samedi 6 mai 2017

300 km + pluie + vent + 0 motivation + 1 flat = 150 km !

Toute la semaine, le sujet principal de discussion a été la météo. Et plus particulièrement celle de samedi quand va se dérouler le 3ème opus de la saga des brevets, le 300 bornes. Faut dire que ces derniers jours au Québec, les inondations dues aux pluies diluviennes ont pris une place importante dans les journaux d'informations, on n'avait pas vu ça depuis 40 ans. Bref, les prévisions ne sont pas engageantes, beaucoup d'eau et de vent au menu à cause de cette foutue dépression venue des États Unis et je ne parle pas de Trump. La question existentielle était à nouveau de sortie, j'y vais ou j'y vais pas ? Le vendredi soir, dernier examen de Météomerdia, on peut passer à travers si nous avons de la chance. Aussi pour moi, c'est un Go !

Jour J, 4h45, je me pointe sur la ligne de départ. Nous sommes une douzaine de breveteux aguerris prêts à relever le défi des 300. Fred se prépare à l'arrière de son char, on discute un peu. Je me surprends à lui confier un ressentiment provenant certainement de mon subconscient. Les brevets commencent à me tanner pour plusieurs raisons. D'abord les parcours du club sont toujours les mêmes, quoiqu'une lueur d'espoir est apparue avec la légère modification du 200. Ensuite le stress que ça provoque en moi quelques jours auparavant, la pensée de rouler par tous les temps, y compris la nuit, je n'y trouve plus de plaisirs dernièrement. Après avoir réalisé 9 brevets pop, 14 brevets de 200, 9 brevets de 300, 5 brevets de 400 dont un abandon, 5 brevets de 600 dont un abandon programmé et enfin un PBP réussi en 2015, je pense que je n'ai plus rien à prouver, surtout à moi-même. En fait, ce qui m'encourage cette année à y participer, c'est le plaisir de conduire mon nouveau bécyk Piuma récemment acheté et le désir d'améliorer mes temps sur les différents parcours. Il faut bien se donner de nouveaux défis, sacrebleu. 

Ceci étant dit, le départ est donné à 6h03, personne n'a l'air pressé de partir. Ça commence plutôt bien car malgré un ciel menaçant, nous pédalons au sec. Je roule avec ma gang de cyclos assidus des derniers brevets, Ralph, Olivier C, Marc, Yvon, Martin L et Martin D, deux nouveaux se sont joints à nous, Carl et Jonathan. Fred a deja lâché les chevaux. Quant à Jean, Gilles et Simon, ils ferment la marche. 

Les 11 braves du 300 + 2 manquants (Photo CVRM)

Dès les premiers coups de pédale, je sens que ça ne va pas bien. J'ai du mal à suivre mes compagnons, mes pulsations sont anormalement élevées. Certes nous roulons entre 28 et 30 à l'heure avec un vent défavorable venant de l'est mais il n'a pas l'air si fort. Serait-ce dû à ma sacoche et son rack Arkel récemment installé après ma selle, le tout devant peser entre 3 et 4 kilos ? Est-ce dû à un mauvais entraînement cette semaine, trop ou pas assez, je n'aurai pas récupéré assez de force ? Ou est-ce mon organisme qui est affaibli à cause de je ne sais quoi, handicap physique ou psychologique ? 

Toujours est-il qu'après 20 bornes dans les roues, moyenne de 27 ;-), je me fais larguer à la régulière dans un faux plat longeant la 10. Me voilà seul, face au vent. Pourtant il me faut baisser le rythme cardiaque parce qu'il y a encore 290 kms à parcourir. Comme pour arranger les choses, il se met aussitôt à pleuvoir avec pas mal de nuages gris a l'horizon annonçant un futur immédiat relativement humide. Sur le boulevard industriel ramenant à Chambly, je m'arrête pour pisser, Jean me dépasse sans me voir. 

En rattrapant la 112, j'aperçois des cyclos pas très loin, sûrement le regroupement de Carl, Jonathan et Jean, mais impossible de hausser le rythme pour les rejoindre. Ça ne tourne pas rond dans mes jambes et dans ma tête, je commence à gamberger. Le constat est simple, qu'est-ce que je fous là, je n'ai pas de plaisir ! 

A Marieville, km 39, je dépasse Marc qui répare un flat, accompagné de Ralph et Martin L qui l'attendent. Pas envie de m'arrêter, je vais prendre un peu d'avance. Dix minutes plus tard, ils me rejoignent avec Gilles et me larguent sans un mot. Nouveau coup au moral. Je rallie St Césaire en négociant avec le vent, ma modeste moyenne de 25 prévue aujourd'hui sur mon tableau de marche, fond comme neige à soleil, je suis présentement à 24. 

Au contrôle, km 54, regroupement de la plupart des cyclos, cela me ragaillardit, je ne suis pas si nul que ça. Check rapide, je m'enfile banane et chocolat, je repars sans m'attarder. Il doit rester 5 ou 6 cyclos après moi, ça me rassure de ne pas être le dernier. 

Un peu reboosté, j'essaie de me motiver pour la suite, je rejoins la piste cyclable menant à Granby. La plupart de mes compères prennent cette route bien que ce ne soit pas le parcours officiel du CVRM, confère le fichier GPS. En 5 km, tous les gars derrière moi m'ont rattrapés et dépassés, ils ont l'air d'avancer facile tandis que je me traîne lamentablement à 22. 

Pour ajouter à la difficulté du vent, quelques averses s'abattent sur ma carcasse, je suis bien mouillé. Je me fais une petite frayeur en traversant un pont en bois avec les planches dans le sens de marche, c'est hyper glissant et ma roue avant commence à se dérober. Par chance, je rattrape le vélo in extremis. Nouveau coup dur pour le moral. J'insiste jusque Granby mais va falloir prendre une décision. 

Km 80, je me vélogare au Vélo-Gare face au lac, je m'assieds à une table sous abri, une nouvelle averse se déverse avec force, je grelotte. Je texte à ma chérie mon état de décomposition avancée, je lui indique que mon moral se trouve dans mes chaussettes ... mouillées ! C'est décidé, je vais rentrer, je ne suis plus motivé pour continuer, m'imaginant dans le vent, la pluie et les côtes à venir. Sur ce coup-là, pas très fort mon mental pour les brevets, que se passe-t-il ? Je suis tanné et je cède à la facilité. J'attends la fin de l'averse et fais demi tour à mon bécyk. Je suis déçu pour mon Piuma de ne pouvoir aller explorer les environs des monts de Sutton aujourd'hui, ce sera pour une autre fois. 

Sur mon retour, j'aperçois Simon qui arrive seulement, que lui est-il arrivé, problèmes mécaniques, erreur de GPS ? Je le salue et file maintenant vent dans le dos, ça change tout. En plus, la piste est en pente douce, j'ai l'impression que la forme est revenue mais pas la motivation. Même les averses cessent et le soleil tente une sortie. J'aurais peut-être dû encore insister une heure, mais c'est trop tard, c'est fait. J'ai abandonné le 300, il faut assumer cette décision, il n'y a pas de honte à cela. 

St Césaire est vite atteint avec ce courant d'air favorable, trop facile. Je m'arrête au Tim pour refaire le plein d'énergie avec un chili et un café-beigne. Il me reste 45 bornes pour en finir, vent dans le dos, une plaisanterie. Je fonce à plus de 30 de moyenne, je suis motivé ... pour rentrer chez moi, pas de regret. Je suis peut-être en train de faire une écoeurantite aigüe des brevets, faudra que je fasse le point avec moi-même, une petite pause et on y verra plus clair. Peut-être faire plus de vélo loisirs, voyage, découverte. Je dois d'ailleurs préparer un parcours pour deux jours de vélo avec mon fiston de 10 ans, c'est lui qui m'a demandé d'accomplir un 100 km sur une journée, c'est son défi à lui! 

Je dépasse Chambly sur la 112, certes bien pavée mais truffée de roches et autres objets contondants. Et ce qui devait arriver, arriva, loi de Murphy. En approchant de St Hubert à la fin de cette fameuse 112, mon pneu arrière roule sur une roche ou plutôt une broche et c'est la crevaison. Maudit pneu Cadence a marde. En réparant, j'observe de plus près la surface du pneu ayant à peine 1000 kms, il est déjà détruit, rempli de coupures, d'entailles, bouts de verre et de roches incrustées. Vraiment trop tendres ces Pro Pulsion Kevlar, je vais vite les changer et remettre mes GatorHardShell préférés qui n'attendaient qu'un autre flat pour prendre du service. Une auto s'arrête pour me demander si j'ai tout ce qu'il faut pour réparer, sympa le gars. Je le remercie car ça va aller. 

Mon Piuma renversé par un flat sur la 112

Je réintègre mon bled de banlieue à St Lambert avec 153 bornes au compteur, un demi 300, somme toute, le premier brevet de 150 du club. C'est aussi la première fois que j'arrive avant Fred, yes ! Je constate que je n'ai pas eu d'averse pour le retour, j'espère que mes compagnons auront aussi profité de cette accalmie météo. Je leur souhaite un bon brevet par la pensée, ces courageux, ces motivés. Ce n'était pas le cas pour moi aujourd'hui, mea culpa ! 

La moralité de l'histoire, c'est que si t'es pas motivé, reste couché ! J'avais prévu de faire le 400 et le 600 dans la foulée du 300. Mais fort de cette expérience, je vais peut être passer mon tour pour cette année. A moins que la flamme du breveteux qui brûle en moi, ne se rallume. A bientôt, peut-être ... 

A bientôt, peut-être ...

Pour la petite histoire, Marc m'a demandé le soir même par messagerie Facebook, comment s'était déroulé mon brevet. Je lui ai répondu que j'avais dû faire demi tour quand je me suis souvenu que je devais voter ce samedi 6 mai pour l'avenir de la France, avant la fermeture des bureaux de vote !

Je doute qu'il m'ait cru. 
Et vous, croyez-vous à toute cette histoire de manque de motivation ? 
Franchement ... 

samedi 29 avril 2017

L'importance de la météo dans les brevets ?

Deuxième étape logique dans la progression des brevets de la saison, celui de 200, on monte doucement en volume de kilomètres et en heures de selle. Je poursuis mes tests sur mon nouveau bike, l'objectif de ce samedi 29 avril serait d'améliorer mon temps sur cette distance, soit 8h42 réalisé l'année passée. 

Mais deux paramètres sont venus s'immiscer dans la réalisation de cette performance. D'abord un nouveau parcours largement modifié avec deux fois la montée de la Covey Hill, la première par le côté est, la plus dure, puis par le côté ouest en faux plat montant après un petit coup de cul. Ensuite et surtout, la météo annoncée. Certes il fera beau et la température sera douce mais le facteur gros vent s'est invité, et pas à peu près, 30 km-h d'ouest avec des rafales à plus de 50 km-h dans tous les secteurs traversés. Avec ces redoutables précisons de la science météorologique, on sait vraiment à quoi s'en tenir. 

J'ai recensé trois catégories de personnes face à l'analyse de la météo et sa prise en compte lors des brevets. Il y a celles qui la place en avant plan, si les conditions vont s'avérer très dures (pluie, vent, neige, tornade!), on va souffrir, y a plus de plaisir, ça peut être dangereux, donc je renonce. Ensuite. il y a une deuxième population qui s'en fout royalement, on a signé, c'est éventuellement pour en chier, ce ne sont pas trois gouttes et un petit courant d'air qui vont calmer nos ardeurs. C'est le cas par exemple de Jean le président et pas mal de vieux baroudeurs que rien n'arrête. Enfin il y a ceux qui en tiennent compte, qui pèsent le pour et le contre, qui réalisent qu'il y a un réel challenge et une difficulté ajoutée mais qui y vont quand même. Ils portent en eux ce petit grain de folie, c'est plutôt mon cas. Je me souviens cependant avoir chocké lors d'un 600 où une sacrée tempête était annoncée avec pluie et vent prévus au retour. Les quelques rescapés de ce brevet avaient effectivement bien soufferts, certains avaient terminé en état d'épuisement et d'hypothermie. Ceci étant posé, voyons ce qui s'est passé en ce fameux samedi soit disant un ti peu venteux. 

Tout de même légèrement anxieux, je me pointe vers 6h30 au stationnement de St Lambert dans ma belle auto. Nathaniel est déjà là, il n'a pas beaucoup d'entraînement mais il tient à faire ce 200. Pourtant Guiseppe Marinoni en personne a essayé de l'en dissuader, mais Nath est décidé, yes he can! Toute cette bande d'inconscients de breveteux se rassemble en une trentaine de minutes, chacun prépare son matose en mangeant des bananes. Je traverse une minute de terreur quand mon Garmin gèle inopinément à l'allumage, a 2 minutes du départ, impossible de faire un brevet sans GPS! Heureusement, Nathaniel est mon sauveur, il le remet en marche, comme par miracle. Fin de la grosse suée. 

Sténopé colorisé du départ du 29 Avril 1917 ;-)   (Photo CVRM)

Km 0, sept heures pétantes, clic clac Kodak de Jean, je m'élance le premier, impatient d'en découdre. Plus d'une vingtaine de joyeux pédaleurs m'accompagnent, ambiance habituelle de départ, on discute gentiment en tournant les jambes. C'est à peu près le même noyau qu'au brevet Pop, Fred la machine est déjà parti au large, suivi par Antoine. Puis Ralph, Olivier, Marc, Yvon et son fiston Jacob, Martin Doyon qui a troqué son fixie par son titane, Raymond le maitre des parcours, le groupe des trois athlètes Marise, Olivier C et Francis. D'anciens se sont ajoutés, Gaby, trois autres Martin, Bergeron, Lemay et Dugré, et pardon pour ceux que j'ai oubliés ou que je ne connais pas le nom. 

Km 10, pour l'instant le vent d'ouest ne s'est pas encore trop levé et nous progressons sans résistance. Voici Taschereau, peloton groupé, ça fait l'élastique en fonction des lumières et des arrêts. 

Km 18, nouveau parcours dans Candiac, on délaisse l'abominable 104. J'ai des problèmes avec mon indicateur de cadence, décidément, y'en a marre de ces bébelles électroniques. Trop d'appareils autour de mon Garmin, qu'il me dit l'effronté. Je me glisse en queue de peloton pour le resetter, ça fonctionne. Mais ça déconnera toute la journée quand je roulerai avec certains, bizarre et à suivre. 

Km 30, montée Monette, vent arrière toute puis 217 de côté. Les locomotives devant prennent leur rythme de croisière, ce sont Ralph, Olivier, Martin L et d'autres épisodiquement. Ça décroche fatalement par l'arrière, pas de pitié pour ceux en manque de forme, bye bye Gaby. Je m'accroche bien planqué dans les roues. 

Km 38, Les accélérations continuent et on a légèrement changé de direction, avec un vent pareil, ça ne pardonne pas. Les abris sont moins évidents et c'est plus dur. Je laisse filer les cadors en restant avec le petit groupe des trois athlètes, Marcus et Raymond. De toute façon, le contrôle n'est pas loin, on se reverra. 

Km 43, regroupement à St Cyprien, contrôle au Shell, moyenne de 28. On ne perd pas de temps, autographe, pain aux bananes, pipi et c'est reparti avec ma bande de flyeux d'une dizaine d'unités. Combien de temps vais-je rester à leurs basques, là est la question. Déjà Raymond et Marcus n'ont pas réussi à s'accrocher, ils sont rejetés du groupe, livrés à leur triste sort, à batailler contre le vent. 

Km 50, je veux rester dans les roues jusqu'au point le plus au sud de notre ride, soit la montée Guay, ce sera toujours ça de fait. Toujours vent de côté perturbant et pourtant la moyenne oscille entre 30 et 40. Je ressens un certain plaisir à filer avec eux et aussi une certaine gêne à ne pouvoir prendre un relais, je laisse ça aux gros mollets. 

Km 55, il y a ceux qui mènent l'allure, souvent les mêmes, Ralph, Olivier, Martin L parfois Martin Do, et les autres qui suivent en s'abritant comme ils peuvent, moi en tête, France, Martin B et un gars que je ne connais pas, Marc-André je pense. Je profite d'un moment de répit pour discuter de course à pied avec Martin B, il a réduit le volume à cause d'un mal de genou. T'as l'air plutôt en forme sur le vélo, lui dis-je. Non c'est l'orgueil, qu'il me répond. Cette portion de 20 bornes est couverte à 32 de moyenne. 

Km 63, extrême sud, objectif atteint, on bifurque plein ouest, vent pleine tronche, ça va être la partie la plus dure du brevet. Encore 30 km de côtelettes et de faux plat avant d'atteindre la Covey Hill, je sais pertinemment que je ne pourrais suivre le rythme du groupe car je suis déjà en sur régime musculaire. 

Km 70, je suis surpris d'être encore dans les roues mais une énième côtelette m'achève, je décroche en arrivant au chemin Roxham. Ma Maserati Piuma Ti n'a plus d'essence dans le réservoir. Il faut que je m'alimente et que je reprenne mon propre rythme. Il va me falloir négocier avec le vent en solo car je n'ai plus d'abri. 

Km 80, ça souffle toujours de face mais il n'est que 9h30 et le vent n'a pas encore atteint sa force maximale, faut donc pas flâner. Doucement mais sûrement, j'approche de la première montée de la Covey Hill, ce monument qu'on voit de loin. 

Km 91, au niveau du camping, c'est là que commence le segment de Strava pour la montée. C'est sans illusion que j'attaque la grimpette sur le triple plateau, je n'aurai pas la force de battre mon record de mercredi dernier, lors de ma reconnaissance avec Marielle. Je monte comme je peux, c'est déjà assez dur comme ça. 

Km 93, 15 minutes au lieu des 12 minutes à battre, j'étais plein d'ambitions ce matin dans mon lit quand je pensais à ce segment. Le rush des 70 premiers kilomètres m'a grugé pas mal d'énergie. 

Km 96, je salue Fred en sens inverse suivi 5 minutes plus tard d'Antoine. Ils ont terminé la boucle de Franklin et s'en retourne déjà. Ils ont plus de 20 bornes d'avance plus l'arrêt au contrôle, ce qui fait bien une heure d'avance à mi-parcours, ce qui fera deux heures à l'arrivée. Wow, ce sont des extra-terrestres. 

Km 100, je suis étonné de ne pas avoir été rattrapé par l'arrière car mon rythme jusque la CH a été plutôt lent. Mais voilà justement deux ombres qui se rapprochent derrière moi, c'est Jean et Gilles qui me dépassent en atteignant Doréa. Cet endroit est lugubre. Des bâtiments abandonnés constituaient un institut pour orphelins pendant les années 1950, ceux qu'on appelait les orphelins de Duplessis, une majorité d'enfants des premières nations qu'on voulait faire disparaitre. À regarder sur YouTube, c'est édifiant. Fin de la parenthèse historique. 

Km 105, je me motive en me disant qu'il ne reste plus que quelques bornes avant de virer de bord, donc fini le vent qui nous freine. Je suis repassé devant Jean en prenant le shortcut rejoignant Blackwood. Hey, t'as triché me lance-t-il ! Désolé mon cher, j'ai simplement suivi le fichier GPS que tu nous as gracieusement offert sur le site du CVRM. 

Km 109, c'est l'heure de sortir la grande voile car ça souffle fort dans le dos. Rapide rush par la 202 bien pavée jusqu'au contrôle de Franklin. 

Km 113, je retrouve ma bande de rapides de ce matin qui se restaure. Deuxième checkpoint, j'achète un sandwich jambon moutarde jaune pas très bon, et un coke qui passe de travers à la première gorgée. Je rassemble mes forces comme je peux car j'ai pas mal donné jusqu'ici. D'autres cyclos arrivent, Raymond, Marcus, Martin Du et les trois du tri. Même si le vent devrait être maintenant favorable pour les prochains kms, il va me falloir rentrer au bercail. Je laisse filer les locomotives et sans perdre de temps, je file moi aussi à l'anglaise, en solo. 

Checkpoint de Franklin (Photo Martin Doyon)

On s'alimente, on s'hydrate ! (Photo Martin Doyon)

Km 114, la montée Covey Hill m'attend à la sortie de Franklin, je monte relax, bien poussé dans le dos, c'est cool. J'atteins le plateau et la même route qu'à l'aller. C'est maintenant 4 km de faux plat pour le deuxième passage au sommet de la CH, Éole est à présent mon allié, je me sens rassuré. 

Km 122, descente vertigineuse, mon vélo fly à 75 km-h, je sens un léger flottement dans la direction de mon Piuma, pas les mêmes sensations que mon char d'assaut de Turismo, va falloir s'habituer. Gilles me rejoint en bas de la descente et me lâche sur la 203, km 126, vent de côté.

Vers la descente vertigineuse de la CH (Photo Martin Doyon)

Km 132, chemin Cowan, vent arrière à nouveau, ça file royalement, au dessus des 30 à l'heure sans forcer, c'est le pied. Encore 26 km jusqu'au contrôle, je trouve cette portion moins pénible que l'ancien 200. D'habitude je frappais un mur à ce moment, pendant la digestion. 

Km 146, un groupuscule formé de Jean, Yvon et Jacob me rattrapent à vive allure, genre 40 à l'heure, je les laisse s'éclater ensemble. J'avale un gel car je sens que j'ai besoin d'un boost pour rallier le contrôle. 

Km 150, à présent sur la 219, le vent est bien installé de côté, avec de fortes rafales latérales. Je m'accroche au guidon pour ne pas me faire emporter en perdant de l'adhérence, ça devient assez dangereux. Ouin, un grain de folie disais-je dans l'introduction de mon récit. Ça ne doit pas être évident de rouler en peloton dans ces conditions, à cause des écarts. Les larges jantes de roues ne sont pas très conseillées aujourd'hui, à cause de leur prise au vent, n'est-ce pas Fred avec tes flans de roue de 50 mm!

Km 158, voilà Sherrington et son troisième contrôle au dépanneur Jovy. Quelques cyclos discutent en s'hydratant car le soleil et surtout le vent dessèchent nos vieilles carcasses. Ralph, Oliver et Martin L sont absents, ils ne restent que Martin B et Do, France, Stéphane, Jean et le duo Clément. Je m'avale un autre sandwich jambon arrosé d'un grand Perrier avec lequel je refill mon bidon et mon Camelbak. Je m'assieds contre le mur pour reposer les jambes, Martin B fait de même, il a l'air épuisé, sûrement une de ses premières rides de l'année. Pas le temps de terminer mon lunch que la gang repart. Tant pis, j'ai manqué le train, il me faudra continuer solo. 

Du vent dans les voiles (Photo Martin Doyon)

Ya bon Jovy ! (Photo Martin Doyon)

Km 165, on rejoint la 221 pour atteindre St Édouard vers 14h. Le rafales s'intensifient encore, les bourrasques latérales balayent la poussière des champs et la ramène sur la route. On se croirait dans l'Ouest américain ou rien n'arrête le vent dans ses grandes plaines. Il ne manque que les boules de buisson traversant le paysage.

Km 170, Stéphane Proulx me rejoint sur la route après un arrêt pour besoin naturel, je suppose. Nous montons la montée Monette à 48 de moyenne sur l'overpass de la 15, ce sera notre dernier fast rush du brevet. 

Km 174, en effet, en rattrapant le rang St André, nous obliquons nord-ouest. Nous avons grand peine à avancer car même si le vent est de côté, parfois presque face, nous sentons sa force contre la nôtre. Il nous faut mouliner pour grignoter chaque kilomètre et la moyenne s'en ressent. Jusque là, j'étais à 26,5 km-h et j'ambitionnais d'atteindre les 27 à l'heure pour finir, tel que prévu sur ma feuille de route. Mais c'était mal étudier le final avec ce maudit vent défavorable. Pour l'heure, on se traine à 20, de vrais escargots. 

Km 186, voilà Candiac, un peu plus abrité dans les rues, quelques passages poussés sur la rue d'Auteuil. Stéphane navigue parfois devant, parfois derrière, au gré de ses accélérations et de ses ralentissements. De mon côté, je roule plutôt constant. Même dans ces éprouvantes conditions, la conduite de mon Piuma me donne entière satisfaction, je suis confiant pour la suite des brevets. Je ne ressens pas de douleurs, ni aux jambes, ni au haut du corps. 

Km 191, retrouvailles avec Taschereau, je bouffe le reste de mon sandwich qui trainait dans ma poche arrière remplie de mayonnaise, celui que je n'avais pas terminé à Sherrington. Pas de grosse moyenne là non plus, adieu record envisagé, j'essaye de sauver les meubles. 

Km 198, passage sur Pelletier, je largue Stéphane au profit des lumières. Ultime rush sur Victoria, vent une dernière fois dans la poire. On boira le calice jusqu'à la lie puis on sonnera l'hallali. 

Km 203, enfin le dépanneur du coin. Quelques cyclos sont encore présents, Jean et les Martin B et Do qui viennent aussi d'arriver depuis peu. Mon carnet est estampé à 15h48, temps de 8h48, moyenne 25,6, je suis écoeuré. Il me manque 7 minutes pour battre ma perf de l'an passé, ça aurait été possible avec un peu plus de conviction mais cette foutue météo m'a pas mal découragé. Ce sera pour une autre fois, avec Piuma, rien d'impossible. Jean est inquiet pour Martin Du et Marcus qui ne sont pas encore arrivés. Je reconstitue mes forces avec un lait au chocolat puis m'en retourne au stationnement. 

Rangement du matose, texto à ma chérie et bilan de cette journée avec un vent à écorner les boeufs. Était-ce une bonne idée d'aller faire du vélo malgré les conditions extrêmes annoncées par miss météo? Je pense que oui, c'était parfois à la limite du danger mais nous avons eu une belle journée ensoleillée. Ça aurait été plus compliqué si la pluie s'en était mêlée. Comme dirait Jean, cette expérience nous rendra plus fort pour les prochaines rides. Et la prochaine sera le brevet de 300, cet autre samedi qui vient. En attendant, je vais surveiller la prévision météorologique. Mais pour me décider d'aller rouler, ce n'est pas elle qui va faire la pluie et le beau temps ! 

Le soir, en regardant les activités du jour sur Strava, j'aperçois celle de mon ami Rémi B qui a flyé un Montréal-Québec, vent arrière à 31 de moyenne, sans effort précise-t-il. Cela peut aussi être jouissif, la météo !

samedi 22 avril 2017

Premier brevet pop avec mon Piuma Ti

Thanks God it's Saturday, c'est jour de brevet! C'est le premier brevet de la saison à part de ça, le fameux populaire destiné a la populasse. C'est aussi la première ride collective avec mon bécyk en titanium, une bonne occasion de mettre à l'épreuve mon agressif Piuma avec ma gang de mongols favoris. Je vais pouvoir tester cette nouvelle monture et savoir si elle répond à mes attentes, soit rouler plus vite sans dépenser plus d'énergie. Mon objectif est de suivre autant que possible quelques cyclos qui d'habitude me larguent rapidement et ainsi d'augmenter ma moyenne sur les brevets. 

Après quelques anecdotes pas racontables avec mon président préféré du CVRM au sujet de parcours GPS et de diffusion sur Facebook, me voilà fin prêt pour le jour J. J'ai seulement quelques centaines de kilomètres sur route dans les jambes à cause de cet hiver qui n'en finit pas de finir, nous sommes au Québec, dois-je le rappeler. Les sensations sur le vélo que Marinoni m'a concocté et livré le 8 avril quoique commandé le 14 janvier, sont bonnes. 

Livraison du Piuma: cycliste heureux

Piuma Ti avec 0 kilomètre

Mon Piuma en titane présente de belles améliorations par rapport à mon Turismo en acier Colombus. La géométrie du cadre est différente, la roue arrière est plus rapprochée du pédalier, ce qui le rend plus réactif au pédalage. Le vélo est aussi plus léger et plus confortable sur route déformée grâce aux propriétés physiques du titanium. Les roues ne sont pas haut de gamme mais font là job pour l'instant. Ce sont des Campagnolo Zonda C17 a jante plus large de 17mm, ce qui confère à mes pneus kevlar de 23, une largeur effective de 24, donc un meilleur confort et un bon rendement. Il a fallu que je retrouve ma position optimale sur le vélo et après quelques tests, celle-ci semble correcte quoique encore perfectible. Ceci étant dit, revenons à notre brevet Pop. 

Samedi 22 Avril, 6h33, mon cadran sur iPhone n'a pas le temps de sonner que je me réveille avant, que voulez-vous, je suis un peu excité d'aller rouler en groupe. D'autres ont des problèmes avec le réveil matin, n'est-ce pas mister Defrag, ce n'est pas vraiment mon cas. Douche, déjeuner et je pars de Verdun avec le bécyk félin dans l'auto délaissant ma chérie au fond de son lit. Celle-ci n'est pas très vélo cet an-ci, elle a jeté ses forces dans la course à pied, ce qui accapare pas mal de son temps. 8h30 au stationnement de la voie maritime, la météo annoncée n'est pas optimum, couvert nuageux avec averses passagères, environ 8 degrés pour la journée avec vent moyen d'ouest. Alors faut quand même s'habiller chaudement mais pas trop pour éviter la surchauffe. Fred et Cath sont déjà arrivés, la vingtaine d'autres cyclos arrive petit à petit. Voilà Jean notre président, t'as pas besoin de ta tuque me lance-t-il chaleureusement, on en reparlera tout à l'heure, quand l'humidité s'abattra sur nos carcasses. Des têtes connues se pointent à leur tour, Ralph, Oliver, Marc, Yvon qui seront mes compagnons pour la journée, ainsi que David et Trevor, nos anglos de la bande. Des nouvelles têtes dont Simon qui est venu avec des amis de son club de triathlon, une bande de maudits français. Martin alias the Yellow Shark et son fixie arrive juste à temps pour être sur la photo et prendre le départ de 9h. 

Le kodak du départ

Consignes avant le départ du brevet

C'est parti, on roule à St Lambert pour le premier brevet populaire 2017, enfin! Ça discute toujours en partant, histoire de se dérider les mandibules et de s'échauffer un peu les mollets en quittant la banlieue sud de Montréal. Comme à son habitude, Fred s'est enfui rapidement devant en solitaire, on ne le reverra plus de la journée. 

Km 12, je suis dans le groupe des poursuivants, une douzaine de zouaves bien décidés à rouler à 30 de moyenne à la sortie de St Hubert par le chemin de Grande Allée. Le reste de la troupe se met en route tranquillement derrière, nous ne les reverrons plus. Le vent dominant sera de côté une bonne partie du parcours puisque nous effectuons un aller retour nord sud avec quelques petites variations est-ouest. 

Km 20, chemin de Salaberry, les relais s'organisent pour faire avancer le groupe a bonne allure malgré les conditions venteuses. Je me retrouve aux avant postes puisque tout va bien, les sensations sont bonnes, les pulsations pas trop élevées. 

Km 28, j'entame mon relais lorsque la féminine du groupe triathlon me double, je lui colle au train sans broncher, emmenant le paquet dans ma roue. Peu après, je reprends le devant de la scène me permettant de monter un faux plat à 30 de moyenne. Pour l'instant, je fais le malin mais je n'oublie pas que la route est encore longue. 

Km 34, on rattrape le bon asphalte de route 219 néanmoins mouillée par un crachin qui nous tombe dessus. Je traîne a l'arrière pour me refaire une santé en avalant une banane. Oups, j'ai jeté la pelure dans les buissons. 

Km 37, à droite toute sur route Principale, vent arrière, on lâche les chevaux vapeurs. Martin sur son fixie va bientôt perdre les pédales à force de mouliner comme un déchaîné. Dans mon dernier brevet pop, c'était dans cette portion que je m'étais fait larguer par les tontons flingueurs de l'époque à plus de 35 km/h. Cette fois-ci, tout va bien et je vais vendre chèrement ma peau si on veut me décrocher. 

Km 46, à droite sur montée de l'Église, faux plat bien éventé, on s'en prend plein la gueule. Tout le monde s'accroche à sa machine en essayant de suivre les plus costauds. Ça décroche par l'arrière, le peloton se réduit, c'est sauve qui peut. 

Km 49, notre parcours est perturbé par un pont barré. Yvon qui connait le secteur, nous conseille de suivre les panneaux de déviation pour reprendre la 223 un peu plus loin. Le vent redevient notre allié, le spinnaker est à nouveau de sortie. Marise la tri athlète, en profite pour devenir la QOM sur un segment Strava à plus de 38 km/h, bravo! 

Km 54, à droite sur la 223 Sud, on dépasse l'ancien contrôle de St Paul aux Noix au km 58, déclassé par notre maître des parcours et repoussé 12 bornes plus loin, va savoir pourquoi. Cela nous fait une étape non stop de plus de 72 km, faut donc pas oublier de s'alimenter en route. Et ne pas omettre de boire non plus, même s'il ne faut pas chaud, les électrolytes dissous dans l'eau de mon Camelbak sont les bienvenus. 

Km 64, St Valentin et sa route des amoureux, notre bande de tri athlètes unis dans l'effort attend une des leurs, victime d'un coup de pompe. Ils nous rattrapent un peu plus loin, bel esprit d'équipe. 

Km 70, deux kilomètres en moins sur la prévision à cause du pont barré, voici enfin le contrôle de Lacolle au dépanneur Axep. Je stoppe mon Garmin, moyenne de 29,4 km/h, pas pire pour ce premier stretch. On se rue dans l'épicerie, tout le monde semble affamé. Croissant jambon arrosé d'un pepsi constitueront de quoi luncher tandis que je n'oublie pas de me faire puncher. On se retrouve dehors pour grignoter, il fait ben frette, sentiment amplifié par nos vêtements humidifiés par la bruine récente. Je discute avec mes compatriotes français, c'est jour d'élections présidentielles en France. L'extrême droite, l'extrême gauche, la droite, la gauche, le centre, toutes les positions géo-politiques sont représentées, les sondages sont très serrés, tout est possible. Qui l'emportera au premier tour car il n'y a que deux places pour le deuxième tour, réponse demain dimanche. (NDLR; ce sera le centriste Macron qui passera avec la fasciste Le Pen). On écourte la pause repas en se disant qu'on aura plus chaud à pédaler. Martin a déjà pris le large en éclaireur. Voici Dave, Trevor et Cath qui se pointent pour pointer, celle-ci me raconte sa déception de n'avoir pu accrocher les wagons dès les premières accélérations du peloton. Je repars avec ROMY (Ralph, Olivier, Marc, Yvon ;-)

Km 78, nous remontons plein nord à présent donc vent de côté la plupart du temps, c'est bien chiant. Marc déraille, deux des tri athlètes nous rejoignent, un des deux perd sa pompe, que de péripéties ! Au km 80, on bifurque plein ouest à nouveau, notre moyenne stagne à 24 malgré notre bonne volonté, Éole ne semble pas décidé à nous laisser établir un record aujourd'hui. 

Km 90, Napierville, on se rapproche du 2éme du contrôle qui n'est distant que de 23 km du premier, mais nom de dieu, qui a fait ce parcours ? On se bouffe encore quelques rafales venteuses et aussi moultes gouttes boueuses, ce qui nous transforme en cyclistes du Paris-Roubaix. 

Km 94, second punch de la journée, je m'enfile une tartelette au sucre à 1$73 qui a dû rester un bon moment sur la tablette tellement elle est sèche. Une bonne rasade d'électrolytes par la-dessus et me voilà revigoré pour l'ultime ligne droite de 45 km. On récupère Martin et on repart à 6 unités, plus motivés que jamais. 

Km 98, on rattrape le rang de Sloan, asphalte merdique combiné à ce maudit vent d'ouest, cela ne fait pas monter la moyenne. Le soleil tente de percer les nuages mais c'est dur aussi pour lui. 

Km 105, à droite sur Montée Monette, wind in the back, woohoo, tout à droite aussi côté cassette, on s'en paye une bonne tranche à presque 40 à l'heure. Ça file et Martin doit bien tourner les jambes à 120 tours minutes sur son fixie. 

Km 109, rang St André, encore et toujours à se battre contre les caprices de ce zéphyr. J'essaie de m'accrocher comme je peux aux locomotives que sont Ralph et Olivier. Soudain Martin met son flasher et s'arrête net, on ne sait pas pourquoi. J'apprendrais plus tard par son récit qu'il a été victime de crampes, manque d'électrolytes d'après lui. 

Km 115, Marc et moi sommes à la peine derrière, un trou se crée. Marcus m'encourage, il n'est pas décidé à se faire larguer alors je sers les dents et nous recollons au paquet. 

Km 121, on retrouve des lieux familiers, St Philippe et sa 217 de marde, le vent redevient notre allié. Ça roule plus facile et je récupère de l'énergie, ça devrait être bon jusque la fin car je connais ce final par cœur, c'est bon pour le moral. J'entends le doux klaxon du son du texto que ma chérie vient de m'envoyer pour me demander des nouvelles. Je lui répondrai plus tard car je suis pour l'instant occupé.

Km 123, bien positionné sur mon Piuma de rêve, j'ai retrouvé des ressources pour mener notre petit groupe jusqu'à la 104 à plus de 30 de moyenne. Vent arrière, y a rien là, me direz-vous. Tout de même, je jubile (jubiler: manifester une joie intense et souvent intérieure). 

Km 127, retour par la 104 puis Taschereau, ça sent l'écurie. Festival des autos, des lumières et des stops and gos. Enfin Pelletier et Provencher, ultime sprint jusqu'au dernier checkpoint.

Km 137, on s'engouffre dans le dépanneur 7 jours, 14h32 quand la madame horodate et appose sa signature sur nos carnets de route. Faudra retirer les 2 minutes à attendre des clients qui valident leur Loto 6-49, peuvent pas aller faire du vélo ceux-là. Je suis bien content d'avoir pulvériser mon temps sur le populaire, 5h30 à 28 de moyenne roulée. C'est vrai qu'on a fait 2 km de moins que prévu, cela fait toute une différence. On se prend un petit égo portrait de groupe, histoire de sceller notre belle coopération. Je remercie tous mes compagnons de route pour avoir contribué à ma performance du jour et plus particulièrement Raph, Olivier, Marc, Yvon et Martin qui arrivera un peu plus tard. 

ROMY et moi à l'arrivée

Km 140, retour au stationnement de la voie maritime avec Marcus, on parle de nos gros projets de l'année. Pour lui, ce sera probablement un 600 aux États Unis et le 1200 en Ontario. Pour moi, on verra. Le but de la journée était de me tester sur mon nouveau Piuma Ti, mission accomplie avec succès et cycliste enchanté. 

Je fais un premier bilan de mes sensations sur ce nouveau vélo. J'ai bien aimé ses accélérations efficaces et instantanées quand j’appuie sur les pédales, il n'y a pas de perte de puissance si je compare avec mon Turismo. Est-ce dû à mes nouvelles pédales SPD-SL plus chaussures à semelle carbone, la géométrie du cadre du Piuma, la légèreté du vélo ou les roues Campa, sûrement un mélange de tout cela. Très bien aussi son comportement au dessus des 30 km/h, le vélo ne perd pas de vitesse et ne demande qu'à accélérer encore, c'est nouveau pour moi. Enfin j'ai très bien passé les petites côtelettes du parcours, j'étais souvent facile par rapport à mes compagnons, il faudra tester ça dans de vrais raidillons genre la CH, comprendre la Covey Hill.
 
Vivement le 200 de samedi prochain, en espérant le soleil, mais pas trop, jamais content celui-là.

samedi 28 mai 2016

300 kilos dans la surchauffe

En 2016, je me suis promis une période sabbatique de vélo après ma superbe année 2015, consécration par le PBP et surtout après 3 ans de sacrifice. Donc moins de quantité avec les brevets, plus de qualité avec du cyclotourisme, et l'envie de faire autre chose de mes jambes comme de la course à pied. Nous avons d'ailleurs un projet avec ma fillote, celui de courir un marathon prochainement, aussi faut il s'entraîner dans cette optique. 

Après avoir fait un 200 bornes en 8h43 deux semaines plus tôt, un semi-marathon en 1h56 à Longueuil la semaine passée, je décide de m'inscrire pour le 300, histoire de me remettre dans l'esprit brevet, randonneur, baroudeur de longue distance. Je n'ai pas perdu cet état mongol, celui de me lancer des défis qui me sortent de ma zone de confort, pour me plonger dans une nouvelle aventure de mange-kilomètres avec toutes les péripéties qui viennent avec. Même si 300, ce n'est pas 1200, 600 ou 400, faut quand même se farcir une quinzaine d'heures de selle (à mon rythme), ce qui n'est pas spécialement apprécié, ni généralement acquis pour le commun des mortels. 

Quelques jours précédant le brevet, la météo annonce de la flotte à profusion, ce qui freine un peu mes ardeurs car je préfère rouler au sec, tant qu'à y aller, autant avoir du fun! Mais la veille du jour J, changement radical, zéro pluie mais une chaleur caniculaire. Je me laisse donc tenter par l'aventure, anyway on a rarement les conditions idéales. 

Samedi 28 Mai 2016 à 4h15, quelque part à Verdun: 
Un cadran sonne, je saute dans la douche, j'avale mon café ainsi que deux tartines au Nutella. Je laisse ma chérie au fond du lit encore profondément endormie, la chanceuse. Celle-ci devrait néanmoins aussi aller pédaler du côté de Bromont puis me rejoindre à St Césaire pour le retour en soirée. Vélo sur l'auto, je traverse Champlain déserté à cette heure matinale, RV rituel au stationnement de la voie maritime vers 5h30 par une belle température. La gang se rassemble pour la grande messe du vélo, 11 cyclos mongols au départ, des têtes connues mais aussi des nouveaux avec qui je fais connaissance. Il y a Michael, un ricain du Colorado ayant fait le PBP 2015 en 85 heures. ll est de passage dans le secteur et a eu envie de rouler avec nous sur un vélo Argon 18 qu'il a loué, bien motivé le bougre. Le président Jean arrive sur les chapeaux de roue, juste un peu avant le départ, il distribue les précieuses cartes et nous tire le portrait pour l'inévitable photo souvenir. 6h00 pétantes, le coup de feu est donné, les fauves sont lâchés. 

Fred, Alain, Audrey, Michael, Robert, Olivier B, Pascal, Olivier C, Edgar, Éric et Jean le photographe

Km 0: 
Les rapides filent devant. Fred et Éric suivis par la fusée rouge d'Alain, puis notre ricain qui s'accroche à ces machines de guerre et probablement Roger aussi. Ensuite un duo s'improvise entre Jean et Oliver C, ils ne se quitteront pas de la journée. Notre président n'est pas très en forme aujourd'hui, racontera-t-il dans son compte rendu, son estomac lui aussi aura tout rendu! Vient ensuite votre serviteur moulinant gentiment dans les faubourgs de la banlieue, suivi comme son ombre par Edgar. Celui-ci est un habitué des brevets, pas très rapide et souvent malchanceux lors des grands brevets qu'il a tentés, échec dans PBP 2007 et en Floride récemment. 2 cyclos ferment la marche malgré eux, ce sont Olivier B et Audrey qui a du malheureusement réparer un flat dès le départ. 

Km 3:
Je croise Michel Gervais sur Victoria en sens inverse, on se salue. Il ne fait pas le brevet aujourd'hui car il va encourager mon couple de mongols préférés, Yves et Marie-Claude dans leur projet fol dinguo de la journée, soit monter 28 fois le gros Camilien de Montréal. Ils vont faire ça dans la chaleur du goudron surchauffé et le smog urbain, ouf! Et ceci pour une bonne cause puisque c'est pour une campagne de don pour la recherche sur le cancer de la prostate. Ce problème est bien connu des hommes à partir de 50 ans dont je fais partie. J'ai même gouté à une biopsie récemment et je peux dire que ça chatouille pas mal dans l'arrière train cette connerie là! Heureusement rien à signaler pour bibi. Donc pour conclure cette parenthèse caritative, donnez généreusement!

Km 18:
Revenons à notre aventure du brevet, un petit vent d'est, nord-est nous force à appuyer sur les pédales sur le chemin de Salaberry. Je mêne en tête de notre duo, Edgar mon compagnon de fortune prend quelques timides relais de temps à autre, nous progressons à 25 de moyenne.

Km 28:
On rejoint Chambly tout en discutant. Pause pipi et réglage de ma selle car elle est un tantinet de travers, pas grand chose mais juste assez pour désorganiser mon pédalage d'habitude très fluide. Et pourquoi cette selle était mal réglée? Tout simplement lors de ma récente révision chez Atelier Wellington, le mécano a eu la bonne idée de la retirer et de mal la replacer. Grrrrr, on ne touche pas aux réglages de ma selle SVP! Car tout le monde sait que ça peut causer de vilains tours, n'est-ce pas MC?

Km 38:
Nous quittons la 112 toute refaite par Marielle-ville. Nous apercevons un cyclo agitant sa roue à notre rencontre, c'est Roger Robert avec son maillot Guru. Il a vidé ses 2 cartouches de gaz pour regonfler son pneu arrière qui est toujours à plat. Ça n'a pas l'air d'être un gourou de la réparation et nous lui offrons notre d'aide. Sans hésiter un instant, Edgar lui jette une tripe et lui prête sa pompe pour tenter un ultime sauvetage. Nous le laissons à son triste sort en espérant qu'on le reverra sur le parcours pour récupérer la précieuse pompe. 

Km 50:
2 cyclos reviennent par l'arrière, c'est Olivier B et Audrey qui ont terminé de réparer leur crevaison lente. Ils s'arrêtent juste après nous avoir dépassés, stoppant pour une pause pipi, il me semble. Hey les gars, y a des toilettes au checkpoint dans 4 bornes.

Km 54, contrôle 1, Ultramar de St Césaire, 8h15:
Pas d'autres participants au contrôle à part nous 4, signature vite faite, banane partagée avec Edgar le bon saint-Bernard, un peu de jasette avec le grupetto. C'est là que je découvre qu'Audrey est une fille, bien sûr vu le prénom, mais depuis peu de temps! Oups, moi qui l'avait prise pour un gars tout à l'heure. On discute de ce sujet un peu délicat mais Audrey est à l'aise avec ça. Elle nous parle de ses récentes prises d'hormones et toute le kit, j'aperçois en effet une paire de seins poindre sous son maillot cycliste. La nature est parfois cruelle lorsqu'elle ne donne pas le sexe correspondant à la bonne personnalité.

Km 56:
Nous quittons St Césaire apercevant Roger qui a finalement réussi à réparer et restitue la pompe salvatrice à Edgar. Tellement qu'il fonce ce Roger Rabitt, qu'il a loupé le contrôle et il y retourne dare-dare. Il nous redoublera quelques minutes plus tard à vive allure, bip- bip!!!

Km 70:
Nous parcourons la tranquille piste cyclable fréquentée par moults cyclos de tout genre, la température monte gentiment, déjà 27 degrés à 10h, c'est encore supportable mais ça promet pour la suite. 

Km 80:
Voilà le vélogare de Granby, nous y retrouvons Oliver B et Audrey qui n'ont pas pris la piste cyclable, ils refont le plein d'eau, gare à la déshydratation aujourd'hui. Notre binôme repart sans tarder, Edgar suit toujours mais le relief s'en vient. 

Km 93:
Après une côtelette, un pipi dans le bois de Saxby, un texto à Marielle qui se prépare à prendre le bus la menant à Bromont, nous rejoignons justement le village en question. À partir de là, Edgar poursuivra sa route seul et à son rythme, derrière moi.

Km 100:
Dans les reliefs du Chemin Brôme, Olivier et Audrey (O&A) me dépassent à une cadence soutenue, incapable de prendre leur roue, pas envie de me griller, fait déjà assez chaud comme ça. Le vent de nord nous pousse par derrière, ça fait moins d'air dans la face, toujours en train de se plaindre celui-là!

Km 115, contrôle 2, IGA de Knowlton, 11h10:
Jean et Oliver C repartent au moment ou j'arrive, O&A viennent à peine de déclipper. Routine de contrôle, taboulé, kaiser jambon, jello aux fraises, eau bulle, autographe sur le carnet de route et nous nous installons pour casser la croûte. D'abord au frette de la clim puis dehors pour diner avec les copains et les copines. Edgar arrive sur ses entrefaites et fait de même. 30 minutes de pause et je repars le premier et solo, faut respecter les arrêts si on ne veut pas rallonger la sauce. 

Km 130:
Je file vent favorable sur la 243 aux accotements maganés, ils pourraient la refaire, nom d'une pipe en bois, depuis le temps qu'on y passe, va-t-il falloir se cotiser? Je sens dans mon dos le souffle chaud du vent, et bientôt celui d'O&A qui ne devraient pas tarder à me dépasser, étant eux aussi sur leur départ à l'IGA.

Km 145:
Peu avant d'atteindre Mansonville, commune de Potton, la fameuse paire O&A me dépasse à un train d'enfer, moi qui croyait rouler un bon train, je les vois vite fait disparaitre, tel un TGV. Chacun son rythme, c'est la dure loi du vélo. Du coup, je fais un stop au dépanneur pour noyer ma peine dans un Perrier rafraichissant, il commence à faire chaud. Je rencontre quelques couraillons vélos carbones à réparer un flat à l'ombre du magasin. 

Km 163:
Je franchis la vallée de la Missisquoi, comme dans un sèche-cheveux géant, un léger vent chaud défavorable me dessèche le gosier et surchauffe mon cerveau. J'atteins la redoutable Scénic alors que le mercure monte a 35 degrés. Heureusement quelques nuages me permettent une ascension moins pénible sous cette écrasante chaleur. 

Km 170:
Sommet dépassé, grisante descente sur Abercorn avec une pointe à 73 km-h. Je rejoins la 139 pour une poignée de kilomètres avant l'air climatisé du Subway, faut se donner des objectifs immédiats pour continuer d'avancer.

Km 180, contrôle 3, Subway de Sutton, 15h00:
Je stationne mon bécyk alors que Bernard Croteau vient me saluer, il rentre d'un tour de vélo dans les monts environnants avec des potes. Il pensait faire un 600 ou 2, si son agenda lui permet, sacré Bernard, toujours très occupé. Je dois reprendre des forces rapidement et me mettre au frais, 3 personnes devant moi pour être servi, c'est long. Je bois un V8 quasiment d'un trait en attendant mon tour puis prends un 6 pouces steak-fromage, une soupe au poulet et une boisson en fontaine. Le tout est ingurgité en textant à ma chérie ma position, mon allure et l'heure de notre impact à St Césaire. Glaçons dans les bidons et mon Camelbak, crème à cul, crème solaire, branchement de mon Garmin sur ma batterie Bolt et c'est reparti. Pas de trace de mes petits amis qui s'arrêtent généralement à l'IGA, je suis l'avant dernier de la gang d'après mes calculs, Edgar doit être loin derrière, pauvre lui, une grosse journée en perspective.

Km 193:
Je remonte par la 215 Nord à contrevent, doucement mais sûrement. Les forces sont revenues et j'ai hâte que l'après midi achève pour faire tomber cette foutue température, encore 34 degrés au compteur. Je déboule sur la 104 Ouest, le vent se remet de mon côté, yes!

Km 206:
Voici Cowansville, je sirote mes liquides refroidis par la glace, j'arrive à contenir ma soif comme un chef aujourd'hui, youpi. Ma direction oblique sud-ouest, vent de nord-est, ça pousse légèrement, j'enquille les kms jusqu'à ma pause habituelle à l'Ultramar de Dunham.

Km 213:
Encore des boissons fraiches, Perrier et Pepsi, c'est plus fort que moi. J'avale 2 autres pouces de mon 6 pouces, les solides sont plus durs à avaler par forte chaleur. Encore un texto à ma dulcinée certainement moins calcinée, Marielle a photographié des tortues sur la piste de Granby. Je lui signale que je suis à 52 km de notre point de rencontre et elle à 30 km. 

Km 222:
Les derniers kilos faciles puis je bifurque plein nord, 40 km avec un petit vent dans le pif. J'aime pas trop cette route du retour, quoique très tranquille et bucolique. Mais c'est le moment ou on a hâte d'arriver au dernier contrôle car la fatigue commence à s'accumuler, d'autant plus avec ce pervers petit zéphyr.

Km 245:
Farnham et sa voie de contournement, une ultime halte dans l'herbe pour dégourdir les jambes et m'enfiler le dernier 2 pouces restant, je reprends mes esprits quelques minutes. La température a enfin baissé, il est 18h30, la chaleur et la soif sont de moins en moins problématiques. Dernier rush de 20 bornes vers le Tim, cette portion est vite avalée.

Km 266, contrôle 4, Tim de St Césaire, 19h30:
J'aperçois Marielle qui est arrivée depuis un quart d'heure, le timing est respecté. Elle s'enfile un wrap avec thé glacé tandis que je commande soupe, yogourt et aussi un thé aux agrumes, j'arrête de boire du coke qui pourrait m'empêcher de dormir, l'arrivée étant proche. On discute de notre journée, elle a monté 2 fois le mont Shefford et elle pense avoir fait un temps intéressant ... dans la descente! Pas trop le temps de placoter, une courte pause et c'est reparti mon kiki pour la destination finale. Nous sortons les lumières et les accessoires flashy, il va faire nuit dans pas long. 

Km 285:
Ma chérie mène la danse, vent favorable, je suis comme je peux derrière, admirant le paysage au soleil couchant, une belle lune fait son apparition. La nuit nous enveloppe gentiment, les lumières de Richelieu sont atteintes, et son pont enjambant la rivière du même nom.

Km 303:
Au tour du toboggan de la 30 à St Hubert d'être dépassé. Je regarde le chrono, je peux faire moins de 16 heures si je pousse un peu alors poussons. Quelle manie de breveteux de vouloir faire moins que l'heure qu'on est en train d'atteindre. Petits sprints par-ci, par-là pour éviter les feux de circulation et les stops aux arrêts!

Km 311: contrôle 5, dépanneur Bon Coin de St Lambert, 21h47:
Ultime sprint sur Victoria, je pointe au dépanneur avant 22h, exactement 21h47, soit 15h47, yes, suis satisfait. Pas pire pour 311 km, d'autant que j'ai fait 100 km accompagné mais devant, 160 km tout seul puis 50 km tractée par ma cocoon. La dame du dép me commentent les arrivées des précédents breveteux, 2 cyclos (Roger et Michael) à 19h56, 4 cyclos à 20h55! Quand je parlais de cette manie d'arriver sous l'heure, c'est encore une fois vérifié. Somme toute, juste 52 minutes après le quatuor de Jean, des Oliviers et Audrey, c'est presque bon. Ils ne roulaient pas si vite que ça après tout ou alors ils se sont arrêtés plus longtemps que moi.

Moi et ma cocoon

En tout cas, encore un brevet dans la musette mais je ne pense pas faire de 400, ni de 600 cette année, sabbatique oblige. Nous récupérons un peu de protéines avec du lait au chocolat et ingurgitons un perrier pour se réhydrater. De retour à l'auto dans le  stationnement, nous sommes surpris de voir Oliver C endormi dans sa Toyota, vélo sur le top, dure journée pour lui, on dirait. Sans le déranger, nous remballons le matose et réintégrons notre base de Verdun by night. Une bonne douche, un résumé du Giro en sirotant une bière et zou au lit. Pas besoin de compter les moutons pour ce soir, j'ai assez compté de bornes pour aujourd'hui. Bonne nuit les petits. 

samedi 14 mai 2016

Premier brevet de 2016 après l'année PBP

Réveil matinal, iphone a 5h, douche, déjeuner avec banane, matose dans l'auto et c'est parti solo pour la voie maritime, ma cocoon est restée bien sagement couchée. Pas de problème sur le pont, j'arrive le premier au stationnement vers 6h15, je ne suis pas en retard. Je me prépare, je vais couler un autre bronze puis j'attends que mes partenaires de bécyk se pointent au départ. En tout 21 mongols assistent aux festivités, ca part comme des fous comme toujours à 7h pétantes après la traditionnelle photo. 

Presque 30 à l'heure dans les 20 premiers kilomètres, puis les rapides me larguent en compagnie de Marc et son pote Romain qui s'en retourne à Montréal après 30 km. St Cyprien est atteint, 1er contrôle, grignotage et boisson, on repart avec Nathaniel, Robert et Marcus. Martin Lemay et Jean suivent derrière. Je roule dans les roues jusqu'au km 60, après c'est chacun pour soi sur le chemin de la Covey Hill bientot franchi. Descente sur Franklin ou s'opère le regroupement. 

Heure du lunch, un sandwich, un coke et du chocolat. On repart sans trop tarder, un peloton de 8 unités comprenant Guy de Gatineau qui a fait le PBP 2015, même temps que moi ainsi qu'un gars de Sherbrooke. C'est encore Robert qui mène la danse et après 20 bornes, mes muscles explosent, ça roule un peu trop vite pour digérer, je reste derrière à mouliner avec un vent légèrement défavorable et le relief pas trop plat, j'ai Nathaniel en point de mire. C'est la portion que j'aime moins sur ce 200 car je suis rarement bien quoique le paysage est sympa. Remontée plein nord sur la 217 vent arrière pour atteindre le 3eme contrôle de St Cyprien ou je retrouve Nathaniel, Guy et son pote, Martin L arrive un peu plus tard. A nouveau, on se refait une santé à coup de coke, sandwich jambon et chocolat puis je repars avec Nat. 

Ca file plein nord avec ce vent favorable, la fin va être agréable et je suis motivé. Nathaniel me largue au profit d'un changement de direction, il prend tout droit, je prend à droite. Les 3 derrière en profite pour me rattraper à bonne allure, je leur emboîte le pas. Ils s'arrêtent à un stop pour faire je ne sais quoi, je continue sans m'attendrir, j'ai envie de péter mon record de 8h47 car c'est encore possible et les nuages se font de plus en plus menaçant surtout que la météo a prévu de la pluie vers 17h. Je retrouve Nathaniel du côté de St Philippe et le largue sur Taschereau au profit des lumières que je grille plus d'une fois. Dernier sprint sur Victoria, objectif atteint pour 8h43, les autres arrivent peu après. 

Retour au parking, congratulation, carte à Jean encore présent et dispersion. Quelques gouttes s'abattent, il était temps.Gros bordel sur Champlain, cul a cul tout le long, rétrécissement de chaussée et une heure pour faire 2 km. Verdun pour 18h, douche, souper ribs bibine avec ma cocoon qui est juste aller faire un tour de canal. Soirée GoT avec la saison 3, épisodes 8-9-10.

samedi 12 septembre 2015

Un petit 200 vite expédié !

Réveil 5h30, Marielle hésite encore pour le brevet de 200, elle se décide à y aller malgré la pluie annoncée. RV 6h30 sur la voie maritime avec une vingtaine de mongols du PBP et autres. Yves et MC, Gaby, Olivier C, Fred, Martin Do, Sam, Michel et son fils avec sa blonde, Casey, Marc et Sonia. 

19 partants dont 4 féminines

Bref, ça part vite, le peloton est emmené par Olivier que j'assiste a 30 de moyenne jusque St Cyprien. Puis on roule avec Marc et Sonia, à 4 jusque la Covey Hill. Y en a devant, y en a derrière, Yves et MC roulent avec la gang a Michel. Il se met à pleuvoir, puis à venter, Marielle a la frite, elle tire le paquet, Sonia serre les dents mais s'accroche. Contrôle de St Cyprien sans les fauteuils et retour St Lambert en 9h15.

Les 2 couples infernaux !

Retour condo, douche, souper, bibine, retour Verdun pour Babette, vidéo le règne de la beauté de Denis Arcand, bof ! Histoire d'un architecte qui trompe sa femme qui devient folle du côté de Charlevoix. Dodo tranquille après cette journée de plein air, nous en avons assez des activités physiques.