samedi 5 mai 2018

200 bornes avec un vent à écorner des breveteux !

Deuxième brevet de l'année, deuxième étage de la fusée des 1000 km, toujours motivé, tant que le corps le veut bien, tout va bien. Le sujet de la semaine a encore été la météo. Une grosse tempête venteuse est prévue à partir de vendredi soir avec des rafales à plus de 50 km-h, un remake du premier 200 de l'an passé, somme toute. On a survécu à 2017, ça devrait aussi le faire cette fois-ci. Pas mal de monde et notamment de PBPistes figurent sur la liste des participants affichés sur le site du CVRM, c'est super, il devrait y avoir du papotage et de l'action. L'athlète passionnée Jessica Belisle s'est même inscrite, toute une visite, je m'en réjouis d'avance. Hélas, comme il y a un an au Festival du Vélo Rural en Mauricie, elle fait faux bond au dernier moment et préfère aller rouler un Trois-Rivières-Québec, wind in the back all ride long, à chacun ses priorités. 

Nous voilà donc au samedi matin, je me réveille à 5h dans mon condo de St Lambert. J'émerge tranquillement avec Babette, la chatte de Marielle, partie avec ses sœurs déménager sa mère à La Pocatière. C'est pourquoi j'ai la garde de son animal à la fourrure écaille de tortue. Douche, déjeuner, derniers préparatifs, je pars pour un tour de manivelles afin de rejoindre le parking de la VM, un petit tour de chauffe ne fait jamais de mal. La tempête a effectivement sévi dans la nuit, laissant quelques traces sous forme de branches au sol et d'arbres déracinés, ce fut court mais violent. Il reste cependant aujourd'hui un bon courant d'air qui va nous accompagner toute la journée, ça va mettre de l'animation au sein du peloton. Ambiance fébrile de départ, certains s'équipent encore et ne savent pas trop comment s'habiller. Il fait frette à matin mais ça va chauffer cet après-midi. Moralité, il faut emporter des couches de vêtements qu'il faudra retirer et stocker quand la chaleur sera venue, d'où l'installation de ma sacoche sur rack Arkel, ce qui s'avèrera une sage décision. 

Voici la revue des troupes pour ce 200. En tout seigneur, tout honneur, Fred P. est de retour de plusieurs voyages, il accuse un léger surpoids, un peu comme chacun de nous, soit dit en passant. C'est le début de saison, le surplus de graisse devrait fondre sur la route au fil des kilomètres. Marc B. et son ami Romain C. sont venus faire un tour, à vélo cette fois, Marc a un souper à souère, il ne prévoit pas d'effectuer le 200 au complet mais shortcutter pour un petit 100. Nathaniel W. est présent sur la ligne de départ mais il estime qu'il n'a pas assez de kms dans les jambes, il composera suivant son état de forme. D'autres sont au contraire bien entraînés, j'en ai eu la preuve au Pop de la semaine passée. Ce sont Yvon C. arrivant directement de St Jean sur Richelieu, rien que 30 bornes d'échauffement, France C. originaire du même endroit, il me semble, Stéphane P. bien affûté lui aussi. 

Romain, Marc et Fred en surpoids

Yvon venu de St Jean et France

Stéphane, spécialiste en 200

Il y a bien entendu les gros rouleurs du club, Ralph L. venu de St Lazare, Bernard C., Gilles C. qui s'est décidé au dernier moment et Michel L., la recrue 2017, à l'aise dans les brevets comme un poisson dans l'eau. Il y a aussi de nouvelles têtes, comme Sebastian K., un allemand d'origine, depuis 14 ans au Québec, ayant déjà parcouru 200 kms, c'est la première fois en formule brevet. Également Pierre M., venu de Gatineau, qui a envie de découvrir les routes de notre belle Montérégie. N'oublions pas Jean R. le président et son chum Martin D. Enfin, voilà 2 retardataires qui arrivent 3 minutes avant le coup de pistolet. C'est Carl Fréchette que je surnomme amicalement frèche d'argent, un jeune gars bien en forme, qui fait exploser les moyennes. And last but not least, notre Gaston Lagaffe du club, l'intrépide Gabriel A. ayant encore eu quelques soucis avec la circulation ce matin, il arrive donc à la bourre. Ah mon Gaby, tu devrais prévoir d'arriver à 6h au lieu de 7h, tu serais peut-être à l'heure. 

Michel L. dit Mitch

Jean le distributeur de cartes

Fred, Marc, Pascal, Nathaniel, Gilles, Ralph, Sebastian, Stéphane, Bernard, Michel, Yvon, France, Pierre, Jean, Martin - où sont Carl et Gaby ?

1ère étape: St Lambert-St Cyprien, 43 km. 

9h pétantes, on roule à St Lambert pour ce premier brevet de 200 de 2018, peloton de 18 unités. Les deux bolides que sont Fred et Carl ont déjà pris les devants, il va y avoir de la bagarre en tête, nous ne les reverrons que sur la boucle de la Covey Hill. Pour les autres, ça discute par petits groupes, on commence à s'échauffer en douceur, arrêt-départ au gré des lumières. Je conseille à Sebastian, néophyte du brevet, de rester dans les roues pour profiter du drafting et ainsi de ne pas trop bouffer de vent en début de parcours, ce seront toujours des forces économisées pour la suite. Je jase avec Marc au sujet du brevet des 1000 bornes du 30 juin, on révise l'aspect hébergement du côté de Trois-Rivières et de Bécancour. À propos d'hôtel, il me confirme qu'il a déjà réservé le fameux hôtel de Loudéac pour le PBP 2019, visité avec succès en 2015. OMG, il ne sera pas en retard. Bernard et Yvon semblent aussi intéressés à faire ce 1000, surnommé Coureurs des Bois, affaire à suivre donc. 

Km 10, on attaque Taschereau, le vent d'ouest bien présent commence son travail de sape, on se regroupe par peloton pour conjuguer nos énergies. Traversée de Candiac, Marc et Yvon continuent leur jasette tout en menant la danse. Km 23, virage à gauche, vent arrière pour 2 petits kms, chacun profite du répit accordé. Sebastian semble à l'aise, faut dire qu'il a de bons jambonneaux, il doit y avoir de la puissance là-dedans. A St Philippe, à tribord toute sur la 217, c'est tout droit jusqu'au premier contrôle, distant de 18 km. Seul petit hic, le vent n'est pas notre allié. Nous récupérons Michel Gervais non loin de son village de St Jacques le Mineur, il va encore nous accompagner pour un bout, juste 150 km, comme la semaine passée au brevet Populaire. 

Des bordures s'organisent, de gros mollets tirent notre paquet, Yvon, Michel G., Bernard, et notre unique féminine France, vive la France. Quelle machine, ce petit bout de femme, elle est impressionnante de puissance. Stéphane apporte aussi sa contribution par intermittence. D'ailleurs, celui-ci échappe de justesse à une collision avec un automobiliste pressé qui le dépassait alors que notre cyclo s'apprêtait à virer à gauche. Le peloton gueule tous ensemble d'une même voix, ATTENTION, le pire est évité, OUF! Quant à moi, je fais ce que je peux pour suivre. Accompagné de Jean, nous faisons le forcing pour recoller au groupe après une relance mal négociée. L'objectif approche, j'assiste France pour le dernier relais nous menant au Shell de St Cyprien, km 43, nous sommes les premiers ... après Fred et Carl. Punch, pipi room, banane tout en prenant quelques clichés. Marc et Romain nous quittent déjà, bon retour les amis. Quelques uns sont encore éparpillés dans la nature, Ralpĥ arrive entre temps. La pause n'est pas très longue pour certains, gare à ceux qui n'accrochent pas les wagons pour le nouveau départ. D'autres continuent tranquillement de siroter leur café, nous ne les reverrons plus de la journée. 

Papotage à St Cyprien

Marcus et Bibi, en route pour le 1000 ?

Sebastian se pose des questions ...

2ème étape: St Cyprien-Franklin, 70 km. 

Soudain, j'aperçois Yvon, Michel G., France, Bernard et Stéphane prendre la poudre d'escampette, j'ai juste le temps d'enfiler mes gants et de sauter dans leurs roues. Sebastian emboîte ma roue à son tour, mais au bout d'un kilomètre, il décroche, le rythme est trop élevé pour lui. Auf wiedersehen mein Freund, on se reverra plus tard, lors de la boucle de la Covey Hill. Michel L. que je surnomme amicalement Mitch, s'est fait également surprendre par ce départ inopiné, il va batailler seul contre le vent pendant 7 kms pour rattraper notre gruppetto reformé à présent de 7 unités. Il va laisser des plumes bien précieuses dans son contre la montre matinal. Quant à moi, l'objectif est de m'accrocher aux locomotives qui mènent bon train, direction plein sud jusqu’à la montée Guay, km 63. Avec ce satané vent de côté, on file quand même à 29 de moyenne. Me restera-t-il des forces pour la tôle ondulée du chemin Covey, that is the question. 

A peine le temps de réfléchir que nous attaquons déjà la route orientée plein ouest, cette route qui va laminer nos forces, doucement mais sûrement. Il ne faut pas oublier de s'hydrater et s'alimenter car l'étape est longue et demandante. Mon Camelbak est très pratique et les boules d'énergie stockées dans ma sacoche me fournissent du peps. Le soleil a fait son apparition depuis belle lurette, la température commence à grimper. Pour l'instant, pas besoin de me délester de vêtements, je suis bien comme je suis, maillot avec sous-couche, cuissard avec sur-couche, on verra plus tard pour le déshabillage. Je m'accroche à la bande de rouleurs, c'est dur mais je constate que je continue de pédaler sur le grand plateau, une plaque de 48 dents certes, signe que j'en ai encore un peu dans les jambes. Tant bien que mal, nous poursuivons notre progression vers la CH. Mes compagnons ont l'air d'accuser le coup avec ces bosselettes à répétition, une raison de plus pour serrer les dents et ne pas décrocher. Je me dis que j'en baverai tout autant, seul dans le vent, mais avec une moyenne moindre. 

Km 84, Yvon et Michel G. décident de s'arrêter pour une pause sanitaire sur un chemin de travers. Tout le monde suit, sauf moi qui n'ai pas envie. Je n'ai surtout pas envie de couper mon effort, c'est toujours plus dur de remettre en route musculairement après un arrêt, si petit soit-il. Surtout que la fameuse côte du jour se profile à moins de 5 km, elle est bien visible de loin cette garce, alors je continue à mon allure. Je baisse le rythme pour me reposer avant l'effort ultime. Au camping-golf du Domaine Enchanté, km 90, voilà le début du segment Strava de la CH. Pas de record pour moi aujourd'hui, je vais monter comme je peux, y a plus beaucoup d'essence dans le réservoir. Les autres me dépassent un à un, sauf Mitch qui a l'air d'en arracher, il est en train de payer cash son sprint de tout à l'heure. Quant à moi, j'ai passé le triple plateau et attaque mon ascension à la moulinette. 

Regroupement au sommet, à plus de 330 mètres d'altitude quand même, au pylône de télécommunications, km 93. Nous rencontrons en sens inverse, Carl puis Fred, tiens donc, notre champion champenois s'est fait devancer par le jeunot. Mais cela ne durera pas, il reprendra les avant-postes bien vite, apprendrais-je de la bouche de Carl. Lorsque nous croisons Fred, celui-ci nous prévient que le dépanneur de Franklin est fermé. Oups, il va falloir élaborer une stratégie de remplacement. Pour le moment, l'allure remonte fortement dans le faux plat descendant mais bien éventé. Les gros mollets et les gros braquets sont à nouveau de sortie. Pour Mitch et moi, c'est sauve qui peut. Dans la côtelette de Dora, km 104, notre duo se fait décrocher à la pédale, plus capable de monter en puissance, le club des 5 s'enfuit par devant. Heureusement, la direction ouest et donc le vent achèvent en rejoignant la 202. Poussés jusque Franklin, on peut relaxer pendant 4 kilomètres. 

Nous retrouvons nos amigos au dépanneur Amigos, km 113, il est 11h39. Tel que Fred nous l'avait prédit, nous trouvons porte close, alors que faire pour puncher ? Je propose de signer nous même nos cartes de brevet, j'ai justement un stylo dans ma sacoche. Puis nous prenons une photo devant le dép, ça servira de preuve horodatée attestant de notre passage. Nous sommes tous passablement affamés et avons besoin d'un break bienfaiteur car les 70 derniers kms furent assez éprouvants, merci. Michel G. nous indique une épicerie sur la route officielle, au coin des routes 202 et 203, km 129. Encore 16 bornes jusque là, et surtout la Covey Hill à remonter. Mais c'est plus facile de ce côté et Éole va devenir notre ami. Je retire ma cagoule d'hiver car ça commence à chauffer sous le casque. 

Les amigos au dépanneur Amigos, la preuve irréfutable !

3ème étape: Franklin-St Édouard, 54 km. 

C'est reparti vers le dépanneur de secours, avec la montée sèche et courte de la CH. On décide de prendre ça relax avec Mitch. Bernard, qui s'était arrêté pour saluer du monde, nous dépasse rapidement dans le faux plat montant, il semble heureux d'écraser les pédales sous le soleil. C'est relativement plus facile que dans l'autre sens, même si on reprend du dénivelé, une force invisible nous pousse allègrement. Dans l'autre sens, voici Sebastian, on se salue, un rapide calcul me fait réaliser que j'ai 25 kms d'avance sur lui. Il n'est cependant pas le dernier car Gaby le suit de près. J'ai juste le temps de lui crier que le dépanneur est fermé à Franklin, même dialogue que Fred tout à l'heure. J'apprendrai à l'arrivée que ces deux-là ont eu plus de chance que nous. En effet, suite à une panne d'électricité due à la tempête, Amigos a eu ses frigos débranchés et a donc décidé de donner ses sandwichs à ceux qui en voulaient. Et bien sûr, Gaby et Séb passaient justement dans le secteur et furent les heureux élus, lunch gratos, gracias Amigos ! 

Enfin nous basculons dans la grosse descente de la CH, ça fonce mais je fais gaffe sur cette route possédant quelques craques. À babord sur la 203, Michel me suit à distance. Nous atteignons comme prévu le km 129 et son dépanneur salvateur de Havelock, qui n'est pas fermé comme son nom semble le prétendre. Sandwich bienvenu, pepsi et exercices d'étirement car les bras et le haut du corps sont plus maganés que les jambes. Va falloir faire un peu de muscu pour renforcer tout ça, avant les longs brevets. Clichés vite faits et nous repartons avec Mitch avant les 5 autres, ils nous rattraperont anyway. 

Coin 202-203, enfin le dép, affamés, assoiffés

Mitch cuit après son CLM

Ça roule aux toasts sur ces sections, nous sommes bien propulsés par l'arrière, 30 de moyenne sans trop se fatiguer, on en profite pour papoter de brevets. Heureusement qu'il n'y a pas trop de bagnoles par ici, on peut rouler à 2 de front. Le big 5 finit par nous rattraper avant d'entamer la 219 orientée nord-est, ce qui nous oblige à appuyer davantage avec ce vent latéral. Nous dépassons Sherrington et son feu-contrôle où nous ne stoppons plus, le dépanneur étant en démolition car passé par les flammes. Décidément, ça porte malheur d'être un check point de brevet du CVRM ! 

La prochaine pause se fait à St Édouard, km 167, il est 14h07, ouf, chus encore affamé. Punch, sandwich aux œufs et pepsi, bis repetita. Il faut nourrir les muscles en manque de protéines. On s'assied par terre, on relaxe au soleil avec Michel, on parle de puissance et plus précisément de watts. Il me dit être frustré de dépenser toute cette énergie dans le vent, au moins dans les côtes, il sait pourquoi il en chie. Avant de repartir, je me déleste de mon pantalon pour avoir les jambes à l'air, c'est que la température atteint presque les 20 degrés, fichtre. 

4ème étape: St Édouard-St Lambert, 36 km.

Notre gruppetto, temporairement reformé, repart pour le strech final. Je prends un tempo relax, laissant les 5 fantastiques me distancer, Mitch hésite à les rejoindre mais finalement, il reste sagement à mes côtés. Montée St Jacques, vent arrière toute, l'overpass sur la 15 est monté à 40 à l'heure. Nous en profitons pour faire la jonction avec Yvon et Michel G. qui se disent au revoir, l'ami du Mineur retourne chez lui, mission terminée. Un regroupement s'effectue sur le rang St André mais encore une fois, l'allure trop rapide du trio Yvon-Bernard-France fait exploser les 3 autres. Nous abandonnons la lutte finale et préférons rejoindre Candiac gentiment, chacun à notre rythme. 

Quelle joie de retrouver les trépidations des villes de banlieue, Taschereau, ses autos, ses motos, peu de place pour les vélos. Un intrépide motocycliste me lâche un virulent Tabarnak alors qu'il voulait me couper la route pour tourner à droite sans flasher, bravo l'ange de l'enfer ! J'enfile cette 134 sur les chapeaux de roue, je sprinte aux lumières pour avoir presque toutes les vertes, je me débrouille pas trop mal. Je quitte enfin cette folle voie encombrée et puante au niveau du pont Jacques Cartier sur la rue Panama, nouveauté du parcours 2018, merci Jean. Pelletier, Provencher, Victoria, je rejoins un cyclo du club, c'est Nathaniel qui a raccourci son brevet, pas assez de force aujourd'hui me confie-t-il. Je lâche mes derniers chevaux pour rallier le dépanneur du Coin avant 16h. C'est chose faite puisque 15h47 est inscrit sur mon carton de l'Audax Parisien. Bernard et France sont sur le point de repartir au stationnement, on se congratule. Stéphane arrive juste après moi, il s'est égaré du côté de St Philippe et a repris la 217 d'après son tracé GPS sur Strava. C'est un abonné aux erreurs de fin de parcours, il avait fait de même la semaine passée lors du Pop. Yvon et Mitch se dorent la pilule sous l'astre solaire, j'en profite pour nous tirer le portrait. On se réhydrate en buvant eau et lait au chocolat, Michel engloutit un sandwich. Carl est encore présent, il essaye de joindre sans succès des amis à Longueuil.

Eau, lait au chocolat et breveteux

Stéphane l'égaré et Carl en transit

Encore un brevet de terminé, cette fois en 8h47 et 26 km-h de moyenne roulée. Ce n'est pas un record mais c'est plutôt un bon temps, vues les conditions venteuses. Il y a du monde après moi, les Jean, Martin, Gilles, Ralph, Gaby, Sebastian sont encore en route. Marc et Nathaniel ont écourté la sauce et Pierre a du abandonner sur ennui mécanique. 

Voici d'ailleurs le compte rendu et le point de vue de Jean pour ce 200.

17 cyclistes au départ de ce 200 Km. Un peu froid avec 8 degrés au départ et un vent de 20km/h dans le nez durant la première moitié du brevet. Par contre, ça a monté à 20 degrés en début d'après midi. Pierre Mousseau est venu de Gatineau mais son câble de vitesse a lâché dans les premiers km et il a du abandonner. Sebastian en était à son premier brevet et avec le vent et la double montée de Covey Hill il a semblait trouver ça pas mal éprouvant. 

Personnellement j'ai roulé avec Martin et Gilles Coutu. Ayant fait une crevaison au km 70 environ Martin m'a donné un coup de main pour réparer puis nous avons rejoint Gilles qui venait de faire une crevaison. Son pneu était fendu et il était sur le point d'abandonner puisqu'il n'avait pas de chambre à air (il en avait une mais pas de la bonne grandeur). Mes chambres à air, et ceux de Martin, ne faisaient pas puisque la valve était trop courte. Martin avait des patchs rapides et j'ai passé une pièce en caoutchouc pour mettre à l'intérieur de son pneu ce qui a sauvé son brevet. Nous avons fait le reste du brevet tous les trois. 

Petite anecdote. Au second contrôle, au km 113, il y avait une panne de courant dans le village. Donc le dépanneur Amigos était fermé. Nous avons dû continuer sur une vingtaine de km, et remonter la Covey hill, avant de trouver un point où se ravitailler. On commençait à manquer d'énergie et d'eau. Les deux derniers, Gabriel et Sebastian, ont été plus chanceux que nous puisque le courant venait de revenir lorsqu'il sont arrivés au Amigos et comme les sandwichs allaient se perdre ils leurs ont offerts les sandwichs gratuitement. 

Somme toute, une superbe sortie en agréable compagnie. 

En conclusion, je suis plutôt en forme pour le début de saison, par rapport à d'autres. Je n'ai eu aucune douleur au dos, uniquement les muscles des bras qui me posent des soucis. Musclé comme une mouche d'orage, me dis-je en ricanant. Je peux envisager sans trop de crainte le 300 de la semaine prochaine. Il y aura certainement moins de monde puisqu'on aborde les distances où il faut être préparé plus mentalement que physiquement. En espérant que la météo soit favorable, le reste devrait bien aller. Je retourne à mon condo par Victoria. 

Mon nouveau kit bleu, merci Apogée

Un cycliste occasionnel me demande si on peut faire la course. Alors nous piquons furieusement ensemble une petite pointe de vitesse. Après 200 bornes avec un vent à écorner des breveteux, pourquoi pas !!!

samedi 28 avril 2018

Pop 2018, premier morceau d'une fusée à 6 étages

L'ouverture officielle de ma saison de brevets commence presque toujours par le Populaire. Cette année, l'éveil du printemps a été très tardif, il fallait être motivé pour aller s'entraîner dehors, ce que j'ai pourtant fait à quelques reprises en Mars et Avril. Sinon il fallait pédaler chez soi, bien au chaud, comme un hamster dans sa cage. J'ai régulièrement participé à des courses virtuelles sur Zwift, le réseau social des cyclistes et des coureurs à pied. C'est d'ailleurs très bien pour pratiquer les intervalles à haute intensité car l'esprit de compétition reprend souvent le dessus et on oublie surtout le côté chiant de rouler à l'intérieur. 

Course sur Zwift - HI hi hi hi !

L’objectif sportif du moment est de me tester pour voir si je suis capable de refaire l’épreuve reine de longue distance a vélo, soit le PBP de 2019. En effet, mon dos m’a donné quelques inquiétudes fin 2016 puis par intermittence en 2017. J’ai pourtant ralenti la course à pied, pensant que c’était la cause de tous mes maux. J’ai même fait des exercices de gainage cet hiver pour renforcer les muscles autour de mes vertèbres lombaires et dorsales. Mais après des lumbagos répétés, c’est une sciatique qui m’a fait fortement douter de refaire une épreuve de ce genre. Maintenant, je prends cela avec philosophie, je me dis qu’on a l’âge de son squelette et que je vais l’économiser comme je peux, d’autant que la position sur un vélo ne semble pas aggraver mon inconfort. Mon plan de match 2018 est donc d’essayer d’enchaîner les brevets en progression, c’est à dire Pop, 200, 300, 400, 600 et enfin le 1000 km des Coureurs des Bois d’Ottawa, point d’orgue de ma saison, si mon corps le veut bien. 

C’est donc relativement bien en jambes que je m’inscris à ce premier brevet, je l'espère d'une longue série. La météo a encore fait des siennes toute la semaine, alternant pluie et soleil d’une journée à l’autre. À ma dernière consultation du site de Météomerdia, c’est plutôt favorable pour ce samedi, 2 heures seulement de pluie annoncées, je ne vais pas reculer devant si peu d’eau, je ne suis pas en sucre tout de même. Après une douce nuit auprès de ma blonde verdunoise, je me réveille une minute avant mon cadran réglé sur 6h15. Douche pour me sortir de ma léthargie, déjeuner pour emmagasiner quelques calories puis départ en auto vers le stationnement de la voie maritime à St Lambert. Je suis le premier arrivé, je ne serais pas en retard cette fois-ci, comme je le fus l’an passé pour une stupide raison. 

Les participants se pointent les uns après les autres. D’abord Roger Robert qui a hâte d’en découdre avec l’ami Fred Perman mais celui-ci ne sera pas du party aujourd’hui car en voyage à Malte. Catherine, sa femme, arrive justement a son tour, et nous confirme l’absence de Fred. Roger Rabbit ne fera pas la course avec son lièvre préféré. Il avait pourtant emmené avec lui une bande de copains (NDLR: Christian O., François-Charles M., Thierry M.), 3 gars aux gros mollets chevauchant des vélos carbone, pour lui faire sa fête. Ce sera partie remise, peut-être au 200 de samedi prochain. Les autres cyclos apparaissent tranquillement dans le portrait. Voici Yvon C. qui arrive à vélo de St Jean sur Richelieu, Jean R. notre président du CVRM qui commence sa distribution de cartes postales, Stéphane P. que j’ai dépanné d'une trip la semaine passée lors de ma ride à l’île Perrot, David H.D. et son vélo pliable Brampton, toujours inspecteur Gadget mon ami albertain, accompagné de son chum anglophone Trevor B., un de nos meilleurs rouleurs québécois au PBP 2015. Marc B. est venu nous saluer en touriste, il prend des cours d’informatique pour le fun au collège Champlain juste a côté d'ici. C’est lui qui prend la photo de départ, une chance pour Jean d’être sur le Kodak. Quelques consignes pour les nouveaux venus et c'est parti aux alentours de 9h01. Onze cyclos s’élancent pour ce premier brevet 2018. 

Jean, Cath, Dave

Marc venu en touriste

Onze cyclos au départ du Pop 2018

1ère étape: St Lambert - Lacolle, 73 km. 

Au km 0, Jean s’aperçoit qu’il a oublié ses bidons, il fait déjà la chasse au dépanneur pour récupérer une bouteille de Gars-tout-raide. La bande des rapides à Roger s’installe aux avant-postes, nous arrivons à les suivre grâce aux regroupements des lumières jusqu’à la sortie de la banlieue. En attaquant Grande Allée, km 11, les excités s’enfuient par l’avant, emmenant Stéphane dans leur sillage, combien de temps restera-t-il à leurs basques, bien curieux de le savoir. Le reste de la troupe est le gruppetto que nous formons, Yvon, Cath, Dave, Trevor et bibi, Jean traine à l’arrière comme d’habitude en début de brevet, est-il repassé chez lui pour une gourdasse ? Tel qu’annoncé, de gros nuages de pluie trainent au dessus de nos têtes, prêts à répandre quelques ondées par-ci, par-là. En atteignant le chemin de Salaberry, km 18, c’est chose faite, quelques gouttes humides nous caressent le visage mais ce sera le seul épisode mouillé de la ride, chanceux que nous sommes. Cependant, avec le bas plafond de nuages et la forte pression atmosphérique, mon GPS barométrique délire complètement, souvent Hors parcours me raconte-t-il alors que nous sommes bel et bien sur la bonne route. D’ailleurs mes statistiques d'altitude seront complètement farfelues sur mes compte rendus Garmin et Strava, 862 mètres de dénivelé pour un brevet presque plat. 

Le vent est de sud-ouest, pas trop fort mais présent quand même, il nous oblige à établir des relais pour progresser à allure raisonnable. Yvon s'y colle puis c'est mon tour pour plusieurs kilomètres, je me sens bien alors je reste en pôle position. Puis c'est le tour de Catherine, ce n'est pas très long mais elle veut participer, ce qui est tout à son honneur. Dave et Trevor qui ne nous suivaient plus depuis Grande Allée, effectuent la jonction et participent à notre joyeuse rotation. Les kilomètres s'égrènent ainsi, l'Acadie au km 30, la 219 au km 34. Je profite d'être à la queue pour absorber des bouchées emportées dans ma sacoche de tube, très pratique pour se ravitailler en plein vol. J'apprécie aussi de me faire drafter, mot provenant de l'anglais signifiant aspirer-abriter en jargon cycliste. 

Nous enfilons la route principale vers St Blaise au km 37, Trevor nous tire tout le long de cette route. Pendant ce temps, je papote avec Dave au sujet de son Brampton, drôle de machine pliable à petites roues qu'il a parfaitement réglée à sa position. Il semble cependant dépenser davantage d'énergie que sur un vélo traditionnel, ses pulsations cardiaques sont plus élevées confiera-t-il à l'arrivée. Mais il trouve sa monture plus souple, comparable à un bicycle en titane. Le temps et les kilomètres défilent plus vite lorsque l'esprit est occupée car nous voilà déjà à tourner à droite, montée de l'église au km 46, dans un faux plat bien éventé. Yvon effectue un relais puis j'enchaine en essayant de maintenir le rythme du 26 de moyenne imposée. Un revêtement tout neuf recouvre la route mais le dessous n'a pas été gratté, ce qui rend la conduite désagréable, des vibrations démentes remontent par les roues, le guidon et enfin le corps. Sur cet enfer, ça décroche par l'arrière, nos 2 anglos ont baissé l'allure d'un ton. 

Nous restons 3 à batailler contre les éléments. Yvon, bien en jambes, en rajoute une couche sur le chemin de la 3ème ligne au km 59, nous nous accrochons avec Cath pour rester dans sa roue. Nouveau virage à droite sur la 223, nous voici à St Paul de l'Île aux Noix, vestige de l'ancien check point déclassé pour cause de dépanneur à l'abandon. Encore à droite sur la route de St Valentin appelé chemin des amoureux ... du vent, certainement. Le binôme que je forme avec Catherine, a bien du mal à suivre le rythme infernal de notre leader, quelle force cet Yvon, il écrase les pédales avec une curieuse facilité. Il faut dire aussi que cela fait presque 2 heures et 30 minutes qu'on s'échine sur nos bécanes sans aucun arrêt dans des conditions défavorables. Nos organismes réclament un peu de répit même s'ils sont bien alimentés et bien hydratés. Km 64, sortie de St Valentin, on bifurque à gauche, Yvon s'éloigne pour aller pisser un coup. Cath passe devant mais elle s'aperçoit que c'est ben dur de mener avec ce petit vent du sud, je reprends donc l'initiative de notre duo. Dernier rush jusqu'au contrôle de Lacolle en remontant vers le nord, courant d'air favorable, ça va beaucoup mieux, Catherine a des ailes. 

Enfin nous atteignons le dépanneur Axep au km 73, il est 11h49, moyenne 26,3. Le temps de déposer nos bécyks que Jean se pointe le museau, il a rushé pour nous rattraper, avoue-t-il, seul dans le vent. Puis voici Trevor and Dave qui en finissent avec ce 1er stretch. Ravito à l'épicerie, on se partage 3 petits sandwiches avec Cath, arrosés d'un pepsi, les frenchies d'origine coopèrent, frenchy un jour, frenchy toujours. Michel G. s'est déplacé de St Jacques le Mineur jusqu'ici pour faire un bout de route avec nous, c'est bien sympathique, ça lui fera 100 bornes pour aujourd'hui. Discussion rapide au dehors par un temps humide en grignotant notre pitance. Je prends quelques clichés, histoire de documenter l'aventure. Mais bien vite, on grelotte, la température est quand même fraîche surtout lorsqu'on est mouillé de l'intérieur. 

1er ravito au km 73, voici un invité surprise !

Accident ? Non, vélo pliant !

On se les gèle !

2ème étape: Lacolle - St Cyprien, 21 km. 

Nous repartons après une vingtaine de minutes d'arrêt, je checke par rapport à ma feuille de route, nous sommes à peu près dans les temps. On se réchauffe vite fait en pédalant. Wind in the back, c'est beaucoup plus facile, on dépasse le 30 à l'heure sans forcer. Petit détour par le rang du même nom, soit Petit, tracé par Jean, qui se justifie en me disant qu'il n'y avait jadis pas d'accotement sur la 221. Ce n'est plus le cas maintenant, il l'a vérifié, mais le détour persiste. Yvon a trouvé un nouveau partenaire en la personne de Michel, pour tailler une bavette, comprendre jaser, et ces deux là ne s'en privent pas. Je me demande s'ils s'aperçoivent qu'ils pédalent sur leur vélo ! Un gros nuage noir s'éloigne à notre passage, il remonte vers le nord lui aussi, nous y avons échappé de justesse. 221 donc puis St Joseph et Rang Double au km 83 pour filer vers Napierville. Relais avec Jean à 2 de front, y a personne sur cette route, cela fait monter le cardio, faut bien souffrir un peu dans ce brevet, que voulez-vous. 

J'emmène le paquet à la queue leu leu sur la ligne droite de la 219 achalandée qui nous mène au 2ème contrôle, km 94. 21 bornes en 44 minutes à 28 de moyenne, ouin, une petite étape. Nouvel épisode restauration, tant qu'à être arrêté pour puncher. Je rends la politesse à Catherine en achetant un sandwich aux œufs que nous partageons. J'ingurgite un coke pour apporter des sucres rapides, nous délirons sur 3 cyclistes féminines habillées en orange que Jean aurait bien aimées accompagner, le petit filou. Dave and Trevor arrivent à leur tour mais pour nous, c'est l'heure de repartir. Encore un peu plus de pause que prévu mais ce n'est pas un drame, le vélo, c'est aussi le plaisir de socialiser. 

Coffee time

Michel toujours heureux

Cath buvant son vers ...

3ème étape: St Cyprien - St Lambert: 45 km. 

Sous le soleil revenu, nous repartons par la 221, virage à droite sur le rang St Jean puis celui des Sloan, le vent toujours de sud-ouest, nous nargue sur les flancs. Les locomotives Yvon et Michel poursuivent leur two-men-show en tête. À l'arrière, bien calé dans les roues, je discute avec Jean, j'apprends des choses sur sa vie, c'est drôle, mais cela restera privé. Cath commence a en avoir plein son casque, n'ayant pas beaucoup de millage en longue sortie, il lui manque fatalement de l'essence dans le réservoir. Du coup, comme dirait les français, elle joue à l'élastique en queue de peloton. Jean la ramène par moment. Km 106, à droite sur montée du Moulin, Éole nous pousse dans le dos, j'effectue ma pointe de vitesse de la journée, 42 à l'heure, pas terrible me direz-vous, mais bon, pas de côte, donc pas de descente, alors on fait ce qu'on pneut. 

À l'intersection du rang St André au km 109, nous disons au revoir à Michel, notre accompagnateur du jour, vraiment un charme ce gars-là, j'espère qu'on se reverra l'ami. On file maintenant sur St André en direction de Candiac, l'allure ne faiblit pas, presque 27 de moyenne au compteur. Grand Prix de la Montagne sur l'overpass de la 30 au km 120, Jean passe en tête, c'est qu'il est affuté le gaillard après son stage en haute altitude en Virginie. Plus que 20 bornes, ça sent la fin des haricots. Nous nous retrouvons à 4 pour terminer le travail, Yvon et Jean piquent un sprint sur la 217 rejoignant la 104, j'attends sagement Catherine, légèrement décrochée, pour la ramener. Et ce sont les innombrables lumières de la 104 puis de la 134, aussi appelée Taschereau au km 130, j'ai bien l'impression qu'on a du se farcir toutes les rouges. La moyenne baisse un peu, c'est cuit pour un record de toute façon. Le mien est à 5h30, il est depuis longtemps dépassé, alors je me calme le pompon. Un dernier rush sur Pelletier et l'overpass de la 10 ou je voulais prendre ma revanche sur Jean dans la côtelette. Mais nous l'avons perdu par l'arrière, il est victime d'un flat, si prêt du but, c'est con. 

Arrivée à l'ultime contrôle de l'Uniprix au km 139. Il est 15h10 lorsque la madame appose sa signature sur notre bout de carton bidon, c'est juste pour le fun. Temps honorable de 6h10 pour ce Pop, j'avais planifié 5h53 relax avec 25 minutes d'arrêt total. Mon GPS mentionne 49 minutes de non déplacement, soit 24 minutes en trop, donc 6h10 - 0h24 = 5h46, le compte est presque bon. Je suis satisfait de l'amélioration de ma feuille de route. En effet, j'y ai ajouté une moyenne par section de parcours en plus des moyennes globales, cela permet de raffiner l'allure en fonction du relief, de la probabilité de vent et de la fatigue accumulée. 

Avec Moyenne Individuelle

Collation de lait au chocolat pour fournir des protéines aux muscles en souffrance. Je suis content de mon état de forme, pas de douleurs particulières, mon dos m'a laissé tranquille aujourd'hui, c'est de bonne augure pour la suite. La balade n'est pas terminée pour Yvon qui s'en retourne à St Jean sur Richelieu, une vraie machine à bouffer des kilomètres, ce lascar. Sur ces entrefaites, Jean refait son apparition, ayant réparé sa crevaison promptement, nous rejoignons le stationnement de la VM de St Lambert ensemble. 

3 cyclos radieux

Nous retrouvons Stéphane qui s'est fait larguer comme prévu puis égarer dans la campagne à cause d'un vieux parcours du brevet sur son GPS. Il a retrouvé Dave et Trevor au contrôle de St Cyprien et ils sont rentrés ensemble. Les voici d'ailleurs qui viennent nous saluer, alors que nous rangeons nos vélos. Des nouvelles de la bande des fast and furious de Roger Rabbit, lui et un autre sont taxés d'un temps de 4h47, ce qui est excellent mais pas suffisant pour accoter l'ami Fred avec 4h18 en Septembre 2017 d'après les résultats du CVRM. Pour les 2 autres de la gang des 4, pas de temps officiel, ont-il jeté leur carte de brevet ou se sont-ils évaporés dans la nature, mystère et boule de gomme. 

Pour conclure, ce fut une belle journée à cycler malgré la météo annoncée. Comme quoi, il faut parfois oser et la loterie de dame nature fait le reste. On se dit à samedi prochain pour le 200 pour certains. Dave and maybe Trevor feront aussi un 200, mais ce sera dans le Vermont à Montpelier, cool and nice. Sur ce, je rentre au bercail à Verdun ou je retrouve ma chérie, de retour d'une petite ride pour tester sa nouvelle selle SMP. 

Ciao bye les ami(e)s et à la prochaine.

Mes stats du Pop sur Strava

samedi 9 septembre 2017

Pas chanceux, encore un brevet à la chasse

Des ambitions pour ce 200

Après ma mésaventure du populaire de la semaine passée, je suis bien décidé à conjurer le mauvais sort et prendre ma revanche pour ce dernier brevet de 200 km de la saison. Comme je me sens plutôt bien sur le vélo ces dernières semaines, je décide même de placer la barre un peu plus haut. En effet, je veux battre mon temps sur ce 200 nouvelle formule, soit 8h48 réalisé en Avril de cette année. Je l'avais pourtant bien commencé mais je fus fortement ralenti sur la fin à cause d'un vent à écorner les bœufs et pas de gruppetto pour rentrer abrité. J'ai donc établi mon plan de match à moins de 8h30 pour une moyenne de 26 avec 40 minutes maxi de pause. Ou encore mieux, à moins de 8h15 avec une moyenne de 27, il est permis de rêver un peu. 

Pour y arriver, je compte bien sucer quelques roues, bien planqué dans un paquet de grosses cylindrées afin de m'économiser le plus possible et terminer en force. Il ne faut cependant pas oublier que ce 200 comporte 2 ascensions de la Covey Hill, ce qui pour moi, fait baisser la moyenne considérablement. Il me faudra donc engranger de l'avance sur la moyenne avant les côtes, et peut-être après, s'il me reste du jus dans le réservoir. Reste à analyser les conditions météo. Pour samedi, il est prévu une température fraîche avec un vent modéré entre 10 et 15 km-h, malheureusement orienté Nord Nord-Ouest, ce qui est moins bon car défavorable pour le final sur environ 50 bornes. C'est toujours mieux d'avoir ce bon vieil ami d'Éole pour terminer, ça casse moins les pattes ainsi que le moral. Quoi de plus énervant que de voir sa moyenne baisser quand le vent est contraire ! 

2 ascensions de Covey Hill


Me voilà donc au départ de ce dernier RV du CVRM. Je ne suis pas à la bourre cette fois, j'ai pris soin de venir à vélo et d'éviter ainsi les problèmes de char. Douze amis mongols sont également de la partie en ce samedi 9 Septembre. Parmi eux, bon nombre que je connais bien et qui pourraient m'aider à atteindre mon objectif gardé secret. Il n'y aura pas Fred, ayant décommandé au dernier moment pour cause de fièvre, donc pas de fusée éclairante en tête de peloton. Anyway il ne m'aurait servi à rien car il roule trop vite. Je retrouve les gros bras ou plutôt les gros mollets du club, voilà Yvon (Ultra Défi 1000 km il y a un mois), Martin L, Olivier C et Marc (Granite Anvil 1200 km il y a 2 semaines), Michel du club Vélo Passion, nouvelle recrue sur les brevets qui roule très fort et très bien. Il y a aussi Jean, notre choix du président accompagné d'un de ses amis Patrick Gervais. Il y a surtout Carl Fréchette, une autre fusée à tête chercheuse de parcours car il s'égare de temps en temps. Pour finir la brochette de cyclos, je retrouve mon ami et fidèle Gaby, Robert Lafrance qui avait chuté lourdement il y a quelques années à cause d'une craque lors d'un 300 pluvieux, le mexicain Manuel, déjà présent au Pop et enfin un néophyte des brevets, il en faut toujours un. C'est Gigi Burchiani, peut-être un italien mais pas sûr, il est moins bien équipé pour la performance mais on peut être surpris. En invité surprise, David est venu se joindre à la gang avec son vélo Marinoni acheté d'occasion pour 500 pièces. Pour être complet, Marc est accompagné de son inséparable Romain, toujours à ses côtés, ils feront juste un petit tour de courtoisie avec nous avant de rentrer à la base pour le brunch. 

7 heures, tout le monde se rassemble pour l'inévitable photo de groupe, photo fantôme puisqu'elle n'apparaît même plus sur le site vieillot du CVRM. Mais que fait Jean avec cette photo, pour ses archives personnelles peut-être ? Pas une femme dans le groupe et pourtant ça jacasse comme des pipelettes, personne n'est décidé à donner le premier coup de pédale alors j'ouvre les hostilités. Il est déjà 7h02, c'est que j'ai un record à battre moi et chaque minute compte. Je démarre pourtant en douceur car papotant à mon tour avec Dave puis Gaby. Olivier, Martin et Michel trouvent que ça ne roule pas assez vite à leur goût, ils passent devant, nous les suivons à distance ainsi que le reste de la troupe. Les conditions sont humides, une légère pluie a terminé de tomber peu avant notre départ, il fait 12 degrés. Avec cette température, ce n'est pas prêt de sécher m'a prévenu l'ami Yvon. Le vent est bien de Nord, aussi il faut en profiter pour prendre de l'avance sur l'horaire. De plus, en peloton, ça devrait rouler à bonne allure sans trop forcer, cela s'annonce de bonne augure pour une performance. 

Exit Victoria et Provencher, voilà Taschereau qui défile sous nos roues. Soudain, l'instant se cristallise au km 12. J'entends un petit bruit provenant de ma roue avant, un objet contondant vient de s'enficher dans mon pneu. Je passe ma main pour vite l'extraire mais le mal est fait. Pschhhiiiiiittttttt, c'est un flat ! Fait chier, traduire, chus en tabarnak. J'observe mes compagnons défiler devant moi, d'un air dubitatif. Bien sûr, personne ne s'arrête, c'est la dure loi des brevets, Dieu pour tous et chacun pour soi ! Ou plutôt, un pour tous et tous pourris ! Ça commence bien mal quand on veut se battre contre le chronomètre. D'autant que je vais être obligé de rouler seul et fort pour garder l'espoir d'en rattraper quelques uns. Je me débats donc avec cette putain de crevaison, m'écorchant les doigts sur les rayons acérés de cette putain de roue Campagnolo, y a du sang partout. Je prends soin de vérifier qu'il n'y a pas d'autres saloperies dans le pneu, je remonte avec mes démonte-pneu, chose qu'il ne faut jamais faire au risque de pincer la chambre. Mais c'est trop dur à remettre et j'ai pas le temps de niaiser. Je profite de cette pause inopinée pour délester ma vessie puis je repars enfin. Une bonne quinzaine de minutes et quelques gouttes d'hémoglobine se sont écoulés. J'essaie de me re-motiver, pas évident quand c'est la 2ème fois en 2 semaines que je commence un brevet solo, en dernière position et à la poursuite de mes compagnons. La chasse est de nouveau ouverte. 

Je quitte Taschereau la maudite, déboule dans Candiac, à gauche Montée Monette, à droite sur la 217, tout en faisant crisser mes pneus, il est énervé l'animal. Me voilà en campagne avec vue dégagée, personne devant comme de bien entendu, je prends un rythme pas trop vite, ni trop lent, genre 27 à l'heure. Le vent est favorable mais pas très fort alors c'est pas la grosse vitesse de croisière espérée. Les autres en peloton doivent s'en donner à coeur joie et rouler plus vite que moi. Aussi ce n'est pas gagné pour les revoir au prochain contrôle de St Cyprien. Après 1h54 moins 17 minutes de pit stop, j'atteins le checkpoint du Shell, km 43. 

Il ne reste qu'un vélo à la station, c'est le Marinoni bleu de Dave. En 4 minutes chrono, je fais signer mon carnet, avale une banane, remets de l'air dans le pneu avant pas assez regonflé puis pars à la poursuite de mon albertain préféré qui vient de repartir. Sans peine, je le rejoins, il n'a pas l'air dans son assiette, le pauvre tousse et ne se sent pas bien. Nous roulons ensemble sur la 217 pendant quelques kilomètres tout en discutant, ma moyenne baisse un peu mais sa compagnie me fait du bien. Nous atteignons la Montée Guay soit le point extrême sud du parcours, km 63. Mon compagnon de fortune va se reposer et pense abandonner le brevet. Sur sa ride Strava, il écrira : Malade, mal ajusté, mal habillé, 140 km au lieu de 200. Zut alors, j'étais plus le dernier mais je le suis à nouveau suite à cette défection. 

Je continue ma chevauchée solitaire à travers le toboggan de montées et descentes qui longe la frontière. C'est dans ce secteur, sur le chemin Roxham, que les migrants des pays défavorisés passent au Québec, quelques milliers en quelques semaines récemment, O Canada, terre d'accueil. Dans cette portion côteuse du brevet, la moyenne en prend un coup. Déjà qu'elle n'était pas bien élevée et ça ne devrait pas s'améliorer jusqu'au km 130, après la 2ème ascension de la Covey Hill. Je reprends des forces en absorbant mes friandises libanaises et à la noix de coco achetées à la Prep du 1000 de la Gauchetière, des petites boules d'énergie toujours bien appréciées. 

Une pluie soudaine et passagère se déverse pendant quelques minutes, sacrebleu, ce n'était pas prévu au programme. Je n'ai pas emporté mon kit de pluie alors je subis l'averse, pas le choix. Km 83, le grain passe. J'aperçois au loin 2 cyclos dodelinant et peinant dans les côtelettes à répétition. Je reconnais Gaby puis Manuel alors que la CH se profile dans les 10 prochains kilomètres. J'ingurgite un gel de potion magique puis fonds sur mes 2 congénères. Je rattrape Gabriel qui me demande au passage de lui prendre un sandwich au prochain contrôle, des fois qu'il n'y en aurait plus à son arrivée. Ok, lui dis-je, alors que je m'éloigne déjà. Peu après, je dépasse l'ami Speedy Manuel qui a l'air de peiner dans ce relief hostile, je l'encourage en le doublant. 

Yes !!! Je ne suis plus le dernier de la ride. Cela me donne du peps et je fonce vers la Covey Hill, la fleur au fusil, le couteau entre les dents, bref la fleur entre les dents. Voici le camping-golf du Domaine Enchanté, j'amorce la grimpette de 2,6 km, 158 mètres d'ascension a 6%, c'est le segment Covey Hill de Strava. Ce ne sera pas mon meilleur temps mais ce n'est pas pire, je fais ce que je pneu, je me secoue les tripes. Puis c'est la douce descente qui sera remontée tout à l'heure. Cette route est de plus en plus maganée, il n'est pas bon de rouler trop à droite, heureusement qu'il y a peu d'auto par ici. J'arrive à Doréa, lieu lugubre avec son orphelinat désaffecté. Je ne fais pas de tourisme et m'enfuis dans la belle glissade de la 209. Quelques bifurcations plus loin, j'enquille la ligne droite de la 202 menant au 2ème contrôle de Franklin, km 113. 

 Youpi, tout le peloton est là, j'aurais donc repris mon retard. Malheureusement ma joie est de courte durée. À peine le temps de raconter à Jean mon flat de début de brevet, d'acheter un sandwich et un jus, de faire puncher ma carte, d'échanger quelques mots avec Carl qui se pose des questions existentielles, que le groupe des cadors repart, soit 8 cyclos d'un coup. Et merde. Faut dire qu'ils étaient là depuis une demie heure à se sustenter et se reposer. Dommage pour me faire tracter par ces locomotives, ce sera pour une autre fois. Adieu record, ça sent de plus en plus le roussi. Ma moyenne tourne aux alentours de 25 et avec le vent annoncé de Nord au retour, ça devient mission impossible. Un seul vélo est resté accoté, c'est celui de Gigi qui traîne dans les parages mais que je n'aperçois pas. Encore un de rattrapé en tout cas, ça m'en fait 4 depuis ma crevaison, petite satisfaction. Je mange goulument mes tranches de pain au jambon, ingurgite mon V8 aux légumes, soulage ma vessie et repars avant l'arrivée de Gaby et Manuel. Je ne lui ai pas acheté son sandwich car il en restait pas mal dans le frigo. 10 minutes chrono pour cette pause, je bats des records de ce côté. Je gagne effectivement du temps mais le corps peut moins se reposer, est-ce une bonne stratégie ? 

Je repars par la côtelette de la face Est de la montée Covey Hill, petit coup de cul puis ça monte en faux plat jusqu'au relais, pas très dur mais pas très roulant non plus. Puis c'est la vertigineuse descente vers le Domaine Echanté, bis repetita, il ne faut pas manquer le virage à gauche sur la 203, km 127. Ça continue en faux plat favorable jusqu'à Cowan puis direction ouest. Comme le vent est Nord-Ouest, je suis poussé légèrement, peut être que je peux remonter la moyenne. Mais les pauses restreintes commencent à se faire sentir, y a de la lassitude dans les jambonneaux. Je prends donc ça relax d'autant que bientôt je vais reprendre la direction Nord sur la 219 ou Éole m'attend au tournant. En effet, km 150, il me reste 8 bornes jusqu'au contrôle de Sherrington, la progression est plus pénible. Sur ce tronçon de 45 bornes, je fais une moyenne de 25 alors que les autres en groupe doivent avoir rouler à 28 ou plus avec la locomotive Fréchette d'argent. 

Voici le dépanneur Bon Jovy, sanctuaire du checkpoint, il y a encore un vélo, c'est celui de Robert Lafrance, c'est au moins ça. Pointage, casse-croûte et jus vite achetés, le petit gars de l'épicerie me pose plein de questions, c'est bien d'être curieux mon ami mais chus pressé d'aller relaxer. Je m'assois contre le mur pour déguster ma pitance-breuvage et reposer mes biscottos endoloris. Roberto est reparti, il a été rejeté par les bolides, lâché solo dans la nature et le vent, pas de pitié. Peut être le reverrai-je ? Après 12 minutes montre en main, je rembarque sur mon bécyk, dernière ligne droite éventée de 45 kilos jusqu'à St Lambert. Je ne crois plus à mon record mais je file tout de même, pas envie de me faire rattraper par d'autres en arrière. Je sais par expérience que Gaby peut finir fort sur le plat et malgré le vent. 221 Nord jusque St Édouard, un petit zéphyr pleine poire, je roule au ralenti, écœuré. 

Qu'on ne vienne pas me dire qu'il n'y avait pas de vent, comme semble le prétendre Jean dans son commentaire sur le site du CVRM : Pratiquement pas de vent ! Et il rajoute : Merci à Carl qui nous a tiré tout le retour ! Forcément, bien planqué derrière une moto, on ressent moins le souffle d'air dans la face mais plutôt l'aspiration. Car Carl a une toute autre impression des conditions atmosphériques du moment, comme il le commente dans son parcours Strava : Vent de partout et averses ! Morale de l'histoire, ne pas trop se fier à Jean pour le rapport météo. Car avec lui, il ne vente presque jamais et la pluie ne mouille même pas. 

Montée du Moulin et Rang St André, ça ne s'arrange pas. Je rassemble mes dernières forces en atteignant Taschereau, km 191. Je repasse à l'endroit de ma crevaison, là où j'ai scellé mon sort il y a presque 8 heures. Je rattrape Robert avant de tourner sur Provencher, il en a aussi plein son casque de ce petit vent rebelle de fin de brevet. Un coup d'œil au chrono, on peut arriver avant 16h soit 9h de ride, alors je pousse plus fort, Robert s'accroche. Malheureusement, les innombrables lumières en décident autrement. C'est avec un temps de 9h03 que Lafrance et le français en terminent au dépanneur du coin, bouclant les 203 bornes à une moyenne de 24,7 pour ma part, chus un peu déçu. 

J'apprendrai par la suite qu'un premier groupe composé de Carl la fusée, Jean, Yvon et Patrice est arrivé en 8h23, suivi du gruppetto Olivier, Martin et Michel en 8h36. Je relativise ma contre-performance puisque je ne suis pas si loin, ayant roulé 95% du temps tout seul, contrairement à eux. Et puis mon objectif de faire moins de 8h30 voir 8h15 a été à peine réalisé par les excellents rouleurs du club. Bien sûr, ils se sont arrêtés plus longtemps que moi aux contrôles, 1 heure et 15 minutes d'après les infos de Michel versus 43 minutes incluant 17 minutes de crevaison, soit 26 minutes de pause pour mes 200 bornes, un exploit pour moi. Je me suis amusé à décortiquer les stats Strava de Michel, Gaby et moi-même, c'est riche d'enseignement sur les moyennes et les pauses réalisées, voir tableaux. 3 autres cyclos arriveront ensuite, Gaby en 9h40 qui n'a pas réussi à me rejoindre, mais était-ce vraiment son intention ? Enfin Gigi terminera en 9h54 et Manuel en 10h50.

Ainsi s'achève le dernier brevet de 2017 sur une note personnelle mi-fugue, mi-raison. 2018 sera l'année des pré-qualifs pour le PBP 2019, mon nouvel objectif pour les 2 années à venir. Il vaudra mieux faire toute la série des brevets 200-300-400-600 pour mettre toutes les chances de mon côté pour la sélection à la reine des épreuves de longues distances de classe mondiale. En attendant, voilà que se pointe à l'horizon le terrible hiver des marcheurs blanc qui nous fera hiberner environ 6 mois. Pendant tout ce temps, le petit hamster n'a plus qu'à pédaler sur son rouleau pour être prêt à repartir dès la fonte des neiges et la coulée du sirop d'érable. 

samedi 2 septembre 2017

Un populaire à la bourre

Pourquoi à la bourre ?

En ce début septembre, la journée s'annonce plutôt sous de bons auspices pour l'avant dernier brevet 2017 du CVRM, le fameux populaire de 140 bornes. Il est prévu de faire beau, pas trop chaud, avec un vent négligeable, bref de belles conditions pour se faire une sympathique ride entre amis cycloteux. Je me réveille vers 7h dans une tranchée de Verdun, auprès de ma blonde, qu'il fait bon dormir, air connu. Je déjeune en écoutant les news sportives dont l'US Open et la Vuelta sur YouTube puis me prépare tranquillement. Pour 8h, un peu distrait, j'emmène mon stock a l'auto. J'ouvre le coffre sans débarrer les portières, je remets les clés dans le sac, je dépose le sac dans le coffre puis ferme celui-ci. Bravo Champion !!! Et elles sont ou les clés maintenant, à ton avis ? L'auto est barrée avec les clés à l'intérieur. Je retourne à l'appartement tout penaud en me mettant quelques baffes bien méritées. Le temps de chercher sur le web une solution simple à mon petit problème, d'appeler un taxi qui offre le service de déverrouillage d'auto pour les abrutis de mon espèce, d'ouvrir la portière conducteur à la manière d'un voleur, de tenter et réussir à débarrer le coffre qui résiste car pas d'ouverture de l'intérieur, qu'il est déjà dépassé 9h. Que faire ? Le départ du brevet étant donné à 9h pétantes, le temps de charger mon vélo et de passer sur la rive sud, que mes amis breveteux seront déjà bien loin. De toute façon, je suis réveillé et mindé pour faire du bécyk alors je relève le challenge et je file à St Lambert. 

Je rejoins donc le stationnement de la voie maritime et récupère ma carte de brevet laissée sur la voiture de Nathaniel, merci à l'organisateur de penser aux retardataires. Je finis de m'équiper puis m'élance enfin, il est 9h50. C'est quasi mission impossible de rattraper mes compagnons, n'ayant point les jarrets de l'ami Fred qui me permettraient de voler à leurs basques. Pas de panique, je roule tout de même à bonne allure, sait-on jamais qu'il y aurait des lambinards ou des malchanceux ayant eu des ennuis mécaniques. Je peste après les lumières de la banlieue qui me freinent encore un peu plus. Allez bordel, j'ai des vaches à traire et surtout 75 bornes à parcourir jusqu'au premier point d'arrêt programmé. Je quitte le trafic par Grande Allée, la moyenne s'élève doucement, je me prends à croire que je vais bien finir par les rattraper. Une moyenne de 27 est vite accrochée, malheureusement je plafonne à cette vitesse jusqu'au premier contrôle de Lacolle, sans prendre le temps de m'arrêter une seule fois. J'entre dans le dépanneur, achète un Pepsi, me fait signer la carte de brevet et demande à la madame mon retard sur les derniers cyclos repartis, environ 20 minutes me dit-elle. Le temps de vidanger ma vessie, de vider mon coke et remplir à nouveau ma vessie, d'avaler un peu d'énergie sous forme de banane et je repars avec 10 minutes de pause dans la musette. 

J'appuie de plus belle sur les pédales, sait-on jamais, peut être que ... le prochain contrôle étant distant d'une vingtaine de bornes. Je poursuis solo avec cette fatidique moyenne a 27, peux pas faire mieux, en fait, pas envie de faire mieux ! Il fait vraiment bon pour cycler, c'est une belle journée de fin d'été et je profite du paysage après tout. J'atteins le Shell du 2ème contrôle, achète un casse-dalle au jambon, me renseigne sur mon retard, une dizaine de minutes sur le dernier parti, m'informe-t-on. Fais chier, plus envie de me décarcasser, je prends le temps d'avaler mon sanouiche tranquillement en sirotant une boisson gazeuse. 

Il me reste une quarantaine de kilos à parcourir, sans grand espoir de rejoindre mon peloton de cuisses connues. Vers Candiac, j'aperçois un cyclo cherchant sa route à partir d'une feuille de papier, peut-être un nouveau venu au brevet pop qui ne connait pas bien le parcours. Je poursuis mon chemin par St Philippe puis la 104 et Taschereau. Pour 15h15, je me pointe au dépanneur de l'ultime contrôle sur Riverside mais celui-ci est fermé pour cause de rénovation. Ouin, que faire dans ce cas ? Je repars vers St Lambert à la recherche d'un autre commerce, je trouve l'Ultramar de mon pâté de maison ou je fais signer le carnet de route, juste pour la forme. Soit dit en passant, ce bout de carton n'a aucune valeur puisque c'est un brevet de découverte qui ne partira pas à l'homologation. 

Je retourne au parking de la VM et retrouve enfin mes compagnons du jour que j'ai poursuivis à distance. Mis à part Fred qui doit être là depuis plus d'une heure, les autres ont rejoint la base depuis un bon quart d'heure et font le débriefing de la sortie. Il y a Catherine et Odile une nouvelle venue, Nathaniel, Olivier Caty qui a fait le Granit Anvil récemment et Michel Lemaire, mon Mitch d'un 300 mémorable. Le dernier de la bande, un nouveau aussi, mexicain d'origine, se prénomme Manuel, mais il s'est fait décroché au retour et n'a pas encore rallié le fil d'arrivée. C'est bien lui que j'avais vu à Candiac, tout de vert vêtu, le voici enfin quelques minutes après moi. Toute la gang est satisfaite de cette belle journée, ils ont flyé ça à 28 de moyenne d'après les stats de Nathaniel. Dommage pour moi qui roulait juste un ton en dessous et presqu'une heure de retard. Manuel propose des bières fraiches à la communauté et certains se ruent dessus comme la pauvreté sur le monde. Ainsi s'achève ce brevet populaire, en pensant déjà au dernier brevet de 200 de la semaine prochaine. Cette fois, j'essaierai de ne pas être à la bourre !

Cliché façon JB