samedi 28 avril 2018

Pop 2018, premier morceau d'une fusée à 6 étages

L'ouverture officielle de ma saison de brevets commence presque toujours par le Populaire. Cette année, l'éveil du printemps a été très tardif, il fallait être motivé pour aller s'entraîner dehors, ce que j'ai pourtant fait à quelques reprises en Mars et Avril. Sinon il fallait pédaler chez soi, bien au chaud, comme un hamster dans sa cage. J'ai régulièrement participé à des courses virtuelles sur Zwift, le réseau social des cyclistes et des coureurs à pied. C'est d'ailleurs très bien pour pratiquer les intervalles à haute intensité car l'esprit de compétition reprend souvent le dessus et on oublie surtout le côté chiant de rouler à l'intérieur. 

Course sur Zwift - HI hi hi hi !

L’objectif sportif du moment est de me tester pour voir si je suis capable de refaire l’épreuve reine de longue distance a vélo, soit le PBP de 2019. En effet, mon dos m’a donné quelques inquiétudes fin 2016 puis par intermittence en 2017. J’ai pourtant ralenti la course à pied, pensant que c’était la cause de tous mes maux. J’ai même fait des exercices de gainage cet hiver pour renforcer les muscles autour de mes vertèbres lombaires et dorsales. Mais après des lumbagos répétés, c’est une sciatique qui m’a fait fortement douter de refaire une épreuve de ce genre. Maintenant, je prends cela avec philosophie, je me dis qu’on a l’âge de son squelette et que je vais l’économiser comme je peux, d’autant que la position sur un vélo ne semble pas aggraver mon inconfort. Mon plan de match 2018 est donc d’essayer d’enchaîner les brevets en progression, c’est à dire Pop, 200, 300, 400, 600 et enfin le 1000 km des Coureurs des Bois d’Ottawa, point d’orgue de ma saison, si mon corps le veut bien. 

C’est donc relativement bien en jambes que je m’inscris à ce premier brevet, je l'espère d'une longue série. La météo a encore fait des siennes toute la semaine, alternant pluie et soleil d’une journée à l’autre. À ma dernière consultation du site de Météomerdia, c’est plutôt favorable pour ce samedi, 2 heures seulement de pluie annoncées, je ne vais pas reculer devant si peu d’eau, je ne suis pas en sucre tout de même. Après une douce nuit auprès de ma blonde verdunoise, je me réveille une minute avant mon cadran réglé sur 6h15. Douche pour me sortir de ma léthargie, déjeuner pour emmagasiner quelques calories puis départ en auto vers le stationnement de la voie maritime à St Lambert. Je suis le premier arrivé, je ne serais pas en retard cette fois-ci, comme je le fus l’an passé pour une stupide raison. 

Les participants se pointent les uns après les autres. D’abord Roger Robert qui a hâte d’en découdre avec l’ami Fred Perman mais celui-ci ne sera pas du party aujourd’hui car en voyage à Malte. Catherine, sa femme, arrive justement a son tour, et nous confirme l’absence de Fred. Roger Rabbit ne fera pas la course avec son lièvre préféré. Il avait pourtant emmené avec lui une bande de copains (NDLR: Christian O., François-Charles M., Thierry M.), 3 gars aux gros mollets chevauchant des vélos carbone, pour lui faire sa fête. Ce sera partie remise, peut-être au 200 de samedi prochain. Les autres cyclos apparaissent tranquillement dans le portrait. Voici Yvon C. qui arrive à vélo de St Jean sur Richelieu, Jean R. notre président du CVRM qui commence sa distribution de cartes postales, Stéphane P. que j’ai dépanné d'une trip la semaine passée lors de ma ride à l’île Perrot, David H.D. et son vélo pliable Brampton, toujours inspecteur Gadget mon ami albertain, accompagné de son chum anglophone Trevor B., un de nos meilleurs rouleurs québécois au PBP 2015. Marc B. est venu nous saluer en touriste, il prend des cours d’informatique pour le fun au collège Champlain juste a côté d'ici. C’est lui qui prend la photo de départ, une chance pour Jean d’être sur le Kodak. Quelques consignes pour les nouveaux venus et c'est parti aux alentours de 9h01. Onze cyclos s’élancent pour ce premier brevet 2018. 

Jean, Cath, Dave

Marc venu en touriste

Onze cyclos au départ du Pop 2018

1ère étape: St Lambert - Lacolle, 73 km. 

Au km 0, Jean s’aperçoit qu’il a oublié ses bidons, il fait déjà la chasse au dépanneur pour récupérer une bouteille de Gars-tout-raide. La bande des rapides à Roger s’installe aux avant-postes, nous arrivons à les suivre grâce aux regroupements des lumières jusqu’à la sortie de la banlieue. En attaquant Grande Allée, km 11, les excités s’enfuient par l’avant, emmenant Stéphane dans leur sillage, combien de temps restera-t-il à leurs basques, bien curieux de le savoir. Le reste de la troupe est le gruppetto que nous formons, Yvon, Cath, Dave, Trevor et bibi, Jean traine à l’arrière comme d’habitude en début de brevet, est-il repassé chez lui pour une gourdasse ? Tel qu’annoncé, de gros nuages de pluie trainent au dessus de nos têtes, prêts à répandre quelques ondées par-ci, par-là. En atteignant le chemin de Salaberry, km 18, c’est chose faite, quelques gouttes humides nous caressent le visage mais ce sera le seul épisode mouillé de la ride, chanceux que nous sommes. Cependant, avec le bas plafond de nuages et la forte pression atmosphérique, mon GPS barométrique délire complètement, souvent Hors parcours me raconte-t-il alors que nous sommes bel et bien sur la bonne route. D’ailleurs mes statistiques d'altitude seront complètement farfelues sur mes compte rendus Garmin et Strava, 862 mètres de dénivelé pour un brevet presque plat. 

Le vent est de sud-ouest, pas trop fort mais présent quand même, il nous oblige à établir des relais pour progresser à allure raisonnable. Yvon s'y colle puis c'est mon tour pour plusieurs kilomètres, je me sens bien alors je reste en pôle position. Puis c'est le tour de Catherine, ce n'est pas très long mais elle veut participer, ce qui est tout à son honneur. Dave et Trevor qui ne nous suivaient plus depuis Grande Allée, effectuent la jonction et participent à notre joyeuse rotation. Les kilomètres s'égrènent ainsi, l'Acadie au km 30, la 219 au km 34. Je profite d'être à la queue pour absorber des bouchées emportées dans ma sacoche de tube, très pratique pour se ravitailler en plein vol. J'apprécie aussi de me faire drafter, mot provenant de l'anglais signifiant aspirer-abriter en jargon cycliste. 

Nous enfilons la route principale vers St Blaise au km 37, Trevor nous tire tout le long de cette route. Pendant ce temps, je papote avec Dave au sujet de son Brampton, drôle de machine pliable à petites roues qu'il a parfaitement réglée à sa position. Il semble cependant dépenser davantage d'énergie que sur un vélo traditionnel, ses pulsations cardiaques sont plus élevées confiera-t-il à l'arrivée. Mais il trouve sa monture plus souple, comparable à un bicycle en titane. Le temps et les kilomètres défilent plus vite lorsque l'esprit est occupée car nous voilà déjà à tourner à droite, montée de l'église au km 46, dans un faux plat bien éventé. Yvon effectue un relais puis j'enchaine en essayant de maintenir le rythme du 26 de moyenne imposée. Un revêtement tout neuf recouvre la route mais le dessous n'a pas été gratté, ce qui rend la conduite désagréable, des vibrations démentes remontent par les roues, le guidon et enfin le corps. Sur cet enfer, ça décroche par l'arrière, nos 2 anglos ont baissé l'allure d'un ton. 

Nous restons 3 à batailler contre les éléments. Yvon, bien en jambes, en rajoute une couche sur le chemin de la 3ème ligne au km 59, nous nous accrochons avec Cath pour rester dans sa roue. Nouveau virage à droite sur la 223, nous voici à St Paul de l'Île aux Noix, vestige de l'ancien check point déclassé pour cause de dépanneur à l'abandon. Encore à droite sur la route de St Valentin appelé chemin des amoureux ... du vent, certainement. Le binôme que je forme avec Catherine, a bien du mal à suivre le rythme infernal de notre leader, quelle force cet Yvon, il écrase les pédales avec une curieuse facilité. Il faut dire aussi que cela fait presque 2 heures et 30 minutes qu'on s'échine sur nos bécanes sans aucun arrêt dans des conditions défavorables. Nos organismes réclament un peu de répit même s'ils sont bien alimentés et bien hydratés. Km 64, sortie de St Valentin, on bifurque à gauche, Yvon s'éloigne pour aller pisser un coup. Cath passe devant mais elle s'aperçoit que c'est ben dur de mener avec ce petit vent du sud, je reprends donc l'initiative de notre duo. Dernier rush jusqu'au contrôle de Lacolle en remontant vers le nord, courant d'air favorable, ça va beaucoup mieux, Catherine a des ailes. 

Enfin nous atteignons le dépanneur Axep au km 73, il est 11h49, moyenne 26,3. Le temps de déposer nos bécyks que Jean se pointe le museau, il a rushé pour nous rattraper, avoue-t-il, seul dans le vent. Puis voici Trevor and Dave qui en finissent avec ce 1er stretch. Ravito à l'épicerie, on se partage 3 petits sandwiches avec Cath, arrosés d'un pepsi, les frenchies d'origine coopèrent, frenchy un jour, frenchy toujours. Michel G. s'est déplacé de St Jacques le Mineur jusqu'ici pour faire un bout de route avec nous, c'est bien sympathique, ça lui fera 100 bornes pour aujourd'hui. Discussion rapide au dehors par un temps humide en grignotant notre pitance. Je prends quelques clichés, histoire de documenter l'aventure. Mais bien vite, on grelotte, la température est quand même fraîche surtout lorsqu'on est mouillé de l'intérieur. 

1er ravito au km 73, voici un invité surprise !

Accident ? Non, vélo pliant !

On se les gèle !

2ème étape: Lacolle - St Cyprien, 21 km. 

Nous repartons après une vingtaine de minutes d'arrêt, je checke par rapport à ma feuille de route, nous sommes à peu près dans les temps. On se réchauffe vite fait en pédalant. Wind in the back, c'est beaucoup plus facile, on dépasse le 30 à l'heure sans forcer. Petit détour par le rang du même nom, soit Petit, tracé par Jean, qui se justifie en me disant qu'il n'y avait jadis pas d'accotement sur la 221. Ce n'est plus le cas maintenant, il l'a vérifié, mais le détour persiste. Yvon a trouvé un nouveau partenaire en la personne de Michel, pour tailler une bavette, comprendre jaser, et ces deux là ne s'en privent pas. Je me demande s'ils s'aperçoivent qu'ils pédalent sur leur vélo ! Un gros nuage noir s'éloigne à notre passage, il remonte vers le nord lui aussi, nous y avons échappé de justesse. 221 donc puis St Joseph et Rang Double au km 83 pour filer vers Napierville. Relais avec Jean à 2 de front, y a personne sur cette route, cela fait monter le cardio, faut bien souffrir un peu dans ce brevet, que voulez-vous. 

J'emmène le paquet à la queue leu leu sur la ligne droite de la 219 achalandée qui nous mène au 2ème contrôle, km 94. 21 bornes en 44 minutes à 28 de moyenne, ouin, une petite étape. Nouvel épisode restauration, tant qu'à être arrêté pour puncher. Je rends la politesse à Catherine en achetant un sandwich aux œufs que nous partageons. J'ingurgite un coke pour apporter des sucres rapides, nous délirons sur 3 cyclistes féminines habillées en orange que Jean aurait bien aimées accompagner, le petit filou. Dave and Trevor arrivent à leur tour mais pour nous, c'est l'heure de repartir. Encore un peu plus de pause que prévu mais ce n'est pas un drame, le vélo, c'est aussi le plaisir de socialiser. 

Coffee time

Michel toujours heureux

Cath buvant son vers ...

3ème étape: St Cyprien - St Lambert: 45 km. 

Sous le soleil revenu, nous repartons par la 221, virage à droite sur le rang St Jean puis celui des Sloan, le vent toujours de sud-ouest, nous nargue sur les flancs. Les locomotives Yvon et Michel poursuivent leur two-men-show en tête. À l'arrière, bien calé dans les roues, je discute avec Jean, j'apprends des choses sur sa vie, c'est drôle, mais cela restera privé. Cath commence a en avoir plein son casque, n'ayant pas beaucoup de millage en longue sortie, il lui manque fatalement de l'essence dans le réservoir. Du coup, comme dirait les français, elle joue à l'élastique en queue de peloton. Jean la ramène par moment. Km 106, à droite sur montée du Moulin, Éole nous pousse dans le dos, j'effectue ma pointe de vitesse de la journée, 42 à l'heure, pas terrible me direz-vous, mais bon, pas de côte, donc pas de descente, alors on fait ce qu'on pneut. 

À l'intersection du rang St André au km 109, nous disons au revoir à Michel, notre accompagnateur du jour, vraiment un charme ce gars-là, j'espère qu'on se reverra l'ami. On file maintenant sur St André en direction de Candiac, l'allure ne faiblit pas, presque 27 de moyenne au compteur. Grand Prix de la Montagne sur l'overpass de la 30 au km 120, Jean passe en tête, c'est qu'il est affuté le gaillard après son stage en haute altitude en Virginie. Plus que 20 bornes, ça sent la fin des haricots. Nous nous retrouvons à 4 pour terminer le travail, Yvon et Jean piquent un sprint sur la 217 rejoignant la 104, j'attends sagement Catherine, légèrement décrochée, pour la ramener. Et ce sont les innombrables lumières de la 104 puis de la 134, aussi appelée Taschereau au km 130, j'ai bien l'impression qu'on a du se farcir toutes les rouges. La moyenne baisse un peu, c'est cuit pour un record de toute façon. Le mien est à 5h30, il est depuis longtemps dépassé, alors je me calme le pompon. Un dernier rush sur Pelletier et l'overpass de la 10 ou je voulais prendre ma revanche sur Jean dans la côtelette. Mais nous l'avons perdu par l'arrière, il est victime d'un flat, si prêt du but, c'est con. 

Arrivée à l'ultime contrôle de l'Uniprix au km 139. Il est 15h10 lorsque la madame appose sa signature sur notre bout de carton bidon, c'est juste pour le fun. Temps honorable de 6h10 pour ce Pop, j'avais planifié 5h53 relax avec 25 minutes d'arrêt total. Mon GPS mentionne 49 minutes de non déplacement, soit 24 minutes en trop, donc 6h10 - 0h24 = 5h46, le compte est presque bon. Je suis satisfait de l'amélioration de ma feuille de route. En effet, j'y ai ajouté une moyenne par section de parcours en plus des moyennes globales, cela permet de raffiner l'allure en fonction du relief, de la probabilité de vent et de la fatigue accumulée. 

Avec Moyenne Individuelle

Collation de lait au chocolat pour fournir des protéines aux muscles en souffrance. Je suis content de mon état de forme, pas de douleurs particulières, mon dos m'a laissé tranquille aujourd'hui, c'est de bonne augure pour la suite. La balade n'est pas terminée pour Yvon qui s'en retourne à St Jean sur Richelieu, une vraie machine à bouffer des kilomètres, ce lascar. Sur ces entrefaites, Jean refait son apparition, ayant réparé sa crevaison promptement, nous rejoignons le stationnement de la VM de St Lambert ensemble. 

3 cyclos radieux

Nous retrouvons Stéphane qui s'est fait larguer comme prévu puis égarer dans la campagne à cause d'un vieux parcours du brevet sur son GPS. Il a retrouvé Dave et Trevor au contrôle de St Cyprien et ils sont rentrés ensemble. Les voici d'ailleurs qui viennent nous saluer, alors que nous rangeons nos vélos. Des nouvelles de la bande des fast and furious de Roger Rabbit, lui et un autre sont taxés d'un temps de 4h47, ce qui est excellent mais pas suffisant pour accoter l'ami Fred avec 4h18 en Septembre 2017 d'après les résultats du CVRM. Pour les 2 autres de la gang des 4, pas de temps officiel, ont-il jeté leur carte de brevet ou se sont-ils évaporés dans la nature, mystère et boule de gomme. 

Pour conclure, ce fut une belle journée à cycler malgré la météo annoncée. Comme quoi, il faut parfois oser et la loterie de dame nature fait le reste. On se dit à samedi prochain pour le 200 pour certains. Dave and maybe Trevor feront aussi un 200, mais ce sera dans le Vermont à Montpelier, cool and nice. Sur ce, je rentre au bercail à Verdun ou je retrouve ma chérie, de retour d'une petite ride pour tester sa nouvelle selle SMP. 

Ciao bye les ami(e)s et à la prochaine.

Mes stats du Pop sur Strava

samedi 9 septembre 2017

Pas chanceux, encore un brevet à la chasse

Des ambitions pour ce 200

Après ma mésaventure du populaire de la semaine passée, je suis bien décidé à conjurer le mauvais sort et prendre ma revanche pour ce dernier brevet de 200 km de la saison. Comme je me sens plutôt bien sur le vélo ces dernières semaines, je décide même de placer la barre un peu plus haut. En effet, je veux battre mon temps sur ce 200 nouvelle formule, soit 8h48 réalisé en Avril de cette année. Je l'avais pourtant bien commencé mais je fus fortement ralenti sur la fin à cause d'un vent à écorner les bœufs et pas de gruppetto pour rentrer abrité. J'ai donc établi mon plan de match à moins de 8h30 pour une moyenne de 26 avec 40 minutes maxi de pause. Ou encore mieux, à moins de 8h15 avec une moyenne de 27, il est permis de rêver un peu. 

Pour y arriver, je compte bien sucer quelques roues, bien planqué dans un paquet de grosses cylindrées afin de m'économiser le plus possible et terminer en force. Il ne faut cependant pas oublier que ce 200 comporte 2 ascensions de la Covey Hill, ce qui pour moi, fait baisser la moyenne considérablement. Il me faudra donc engranger de l'avance sur la moyenne avant les côtes, et peut-être après, s'il me reste du jus dans le réservoir. Reste à analyser les conditions météo. Pour samedi, il est prévu une température fraîche avec un vent modéré entre 10 et 15 km-h, malheureusement orienté Nord Nord-Ouest, ce qui est moins bon car défavorable pour le final sur environ 50 bornes. C'est toujours mieux d'avoir ce bon vieil ami d'Éole pour terminer, ça casse moins les pattes ainsi que le moral. Quoi de plus énervant que de voir sa moyenne baisser quand le vent est contraire ! 

2 ascensions de Covey Hill


Me voilà donc au départ de ce dernier RV du CVRM. Je ne suis pas à la bourre cette fois, j'ai pris soin de venir à vélo et d'éviter ainsi les problèmes de char. Douze amis mongols sont également de la partie en ce samedi 9 Septembre. Parmi eux, bon nombre que je connais bien et qui pourraient m'aider à atteindre mon objectif gardé secret. Il n'y aura pas Fred, ayant décommandé au dernier moment pour cause de fièvre, donc pas de fusée éclairante en tête de peloton. Anyway il ne m'aurait servi à rien car il roule trop vite. Je retrouve les gros bras ou plutôt les gros mollets du club, voilà Yvon (Ultra Défi 1000 km il y a un mois), Martin L, Olivier C et Marc (Granite Anvil 1200 km il y a 2 semaines), Michel du club Vélo Passion, nouvelle recrue sur les brevets qui roule très fort et très bien. Il y a aussi Jean, notre choix du président accompagné d'un de ses amis Patrick Gervais. Il y a surtout Carl Fréchette, une autre fusée à tête chercheuse de parcours car il s'égare de temps en temps. Pour finir la brochette de cyclos, je retrouve mon ami et fidèle Gaby, Robert Lafrance qui avait chuté lourdement il y a quelques années à cause d'une craque lors d'un 300 pluvieux, le mexicain Manuel, déjà présent au Pop et enfin un néophyte des brevets, il en faut toujours un. C'est Gigi Burchiani, peut-être un italien mais pas sûr, il est moins bien équipé pour la performance mais on peut être surpris. En invité surprise, David est venu se joindre à la gang avec son vélo Marinoni acheté d'occasion pour 500 pièces. Pour être complet, Marc est accompagné de son inséparable Romain, toujours à ses côtés, ils feront juste un petit tour de courtoisie avec nous avant de rentrer à la base pour le brunch. 

7 heures, tout le monde se rassemble pour l'inévitable photo de groupe, photo fantôme puisqu'elle n'apparaît même plus sur le site vieillot du CVRM. Mais que fait Jean avec cette photo, pour ses archives personnelles peut-être ? Pas une femme dans le groupe et pourtant ça jacasse comme des pipelettes, personne n'est décidé à donner le premier coup de pédale alors j'ouvre les hostilités. Il est déjà 7h02, c'est que j'ai un record à battre moi et chaque minute compte. Je démarre pourtant en douceur car papotant à mon tour avec Dave puis Gaby. Olivier, Martin et Michel trouvent que ça ne roule pas assez vite à leur goût, ils passent devant, nous les suivons à distance ainsi que le reste de la troupe. Les conditions sont humides, une légère pluie a terminé de tomber peu avant notre départ, il fait 12 degrés. Avec cette température, ce n'est pas prêt de sécher m'a prévenu l'ami Yvon. Le vent est bien de Nord, aussi il faut en profiter pour prendre de l'avance sur l'horaire. De plus, en peloton, ça devrait rouler à bonne allure sans trop forcer, cela s'annonce de bonne augure pour une performance. 

Exit Victoria et Provencher, voilà Taschereau qui défile sous nos roues. Soudain, l'instant se cristallise au km 12. J'entends un petit bruit provenant de ma roue avant, un objet contondant vient de s'enficher dans mon pneu. Je passe ma main pour vite l'extraire mais le mal est fait. Pschhhiiiiiittttttt, c'est un flat ! Fait chier, traduire, chus en tabarnak. J'observe mes compagnons défiler devant moi, d'un air dubitatif. Bien sûr, personne ne s'arrête, c'est la dure loi des brevets, Dieu pour tous et chacun pour soi ! Ou plutôt, un pour tous et tous pourris ! Ça commence bien mal quand on veut se battre contre le chronomètre. D'autant que je vais être obligé de rouler seul et fort pour garder l'espoir d'en rattraper quelques uns. Je me débats donc avec cette putain de crevaison, m'écorchant les doigts sur les rayons acérés de cette putain de roue Campagnolo, y a du sang partout. Je prends soin de vérifier qu'il n'y a pas d'autres saloperies dans le pneu, je remonte avec mes démonte-pneu, chose qu'il ne faut jamais faire au risque de pincer la chambre. Mais c'est trop dur à remettre et j'ai pas le temps de niaiser. Je profite de cette pause inopinée pour délester ma vessie puis je repars enfin. Une bonne quinzaine de minutes et quelques gouttes d'hémoglobine se sont écoulés. J'essaie de me re-motiver, pas évident quand c'est la 2ème fois en 2 semaines que je commence un brevet solo, en dernière position et à la poursuite de mes compagnons. La chasse est de nouveau ouverte. 

Je quitte Taschereau la maudite, déboule dans Candiac, à gauche Montée Monette, à droite sur la 217, tout en faisant crisser mes pneus, il est énervé l'animal. Me voilà en campagne avec vue dégagée, personne devant comme de bien entendu, je prends un rythme pas trop vite, ni trop lent, genre 27 à l'heure. Le vent est favorable mais pas très fort alors c'est pas la grosse vitesse de croisière espérée. Les autres en peloton doivent s'en donner à coeur joie et rouler plus vite que moi. Aussi ce n'est pas gagné pour les revoir au prochain contrôle de St Cyprien. Après 1h54 moins 17 minutes de pit stop, j'atteins le checkpoint du Shell, km 43. 

Il ne reste qu'un vélo à la station, c'est le Marinoni bleu de Dave. En 4 minutes chrono, je fais signer mon carnet, avale une banane, remets de l'air dans le pneu avant pas assez regonflé puis pars à la poursuite de mon albertain préféré qui vient de repartir. Sans peine, je le rejoins, il n'a pas l'air dans son assiette, le pauvre tousse et ne se sent pas bien. Nous roulons ensemble sur la 217 pendant quelques kilomètres tout en discutant, ma moyenne baisse un peu mais sa compagnie me fait du bien. Nous atteignons la Montée Guay soit le point extrême sud du parcours, km 63. Mon compagnon de fortune va se reposer et pense abandonner le brevet. Sur sa ride Strava, il écrira : Malade, mal ajusté, mal habillé, 140 km au lieu de 200. Zut alors, j'étais plus le dernier mais je le suis à nouveau suite à cette défection. 

Je continue ma chevauchée solitaire à travers le toboggan de montées et descentes qui longe la frontière. C'est dans ce secteur, sur le chemin Roxham, que les migrants des pays défavorisés passent au Québec, quelques milliers en quelques semaines récemment, O Canada, terre d'accueil. Dans cette portion côteuse du brevet, la moyenne en prend un coup. Déjà qu'elle n'était pas bien élevée et ça ne devrait pas s'améliorer jusqu'au km 130, après la 2ème ascension de la Covey Hill. Je reprends des forces en absorbant mes friandises libanaises et à la noix de coco achetées à la Prep du 1000 de la Gauchetière, des petites boules d'énergie toujours bien appréciées. 

Une pluie soudaine et passagère se déverse pendant quelques minutes, sacrebleu, ce n'était pas prévu au programme. Je n'ai pas emporté mon kit de pluie alors je subis l'averse, pas le choix. Km 83, le grain passe. J'aperçois au loin 2 cyclos dodelinant et peinant dans les côtelettes à répétition. Je reconnais Gaby puis Manuel alors que la CH se profile dans les 10 prochains kilomètres. J'ingurgite un gel de potion magique puis fonds sur mes 2 congénères. Je rattrape Gabriel qui me demande au passage de lui prendre un sandwich au prochain contrôle, des fois qu'il n'y en aurait plus à son arrivée. Ok, lui dis-je, alors que je m'éloigne déjà. Peu après, je dépasse l'ami Speedy Manuel qui a l'air de peiner dans ce relief hostile, je l'encourage en le doublant. 

Yes !!! Je ne suis plus le dernier de la ride. Cela me donne du peps et je fonce vers la Covey Hill, la fleur au fusil, le couteau entre les dents, bref la fleur entre les dents. Voici le camping-golf du Domaine Enchanté, j'amorce la grimpette de 2,6 km, 158 mètres d'ascension a 6%, c'est le segment Covey Hill de Strava. Ce ne sera pas mon meilleur temps mais ce n'est pas pire, je fais ce que je pneu, je me secoue les tripes. Puis c'est la douce descente qui sera remontée tout à l'heure. Cette route est de plus en plus maganée, il n'est pas bon de rouler trop à droite, heureusement qu'il y a peu d'auto par ici. J'arrive à Doréa, lieu lugubre avec son orphelinat désaffecté. Je ne fais pas de tourisme et m'enfuis dans la belle glissade de la 209. Quelques bifurcations plus loin, j'enquille la ligne droite de la 202 menant au 2ème contrôle de Franklin, km 113. 

 Youpi, tout le peloton est là, j'aurais donc repris mon retard. Malheureusement ma joie est de courte durée. À peine le temps de raconter à Jean mon flat de début de brevet, d'acheter un sandwich et un jus, de faire puncher ma carte, d'échanger quelques mots avec Carl qui se pose des questions existentielles, que le groupe des cadors repart, soit 8 cyclos d'un coup. Et merde. Faut dire qu'ils étaient là depuis une demie heure à se sustenter et se reposer. Dommage pour me faire tracter par ces locomotives, ce sera pour une autre fois. Adieu record, ça sent de plus en plus le roussi. Ma moyenne tourne aux alentours de 25 et avec le vent annoncé de Nord au retour, ça devient mission impossible. Un seul vélo est resté accoté, c'est celui de Gigi qui traîne dans les parages mais que je n'aperçois pas. Encore un de rattrapé en tout cas, ça m'en fait 4 depuis ma crevaison, petite satisfaction. Je mange goulument mes tranches de pain au jambon, ingurgite mon V8 aux légumes, soulage ma vessie et repars avant l'arrivée de Gaby et Manuel. Je ne lui ai pas acheté son sandwich car il en restait pas mal dans le frigo. 10 minutes chrono pour cette pause, je bats des records de ce côté. Je gagne effectivement du temps mais le corps peut moins se reposer, est-ce une bonne stratégie ? 

Je repars par la côtelette de la face Est de la montée Covey Hill, petit coup de cul puis ça monte en faux plat jusqu'au relais, pas très dur mais pas très roulant non plus. Puis c'est la vertigineuse descente vers le Domaine Echanté, bis repetita, il ne faut pas manquer le virage à gauche sur la 203, km 127. Ça continue en faux plat favorable jusqu'à Cowan puis direction ouest. Comme le vent est Nord-Ouest, je suis poussé légèrement, peut être que je peux remonter la moyenne. Mais les pauses restreintes commencent à se faire sentir, y a de la lassitude dans les jambonneaux. Je prends donc ça relax d'autant que bientôt je vais reprendre la direction Nord sur la 219 ou Éole m'attend au tournant. En effet, km 150, il me reste 8 bornes jusqu'au contrôle de Sherrington, la progression est plus pénible. Sur ce tronçon de 45 bornes, je fais une moyenne de 25 alors que les autres en groupe doivent avoir rouler à 28 ou plus avec la locomotive Fréchette d'argent. 

Voici le dépanneur Bon Jovy, sanctuaire du checkpoint, il y a encore un vélo, c'est celui de Robert Lafrance, c'est au moins ça. Pointage, casse-croûte et jus vite achetés, le petit gars de l'épicerie me pose plein de questions, c'est bien d'être curieux mon ami mais chus pressé d'aller relaxer. Je m'assois contre le mur pour déguster ma pitance-breuvage et reposer mes biscottos endoloris. Roberto est reparti, il a été rejeté par les bolides, lâché solo dans la nature et le vent, pas de pitié. Peut être le reverrai-je ? Après 12 minutes montre en main, je rembarque sur mon bécyk, dernière ligne droite éventée de 45 kilos jusqu'à St Lambert. Je ne crois plus à mon record mais je file tout de même, pas envie de me faire rattraper par d'autres en arrière. Je sais par expérience que Gaby peut finir fort sur le plat et malgré le vent. 221 Nord jusque St Édouard, un petit zéphyr pleine poire, je roule au ralenti, écœuré. 

Qu'on ne vienne pas me dire qu'il n'y avait pas de vent, comme semble le prétendre Jean dans son commentaire sur le site du CVRM : Pratiquement pas de vent ! Et il rajoute : Merci à Carl qui nous a tiré tout le retour ! Forcément, bien planqué derrière une moto, on ressent moins le souffle d'air dans la face mais plutôt l'aspiration. Car Carl a une toute autre impression des conditions atmosphériques du moment, comme il le commente dans son parcours Strava : Vent de partout et averses ! Morale de l'histoire, ne pas trop se fier à Jean pour le rapport météo. Car avec lui, il ne vente presque jamais et la pluie ne mouille même pas. 

Montée du Moulin et Rang St André, ça ne s'arrange pas. Je rassemble mes dernières forces en atteignant Taschereau, km 191. Je repasse à l'endroit de ma crevaison, là où j'ai scellé mon sort il y a presque 8 heures. Je rattrape Robert avant de tourner sur Provencher, il en a aussi plein son casque de ce petit vent rebelle de fin de brevet. Un coup d'œil au chrono, on peut arriver avant 16h soit 9h de ride, alors je pousse plus fort, Robert s'accroche. Malheureusement, les innombrables lumières en décident autrement. C'est avec un temps de 9h03 que Lafrance et le français en terminent au dépanneur du coin, bouclant les 203 bornes à une moyenne de 24,7 pour ma part, chus un peu déçu. 

J'apprendrai par la suite qu'un premier groupe composé de Carl la fusée, Jean, Yvon et Patrice est arrivé en 8h23, suivi du gruppetto Olivier, Martin et Michel en 8h36. Je relativise ma contre-performance puisque je ne suis pas si loin, ayant roulé 95% du temps tout seul, contrairement à eux. Et puis mon objectif de faire moins de 8h30 voir 8h15 a été à peine réalisé par les excellents rouleurs du club. Bien sûr, ils se sont arrêtés plus longtemps que moi aux contrôles, 1 heure et 15 minutes d'après les infos de Michel versus 43 minutes incluant 17 minutes de crevaison, soit 26 minutes de pause pour mes 200 bornes, un exploit pour moi. Je me suis amusé à décortiquer les stats Strava de Michel, Gaby et moi-même, c'est riche d'enseignement sur les moyennes et les pauses réalisées, voir tableaux. 3 autres cyclos arriveront ensuite, Gaby en 9h40 qui n'a pas réussi à me rejoindre, mais était-ce vraiment son intention ? Enfin Gigi terminera en 9h54 et Manuel en 10h50.

Ainsi s'achève le dernier brevet de 2017 sur une note personnelle mi-fugue, mi-raison. 2018 sera l'année des pré-qualifs pour le PBP 2019, mon nouvel objectif pour les 2 années à venir. Il vaudra mieux faire toute la série des brevets 200-300-400-600 pour mettre toutes les chances de mon côté pour la sélection à la reine des épreuves de longues distances de classe mondiale. En attendant, voilà que se pointe à l'horizon le terrible hiver des marcheurs blanc qui nous fera hiberner environ 6 mois. Pendant tout ce temps, le petit hamster n'a plus qu'à pédaler sur son rouleau pour être prêt à repartir dès la fonte des neiges et la coulée du sirop d'érable. 

samedi 2 septembre 2017

Un populaire à la bourre

Pourquoi à la bourre ?

En ce début septembre, la journée s'annonce plutôt sous de bons auspices pour l'avant dernier brevet 2017 du CVRM, le fameux populaire de 140 bornes. Il est prévu de faire beau, pas trop chaud, avec un vent négligeable, bref de belles conditions pour se faire une sympathique ride entre amis cycloteux. Je me réveille vers 7h dans une tranchée de Verdun, auprès de ma blonde, qu'il fait bon dormir, air connu. Je déjeune en écoutant les news sportives dont l'US Open et la Vuelta sur YouTube puis me prépare tranquillement. Pour 8h, un peu distrait, j'emmène mon stock a l'auto. J'ouvre le coffre sans débarrer les portières, je remets les clés dans le sac, je dépose le sac dans le coffre puis ferme celui-ci. Bravo Champion !!! Et elles sont ou les clés maintenant, à ton avis ? L'auto est barrée avec les clés à l'intérieur. Je retourne à l'appartement tout penaud en me mettant quelques baffes bien méritées. Le temps de chercher sur le web une solution simple à mon petit problème, d'appeler un taxi qui offre le service de déverrouillage d'auto pour les abrutis de mon espèce, d'ouvrir la portière conducteur à la manière d'un voleur, de tenter et réussir à débarrer le coffre qui résiste car pas d'ouverture de l'intérieur, qu'il est déjà dépassé 9h. Que faire ? Le départ du brevet étant donné à 9h pétantes, le temps de charger mon vélo et de passer sur la rive sud, que mes amis breveteux seront déjà bien loin. De toute façon, je suis réveillé et mindé pour faire du bécyk alors je relève le challenge et je file à St Lambert. 

Je rejoins donc le stationnement de la voie maritime et récupère ma carte de brevet laissée sur la voiture de Nathaniel, merci à l'organisateur de penser aux retardataires. Je finis de m'équiper puis m'élance enfin, il est 9h50. C'est quasi mission impossible de rattraper mes compagnons, n'ayant point les jarrets de l'ami Fred qui me permettraient de voler à leurs basques. Pas de panique, je roule tout de même à bonne allure, sait-on jamais qu'il y aurait des lambinards ou des malchanceux ayant eu des ennuis mécaniques. Je peste après les lumières de la banlieue qui me freinent encore un peu plus. Allez bordel, j'ai des vaches à traire et surtout 75 bornes à parcourir jusqu'au premier point d'arrêt programmé. Je quitte le trafic par Grande Allée, la moyenne s'élève doucement, je me prends à croire que je vais bien finir par les rattraper. Une moyenne de 27 est vite accrochée, malheureusement je plafonne à cette vitesse jusqu'au premier contrôle de Lacolle, sans prendre le temps de m'arrêter une seule fois. J'entre dans le dépanneur, achète un Pepsi, me fait signer la carte de brevet et demande à la madame mon retard sur les derniers cyclos repartis, environ 20 minutes me dit-elle. Le temps de vidanger ma vessie, de vider mon coke et remplir à nouveau ma vessie, d'avaler un peu d'énergie sous forme de banane et je repars avec 10 minutes de pause dans la musette. 

J'appuie de plus belle sur les pédales, sait-on jamais, peut être que ... le prochain contrôle étant distant d'une vingtaine de bornes. Je poursuis solo avec cette fatidique moyenne a 27, peux pas faire mieux, en fait, pas envie de faire mieux ! Il fait vraiment bon pour cycler, c'est une belle journée de fin d'été et je profite du paysage après tout. J'atteins le Shell du 2ème contrôle, achète un casse-dalle au jambon, me renseigne sur mon retard, une dizaine de minutes sur le dernier parti, m'informe-t-on. Fais chier, plus envie de me décarcasser, je prends le temps d'avaler mon sanouiche tranquillement en sirotant une boisson gazeuse. 

Il me reste une quarantaine de kilos à parcourir, sans grand espoir de rejoindre mon peloton de cuisses connues. Vers Candiac, j'aperçois un cyclo cherchant sa route à partir d'une feuille de papier, peut-être un nouveau venu au brevet pop qui ne connait pas bien le parcours. Je poursuis mon chemin par St Philippe puis la 104 et Taschereau. Pour 15h15, je me pointe au dépanneur de l'ultime contrôle sur Riverside mais celui-ci est fermé pour cause de rénovation. Ouin, que faire dans ce cas ? Je repars vers St Lambert à la recherche d'un autre commerce, je trouve l'Ultramar de mon pâté de maison ou je fais signer le carnet de route, juste pour la forme. Soit dit en passant, ce bout de carton n'a aucune valeur puisque c'est un brevet de découverte qui ne partira pas à l'homologation. 

Je retourne au parking de la VM et retrouve enfin mes compagnons du jour que j'ai poursuivis à distance. Mis à part Fred qui doit être là depuis plus d'une heure, les autres ont rejoint la base depuis un bon quart d'heure et font le débriefing de la sortie. Il y a Catherine et Odile une nouvelle venue, Nathaniel, Olivier Caty qui a fait le Granit Anvil récemment et Michel Lemaire, mon Mitch d'un 300 mémorable. Le dernier de la bande, un nouveau aussi, mexicain d'origine, se prénomme Manuel, mais il s'est fait décroché au retour et n'a pas encore rallié le fil d'arrivée. C'est bien lui que j'avais vu à Candiac, tout de vert vêtu, le voici enfin quelques minutes après moi. Toute la gang est satisfaite de cette belle journée, ils ont flyé ça à 28 de moyenne d'après les stats de Nathaniel. Dommage pour moi qui roulait juste un ton en dessous et presqu'une heure de retard. Manuel propose des bières fraiches à la communauté et certains se ruent dessus comme la pauvreté sur le monde. Ainsi s'achève ce brevet populaire, en pensant déjà au dernier brevet de 200 de la semaine prochaine. Cette fois, j'essaierai de ne pas être à la bourre !

Cliché façon JB

vendredi 11 août 2017

La Coupe à Roger pour son premier 200 MTL-OTT

La nuit fut courte car le cadran retentit à 3h45, c'est je jour J du fameux raid Montréal-Ottawa tant attendu par mon collègue Roger d'Hydro-Québec, depuis le temps qu'on en parle, je ne voudrais pas le décevoir. Je délaisse mon fiston dans la chambre, il dort du sommeil du juste ce brave petit. Déjeuner habituel café-toasts confiturés agrémenté d'une banane pour stocker un peu plus d'énergie. Mon matose est déjà prêt depuis la veille, ma sacoche Arkel est de sortie pour y loger des affaires pour l'autonomie, la nuit et la pluie, sait-on jamais. La météo est bonne pour le vent, favorable d'Est, parfait pour notre direction, c'est plutôt rare dans cette région, c'est dire que les astres semblent alignés pour réussir la mission chère à Mister Lapointe. Le sieur Bélanger a dû déclarer forfait il y a une semaine, il ne se pense pas assez en forme pour 200 bornes. En effet, il a eu mal au dos au bout d'une centaine de km lors d'une récente ride d'entrainement. Et pour couronner le tout, il s'est fait voler son vélo quelques semaines auparavant, pas évident de retrouver la position optimale sur son nouveau bécyk. Pas de chance l'ami, ce sera pour une prochaine fois. C'est d'autant plus dommage qu'il devait venir avec son fiston, nous aurions formé un paquet de 4 cyclos, soit les 3 mousquetaires et bibi dans le rôle de Dartagnan. Mais là, on s'écarte du sujet, alors revenons à nos moutons.

Pour 5h donc, j'installe mon Piuma sur l'auto et rejoins la rue Nadeau à Brossard. Roger m'attend de pied ferme, il a mal dormi car un peu excité par l'événement. C'est la première fois qu'il va réaliser plus de 200 000 mètres sur 2 roues, une douce folie. J'installe sa monture sur mon rack, un Specialized Awol en acier, à pneus de 32 et pédales pas de clip. Nous traversons le pont Champlain et faisons escale à Verdun chez ma chérie qui doit aussi dormir du sommeil du juste. J'ai mis mon tracker en marche avec position GPS aux 20 minutes car je sais que Marielle prend un malin plaisir à me suivre à distance. Je stationne mon auto derrière chez elle, on prépare les vélos, on se prend un premier cliché de départ à l'aube naissante et voila que débute notre randonnée pour la capitale fédérale. 

Départ de Verdun

5h45, c'est parti mon kiki, le jour se réveille et nous aussi, il fait déjà moite, la journée s'annonce chaude avec un petit risque d'orage à l'arrivée, on verra bien. D'abord, nous empruntons la piste cyclable, déserte à cette heure, comme c'est agréable. On papote, je prends quelques photos, les premiers kilomètres défilent doucement à allure relativement faible, je n'ose pas appuyer trop fort pour le départ, pas envie de mettre la pression sur mon partenaire. On atteint Lachine puis Dorval, pause santé, toilettes et banane, km 18. 

Sur la piste cyclable, pas un chat, juste Roger pis moé !

Aux chiottes Roger !

Les bécyks font connaissance

C'est ensuite le chemin du Bord du lac avec quelques secteurs fermés à la circulation pour cause de réfection de chaussée, heureusement à vélo, ça passe sans problème. En fait, y a pas vraiment de trafic, c'est vrai qu'on est vendredi, jour de semaine et que les touristes du week-end se fond plutôt rares. Nous voilà déjà à Ste Anne de Belleview, petit cliché, nous montons le tourniquet qui nous sort de l'île de Montréal par la piste longeant la 20. Arrêt un peu plus loin au Tim de Pincourt, km 42. Moyenne de 22 pour ce premier tronçon, on est sur la moyenne prévue mais on peut faire mieux vu les conditions météo favorables et l'absence de notre boulet Sylvain Bélanger, je te niaise mon Synvain, tu le sais bien. Tim déjeuner, café croissant saucisses patates, de quoi refaire le plein d'énergie pour la suite. 

Belle vue à Ste Anne de Bellevue

Ravito au Tim de Pincourt

Tim déjeuner frenchy avec café croissant

On ré enfourche nos bécanes pour 8h30, un peu d'avance sur l'horaire est toujours bon pour le moral. Traversée de Vaudreuil Dorion, pas mal achalandé pendant les heures de pointe, on retrouve bientôt la quiétude de la campagne et du bord de l'eau, on longe le lac des 2 Montagnes. Roger apprécie l'endroit, on fait un court stop au passage du traversier Hudson-Oka. Le revêtement de la route est comme je l'avais prédit, c'est à dire pas mal magané, à revoir cette route si elle veut que je la reprenne la prochaine fois. Mon compagnon est content de pédaler et il le manifeste en piquant une pointe à la sortie de Calumet, je me mets dans sa roue et j'attends qu'il se calme. C'était sur l'élan de la petite descente à 50 à l'heure me dira-t-il ensuite. Qui veut aller loin ménage sa monture mon Roger, adage bien connu du randonneur. On atteint déjà Rigaud, km 70 ou mon plan de match prévoit une pause. Mais comme tout va bien, pas fatigués, pas affamés, nous faisons juste un arrêt banane et sanitaire. Je me remets de la crème a cul car je soigne un petit bouton mal placé et je n'ai pas envie que ça dégénère, à date tout va bien de ce côté. 

Prend-on le traversier à Hudson ? Non !

Les conditions sont toujours parfaites, ciel bleu, chaleur pas encore trop accablante, vent faible et favorable, nous poursuivons vers Hawkesbury, prochaine étape. Nous quittons temporairement le Québec et sa 342 pour entrer en Ontario par un chemin de gravel déjà parcouru de nuit lors de notre MOM 2015 avec Gaby. La route est moins pourrie que je pensais, les gravillons ont été éjectés sur les bords de la route, c'est maintenant de la terre bien tapée que nous foulons. Rog roule à ballons rompus sur ce tronçon. Il s'en donne à cœur joie avec ses 32 crantées alors que je préfère rouler calmos avec mes 23 slick. Regroupement en arrivant à Chute à Blondeau, photo du panneau avec le fou à Blondeau, c'est qui? C'est kiki! Nous suivons de près la rivière Outaouais, quelle belle journée d'été, vive le vélo. Km 105, nous stoppons au Subway de Hawkesbury, repère de motards car la région est bien agréable donc très touristique. Il est 11h15 et nous avons près d'une heure d'avance sur l'horaire, moyenne de cette étape de 63 km à près de 25, bravo l'ami Roger. On s'enfile un panini chacun, des biscuits et une boisson en fontaine, nous refaisons aussi le plein d'eau fraîche et de glaçons dans nos Camelbak, super le Sub pour ça. 

Le fou à Blondeau !

En Ontario, vers le pont de Hawkesbury

Fill the tank of water !

Tim Horton vu du Subway à Hawkesbury (Ontario)

Après ce repos récupérateur, nous reclippons, enfin façon de parler, je reclippe, Roger pose ses pieds sur les pédales, il faudra qu'il songe à s'équiper plus adéquatement la prochaine fois, il ne peut que s'améliorer en maximisant son pédalage. Coup d'œil météo, le vent sud-est devrait perdurer encore 2 bonnes heures, ça tombe bien car nous sommes dans la bonne direction pour l'avoir full dos. Nous traversons le pont sur la rivière frontière pour revenir en terre québécoise et attraper la 148 ouest qui nous emmènera jusque Gatineau. L'asphalte de la bande cyclable est super bon, le ventre est plein, les muscles sont remplis d'énergie, le vent nous aide, tout cela contribue à faire monter notre moyenne d'un cran. Quelques pointes de vitesse à plus de 30, je mène l'allure, mon partenaire suit la cadence sans broncher. Du coup, Montébello km 134, est vite rejoint, pause photo devant le cadran solaire de Papineau et les belles demeures du village, c'est la capitale des maisons de bois rond icitte. Nous poursuivons notre rush sous la chaleur qui commence à s'intensifier et y a pas grand vent de face pour nous rafraîchir. On est bien content d'arriver au Tim de Papineauville, km 146, arrêt rafraîchissement, il est 13h30. Nous avons réalisé notre meilleure moyenne sur ce stretch, plus de 26 à l'heure pour 40 bornes, trop fort. Séquence souvenir, c'était à cet endroit qu'on avait roupillé une heure avec Gabriel lors de notre Aller-Retour Ottawa, les banquettes étaient toutes neuves, il y a 2 ans de cela, en phase de préparation du PBP. Épisode smoothie pour Rog et cappuccino glacé pour moi, sti que ça fait du bien d'être à l'air climatisé. On redescend en température mais on doit retourner à la chaleur accablante au dehors pour notre dernier quart du parcours. 

De retour au Québec, quel exotisme ce voyage !


Montébello et sa halte touristique

Papineau a t il inventé le cadran solaire ?

Tim de Papineauville, Gaby et moi y avions dormi en 2015

Les nuages commencent à envahir le ciel, la prévision d'orages se précise, le vent change de direction, la progression est moins facile. Je mène toujours le rythme, Roger commence à sentir quelques signes annonciateurs de fatigue. Son popotin se fait de plus en plus inconfortable sur sa selle en plastique bien dur, un de ces genoux commence à lui faire mal. Je maintiens une allure raisonnable a 23 et nous progressons tant bien que mal. Traversée de Plaisance, Roger me demande une pause pour faire souffler la machine, nous ferons alors l'arrêt prévu à Masson-Angers. Il n'y a pas de Tim, de Sub ou de McDo recensé sur mon itinéraire aussi je recherche un spot à bouffe sympa où nous pourrions relaxer. Le Coin du Ronfleur à Angers km 178 fait notre affaire, un Pepsi et une Sloche sont vite ingurgités en reprenant des glucides par des bananes et autres gâteries. Le poids des kilomètres font irrémédiablement leur effet sur mon compagnon pas habitué à la longue distance, c'est l'expérience qui lui rentre dedans. De mon côté, tous les voyants sont encore au beau fixe, mon corps est habitué à ce genre d'exercice, ce ne sont pas 178 malheureuses bornes qui vont m'entamer, c'est même pas la première étape du PBP qui compte 220 km ! On repart vers 16h, je lâche quelques mots de motivation à mon compagnon, il ne reste en effet que 30 kms avant la délivrance à Ottawa. 

Pause sloche à Masson-Angers au coin du ronfleur

Tout va bien dit Roger (mais j'ai un peu le cul en compote)
 
Nous continuons la route 148, la circulation s'intensifie à mesure que nous approchons de la grosse agglomération de Gatineau. De plus, ce sont les heures de pointe, de sortie de bureau et de départ en week-end, je n'avais pas prévu cet aspect, j'aurais dû tracer une autre parcours dans ce secteur. C'est donc au milieu des lumières du trafic, des automobilistes dangereux qui nous frôlent sans respecter la distance de sécurité que nous traversons l'immense zone commerciale qui semble interminable pour Roger. Quand est-ce qu'on rejoint la piste cyclable plus tranquille, me demande-t-il inquiet et passablement lessivé ? Dans environ 5 bornes, lui réponds-je sans savoir exactement si c'est la bonne réponse, juste pour le faire patienter. Après un bon gros 5 bornes de cascades périlleuses au milieu du flot des fous et furieux, le Garmin m'indique enfin la bifurcation à gauche pour le chemin plus calme et moins fréquenté. Manque de chance, il y a de la construction et cette foutue route se réduit à une voie de circulation avec un passage dans la garnote. De mon côté, je manque de me vautrer en roulant sur des roches tandis que Roger se fait frôler de très très près par un truck tractant un bateau plus gros que lui. Les Tabarnaks fusent de tous côtés. Heureusement, nous nous en sortons sain et sauf. 

Croyez-vous aux extra-terrestres ?

Un peu envoûté par l'endroit


Après cet épisode fortement risqué, je trouve un coin de pelouse où mon Roger peut se reposer en toute quiétude, il n'hésite pas une seconde à s'étaler sur le dos pour relaxer toutes les parties de son corps, même celles dont il ignorait l'existence. Je prends une photo à son insu pour immortaliser cette terrible scène d'un être humain en souffrance. J'en profite pour recharger mon GPS, lui aussi en manque d'énergie. 

Pause de survie à Gatineau

Le plan est devancé, une heure d'avance car la moyenne est à 24

Plus que 9 bornes, il faut se ressaisir et reprendre la route pour atteindre notre but final. Nous sommes encore en avance sur l'horaire alors y a pas le feu au bocal. Roger se décide à reposer ses fesses sur son bécyk, reprenant la piste cyclable qui longe la rivière des Outaouais. Belle vue sur une marina, je mitraille quelques photos sur le vélo alors que le ciel s'obscurcit, espérons que nous arriverons au sec. Le vent n'est plus notre allié, il faut à présent appuyer vigoureusement sur les pédales pour avancer. Mon Garmin se perd dans ce labyrinthe de pistes menant au Parlement d'Ottawa, je l'arrête donc, j'enregistre mon parcours avec 206 km à l'odomètre et 24 de moyenne, puis mon iPhone et Google Maps prennent le relais pour le final. Nous empruntons une estacade de bois fraîchement construite longeant la rivière avec le skyline de la capitale en toile de fond. Nous devons faire un détour car une magnifique exposition de sculptures végétales pour fêter le 150éme du Canada nous barre le chemin. Encore quelques prises de vue et nous roulons sur les planches du pont Alexandra, signe du fil d'arrivée tout proche. 

Arrivée vers Hull

Dédale de pistes cyclables, Roger soulage son popotin

Enfin le parlement d'Ottawa au loin

Détour à cause du Canada 150

Un dernier effort mon Roger et nous voici enfin sur les pelouses face au Parlement juste à côté de la flamme du centenaire. Bien entendu, nous demandons à un des innombrables touristes de la place de nous tirer fièrement le portrait à côté de nos valeureux destriers. C'est fait, nous pouvons célébrer notre arrivée victorieuse, il est 18h et 211 bornes dans la musette, bravo à nous 2. La coupe symbolique est décernée à Roger, coupe Rogers oblige! Notre seul regret est de ne pas avoir été accueilli par Justin mais je pense que son agenda ne le permettait malheureusement pas. 

La photo finish des vainqueurs du MTL-OTT 2017
 
Justin n'est pas venu nous accueillir à l'arrivée


Rog s'occupe de la logistique du retour en téléphonant à sa femme qui doit être en train de magasiner dans les environs avec une amie. Nous nous fixons un point de ralliement dans le centre ville à un coin de rues équipé d'un Tim Horton, of course. Nous y prenons un rafraîchissement en attendant le carrosse du rapatriement. Quelques minutes plus tard, Marie-Victoria et Virginia arrivent et stationnent le Honda CRV, c'est assez spacieux pour y loger nos 2 vélos avec les roues démontées, wow j'en suis agréablement étonné. Pour reprendre des forces et célébrer la fin cette belle aventure, nous allons nous restaurer au Lone Star Texas dans la banlieue d'Ottawa, la cuisine texane est à l'honneur. J'y prendrais des fajitas aux crevettes arrosées d'une bibine rousse bien fraîche et grand modèle SVP. Notre quatuor s'en met plein la panse en se racontant les péripéties de notre journée respective. 

Roger s'occupe la logistique de retour

Marie-Victoria et Viriginia sont là pour nous congratuler

Pause resto bienvenue au Texas Lone Star

Menoum miam les fajitas de shrimps

Marivic s'amuse, Roger se concentre !

Il est environ 21h lorsque nous mettons le cap sur la métropole québécoise, cette belle ville de Montréal. Roger est notre chauffeur, je lui parle en chemin pour éviter qu'il s'endorme, sait-on jamais! Nous déposons Virginia à Laval, enchanté d'avoir fait la connaissance de cette sympathique haïtienne d'origine. Puis le taxi Roger me reconduit à Verdun, je remercie encore Marivic d'être venue nous chercher à destination et je congratule encore plus l'ami Roger pour sa belle prestation. Nous ferons d'autres aventures cyclistes ensemble, ça c'est certain, reste plus qu'à trouver de nouveaux défis. Quant à lui, je lui conseille d'équiper son vélo de pédales à clip et de se trouver un meilleur kit selle-cuissard, il appréciera davantage sa performance en finissant en meilleure condition. 

Je retrouve ma dulcinée qui a suivi tous nos exploits grâce au tracker, elle m'a même envoyé quelques textos au cours de la journée. Je prends une douche réparatrice puis nous sirotons quelques boissons fraîches et ainsi s'achève cette journée du vendredi 11 août 2017 vers 23h30. Demain sera un jour nouveau et le début du week-end, nous aurons certainement envie de faire un peu de vélo, histoire de nous défouler les guiboles !!!