samedi 9 mai 2015

Les brevets se suivent et ne se ressemblent pas ...

Après une bonne nuit de sommeil, je me lève frais et dispo pour 4h30 et mon brevet de 300 qui sonne à mon agenda. Je saute dans la douche par un flip avant et puis me dirige vers la cuisine avec un triple salto vrillé ! Déjeuner avec café, tartines grillées au nutella, petit smoothie des familles, banana coupée en rondelles, sans sucre, j'évite le trop sucré sur les conseils de ma cocoon ! Hop, le tout est ingurgité dans mon bedon pour alimenter la pompe à énergie et commencer la fête de l'estomac qui durera toute la journée. Avec mon expérience des raids à vélo, je commence a bien maitriser mon stress en misant sur une organisation millimétrée au quart de poil, le vélo et le matose sont préparés la veille, le matin, je me concentre sur la bouffe, les liquides à emporter, ainsi qu'une analyse de la météo bien importante pour les stratégies d'effort et surtout le moral.

5h30, j'effectue une petite mise en jambe de 5 km pour rejoindre le parc de la Voie Maritime où s'affairent déjà toute une bande d'habitués. Aujourd'hui, pas de cyclos exotiques comme lors du 200, attention un 300 ça devient sérieux, pour breveteux avertis only ! Donc 24 bougres et 1 seule bougresse, c'est l'intrépide et charmante MC, escortée comme son ombre par mon Yvounet, what's up FaDoc ? Maudit qu'on va avoir du fun, et même un fun rare ;-) On discute météo, celle-ci ne sait pas trop encore ce qu'elle va faire, pluie ou pas, vent ou pas, c'est bien indécis tout ça, on verra ben sur la route, profitons du moment présent. Pour une heure si matinale, c'est plutôt chaud et sec, la plupart part en court, pas de surchauffe inutile. 6h, Jean fait sortir son petit oiseau face à nous, ébahis de torpeur et d'admiration, il nous demande de l'attendre avant de partir, le temps de le ranger, son petit oiseau !

Km 0: 6h01, c'est parti mon kiki. Le peloton s'ébranle tranquillement dans les rues de St Lambert, Brossard puis St Hubert. C'est un départ virtuel, comme on dit sur les grandes courses cyclistes, la véritable charge va bientôt sonner. En effet, la cadence s'accélère dès qu'on bascule de l'autre côté du toboggan de la 10, déroulant Grande Allée. Bien calés dans les roues, ça roule aux toasts !

Km 20: Virage sur Grande Ligne, un mini vent souffle pleine face et c'est la débandade. Malheurs à ceux qui ont ralenti leur vitesse en tournant et n'ont pas accroché les wagons. Car les costauds ont enclenché le turbo et ils foncent droit devant sans se retourner, à leur rythme. Je m'accroche quelques centaines de mètres puis décroche, à quoi bon. Les autres derrière s'organisent comme ils peuvent, eux aussi à leur rythme. Pas de sur régime, c'est entendu, il nous reste un peu moins de 300 bornes à faire ! Il nous a fallu 20 km pour comprendre qu'à chacun son allure, que gagner 10 minutes en début de brevet peut nous en faire perdre davantage par la suite. LSD, LSD, LSD !!!

Km 29: Un gruppetto se forme, Yves, MC, Benoit, Olivier, Ralph et bibi (c'est moi !). Des relais se mettent en place, Ralph et Oliver semblent les plus forts à ce petit jeu, ils tirent souvent le groupe. On aperçoit Dave sur le bord du chemin à se battre avec son pneu crevé tout en regardant son cell, How to fix a flat canadian tire sur Netfix ! Personne ne s'arrête pour lui porter secours, c'est beau la fraternité du vélo.

Km 42: Yves apporte sa contribution en tête de peloton, fonçant tout droit, manque de bol, on tourne à gauche ! Ce sera son premier relais et aussi son dernier mais il ne le sait pas encore. Vent Ouest-Sud-Ouest, in the back, ça va mieux. Encore quelques coups de pédales à 35 à l'heure en dépassant le golf de St Césaire, la pause est imminente.

Km 54: Contrôle 1, Ultramar de St Césaire, 8h10. Le premier peloton est déjà reparti, nous serons l'arrière garde du bataillon. Signature, banane, Perrier, photos, post Facebook, faut pas se disperser car le temps est compté. Dave et Gaby arrivent sur ces entrefaits. Le premier ne traîne pas, fidèle à ses habitudes, mister mini-break, il repart même avant nous. Le second en revanche, traine dans le dépanneur, nous filons donc sans lui. Dommage, j'aurais bien voulu lui jaser de mon projet MOM de ce samedi prochain, Montréal-Ottawa-Montréal, 420 bornes avec départ nocturne pour se mettre dans les conditions de la première étape du PBP de St Quentin jusque Loudéac. Il faut engranger les expériences, c'est le maître mot.






Km 60: On roule sur la piste cyclable que nous ne quittons pas jusque Granby, non ce n'est pas une erreur Dave, c'est voulu. C'est plus agréable de pédaler sur cette portion, on peut discuter sans être trop gêné par les autos, en revanche attention aux poteaux et autres intersections. Beaucoup de cyclos du dimanche en ce samedi, des joggeurs, des campeurs, des écureuils, des vaches, des chevaux, des dinosaures, bref une belle matinée pour tout ce monde hallucinant. Nous délaissons les nuages gris derrière, ça s'améliore vers l'est, goodbye grey sky !

Km 80: Traditionnel et immuable arrêt au Vélogare face au lac de Granby, pause pipi, Papi, Mamie, photos et amandes. Il n'est que 9h30, ça commence déjà à chauffer sous les casques, heureusement que j'ai mis de la glace dans mes gourdasses, ça les garde un temps soit peu au frais.





Km 84: Toujours en groupe de 6, nous délaissons la piste cyclable et rattrapons la 112, le début du relief sur le Garmin commence. La hiérarchie des forces en présence se met en place, en fonction de la fraicheur des effectifs. D'abord Ralph suivi comme son ombre par Oliver, va devenir anglo celui-là bientôt. Plus loin, Benoit et moi, encore plus loin, Pap et Mam, j'aime bien les diminutifs, tout comme les bananes et les belles feuilles ! Nous apprendrons par la suite et de source officielle, qu'Yves n'est pas dans son assiette mais heureusement sur son vélo, atteint par un manque d'énergie dû à une semaine difficile, ceci pour faire une histoire courte.

Km 100: On a dépassé Bromont et sa mini piste cyclable bucolique, les côtelettes s'intensifient à la sortie du bled. Nous voici sur Chemin Brôme, route que j'affectionne particulièrement dans son cadre enchanteur, bordé de monts environnants. La vue de ce paysage me donne envie d'écrire des poèmes:

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons. (de vélo, je présume !)

Arthur Rambo ou Rimbaud, sais plus trop, extrait du Dormeur du Val (David) !

Km 103: Le gruppetto a explosé, nous voici à présent en duo, Ralph et Olive en tête, à force de diminuer Olivier, va plus rester que le noyau ! Suivis de Ben and I, puis notre couple infernal, la so-so-solidarité dans l'adversité, belle communion dans l'effort, c'est la dure école du vélo mais heureusement l'amour fait des miracles.

Km 110: Virage à gauche dans la descente, nous retrouvons la 104 pour la première fois de la journée, un dernier raidillon et nous voici à l'IGA.

Km 115: Contrôle 2, IGA de Lac Brôme, 11h10. Il n'est pas midi mais nous avons les crocs, nous partons à l'assaut de la superette à la recherche de nourriture. Heureusement toutes les denrées intéressantes pour le randonneur pressé sont à proximité, pas besoin d'explorer tout le magasin : délicieux sandwich au jambon, bouillie au tapioca et coke pour reprendre du peps ! Ralph et Oli sont déjà attablés à se remplir la panse tandis que MC et Yves rejoignent la base. Ce dernier n'est pas dans un grand jour, ça se confirme, ça va rouler pépère en arrière, Marie sera à son chevet. 30 minutes après les agapes, nous repartons tous ensemble.

Km 120: Les premiers faux plats dissolvent à nouveau notre unité 6. En groupe commando par 2, telle est notre stratégie pour défier la longue route qui nous attend encore. Dans le duo intermédiaire, Ben et moi voyons O et R, la paire en or, s'enfuir par devant, et disparaître Y et MC par derrière, YMC, hey, Village People !

Km 145: Nous empruntons la 243 passant par le dépanneur fusée puis la petite bourgade de Potton-Mansonville, un autre lieu culte pour la pause rafraîchissement. Ça n'échappe pas à la règle, et hop un Perrier avec banane derrière la cravate. Le ciel s'obscurcit du côté de la ligne, aurons-nous droit à notre premier grain ? Quelques gouttes nous effleurent mais rien de sérieux, nous l'avons encore échappés belle !

Km 152: Voici la vallée de la Missisquoi, le vent s'est soudain calmé alors que nous pensions l'avoir pleine poire d'après mes estimations. Tant mieux, on file vers la difficulté majeure du parcours, altitude 350 mètres.

Km 162: On attaque mollo le col de Scénic, escortés par une nuée de mouches et autres insectes volants, grrrrrrr, c'est pénible, obligé de faire le moulin à vent pour écarter ces compagnons indésirables. Je mouline plus fort pour en finir rapidos, ils ne me suivront pas dans la descente.

Km 169: Vertigineuse descente vers Abercorn sur route bien pavée, c'est là qu'on bat nos records de vitesse mais ce ne sera pas pour aujourd'hui, un timide 69 à l'heure, mon record est à 76.

Km 178: Contrôle 3, IGA de Sutton, 14h45. Dernière ligne droite plein nord en binôme jusqu'au check point de Sutton, pause à l'IGA pour faire changement du Subway, on y retrouve nos compères en or ! Faut reloader la machine alors je me choisis de bonnes choses appétissantes à manger, croissant au jambon avec salade, taboulé bien frais, une salade de fruit, le tout arrosé d'un pepsi. Nos amis nous attendent pour repartir, cool, on va essayer de pas les perdre cette fois.







Km 191: Remontée de la sympathique route 215 Nord, bien agréable avec ses petites côtelettes qui se montent en force. Le rythme est encore élevé malgré notre kilométrage. Parfois je me laisse décrocher quand nos 2 lascars en rajoutent une couche, mais on finit par les rattraper à la lumière de la 104, deuxième passage.

Km 204: Le club des 4 poursuit son effort dans le vent à la file indienne, encore les plus forts devant, Benoit et moi suivons sans broncher et nous nous accrochons au TGV. Nous ferons cette section Sutton-St Césaire à 27 de moyenne, pas mal pour nos petits mollets.

Km 212: À Cowansville, bifurque sur la 202 Sud, assez dégueulasse merci, à cause d'une bande cyclable étroite et maganée pis des automobilistes qui nous frôlent de près. Je préviens les copains que je m'arrête à l'Ultramar de Dunham pour une pause crème glacée, le gruppetto stoppe donc comme un seul homme ! J'apprendrais plus tard dans le récit de David que celui-ci s'est aussi arrêté à Dunham mais dans une micro brasserie pour s'offrir un lunch avec une bonne bibine maison, ah le salaud, comme je l'envie, c'était son défi du 300, check !

Km 222: On continue sur la 202 qui s'oriente vers l'ouest, traversant les vergers de pommes et de poires, dommage qu'on n'ait pas le temps de faire du tourisme. Virage à droite sur Stanbridge, à drooooiiiiiite que je gueule, car mes compagnons continuaient tout droit. C'est la remontée plein nord vers St Césaire, on comprend pas trop d'ou vient le vent, on semble encore l'avoir défavorable, j'ai l'impression qu'il joue avec nous en changeant de direction au gré des dépressions nuageuses toujours bien présentes. 

Km 233: En général, c'est la partie dure du brevet ou quelques souffrances font leur apparition, mal aux épaules, au cou, au cul, aux pieds, aux mains. Alors on a hâte d'arriver au prochain contrôle, on appuie sur le champignon. Pour ma part, pas trop de douleur mais je n'arrête pas de m'hydrater car la chaleur a sévi toute la journée, je rêve d'une boisson gazeuse bien fraiche.

Km 245: Au croisement avec la 104, Olivier s'arrête et prend une pause, la tête sur le guidon. On l'imite sans résistance. Chacun se refait une santé assis dans l'herbe, chacun soigne ses petits bobos. Pourquoi on roule à 30, s'exclame Ralph ! Ben, on n'est pas obligé mais on le fait quand même. Je m'étire, je prends un gel au café latté pour me rebooster, ça me fait l'effet d'une potion magique sur Astérix ! Je repars sur les chapeaux de roue, je tire ma bande de suiveux à 30 sur la rocade de Farnham, Ralph va encore râler. Heureusement la chaleur s'estompe avec la fin de la journée, ça ne peut qu'aller de mieux en mieux mais les nuages gris au loin sur Montréal se font de plus en plus menaçants. 




Km 250: Dernier rush de 20 km jusqu'au check point, on met les bouchées doubles, Benoit passe même devant pour imprégner un rythme soutenu, je le suis de près, à quelques centimètres de sa roue, tel un pro, je sens la draft, c'est agréable.

Km 265: Contrôle 4, Subway de St Césaire, 18h45. Enfin St Césaire. Ralph a envie d'un Subway alors on boude le Tim juste en face. Pas de vélo là-bas, les autres breveteux sont soit en route vers la destination ultime, soit déjà arrivés à l'heure qu'il est. D'autres sont encore derrière, à vivre leur propre galère, Yves, MC et Gaby. Je reçois d'ailleurs un message de ce dernier qui dit qu'il est aussi au Tim de St Césaire, c'est donc qu'il y a un autre Tim caché dans la place. Chacun reprend des forces, j'avale une bonne soupe à la tomate, un yogourt aux céréales, un biscuit noix de macadame arrosé d'un coke en fontaine avec glace. Olivier semble nase, il dort sur la banquette sans manger quoi que ce soit, grossière erreur. Il se met à pleuvoir, une sorte de grain d'orage qui passe très vite, heureusement nous sommes au sec à regarder le spectacle. Nous nous habillons en sapin de Nowell et on repart vers 19h30, il fait encore jour, yes ! 

Km 276: Chus ben content d'attaquer cette 112, pas encore dans la noirceur, je mène la danse en tête pour rouler le plus loin possible dans la clarté, la chaussée est mouillée, ça fait pshiiit sous les pneus mais rien de bien salissant. Pour le retour, Benoit et moi tirons Ralph et Olivier, chacun son tour les gars. J'ai la patate et j'en profite, ça sent l'avoine et l'écurie.

Km 288: Chambly est atteint, pas envie de passer par la piste cyclable, ça va nous ralentir, on carbure sur la 112, on y reste. Derrière, ça suit comme ça peut.

Km 296: Voilà les lumières de St Hubert et le toboggan de la 30, Ralph fait l'élastique à l'arrière. Retour à la civilisation et ses fréquentes lumières, on se calme le pompon, anyway on fera un temps honorable mais pas en dessous de 15 heures, dommage, mais bon, content d'être encore là avec mes compagnons de route, on aura formé une bonne équipe depuis Sutton.


Km 310: Un peu de Gaëtan Boucher, de Lapinière, on récupère Martin L arrêté à une lumière. Puis c'est la belle Victoria qui nous amène au dépanneur de St Lambert, ultime contrôle, il est 21h15 soit un temps de 15 heures et 15 minutes, un genre de 15-15, victoire de Marignan. Dernier post Facebook aux fans, photo d'arrivée du grupetto en délire et c'est la dispersion en se disant à la prochaine. 




Alors que je reprends Victoria en sens inverse, je rencontre Gaby qui en termine aussi. Décidément, on se sera croisé toute la journée sans pouvoir se parler. C'est beau le vélo, un même parcours et à chacun ses aventures. Yves et MC rentreront quelques 2 heures 30 après notre groupe, ils auront pris leur temps et surtout ils auront terminé dans les délais, ce qui est le plus important.

50% de l'objectif est atteint pour avoir le droit de participer au PBP cet été, youpi ! Dans 2 semaines, ce sera le 400 et son nouveau lot d'aventures. 


samedi 2 mai 2015

Mon meilleur et mon pire 200 !!!

Cadran à 5 heures, Marielle ronchonne mais c'est la première debout, déjà excitée à l'idée du brevet de 200 bornes qui nous attend par cette belle journée radieuse annoncée. Routine d'un matin de ride, douche, déjeuner, prépa du matose, une tite caresse à Babette, la chatte de la maison, vélos sur l'auto et nous voilà en route pour la rive sud en partant de Verdun, y a des travaux sur Champlain, vive le printemps et l'enfer des traversées du St Laurent qui commence. 

Petit détour au condo pour ramasser mon appareil photo et nous sommes juste à temps pour le grand rassemblement de la pédale sur la voie maritime. À peine le temps d'installer le setup brevet avec sacoche Arkel et d'enfiler casque et chaussures aux bonnes places, qu'il est l'heure de sortir notre plus beau sourire pour le kodak. Aux stats de Jean, nous sommes 44 braves et bravettes à affronter cette terrible épreuve de 200 km sous un magnifique ciel bleu et soleil printanier. 



On se salue en pédalant dans le peloton, beaucoup de têtes connues et moins connues, beaucoup de frenchies, ils sont partout ces petites bêtes. Serait-ce l'effet boule de neige des réseaux sociaux ou le bouche à oreille qui incite davantage de passionnés à venir s'éclater le samedi sur un 2 roues ou même 3, n'est ce pas Alain ? À moins que ce ne soient nos récits si captivants et remplis d'aventures humaines qui attirent la foule !





Le rythme s'accélère comme à chaque fois en tête de peloton lorsque nous quittons Taschereau et attrapons la Prairie. Le challenge pour nous autres les moins costauds, est de savoir quand on va lâcher le morceau, c'est souvent une question de kilomètres. Ce coup-ci, je me surprends à suivre aisément la fine élite (Fred et autres cinglés non compris) des cyclos véloces, notamment les petits chanteurs à la croix de fer ! De temps en temps, je me retourne pour voir si ma compagne est bien accrochée au TGV, quelques mots et regards me le confirment, alors continuons. 

C'est donc à une moyenne de 32 à l'heure que nous filons plein sud par les petites routes tranquilles montérégiennes. Quelques car back se font entendre mais nous restons en général à 2 de front, vu l'importance du paquet de cyclos, les automobilistes n'osent pas klaxonner, peut-être même qu'ils se réjouissent de nous voir tout joyeux à nous déchainer dans la nature. Le vent d'ouest n'est pas très fort ce matin et ne nuit pas trop à notre progression. 

À ce rythme, les bornes défilent vitesse grand V et nous arrivons prestement au 1er contrôle du Shell de St Cyprien, km 41. L'allure rapide a déjà fait des dégâts à l'arrière du peloton, une vingtaine de cyclos seulement sont arrivés et le reste de la troupe arrive sporadiquement, quelques vélos à la fois, dont Catherine qui se demande encore ce qui se passe car elle n'a pu suivre la meute déchainée. 




On pointe nos cartes, on avale quelques bouchées et on se remet en route sans trop tarder, l'ensemble du troupeau a décidé de se tester, on dirait ! Les tontons flingueurs sont bientôt repartis, mais c'était déjà entendu de mon côté que je ne les suivrais pas davantage, pas envie de me brûler pour le reste de la journée. Je connais mes limites, le sur régime non, le régime de bananes oui.




Nous ré enfourchons donc nos bécanes tout de même rapidos, à la poursuite de MC et Yves qui semblent avoir un pétard dans le cuissard, attendez nous les aminches, on pensait rouler en grupetto. Mais apparement aujourd'hui, c'est chacun pour soi et dieu pour tous. On a même délaissé la pauvre Cath à son propre sort, encore dans le dépanneur lorsque nous reclippions. Il nous faut combler le trou pour revenir sur Papi-Mamie qui foncent tête baissée vers la frontière et la postérité, postérieurs non irrités, je leur souhaite malgré leur feu au cul ;-) Marielle semble suivre facile, Olivier C et David nous emboitent le pas. 

Quelques sensations bizarres me parcourent le corps, je n'ai pas l'énergie habituelle d'aller prendre un relais devant pour remplacer Yves qui roule pour sa belle. Étrange feeling, je reste bien sagement derrière à bouffer mes cakes énergétiques, sûrement que je me suis mal alimenté durant notre rush matinal. 

Au km 56, juste avant de monter sur la 15, ma cocoon me signale qu'elle vient de crever, sa roue arrière bien sûr, pas elle. En un mot, elle est flattée. Même pas le temps de prévenir la gang, que celle-ci a déjà filé, nous laissant à notre propre sort, c'est notre tour. Pendant que nous réparons le flat d'une tripe sur une jante tubeless, Cath nous dépasse tranquillement, un peu déçue de se retrouver à pédaler seule, dure loi du vélo quand on ne suit pas le paquet.

Quinze minutes plus tard, le mécano de service termine sa job plutôt fier de lui, le pneu n'a pas résisté à ses doigts magiques. Nous repartons donc, accrochant au passage les amis Bernard et un autre cyclo qui doit être Robert, beaucoup de monde éparpillé dans la nature, me semble. Le fameux Robert est un gars avec qui j'avais terminé le 100@B7 sous la pluie, terrible épreuve de côtes de plus de 100 bornes à grimper et descendre dans le terrain de jeu de Lyne Bessett, dans les monts entourant Bromont.

Bernard est costaud sur le plat, ils nous tirent à 30 de moyenne vers le sud, nous accrochons le train sans broncher. Bifurcation à l'ouest et c'est parti pour le toboggan casse-pattes du chemin de la Covey Hill. Le soleil commence à taper solide, c'est le moment de bien boire et de s'alimenter car ça va chauffer sur presque 30 kilomètres. Nous rattrapons et dépassons Cath qui semble en arracher. 

Malgré tout ce que je bois et je mange, je ressens à nouveau des baisses d'énergie, pas capable de pousser la machine malgré ma bonne volonté. Je constate que mes compagnons se détachent inexorablement par moment. Je ravale mon impuissance et je me fais violence afin de les accompagner dignement jusqu'au sommet du brevet à 330 mètres d'altitude. C'est exactement la même hauteur que la montagne bretonne du Roch Trevezel qui sera aussi le point culminant du Paris-Brest que nous gravirons en Août prochain, si tout se passe comme prévu.

Nous apercevons au loin une enfilade de cyclos dodelinant sur la colline. Notre petit groupe s'éparpille alors dans la côtelette bien pentue. Marielle, en feu comme d'habitude quand ça grimpe, a pris d'assaut le raidillon sur un grand développement alors que je mouline péniblement sur mon 28x25, je la laisse s'éloigner sans aucune résistance, vas y chérie, éclate toi ! 

Alors que j'atteins le sommet au km 92, Bernard pourtant pas très saignant dans les côtes, me rattrape et attaque la descente à bâtons rompus, rejoignant Marielle. Très peu pour moi, je préfère redescendre sur Franklin bien gentiment, va falloir recharger les accus au contrôle qui s'en vient au km 102. À mi descente, ma cocoon m'attend, comme c'est gentil.

Check point à la station du dépanneur ou nous retrouvons une belle gang de vainqueurs, chacun se restaure copieusement. De mon côté, je ne trouve pas la nourriture escomptée pour me sustenter adéquatement, je me contente de quelques crottes de fromage salées et une banane en me désaltérant avec un Perrier bien frais. Quelques unités repartent dont Yves et MC, nous leur disons à toute à l'heure, peut-être un peu optimiste de ma part, vu mon état proche de l'Ohio !

Je jette un coup d'oeil à ma selle Brooks super confortable mais qui parfois me fait chier, à couiner comme une folle. En regardant d'un peu plus près, je m'aperçois que ma vis de tension continue de se fissurer, à suivre.

Ma douce voulait faire un chrono aujourd'hui et ne pas trop s'arrêter. Alors nous repartons sans tarder en compagnie d'Olivier C, vent arrière jusque St Antoine l'Abbé mais pas d'arrêt à la boulangerie Chartrand, crotte ... de fromage ! Le vent d'ouest est devenu notre allié dans cette portion de circuit sur une cinquantaine de kilomètres. Ça devrait rouler aux toasts beurrés des deux bords, malheureusement je me sens à nouveau vidé, sans force, une sorte de vacuité intérieure m'envahit, je ne peux suivre les allures de 35 à l'heure propulsées par ma dulcinée, je décroche gentiment et plafonne à 30, misère ! À St Chrysostome, nous perdons Olivier dans le labyrinthe de rues, comment a t il fait pour nous perdre de vue, mystère et boule de gomme ? 

Au km 130, j'effectue un rush à 40 a l'heure en apercevant Papi et Mamie retardés par une pause pipi. Malgré la jonction, nous les laissons cependant filer afin qu'il reste dans leur intimité, heureux de cycler en paire. Faut dire aussi que ma force turbo nucléaire n'est pas encore revenue, alors je préfère rouler à ma propre allure. Pourtant mes jambes tournent bien, mes muscles n'ont aucun problème de crampe puisque je ne force pas, c'est juste que je ne peux monter en régime, ce sera mon problème de la journée. 

J'essaie d'analyser ce qui m'arrive car c'est dans ces moments difficiles qu'il faut gérer la situation et le mental peut faire toute la différence. Est-ce mon problème de bronches encore bien obstruées par le temps humide des jours précédents que je traine depuis une semaine ? Ai-je trop forcé ce matin dans la première heure avec les courraillons, a mouliner a haute intensité cardiaque, exercice que je pratique peu à l'entraînement ? Ai-je un autre problème qui m'empêche de retrouver de l'énergie malgré les calories absorbées, genre problème avec mon taux de sucre dans le sang et ma sécrétion d'insuline, piste de solution évoquée après une discussion post-ride avec notre grand gourou Fred ? Vous pouvez toujours m'écrire si vous avez la réponse. 

En attendant, nous en finissons avec le long bord vent arrière, nous pouvons ranger le spinnaker ! Km 154, nous retrouvons la 217 pour 10 km de vent trois quart défavorable. Je me positionne comme il faut dans le sillage de ma partenaire qui me protège comme elle peut. De plus, le paysage est magnifique vu de cet angle, alors que demander de plus, il faut positiver par moment. Marielle est toujours bien en forme et je me sens un peu penaud de la retarder ainsi. Elle est dans un grand jour et on aurait pu faire exploser le chrono si nos deux forces avaient été réunies, une prochaine fois, peut-être. 

Enfin voici le 3ème contrôle du Shell, km 164, je vais pouvoir reposer ma carcasse. Ce ne sera malheureusement pas dans les fauteuils en cuir du Pétro Pass, celui ci semble fermé depuis quelques temps. Quelques randonneurs prennent une pause au soleil qui commence a rougir nos épidermes fraîchement dénudés après ce terrible hiver polaire. Nous ingurgitons liquide et solide, histoire de réalimenter la fournaise en vue du dernier droit jusque St Lambert. 

Nouveau départ dans le même ordre, Papi et Mamie suivis de quelques cyclos d'abord, nous les suivons quelques minutes plus tard. Nous rattrapons Ralph et un gars au Marinoni titane, très à la mode cette année. Martin Dugré en a aussi fait l'acquisition pour cette saison, il me l'a montré ce matin et c'est une bien belle machine. Nous dépassons donc Marinoni titane qui semble en arracher contre le vent, sous l'impulsion de ma chérie, toujours en feu. Quelques kilomètres plus loin, il nous clanchera a toute vitesse, quelle mouche a bien pu le piquer ? 



Km 166, le parcours nous fait bifurquer à gauche, vent d'ouest en pleine gueule. En effet, le GPS le dit, alors il faut le faire, note aux amis qui sont allés tout droit, s'offrant un mini shortcut windless ;-)

Ça commence à sentir l'écurie, mes forces me reviennent un peu et je me permets quelques relais bien appuyés pour soulager Marielle. D'autant plus facile que le final repasse vent favorable lorsque nous retrouvons la Prairie puis Taschereau, la banlieue tant aimée par Rémi, mon ami Picard écolo-anarchiste ;-) Moi, je l'aime bien ce petit coin de paradis, y a même un golf et le St Laurent a proximité, rien à voir avec la banlieue parisienne ! 

À gauche, Pelletier, le km 200 est franchi, yeah, premier de l'année et loin d'être le dernier. Nous escaladons la dernière côte de la 10 nous faisant basculer sur Lapinière puis l'excellente Victoria, fraichement repavée côté Greenfield Park, un pur délice.

Retrouvailles avec notre gang de cycleux du jour, nous estampons notre feuille de route à 15h45, soit 8h45 arrêt compris, meilleure perf sur un 200, pas si mal pour un mort-vivant ! Je dédie ce record perso à Marielle, ma muse de la journée qui m'a bien encadré et ne m'a pas laissé tomber comme une vieille chaussette. Gros bécots tendres à toi, ma chérie.

Nous récupérons en nous désaltérant d'un lait au chocolat bien frais puis retournons au stationnement. Fred est encore là à attendre sa femme, la pauvre Catherine, abandonnée dans la Covey Hill mais récupérée par Benoit, un cyclo de Québec, apprend-on de source officielle ! 

Nous saluons les derniers arrivants dont Papi et Mamie qui sont bien contents eux aussi d'avoir réaliser une bonne journée de travail. Yves me congratule et me rassure en me soufflant à l'oreille qui je suis blanc comme un linge malgré mes coups de soleil ! C'est vrai que je n'étais pas dans mon assiette aujourd'hui, j'ai une semaine pour comprendre ce qui m'est arrivé avant le 300. Repos pour les prochains jours, histoire de se refaire une santé et de bien se préparer pour la suite des festivités. 

En rangeant les vélos, je coince les doigts de ma pauvre Marielle dans le coffre de l'auto, belle façon de la remercier pour les services rendus, j'en suis fort confus et quel con je fus. Après ces dernières péripéties, nous rentrons au bercail à Verdun par les ponts hyper achalandés. Grouillez-vous devant, on est déshydraté et affamé !

Soirée sushis, bibines et canapé, puis zou au dodo !

samedi 25 avril 2015

Que les festivités commencent, en route pour PBP 2015 !

Réveil 6h30, histoire de checker la météo pour le brevet pop du CVRM démarrant à 9h ce matin. Marielle se tate encore pour savoir si elle y va mais quelques flocons de neige et la température avoisinant le point de congélation l'en dissuadent complètement. De mon côté, qu'il vente, qu'il neige, rain or shine or even snow, i shall go! Sous aucun prétexte, je ne manquerai ce premier RV de vélo avec mes mongols préférés, d'autant qu'une bonne vingtaine de courageux sont attendus sur la liste officielle de Jeannot. Déjeuner pour accumuler de l'énergie, vélo sur l'auto en solo, bec à ma cocoon et me voila parti pour le départ vers 8h10, je serai pas en retard. Stationnement à la voie maritime ou sont déjà arrivés quelques cyclos. Je prépare mon matose sur le vélo et je passe la parole à ma collègue MC comme Mongole Cyclote, la blonde d'Yvounet, qui nous relate les aventures de cette journée que nous avons passées ensemble.

Brevet 147km, la populaire par Marie-Claude Dumais.

Y fait pas froid, y fait frette.. je sais ben pas quessé je fou dans le parking de la voie maritime à me geler le derrière. Je rêve encore à mon lit et sa grosse douillette… Y vente à écorner un bœuf, y fait proche de 0 incluant le facteur vent, disons que je n’ai pas trop le cœur au vélo, le brevet sous zéro c’est en février pas en avril!


Tranquillement, la troupe arrive, contente de retrouver ces derniers. Alain et sa vélo-mobile, Martin qui se la joue en fix aujourd’hui. Pleins de visage connus : France, David, Olivier, Emmanuel… on est environ 25 en ce samedi matin. Une méchante belle gang de mongols. Ça papotte, ça placotte. Quelques nouvelles têtes, des filles pour la plupart. Je suis vraiment heureuse d’observer le nombre grandissant de femmes… mais triste de savoir que je ne les accompagnerai pas pour la route.







9h00 et des flocons (à l’inverse de poussière), Jean nous fait son arabesque hebdomadaire immortalisant nos faces congelées. 


Et hop, le départ du 140km. Ça se décrasse le body au quart de tour, Enweille! pas de niaisage on roule, on se les gèlera moins. Les plus rapides sont déjà loin « de vent ». Le peloton principal roule à très vive allure, 30-32 si ce n’est pas 35-38km. Ça ne placotte pas fort à cette vitesse, mais on s’amuse. On traverse rapidement ce maudit viaduc du km 15, celui de ma perte jadis. Ça me fait toujours un petit quelque chose dans ce coin là. Je sais fort bien que je ne serai capable de tenir le rythme tout au long, mon petit cœur s’emballe déjà dans les 165-170. 

Près d’une heure à ce rythme, mon papi est loin. Je délaisse le peloton avec Pascal (il est content de ralentir la vitesse...) et j’attends mon papi qui est allé repêcher Catherine. FADOQ un jour, FADOQ toujours. Notre quatuor est de retour.

On croise le duo père/fils Clément qui répare une crevaison bien à l’abri. Nous les apercevons trop tard pour savoir s’ils ont besoin d’un petit quelque chose.

Les rafales de vent sont affreuses, 30-40 km/hre. On l’a rarement dans le dos. Pleine gueule, à gauche, à droite, alouette.. nos vélos sont poussés à de nombreuses reprises. On s’accroche et on sère les dents. Je prends la tête, parfois. Pascal se questionne sur ma patate qui pompe à 160 alors que je tire le groupe. Monsieur n’est qu’à 120, au salon par contre! Petit cœur de demi-siècle va!

On pointe au premier contrôle pour reclipper immédiatement. Petit arrêt pipi, le garagiste me mentionne qui fait vraiment pas chaud pour rouler. Je lui dis que c’est frette en ti-père, mais que par chance c’est juste 140km, pas 400km.. hahaha.. disons que j’ai eu le droit à la face « non mais tu me niaises? »

On s’en prend plein la gueule et hop, des cônes oranges… Le pont que nous devions emprunter est oups absent. La rivière trop grosse pour enjambée on finit par se taper quelques mètres à pied sur la voie ferrée.. Tchouc, tchouc… avant Paris-Brest-Paris, le Paris-Roubaix! De la grosse garnotte, de quoi pêter nos cales pas à peut près. On s’en sort indemne. Tchouc, Tchouc…. C’est ça les brevets…. Être prêt à n’importe quoi… Le pétro-canada du 2e contrôle est lui aussi fermé… grrr.. pas de siège en cuir pour se reposer.




On songe à ses 3 nouvelles dames… elles n’ont pas choisies la bonne date pour leur baptême. C’est vraiment affreux. On ose espérer que Jean est resté leur ouvrir le chemin avec peut-être Gabriel. Nous ne le saurons jamais.

Km 110, mes troubles du 400 se répètent. Note à moi-même, ne plus manger le lunch des vendredis conférence cardio. J’ai l’impression d’être dans un avion tellement la toilette chimique bouge. Faudrait surtout pas qu’elle se renverse oohhh ouach… 

Enfin boulevard Tascherau, le vent dans le dos! Alléluia. On signe le dernier contrôle avant 16h00.

Dans le stationnement, Fred attend sa douce, ça fait déjà plusieurs heures qu’il est au chaud dans sa camionnette. Le vent l’empêcha de battre son record par 1 minute, quelle machine! Il nous raconte que Marc a chuté en route, poussé par le vent. Mais ouf, rien de cassé, sur l’homme et sur la machine.

On n’a beau en avoir bavé une méchante, ce 147km fut le plus difficile… tranquillement, on quitte le parking en se souhaitant à la semaine prochaine pour le 200km.. Maudite gang de mongols!

Yves et moi rentrons à la maison. Petit arrêt à l’épicerie, un sac de fromage en grains, 2 sacs de chip.. mmmm… au nombre de calories dépensés, on fuck la diète! En habit de fortune histoire de se garder au chaud, il est 20h00 et nous sommes déjà couchés, à dormir. Puis dire que dimanche, le vent, y’en a pas! Grrr…

La saison des brevets est commencée!!!

Merci Marie-Claude pour ce reportage, je n'aurais pas fait mieux, et pis chus un peu fainéant sur le journal en ce moment. De mon côté, je remonte le vélo sur l'auto et me voici dans mon condo en 5 minutes chrono, il est 17h. Discussion avec Jacko qui fait des crêpes ce soir, photos sur Facebook pour immortaliser cette belle journée de péripéties, téléphone à Marielle qui rentre d'un tour de canal Lachine, histoire de se dérider les jambes. Brunax, un ami de Jacko, vient passer la soirée chez nous, séance de video games en perspective. Un peu d'épicerie au Maxi pour remplir le frigo après quelques jours d'absence puis je vais me coucher vers 23h en regardant ... du vélo pour changer, l'Amstel Gold Race remportée par le champion du monde Michał Kwiatkowski, le polonais.

vendredi 19 septembre 2014

Notre premier Défi Vélo Mag 2014: Marielle fonce et se défonce !

La veille du jour J: 

Matinée au boulot car j'ai pris off pour l'après midi. Nous lunchons vite fait à Verdun avec un subway ramené dans mon sas à dos. Départ pour la Mauricie vers 14h avec les vélos au cul de l'auto, le Défi nous attend. Direction Shawinigan et plus précisément Grand Mère ou nous déposons nos valises au gite Petit Louis tenu par des petits vieux bien sympathiques, nous prenons possession de notre chambre au sous sol et filons à Shawi pour récupérer notre trousse de départ. Nous y rencontrons Yves et MC, Gilles et Sandra qui sont tous dans des gîtes du coin. 

Nous allons ensuite nous emplir la panse de glucides lents en engouffrant une pizza et une lasagne à deux, Marioule engloutit comme jamais, elle veut être prête pour son RV annuel qu'elle prépare depuis longue date. Petite balade nocturne digestive dans la froidure et retour au gite. Discussion improvisée avec d'autres pensionnaires du gite et participants au Défi. Il y a le plus vieux et la plus vieille, ainsi que l'éditeur et directeur général de Vélo Mag, Pierre Sormany. Vers 22h, nous prenons notre douche et filons nous coucher pour être en forme demain, pas de galipette ce soir, d'autant que notre cocoon nationale pressent une mauvaise nuit en perspective, ce qui sera effectivement le cas avec ces murs de chambre en carton. 

Jour J:

C'est le jour J du Défi et l'heure du réveil sonne à 6h30, habillement, déjeuner dans la cuisine avec nos hôtes et les autres invités, Pierre Sormany et Karen son amie anglophone, américaine, je ne sais pas, elle parlait de Californie. Déjà le temps est maussade, gris, froid et pluvieux, cela n'annonce rien de bon pour la journée. Notre départ de la course est à 10h30 et nous hésitons à nous rendre jusqu'au parc et peut être laisser la voiture avant. Mais le trafic n'a pas l'air si important alors nous franchissons l'entrée du parc et attendons notre tour patiemment pour nous stationner. Il y a du peuple, c'est impressionnant sur ces petites routes. Pour 9h30 nous sommes parqués et apprêtons notre matose, long ou pas long, imper ou pas, telle est la question, il faut être alerte et vif pour la performance ! On rejoint la ligne de départ, pause pipi, on se fond dans la masse, pas de trace de têtes connues, nous les verrons en route. 

Pour 10h30, le go est donné pour les 1600 participants de ce 105 km. Le gran fondo de 160 km est parti de l'autre côté du parc et notre ami Yves y participe, malheureusement il ne fera pas la moyenne requise de 30 km/h dans le premier tronçon, aussi il rejoindra la cohorte des 105 en camion balai après 21 km et c'est tant mieux pour sa dulcinée. C'est parti pour nous deux, j'imprime un rythme soutenu au début, si on veut faire un temps c'est ce qu'il faut faire sans se mettre dans le rouge. Comme à son habitude, Marielle a mal dormi et elle me dit ne pas être au top de sa forme, ce qui se confirme dans les premières bosses car elle se tient derrière moi. 



Nous rattrapons rapidement Yves et MC qui roulent à leur rythme pépère, ainsi que Cath, c'est Marielle qui l'a vue, pas moi, j'étais trop occupé à appuyer sur les pédales. Puis c'est l'enchaînement des côtelettes, montée, descente, on serre les dents pour garder un bon rythme, on double, on se fait doubler, il pleut par intermittence, ça caille un peu, on se réchauffe dans la prochaine côte, on ne s'arrête pas au ravitaillement, ainsi se passe le premier tronçon aller. 




Un peu plus de 2 heures quand on repart dans l'autre sens à St Mathieu du parc. Marielle est légèrement détachée derrière puis elle me rattrape en me disant qu'elle est nase, et moi aussi. On remonte des côtes, on s'accroche a des groupes et soudain ma cocoon s'échappe alors je la rattrape. Elle repart seule dans la cote suivante et là, je la laisse partir car il reste encore 30 km et je ne veux pas rentrer sur les rotules. Elle est partie pour la gloire, elle écrit sa page d'histoire ! On en termine avec le dernier 10 km plus roulant en descente pour la plupart, Marielle est arrivée depuis 7 minutes lorsque le speaker crie mon nom en passant sous la banderole gonflable de la ligne d'arrivée, ouf c'est fini, 4h12 minutes pour 105 km de tôle ondulée. Photo souvenir de moi en souriant qui fera un de mes plus beaux clichés sur un vélo malgré la pluie, heureux d'être là. 


On retourne à la voiture pour se changer car on est super trempe, c'est bien mieux une fois au sec. Vélos sur l'auto et nous repartons à pied pour le repas offert sous le chapiteau, il continue de pleuvoir. Nous retrouvons notre gang du CVRM, Fred et Cath, Gilles et Sandra, plus l'ami Louis d'Hydro Québec qui casse la croûte avec nous. Yves, MC et Vincent se regroupés sur une autre table, ils mangent ensemble. Nous faisons plus ample connaissances avec un couple qui attendait le départ comme nous pour le 105 et nous sympathison avec Myriam et Luc, gentils compagnons de plein air de la région de Québec. 

Vers 17h30, c'est la dispersion des sportifs, nous regagnons l'auto et rentrons pour Verdun sous la pluie battante et dans la nuit qui arrive prématurément, dur pour mes petits yeux et la conduite, Marielle ne dort pas, elle préfère voir ce qui se passe. Petite erreur de parcours après une pause dépanneur, nous reprenons l'autoroute dans le mauvais sens, 20 km de détour ! Enfin la métropole est atteinte puis Verdun. Déballage matose, douche, sushis, dépouillement des résultats sur Sportstats, téloche puis dodo bien mérité après cette grosse journée de débauche d'énergie ! Vivement l'année prochaine qu'on recommence ! Et que Marielle y écrive un nouveau chapitre ...

samedi 6 septembre 2014

Nouveauté au brevet de 200 de fin de saison, c'est en Mauricie dans le cadre du Festival du Vélo Rural !

Après une bonne nuit pour moi, moins bonne pour ma chérie qui a toujours du mal à s'endormir quand ce n'est pas son lit, ni sa chambre, nous nous réveillons pour 5h40. Déjeuner en compagnie de Gaby et Jeannot avec un délicieux service raffiné au gite de la Tempérance à Charette. Mais ce n'est toujours pas assez pour notre gros mangeur de Gabriel. Départ vélos sur l'auto pour 7h, la pluie promise est bien au RV, crotte il va falloir faire avec. Bonne averse pour se rendre au Rond Coin ou les 35 breveteux prévus sont réunis. Certains sont plutôt des couraillons et leur but est de boucler la boucle le plus rapidement possible. 


À 7h30, nous voilà sur la traverse des lutins ou Jean donne les dernières consignes dont le franchissement d'un muret en béton. 3-2-1 go, ça déboule pour les premiers tours de roues, on se retrouve déjà en grupetto avec Marc, Yves, MC, Marielle et moi, Gaby ne peut s'accrocher dans les petites côtelettes, il fera 200 bornes tout seul. Une trentaine de km nous séparent de l'entrée du parc, nous les parcourons à vive allure, 28 à l'heure et ce n'est pas plat. Les 50 bornes suivantes sont l'exact répétition du défi vélo mag dans 2 semaines, le parcours du retour. C'est chacun pour soi, Marc part en éclaireur, je m'accroche à Marielle  jusqu'à la moitié puis elle me largue à la régulière dans une énième côtelette, sa spécialité. J'y vais mollo, j'ai pas envie de me mettre dans le rouge pour la suite. Suivent Yves et Marie Claude qui prennent ça relax. Gaby ferme la marche, ce tronçon ne l'avantage pas et il prendra plus de 30 minutes de retard en arrivant au chalet de l'accueil, km 78. 





Petite pause récupération au chaud avec carré aux dattes et boisson sucrée, regroupement avec Yves et MC, tandis que the Yellow Shark alias Martin Doyon s'arrête ici, problème de vertèbre. Nous repartons sous la pluie froide, je grelotte sur mon bike, faut pédaler pour se réchauffer. Nous quittons le parc par St Jean des Piles, depuis un moment une auto nous suit, ce sont les organisateurs qui ont ciblé quelques cyclos et c'est notre voiture balai. Nous franchissons le fameux muret en béton au nombre de 2 et nous passons les vélos par dessus. Km 115, voila St Boniface et son 2ème checkpoint a l'IGA ou nous nous restaurons. Rencontre avec Sandra, la blonde de Gilles qui n'a pas osé se lancer sur ce 200 côteux et qui fait un petit bout, histoire de rouler un peu. 




Nouveau départ sous le soleil revenu, nous en avons fini avec la pluie aujourd'hui youpi. Nous errons dans la campagne vers Shawinigan, c'est assez plat, quelques courtes côtes nous réveillent un peu. Pause santé pour les filles et les gars et nous atteignons le contrôle 3 de Ste Ursule et sa boulangerie Baril, dégustation de feuilleté a la crème et framboises, miam miam. 



Encore quelque relief avant d'arriver, on se tire la bourre avec Marielle mais je n'arrive pas à la larguer. On se fait tirer le portrait par Luc Arseneault et son super zoom photo, ça donnera de bons clichés. J'induis en erreur mes compagnons de route avec un détour de 2 km pour une mauvaise interprétation de l'itinéraire de Jean, mea culpa. 





Pour 18h, nous bouclons ce 200 km avec 1800 mètres de dénivelé en 10h30. Gabriel arrive 30 minutes plus tard, son retard du parc, dommage. Pointage des cartes, bibine et repas offert par l'organisation, délicieux chili bien chaud. Retour Charette pour une bonne douche et nous retournons au Rond Coin pour la soirée spectacle avec le dynamique band Brandie Cardie, très électrisant et dansant. 



Discussion avec Jean, Martin, Gaby, Luc sur la bonne tenue du Festival du Vélo Rural, sans nul doute a recommencer l'an prochain, rien à reprocher au contraire. Dernières bières et dodo au gite pour 23h30, pas besoin de bercer ma cocoon cette fois ci.