le vent grâce à nos mollets musclés, même si c'est a 20 à l'heure, on a signé, c'est pour en chier. Cowansville est dépassé dans la douleur et c'est pas terminé, Dunham à du mal à rendre les armes, nous nous y arrêtons pour une pause crème glacée pour certain(e)s et numéro 2 pour bibi, fichtre que c'est ben intéressant tout ça. Hey, ce sont les aléas du randonneur, ça rentre, ça sort, quoi de plus normal ! Encore un bord vers l'ouest jusque Stanbridge et on refile vers le nord, vent de côté, comme c'est agréable de ne plus avoir à forcer sur les pédales comme des fous furieux. MC donne cependant quelques signes de fatigue, elle ne veut plus avaler les bonnes jujubes pleine de jus, elle a des envies de vomir, pas bon tout ça, faut continuer d'alimenter la machine sinon la panne sèche arrive vite fait. Le soleil se couche à l'horizon, le crépuscule enveloppe notre groupuscule, depuis le temps que je la rumine celle la, je l'ai trouvée sur le vélo ! Nouvelle pause au Tim de ... Farnham, hey c'est pas le bon ! C'est fait exprès, escale toilettes et déguisement en pères et mère Nowell, on brille de mille feux sous le regard étonné des gens attablés au dehors, à siroter un Tim glacé en regardant le hockey, Montréal est en train de se faire ramasser par les big bad Bruins, déjà 2-0, ça se terminera 4-2 pour Boston. Dernier rush dans la noirceur jusque St Césaire, avec intermède saut de chaîne pour Yves, celle-ci ne doit pas aimer la saveur canola. Nous voilà au dernier Tim pour clôturer la soirée, on titille une dernière fois nos estomacs avec soupe, paninis, beigne, jus, coke, et nous sommes rechargés à bloc pour affronter l’ultime ligne droite plein ouest vers la métropole.









Étape 5, 45 km, St Césaire – St Lambert, km 312
Motivés au bout, nous entamons la série de relais car le vent ne s’est pas couché avec le soleil et nous declare encore la guerre. À une moyenne de 20 à l’heure, nous rampons à la queue leu leu sur la bande cyclable de la 112, slalomant entre les roches et les débris divers, quelques onomatopées se font entendre dans la noirceur. Notre petite reine tient le choc bien encadrée par ses 3 mousquetaires ! Voilà Chambly où nous décidons d’emprunter la piste cyclable reliant St Hubert, évitant ainsi la circulation et peut-être le vent s’il se fait plus discret parmi les boisés. Nous profitons de ce moment de répit sur un bon asphalte puis retrouvons la civilisation de la rive sud sur Gaétan Boucher. Plus que 10 km à faire parmi les lumières, les nids de poules et les râlements de MC qui se voyait déjà arrivée, patience, le but est presque atteint, nous irons au bout de ces 312 kms. Voilà Victoria qui nous semble être la délivrance de nos souffrances, même qu'avec Marcus, nous sprintons pour le final. Enfin le Couche Tard de St Lambert, qui n’a jamais si bien porté son nom.


Épilogue
Il est minuit 25 lorsque nous estampillons pour la dernière fois nos cartes de route, soit 18h25 pour ce foutu brevet de 300 km, l’un des plus difficiles aux dires de Jean Robert. D’ailleurs, celui-ci flanqué de Martin et Sam, arriveront juste un peu plus d’une heure avant nous, si on avait su, on aurait flingué pour les rattraper ! Mais non, je niaise Marie Claude. Celle-ci est toute heureuse d’avoir bouclé la boucle, 300 km check ! Un dernier cliché pris par le commis pour sceller l’instant historique qui sera affiché sur Facebook quelques instants plus tard par Yves, le roi du couple FB-iPhone. Congratulations, je quitte ma bande de joyeux drilles, conscient d'avoir écrit avec eux une nouvelle page de cette belle épopée sur 2 roues, ou la camaraderie, l'entraide et la bonne humeur étaient toujours au RV pour la réussite de l'objectif !

Un pour tous et tous pour une, comme diraient les mousquetaires de sa majesté la petite reine ! Et rendez-vous dans 2 semaines, pour le 400 !

Retour au condo par Victoria, vent arrière, il n'est pas loin d'une heure du matin, j'ai encore faim. Je grignote quelques croustilles en relaxant dans le canapé, je mets mes affaires de vélo dans la machine à laver, je me mets moi même sous la douche et vais me coucher. Une bien grosse journée, comme je les aime. 

samedi 3 mai 2014

En mode Perman (Catherine ;-)

Réveil 5h30 dans mon condo de St Lambert, c'est le jour du premier brevet officiel de 200 km, il ne faut pas manquer ce RV important ! Déjeuner plus copieux qu'à l'habitude, préparatifs de la sacoche et des vêtements à porter, pas toujours évident avec cette météo aléatoire, cependant un bon cyclo doit être paré à toutes les conditions, c'est juste que c'est chiant de transporter du poids pour rien, juste au cas où ! Pour 6h30 j'enfourche mon fidèle destrier qui n'a pas subi de changement majeur par rapport à la saison dernière, j'ai juste ajouté une barre déportée au niveau du guidon qui me sert à poser mon GPS et fixer mes 2 loupiotes lors des brevets nocturnes. Je me dérouille les jambes et le cardio sur la piste cyclable menant au RV de la voie maritime. Le temps est gris mais au moins c'est sec au sol, il est prévu de la pluie seulement cet après-midi, alors profitons du moment présent et après nous le déluge. Sur le parking, c'est l'effervescence de cyclos, plus d'une trentaine de paire de jambonneaux musclés ont répondu présent à l'appel des premières 200 bornes de la saison, l'engouement pour la longue distance semble être de mise, tant mieux pour tous, on va pouvoir rencontrer de nouvelles personnes pour partager notre belle activité.


À 7h, le départ est donné par notre président Jean, après le rituel cliché qui figurera comme d'habitude sur le site du CVRM. Les salutations et les discussions se poursuivent dans le peloton en traversant Brossard par ses boulevards de banlieue. Ma gang habituelle est présente, Yves et Marie Claude, le nouveau couple cyclo formé fin 2013 grâce aux brevets du CVRM, Marc et Catherine qui ne forment pas un couple, mais Cath est avec Fred, c'est un peu compliqué tout ça. Il y a aussi Martin Bergeron qui nous filme encore en ce début de parcours mais il ne restera pas longtemps avec nous car il a décidé de suivre la fusée Perman. Il racontera d'ailleurs cette expérience sur son blog avec le titre évocateur En mode Perman, ce qui signifie à plus de 30 de moyenne ! Le peloton se forme, composé d'une vingtaine d'unités, ça roule plutôt bien dès l'entrée en campagne, nous filons et frisons les 30 km heure pour les 25 premiers kilomètres.

C'est à ce moment que la sacoche de selle de Catherine décide de partir en escapade sur la route, avec le bidon d'un autre cyclo, ces pertes d'accessoires étant dus au soubresaut de la route, communément appelés nids de poule. En bon samaritain, je l'attends gentiment pour lui permettre de rejoindre le paquet, mais cela prend un temps infini et je vois le peloton s'éloigner à vitesse grand V puis disparaître à l'horizon, nous ne le reverrons pas avant le 1er contrôle. Cath et 2 autres cyclos me rejoignent et ceux ci se mettent à pédaler frénétiquement pour tenter l'impossible, essayer de faire la jonction avec un groupe de mongols roulant à 30 à l'heure malgré un vent défavorable ! Pour ma part, j'en ai vite fait mon deuil et je m'applique à rouler régulièrement en vérifiant ma cadence et ma fréquence afin de pas me mettre dans le rouge, ainsi nous rejoindrons ultimement nos amis au prochain contrôle sans trop perdre de force. Catherine effectue quelques relais dans notre coopération et bientôt nous sommes dépassés par Gilles qui roule seul à bonne allure, alors nous essayons de nous accrocher à sa roue jusque St Cyprien km 41, merci Gillou.

Au checkpoint de la station Shell, une moitié du peloton est déjà repartie, notre gang habituelle nous attend sans broncher, ils sont désolés de nous avoir perdus dans la bagarre ! Pointage, quelques friandises sucrées et nous revoilà répartis plein sud, en continuant de nous bouffer un peu de vent, cet Eole n'est pas trop fort mais suffisant pour freiner nos ardeurs. Jean et Martin nous rejoignent et nous roulons dans un nouveau paquet reformé d'une dizaine d'unités en direction du poste frontière de Lacolle, point extrême sud de notre ride. Ensuite c'est à droite pour la route et tout à gauche pour le braquet car la tôle ondulée du chemin de la Covey Hill se présente sous nos roues. Une vingtaine de kilomètres à jouer de la manette de vitesse et tranquillement chacun prend son rythme pour affronter son chemin de croix, se terminant avec le muret à 14% de cette fameuse Covey Hill. En haut de la bosse, notre mini bande s'attend. Marc a filé devant car il se sent bien et nous ne le reverrons pas. Arrivé en solo, j'attends mes amis éparpillés dans l'ascension, voici Cath, puis Yves et MC, et enfin Stéphane, une nouvelle recrue qui a participé à la campagne de Cuba avec Yves. Claude se joint à nous pour dévaler le faux plat descendant vers le 2ème contrôle de Franklin, en remplacement de celui de St Antoine et sa délicieuse boulangerie car celle ci ne permet plus de ravitailler un breveteux affamé. À la station dépanneur du km 102, il y a encore quelques congénères qui finissent leur pause et repartent bientôt, alors que nous commençons la notre, après signature des cartes et achat de quelques victuailles permettant la récupération d'énergie.

Discussion, relaxation et nous remettons en route avec un groupe de 8 cyclos avec qui nous resterons jusqu'à la fin, dans un bon esprit d'équipe et unis dans l'adversité. Le vent nous est maintenant favorable et c'est bien agréable, je joue au capitaine de route car je connais le parcours presque par cœur, mon GPS étant juste là pour confirmer les changements de direction. Nous avons récupéré Gabriel qui apporte sa contribution pour mener la troupe à travers le dédale des routes de campagne, ainsi que Michel, bien content de se retrouver dans le salon. Nous faisons quelques pauses santé, genre pipi pour hommes et femmes, ainsi que des pauses à cause de sacoche qui se font la malle, n'est ce pas Catherine ! Nous avons droit également à une réparation de crevaison pour ma part, en effet MC m'avertit que mon pneu arrière semble dégonflé, je ne l'avais même pas remarqué en montant le pont surplombant la 15. Nous effectuons donc la mécanique en groupe, dans la joie et la bonne humeur, les blagues sont de sortie, on a du fun. Je décide de changer mon pneu arrière totalement usé car j'avais emporté un pneu de rechange pour palier à cette éventualité. Merci à la communauté de m'avoir donné un coup de main, puis un coup de pompe mais pas de coup de pied au cul !

Nous retrouvons la 217 déjà prise ce matin en sens inverse, et remontons plein nord avec un vent de sud, c'est donc à fond les ballons que nous déboulons sur le Pétro Pass de St Cyprien. Faut dire que la pluie de plus en plus menaçante, finit par s'abattre sur nos carcasses 2 km avant le sprint final. Nous voilà au 3ème contrôle du km 163, nous estampillons nos cartes et prenons une pause dans le vrai salon cette fois, avec quelques nourritures pour recharger les batteries. Marielle devant sa TV, nous alimente par texto sur le score du match de hockey Montréal-Boston, le Canadien mène 3-1 dans la 3ème période avec 9 minutes à faire, mais ils perdront 4-3, grrrrr, ils sont tough ces big bad Bruins !

Une chappe grise s'installe dans le ciel et il nous faut repartir avec les gros nuages de pluie qui vont nous escorter jusqu'au retour. Heureusement que le vent nous est quasiment favorable sur les 40 derniers kms, ça rend notre joyeuse pédalée moins pénible. Certains éléments accusent le coup de la fatigue et quelques moins 1 pleuvent également. Bientôt voici St Philippe, la Prairie et le final par Taschereau, Provencher et l'infâme Victoria. L'arrivée au dernier contrôle de St Lambert est pointée après 10h05 de joyeuse pédalée dont 2h15 d'arrêt en tout genre pour une moyenne de 26, pas de quoi rougir ! Nous repartons tous pour le stationnement de la voie maritime ou Yves me remet un pneu en cadeau, en fait c'est pour remplacer celui que je lui avais donné lors de son flat sous la flotte du brevet pop de la semaine passée. On se congratule, enfin content de se remettre au sec, on se dit à la semaine prochaine pour certains, Yves, MC et peut-être Claude et Gabriel. Je reprends la piste cyclable qui me ramène à mon condo, je cumule 218 km à mon compteur général, je suis bien content. Douche, souper, un peu de téloche affalé dans le canapé, puis c'est l'heure de mettre la viande dans le torchon, alors bonne nuit ! 

samedi 26 avril 2014

Ouverture de la saison 2014

Réveil de bonne heure, 6h45 le cadran sonne, c'est le premier brevet de l'année, le populaire de 147 km, beaucoup de flotte annoncée par la météo et effectivement le temps est déjà à la pluie avec 90% de PDP prévus. Déjeuner, habillement en long, je suis prêt à affronter l'humidité, vélo sur l'auto et je me rends au RV de la voie maritime pour 8h30.

Je suis un peu en avance, Fred et Cath Perman sont arrivés de bonne heure, eux aussi. Il y a même un vélo couché en forme de cigare rouge, celui d'Alain Cuillerier qui va nous accompagner ou plutôt va foncer devant, nous ne le verrons qu'au départ. Les participants arrivent peu à peu malgré ce temps pourri, nous serons 22 braves au départ à notre étonnement général, il y a une grosse envie de faire du vélo en ce moment, après cet hiver qui tarde à tirer sa révérence, c'est indéniable. Beaucoup de têtes connues, Yves, Marie-Claude, Marc, Martin Bergeron, bien sûr Jean et son ami Martin Dugré, les inséparables, aussi les français Rémi Bouderlique qui a amené une amie et un ami, Olivier et Emmanuel aussi frenchy et bien d'autres, voir la photo du site CVRM ou mon blog i love vélo sur blogspot fraîchement créé qui va relater toutes mes aventures de cyclos, peut être que vous êtes déjà en train de le lire ;-) Pour 9h, Jean prend la traditionnelle photo d’avant départ avec toute la gang sous la pluie, belle bande de mongols tous joyeux, prêts à se faire rincer all day long, vraiment malades ces cyclos.


Les groupes se forment en traversant les faubourgs de la rive sud, les plus rapides sont déjà devant, les Fred, Sylvain Grenier l’organisateur de l’ultra Défi 1000 km du Saguenay et d’autres dont on ne m'a pas communiqué le nom dans mon oreillette ! Notre grupetto se compose de Yves, Marc qui roule sur son vieux Marinoni de 1982, Martin avec son Marinoni vintage aussi mais en fixie, il est fort ce bougre, nos féminines MC et Cath et puis moi. Le vent et la pluie semblent nous dégouter à faire cette balade mais nous resserrons nos rangs et faisons face à l’adversité. Faut dire que ce sont essentiellement Martin et Marc qui assurent les relais, les autres accrochent les wagons comme ils peuvent, moi y compris car j’ai encore les kilomètres des jours précédents dans les pattes, ces 3 jours à arpenter les routes pentues et tout aussi pluvieuses des montagnes vertes et blanches aux États, en compagnie de ma dulcinée dont je tairais le nom. Au km 40, Jean et Martin nous rattrapent, ce qui grossit notre effectif, nous effectuons alors des relais chacun notre tour, la pluie ne cesse pas, même si elle n’est pas trop forte, nous en boufferons toute la journée. Enfin nous rejoignons le premier contrôle de St Paul de l’ile aux Noix, au km 63. Nous nous engouffrons dans le dépanneur asiatique espérant trouver chaleur et réconfort alimentaire mais il n’est pas très achalandé le bougre et je devrais me contenter de friandises sucrées. Chacun essaie de se réchauffer comme il peut le temps de l’arrêt, je préfère rester dans mon jus, au moins je n’ai pas froid.

Nous reprenons la route après une vingtaine de minutes, c’est dur de se remettre à la température ambiante mais heureusement, le vent devient favorable car nous remontons vers le nord. Nous déambulons à gauche et à droite dans la campagne menant au 2éme contrôle. Martin fait quelques vidéos de nos carcasses détrempées, on s’occupe comme on peut. Les filles et Yves trainent un peu derrière alors que Marc et Martin roulent un ton au dessus et voudraient bien prendre le large mais solidaires qu’ils sont, ils se plient à la règle des moins 1 voire moins 2 pour permettre aux autres de suivre. Le Pétro Pass et ses fauteuils en cuir sont enfin atteints au km 100, quelques cyclos sont encore là. Jean, Martin, David, Emmanuel et d’autres nouveaux. Nos faces sont couvertes de boue, surtout celles des femmes qui se font croquer le portrait au grand plaisir des photographes. Nouvelle pause sucre et grignotes en tout genre, ainsi que recherche de chaleur et de sec, mais c’est peine perdue. Les vieux briscards de Jean et Martin ont trouvé une sécheuse dans le truck stop pour y mettre leurs vêtements de vélo et ils pourront ainsi repartir au sec, mais pas pour longtemps, hé hé ! Texto de Marielle qui s’inquiète pour nous et nous encourage, je la rassure et lui envoie des photos des cyclos transis, elle a bien fait de ne pas venir, elle n’aurait pas cessé de se plaindre de ces pénibles conditions.


Le dernier tronçon de retour s’annonce évidement sous la pluie. Les plus rapides filent devant et Marc et Martin en profitent pour s'échapper avec Jean et compagnie. J'aurais bien voulu les suivre, j'en avais la force mais je reste en compagnie des femmes et de Yves, nous rentrerons tranquillou. Au km 110, un grand boum se fait entendre, c’est Yves qui a explosé son pneu arrière sur les arêtes d’un caillou dressé en travers de sa route. Nous réparons dans la bonne humeur, son Conti 4000 Sport pas mal neuf pourtant, a subi une entaille, aussi on préfère repartir avec un Gatorskin flambant neuf que j’avais emporté dans ma sacoche, heureusement qu’il y a des bourricots pour transporter du matériel de rechange, enfin je me comprends. Frigorifiés au bout, nous remontons péniblement le pneu sur sa jante et dévalons vitesse grand V jusqu’au prochain village et la chaleur de son dépanneur, MC ayant lancée un SOS de froidure extrême. Nous faisons donc halte dans les toilettes de St Mathieu, le temps de récupérer quelques degrés dans nos carcasses. Puis je mène le train jusque St Philippe, la Prairie, nous enfilons Taschereau, Provencher et enfin le dépanneur Uniprix, terme du brevet, 142 bornes au GPS en 7h18, c'est pas notre meilleur temps mais les conditions n'étaient pas top pour une performance, de plus je pense qu'il y a encore quelques braves après nous.

Retour mollo au stationnement de la voie maritime, Fred nous prend en photo, il attend sa femme depuis 2 heures 30, heureusement qu'il était au chaud dans son char. Congratulations de notre gruppetto et dispersion, je m'en retourne à mon condo. Douche, rangement du matose, de la lessive en perspective et Véro et mon fiston arrivent vers 18h30. On grignote avec Alex en regardant la fin du vidéo Un monstre à Paris, joli film avec humour et poésie, production française avec chansons de M et Vanessa Paradis. Fin de soirée lessive, repos sur mon canapé dépliable car je suis un peu nase, mais sti que c'est beau la vie ! 

samedi 7 septembre 2013

Dernier brevet de la saison

Réveil donc à 5h30, je me lève le premier comme d'hab, j'ouvre le chemin de la douche et du petit déjeuner, Marioule suit péniblement, elle a toujours du mal avec les levers matinaux, d'autant qu'elle est pas au top à cause de ses mensualités ! Préparation physique, mentale et logistique et nous voilà partis sur la piste cyclable pour rejoindre la voie maritime. Le temps est gris et maussade mais la météo s'est nettement améliorée depuis hier car la pluie n'est plus au programme de la journée. Nous retrouvons une bonne vingtaine de cyclos, ça fait plaisir de voir tant de monde, si ça pouvait être comme ça à tous les brevets, on a le droit de rêver. La gang de la semaine passée se reforme, Yves, Marie Claude, Catherine et moi, ainsi que de nouveaux joueurs, comme Marielle et Marc. 

À 7h, Jean donne quelques explications sur le déroulement du brevet et du coup, nous partons avec 5 minutes de retard. Peloton groupé puis perdu puis regroupé aux alentours de Taschereau, nous roulons compact jusqu'au 1er contrôle, surtout que le vent est défavorable, ça ne fait pas de mal de se protéger, les plus costauds mènent la danse et je vais faire un tour devant de temps en temps. St Cyprien et son Shell dépanneur, pause santé, bouffe et photos et nous repartons dans la bonne ambiance. Fred ne roule pas aujourd'hui, il se repose et en profite pour coacher sa femme et les autres avec sa voiture d'assistance. C'est reparti en direction de la Covey Hill, d'abord toujours en peloton, mais quand les difficultés commencent, les plus forts filent devant. Nous restons la gang convenue au départ, Yves et moi emmenont nos 3 féminines. Marielle a envie de toilettes alors elle file devant, Marie Claude a l'air plutôt nase, elle se traîne péniblement a l'arrière, et Catherine navigue au milieu. Chacun monte à son rythme la difficulté du jour et le regroupement s'effectue en haut de la bosse. Descente grisante sur St Antoine l'Abbé et sa boulangerie Chartrand. Longue pause repas à s'empiffrer de soupe, pâtisserie et autre limonade maison, on n'est pas pressé, la performance passera après. 

On repart pour la 2ème portion du parcours, vent arrière avec quelques côtelettes, ça passe plutôt bien même si MC et Cath sert un peu les dents, pour les autres, le rythme est plutôt facile. Dernier contrôle de St Cyprien et son Pétro Pass avec fauteuils en cuir, regroupement avec Jean et d'autres, nous faisons encore une pause assez longue, on prend des photos avec Fred. Dernier tronçon de 40 bornes effectué par relais de Marc, Yves et moi, ça roule aux toasts surtout que le vent nous pousse. Nous pouvons faire un temps inférieur à 10 heures alors je pousse un peu sur le champignon, surtout que la fille de 16 ans triathlète a ses heures veut nous griller la politesse en s'étant fait trainer gentiment pendant 30 kms. Objectif atteint, nous pointons pour 16h47, le gruppetto se congratule pour cette belle ride d'équipe. 

Photos puis dispersion, retour au condo pour Marielle et moi, douche, texto à Véro pour lui dire qu"elle peut venir pour 18h comme prévu. Nous regardons un peu la téloche en attendant qu'elle arrive un peu plus tard avec Alex. Souper pizza et pâtes, film Nuit au musée 2 sur TVA puis dodo pour tous après cette journée de moulinette.

samedi 31 août 2013

Le brevet pop de fin de saison

Malgré les prédictions météo désastreuses de la veille, le temps s'avère plus clément en se levant ce matin, et le miracle durera toute la journée car aucune goutte de pluie ne viendra entacher notre belle ride entre amis. Retour donc sur la rive sud en solo, la miss Ducas restant sur ses positions attentistes, puis préparation de brevetiste entre 7h30 et 8h30. 

RV sur le parking de la voie maritime avec les participants, distribution des cartes par Jean et nous voila partis pour de nouvelles aventures. Il y a Yves bien sur, et également Catherine qui accompagne son mari Fred, et aussi Marie Claude Dumais qui retente le défi malgré son semi échec du début de saison ou elle avait lâché prise après une vingtaine de kms mais l'avait tout de même terminé en solo. Cette fois ci, Yves et moi prendront les féminines sous nos ailes de capitaine de route. En plus de Jean et Fred, il y aussi Emmanuel le français et 2 autres autres hispaniques qui ne resteront pas longtemps dans nos roues, faute de forme, c'est la dure loi des brevets, faut être un minimum préparé, ce qu'ont bien comprises Cath et MC. Les relais vont bon train avec mon neuro Yves et c'est facilement vent favorable que nous atteignons le contrôle de St Paul de l'île aux noix, ou nous cassons la croûte, sandwich, croustilles et coke sera mon festin. 

Quand nous repartons, nos 2 espingouins arrivent seulement, au moins ils ne se sont pas perdus ! Quelques photos souvenirs et 40 km à faire jusqu'au Pétro Pass de st Cyprien et ses fauteuils en cuir, notre groupe de 4 y arrive sans encombre, bravo les amis. Dernière ligne droite jusque St Lambert, Yves et moi assurons la bataille contre le vent, somme toute léger car nous en avons pas trop chié. 6h26 pour accomplir les 145 kilos, pas mal la compagnie. 

Retour au condo, je poste les photos sur Face de bouc puis je m'en retourne à Verdun ou je retrouve ma cocoon qui se mord les doigts de n'être pas venue mais elle prévoit de rouler demain sur la rive nord pour se défouler. Souper pâtes pour prendre des réserves, surtout pour elle, car pour moi c'est fait. Soirée Vuelta, repos et dodo tôt.