samedi 8 juillet 2017

Jamais 2 sans 3, fois 100 bornes, le compte est bon !



Mon Piuma TI

Réveil de brevet vers 4h30, douche, déjeuner et derniers préparatifs pour un 300 bornes homologué. J'ai remis ma sacoche Arkel sur mon Piuma par l'intermédiaire du support Arkel fixé à la selle, tout ça parce que de la grosse pluie est annoncée et qu'il faudra peut être stocker du linge. J'ai encore hésité avant de me lancer mais cela faisait longtemps que j'avais planifié cette petite ride avant mes vacances alors je me lance, on verra bien, si ça me gave, je ferai demi-tour. 5h30 je quitte mon condo, le ciel est nuageux mais pas de goutte pour le moment, je file jusqu’à l'aire de départ. Quelques habitués sont fidèles au RV, Ralph qui va participer au prochain Londres-Édimbourg-Londres, nom de code LEL-2017, Olivier C, Gaby, Jean le président bien sûr et un nouveau sur la distance, Julien Lejour ayant déjà effectué un 200 récemment. Photo de départ vers 6h, qui malheureusement n'apparaîtra pas sur le site du CVRM car l'administrateur a des problèmes avec son fournisseur d'hébergement de photos, alors pas de photos ci-dessous. Je n'en prendrai d'ailleurs pas de la journée, pas le goût de ressortir mon iPhone, particulièrement en milieu humide. 

C'est parti mon kiki pour une joyeuse partie de manivelles, Jean et Julien partent devant en quittant la banlieue, ils ont des fourmis dans les jambes, le gruppetto de 4 que nous formons sera l'arrière garde pour la journée. A peine 20 minutes que nous pédalons que madame la pluie s'invite à notre balade, elle ne nous quittera pas jusque Granby, soit pendant 3 heures alors autant se faire une raison. Nous enfilons les impers sur Grande Allée, les nuages s'obscurcissent et l'ondée s'intensifie fortement. Voilà Richelieu puis Marieville, nous filons en formation sur la 104 fendant l'écume tels des navires puis naviguons sur les petites routes menant à St Césaire, km 54. C'est maintenant le déluge et nous sommes bien contents de nous abriter pour pointer nos carnets de route. Nous prenons un peu de réconfort à l'intérieur, on s'alimente sommairement mais la météo ne s'arrange pas et va falloir retourner sous la flotte. Au moins quand on pédale, on se réchauffe, alors qu’arrêté, on grelotte dans la clim du dépanneur. 

Nous ré enfourchons donc nos bécanes et attaquons la piste cyclable, Ralph et Olivier roulent à leur allure habituelle, c'est à dire soutenue, Gaby a du mal à suivre le rythme et traîne quelques centaines de mètres derrière. Je suis mes 2 maîtres de l'asphalte qui n'arrêtent pas de pipletter, je suis immergé dans ma bulle d'eau à écouter ma musique d'une oreille. Voici Granby, Gabriel nous rejoint. A l'amorce des bosses sur le chemin Saxby, les 2 hommes en OR s'enfuient par l'avant tandis que Gaby re disparaît par l'arrière. Je me retrouve seul à mon rythme dans les reliefs du chemin Brome jusqu'à l'IGA du 2ème contrôle, km 115. La pluie a enfin cessé et il est permis de penser que ce sera fini pour la journée, j'ai bien fait d'insister ce matin, je ne me sentais pas refaire demi tour et abdiquer comme à mon premier 300 en mai. Pourtant il y avait de quoi abandonner avec toute cette masse d'eau bien reçue 5 sur 5. Regroupement, ravitaillement et signature, nous ingurgitons nos victuailles pour remettre du gaz dans le réservoir, délestage des habits de pluie, passage aux toilettes mais elles sont occupées. Olivier va y passer un bon moment, environ 10 minutes à mon chrono, ce devait être un numéro 2 puissance 10. Enfin il me libère l'espace et lorsque j'en ressors à mon tour, mes compagnons ont levé le camp. 

Me voilà donc seul à repartir, merci Olivier. Côté vent, celui ci est plutôt favorable pour le moment, je navigue à allure soutenue sur la 243 ou l'accotement est toujours bien pourri. Je dépasse le dépanneur Fusée et quelques kilomètres plus loin, je rejoins mes acolytes arrêtés à une lumière de construction. Me revoici dans le gruppetto de 4, nous dépassons Mansonville, pas d'arrêt habituel cette fois-ci pour moi, je veux rester dans le pack. Dans la vallée de la Missisquoi, Olivier appuie sur les pédales sans trop regarder ce qui se passe en arrière, on se retrouve vite à 2 sans Ralph ni Gaby largué depuis un petit moment. La cote de la Scénic arrive bientôt au km 164, j'ai l'intention de monter à un bon rythme pour essayer de battre mon PR sur Strava car il n'est vraiment pas terrible. Je grimpouille énergiquement, pas le choix que de passer mon petit plateau, trop dur sur le 36 avec ces passages à 12%. On termine ensemble avec Olive, je pense que le PR est dans la poche car j'avais déclenché mon chrono en bas, 14'57, c'est largement battu de 2 minutes, ça me rassure, mon Piuma est bien plus léger que mon Turismo! On attend poliment Ralph au sommet mais pas Gaby, il doit être trop loin. Nous basculons sur Abercorn puis avalons les 9 bornes jusqu'au check point de Sutton, km 183. Ralph a envie de manger au Subway, royaume du pain qui pue, nous exauçons son vœu. On se restaure, pas de trace de Gaby, perdu dans la nature? 

On remet en route par la 215 qui remonte plein nord vers la 104. Le vent est défavorable sur cette portion, je laisse les relais aux hommes forts. À Cowansville, Gaby réintègre le paquet comme par enchantement, à la faveur des lumières. Joyeux pédalage vers Dunham par la 202 puis on bifurque vers Stanbridge. Encore quelques raidillons et plus de Gaby. C'est la section du brevet que j'apprécie le moins, c'est plate à tous les points de vue et les organismes commencent à accuser le coup. Ouf, voilà enfin Farnham, sa voie de contournement et son dépanneur ou mes compagnons ont besoin de refaire le plein alors on s'arrête, quoique St Césaire n'est plus très loin, la loi du nombre. On reclippe et on tombe sur des panneaux route barrée, en fait la route est juste défoncée et affaissée mais c'est largement passable à vélo. Ralph fait un flat à ce moment là mais je ne m'en aperçois pas et je continue ma route solo. J'atteins le check point en m'arrêtant à nouveau au Subway, une gentille famille me laisse passer devant, ça ira plus vite qu'au Tim me dis-je. J'engloutis ma soupe et mon 6 pouces, espérant revoir mes compères arriver bientôt. Mais à la fin du repas, personne ne se pointe, ne sachant pas qu'ils ont pris du temps pour réparer une crevaison. 

Je repars alors pour l'ultime stretch de 45 bornes sur la 112, il est presque 19h et je ne devrais pas avoir besoin de mes loupiotes. Éole me rentre un peu dans la face alors pas de grosse moyenne, je me maintiens a 25 jusque St Hubert. Je suis surpris de revoir Gaby, il est bon généralement dans le final, d'autant qu'il n'y a plus de bosse. Dans le dédale des lumières de la cité, je le perds à nouveau et me dépêche pour arriver avant l'heure juste et fatidique de 21h au dépanneur km 311, temps officiel de 14h51, 25,5 de moyenne, pas pire malgré le déluge du matin qui nous a pas mal pénalisé. Gabriel arrive 6 minutes plus tard, je le congratule et repars vers mon chez-moi. Ralph et Olivier arriveront 45 minutes après, ils clôtureront ce brevet. 

Téléphone à ma chérie, douche au condo et je repars en auto pour Verdun afin d'y terminer la soirée en bonne compagnie. Tour de France stage 8, le français Calméjane remporte l'étape en solo et avec des crampes, bibine puis dodo collés-serrés.

Mon brevet de 300 sur Strava, près d'une cinquantaine de PR sur ce parcours archi connu, plus mon PR dans Scénic Est. 

Mon Turismo TO

samedi 27 mai 2017

300 bornes dont 150 avec un genou en compote

L'acteur principal de la journée
 
Après l'échec de mon dernier 300, commencé mais terminé en brevet de 150, j'ai des comptes à rendre avec moi-même. La pilule a été dure à avaler. Je décide donc de m'inscrire pour le prochain 300, histoire de remonter mon estime personnelle. Ce sera aussi un test pour mon Piuma sur une plus longue distance, notamment pour peaufiner ma position et améliorer mon rendement sur un tel bolide. Ultime check de la météo deux jours avant le rendez-vous, celle-ci passe le test. J'envoie mon inscription à Jean, nous sommes 6 inscrits sur le site du CVRM. 

A l'aube du samedi 27 Mai, je quitte mon condo et pédale pour le lieu de départ. Je suis faiblement chargé, pas de sacoche Arkel, juste un sac de selle extensible qui contient mon kit de dépannage, diverses crèmes et quelques bricoles à grignoter. J'ai aussi mon petit sac de tube horizontal qui contient mon tableau de marche sur le dessus, mes blocs d'alimentation pour mes recharges en électricité ainsi que quelques denrées énergétiques. L'objectif du jour est d'abord d'aller au bout, ensuite d'essayer de foncer pour faire un bon temps, enfin de tenter de battre mon record de 14h09 établi en 2015, lors de la préparation du PBP. 

Jean et Fred sont déjà stationnés, discussion amicale avec notre fusée champenoise de service. Lui aussi voudrait faire une performance sur ce brevet, les conditions météo étant effectivement idéales. Après tout, qu'est-ce que 300 bornes quand on sait qu'une certaine Jessica Belisle a effectué environ cette distance pendant 10 jours consécutifs lors de son Tour du Québec. Nous autre, on serait bien capable de le faire juste une fois, que je souffle à super Perman, mon demi-belge préféré. Michel Lemaire et Martin Dugré finissent de préparer leur matose, nous serons 5 participants au lieu des 6 prévus, Yvon Clément ayant préféré rester sous la couette, le chanceux. Pour 6h, chacun sort son plus beau sourire et c'est parti pour une belle journée de plaisir. 

Bibi, Martin, Michel, Fred et Jean derrière le kodak (photo CVRM)

1- De St-Lambert à St-Césaire, 54 bornes. 

Fred s'élance sans attendre, parti encore une fois pour la postérité, battra-t-il son record, réponse dans une dizaine d'heures, temps à battre 10h20, Go Freddy Go ! Martin n'est pas encore prêt au coup de starter, Jean le bon samaritain attend son copain. Nous partons à deux avec Michel, un nouveau venu au club. Je m'arrête sur Lapinière pour mettre en marche le tracker sur mon cell, comme cela ma chérie pourra suivre ma progression et venir me rejoindre si ça lui tente. 

Je fais connaissance avec mon compagnon d'aventure, sûrement qu'on passera une partie de la journée ensemble. Michel en est à son premier brevet de 300, il est un peu anxieux. Âgé de 58 ans, il a été victime de problèmes cardiaques il y a quelques années, il s'est donc mis au vélo pour la première fois de sa vie, d'abord pour se remettre en santé puis pour se lancer de nouveaux défis. Tiens donc, ça me rappelle certaines personnes du club qui ont aussi choisi le vélo pour se donner d'autres chances de bouffer la vie à pleine dent. Pour compléter le portrait, il chevauche un Specialized Tarmac carbone, roues a boyaux, il fait partie du club Vélo Passion et son objectif serait de participer au PBP 2019 en effectuant les brevets qualificatifs. Je le trouve très en shape, la mission est déjà à moitié accomplie. 

Nous roulons aisément sur une base de 26 sans forcer. La température n'est pas trop fraiche ce matin, je suis habillé en cuissard court mais un justaucorps sous le maillot n'est pas de trop. Les conditions sont super pour cycler, vent faible moins de 10 km/h à dominance ouest, ciel voilé qui passera à bleu en journée et une température maxi de 24 degrés, merci pour ce bulletin météo. J'ai remonté ma selle en début de semaine, me trouvant trop bas. J'espère que cette nouvelle position améliorera mon rendement, c'est ce qu'on verra par la suite. 

On enchaîne les relais, l'entente est bonne. Voilà Chambly, on papote encore quand les conditions le permettent. Un bout sur la 104, un autre bout dans la campagne proche d'un golf et St-Césaire est atteint à 8h10, mon tableau de marche est respecté. Je voudrais limiter les arrêts au minimum car c'est en partie de cette manière qu'on peut gagner sur le temps écoulé. Jean et Martin arrivent peu après nous, ça marche bien votre affaire nous dit Jean, gracias lui réponds-je. Pointage, pipi, grignotage et on remet en route. 

Michel, la nouvelle recrue

Jean, bouffeur de muffin

Mon nouveau compagnon d'aventures

2- De St-Césaire à Lac-Brôme, 61 bornes. 

Je repars avec mon nouvel équipier, les 2 autres prolongent leur pause, vous nous rattraperez, leur dis-je. On enchaîne par la piste cyclable, le contexte est agréable, la verdure est revenue dans le paysage, ça sent les beaux jours, on apprécie le moment. En approchant de Granby, sur les petits faux plats insignifiants, je ressens par court instant, de drôles de sensations dans le genou gauche, bizarre, bizarre, néanmoins à suivre. Nous dépassons le lac Boivin, km 80, pas de halte, les jambes sont correctes. Je me remémore le dernier 300, assis à l'abri du vélogare et dégoûté par une énième averse. J'avais renoncé là par manque de motivation évidente. Cette fois-ci, j'ai passé le cap, je suis motivé et ça va être une belle journée. 

Un peu de 112 et hop à droite, on grimpouille par le chemin Saxby en direction de Bromont. Je demande à Michel s'il est bon dans les côtes, il me répond que c'est pas son point fort, cool, moi non plus. En fait, tous mes points ne sont pas forts. Sans trop forcer, on passe les côtelettes du chemin Brôme. Mes mauvaises sensations sont toujours présentes mais c'est supportable, ça va passer que je me dis. On redescend sur la 104 partiellement repavée, excellente initiative, on peut même rouler en sécurité sur la très petite bande cyclable. 

Voilà déjà l'IGA du 2éme contrôle au km 115. Il est 11h, toujours dans les temps prévus, 20 minutes d'arrêt. Le duo Jean-Martin nous rejoint alors que nous sommes attablés à dévorer notre pitance, sandwich au jambon, salade de crevettes, jello comme dessert, pas de liquide, mes gourdasses sont encore bien remplies. Texto à ma chérie qui me suit et m'encourage à distance, je lui dis que ça ne va pas trop mal pour l'instant. Intermède sanitaire and it's time to go pour notre duo qui reclippe pour la suite de notre aventure. 

Carbone et Titane

Petit rictus joyeux ?

Pause ravito à Lac-Brôme

3- De Lac-Brôme à Sutton, 63 bornes. 

Nous attaquons la boucle du mont Sutton, ça commence par l'abominable 243, toujours pas refaite depuis le temps que je l'emprunte. Les relais se succèdent sur cette route passagère, ça file bon train malgré les faux plats et les bosselettes nous conduisant à Mansonville. Je propose le court arrêt facultatif au dépanneur, Michel acquiesce volontiers, un peu de boisson fraîche ne fait jamais de mal. Jean et Martin étaient sur nos talons, ils stoppent aussi, passage aux puits pour Jeannot. Ils repartent devant, nous leur emboîtons le pas 2 minutes après mais nous n'effectuons pas la jonction. 

Voici à présent la vallée de la Missisquoi parsemée de petits raidillons, la douleur au genou se réveille soudainement, ça commence à tirer méchamment sur mon tendon. Oups, je n'avais pas prévu ce scénario car je n'ai jamais eu de problème avec mes articulations. Il reste la moitié de la distance à parcourir m'indique mon GPS, soit 150 bornes, la situation est grave mais pas désespérée. Cependant, la redoutable Scénic approche bientôt et il va falloir négocier avec mon handicap. Je laisse filer Mitch devant et décide de ménager mon côté gauche, c'est le droit qui devra fournir plus d'énergie. Qui va piano va sano, doucement mais sûrement, je franchis l'obstacle, mes pulsations sont bien tranquilles car il fallait réduire la puissance des bielles du moteur. Ce n'est pas encore ce coup-ci que je pulvériserai mon record personnel sur la Scénic. 

En haut de la côte, je ne retrouve pas mon acolyte, je crains qu'il ait pris à droite, la route directe indiquant Sutton 7 km, évitant ainsi le passage par Abercorn. C'est effectivement ce qui se passe, malgré les remontrances de son Garmin 800 lui indiquant Hors Parcours, il a continué dans la mauvaise direction. Je redescends donc solo sur Abercorn puis remonte plein nord vers le 3éme checkpoint de Sutton, km 180. Le vent est sensiblement défavorable, ce que n'apprécie pas mon genou, ça me fait vraiment chier, vivement la pause. 

Pour 14h, j'atteins l'IGA ou Michel est déjà là depuis un bon quart d'heure, avec 5 km de moins au compteur mais quelques bosses en plus. Jean et Martin sont aussi arrivés et font un long arrêt au Subway, nous le saurons par la suite et repartirons avant eux. Pour le moment, halte gastronomique, mon compagnon de fortune m'attend pour reprendre ensemble, c'est sympa. Faut dire qu'il se sent peut-être plus rassuré d'avoir un guide ayant fait le parcours plus d'une dizaine de fois. Au menu, taboulé, petite assiette dégustation composée de raisin, fromage, crackers, noix, le tout arrosé d'un coke. Ça aurait pris plutôt une petite coupe de vino mais bon. J'essaye d'éviter les boissons sucrées qui taxent trop l'organisme en glucose mais de temps en temps ça donne un boost. 

J'informe ma chérie de mon problème de guibole, elle me répond que je peux toujours prendre le bus à Granby. No way, je veux terminer ce maudit 300, dussé-je terminer sur les rotules et y passer la nuit. Je profite aussi de l'arrêt pour comprendre d’où viennent mes ennuis. Peut-être que ma jambe est trop en extension, aussi je redescends ma selle dans son ancienne position. Mais le mal est fait. Peut-être que c'est la faute de ma selle qui s'est encore déformée, trop à gauche, ce sont les bons et les mauvais côtés des selles Brooks, faudra que j'étudie ça par la suite. 

4- De Sutton à St-Césaire, 86 bornes. 

J'ai déjà du mal à remettre ma cale en partant, ça commence bien. Je sens cependant que la pause a été bénéfique car la douleur semble moins forte qu'il y a 30 minutes. Nous remontons par la 215 Nord jusqu'à la 104. Les faux plats jusque Cowansville réveille la blessure, Michel étant au courant de mon handicap, il ajuste sa vitesse en fonction de la mienne, c'est bien gentil de sa part. 

Mon autre arrêt facultatif à l'Ultramar de Dunham au km 212 s'impose obligatoirement, histoire de soulager ce fichu tendon car c'est de pire en pire. Jean et Martin, que l'on pensait devant, nous rejoignent, quelle belle surprise. On grignote, on jase en se désaltérant, je les informe que ça va être dur de terminer les 100 dernières bornes, et que ce n'est pas la peine de m'attendre. 

On repart pourtant à 4, j'essaie de suivre comme je peux. Doucement, le rythme s'élève à 30 de moyenne. Comme le vent est légèrement défavorable, je me dis que c'est mieux de serrer les dents et de m'accrocher au train plutôt que d'en chier seul. C'est aussi meilleur pour le moral. Je réfléchis qu'il me faut un analgésique pour endormir mon mal, malheureusement personne n'en a dans notre gruppetto. J'en avais pourtant préparé dans mon kit de survie mais il est resté dans ma sacoche Arkel, grrrrr. Il me faudra attendre un dépanneur, le prochain est à Farnham, juste à côté du Tim. 

Cette idée de soulagement prochain m'incite à aller au bout de ma torture et à coller la roue de Jean. Celui-ci m'y encourage et j'apprécie son intention. La moyenne ne fléchit pas jusque Farnham, km 243, ça fonce. Voilà le dép salvateur et ses Tylénol extra fort, allez hop, 2 dans le gosier et attendons les effets. On profite de cette halte inopinée pour se sustenter. St-Césaire n'est qu'à 16 km, on décide de faire juste un stop and go à cet avant dernier contrôle. 

Ça repart toujours aussi vite, les médocs commencent à agir, je me sens mieux jusqu'au checkpoint, atteint vers 18h15, c'est encore très bon dans mon plan de marche. Comme prévu, nous prenons une courte pause à l'Ultramar de St-Césaire, dans l'agréable tiédeur de cette fin de journée. 

Prise de dope à Farnham

3 Piuma Ti au repos

Courte halte à St-Césaire

5- De St-Césaire à St-Lambert, 45 bornes. 

On rembraye à fond la caisse sur la 112, c'est Mitch qui prend un relais pendant 10 km, elle est bonne notre nouvelle recrue. L'allure est toujours élevée à mon goût, frisant le 32 à l'heure. Martin assure le relais suivant, je suis en 2éme roue. Mais à ce rythme et à force de tirer comme un damné, ma souffrance se réveille. Il faut que j'arrête pour prendre une autre dose d'anti-inflammatoire. Mais après absorption, rien n'y fait. Tant pis, je devrais serrer les dents jusqu'au bout. 

Jean nous fait découvrir une autre route de retour à partir de Chambly, par la piste cyclable de la forêt puis en coupant à travers Brossard pour rejoindre Grande Allée. Je suis perdu dans ces quartiers même si j'habite pas loin d'ici. Le jour décline gentiment tandis que nous flânons sur Lapinière puis Victoria. Enfin voici le contrôle ultime et la fin de mon calvaire. 

Il est 20h22 lorsque nous pointons dans le dépanneur Bon Coin, soit 14h22 pour 314 kilomètres au compteur avec une moyenne de 26. Wow, à 13 minutes de mon record perso et presque synchro avec mon tableau de marche. Je dois évidemment cette performance à mes remorqueurs, mes 3 compagnons de brevet qui m'ont offert une belle assistance pendant ces 100 derniers kilomètres. Je dois bien avouer que je me voyais abandonner ce foutu 300 mais la nature humaine est quand même source de résistance insoupçonnée. 

Selfie de nos 4 faces de fin de brevet, congratulations et dislocation. Michel est bien content pour son premier 300, je pense qu'il a de belles ressources pour devenir un super randonneur de longue distance. Il a juste à travailler son mental car c'est la clé dans ces épreuves d'ultra-endurance. Et aussi à améliorer la lecture de son GPS. 

Ouf, on est arrivé !

4 belles faces de vainqueur

Autre satisfaction de la journée, c'est le nouveau meilleur temps du CVRM pour l'ami Fred, 10h19 soit une minute de moins que la précédente marque, bravo à lui. 

Fred raconte son exploit:
Une belle victoire pour moi aujourd'hui....
Toujours bon de performer dans son sport surtout lorsque l'on revient de blessures comme moi. Aujourd'hui avait lieu un brevet cycliste de 300km sur la rive sud de Montréal et.... j'ai battu le record du club détenu par moi-même et Claude Binchet le 20 juin 2013. Battu d'une minute en 10 heures et 19 minutes mais au contraire de 2013 ou nous avions fini tous les deux et ou nous avions reçu l'aide de 5 autres cyclistes une partie du parcours, là j'ai tout fait tout seul 32.1 km par heure, avec un parcours en Estrie donc avec des côtes... de bonne augure pour mes objectifs en juillet et août....

Il ne me reste plus qu'à remettre d'aplomb mon genou sérieusement magané et à régler intelligemment ma position sur ce nouveau vélo. Car le prochain défi cycliste se profile déjà la semaine prochaine, le 50 km du Tour de l’île de Montréal avec mon fiston de 11 ans !!! 

Mon brevet de 300 sur Strava avec une bonne vingtaine de PR sur ce parcours maintes fois parcouru.

samedi 6 mai 2017

300 km + pluie + vent + 0 motivation + 1 flat = 150 km !

Toute la semaine, le sujet principal de discussion a été la météo. Et plus particulièrement celle de samedi quand va se dérouler le 3ème opus de la saga des brevets, le 300 bornes. Faut dire que ces derniers jours au Québec, les inondations dues aux pluies diluviennes ont pris une place importante dans les journaux d'informations, on n'avait pas vu ça depuis 40 ans. Bref, les prévisions ne sont pas engageantes, beaucoup d'eau et de vent au menu à cause de cette foutue dépression venue des États Unis et je ne parle pas de Trump. La question existentielle était à nouveau de sortie, j'y vais ou j'y vais pas ? Le vendredi soir, dernier examen de Météomerdia, on peut passer à travers si nous avons de la chance. Aussi pour moi, c'est un Go !

Jour J, 4h45, je me pointe sur la ligne de départ. Nous sommes une douzaine de breveteux aguerris prêts à relever le défi des 300. Fred se prépare à l'arrière de son char, on discute un peu. Je me surprends à lui confier un ressentiment provenant certainement de mon subconscient. Les brevets commencent à me tanner pour plusieurs raisons. D'abord les parcours du club sont toujours les mêmes, quoiqu'une lueur d'espoir est apparue avec la légère modification du 200. Ensuite le stress que ça provoque en moi quelques jours auparavant, la pensée de rouler par tous les temps, y compris la nuit, je n'y trouve plus de plaisirs dernièrement. Après avoir réalisé 9 brevets pop, 14 brevets de 200, 9 brevets de 300, 5 brevets de 400 dont un abandon, 5 brevets de 600 dont un abandon programmé et enfin un PBP réussi en 2015, je pense que je n'ai plus rien à prouver, surtout à moi-même. En fait, ce qui m'encourage cette année à y participer, c'est le plaisir de conduire mon nouveau bécyk Piuma récemment acheté et le désir d'améliorer mes temps sur les différents parcours. Il faut bien se donner de nouveaux défis, sacrebleu. 

Ceci étant dit, le départ est donné à 6h03, personne n'a l'air pressé de partir. Ça commence plutôt bien car malgré un ciel menaçant, nous pédalons au sec. Je roule avec ma gang de cyclos assidus des derniers brevets, Ralph, Olivier C, Marc, Yvon, Martin L et Martin D, deux nouveaux se sont joints à nous, Carl et Jonathan. Fred a deja lâché les chevaux. Quant à Jean, Gilles et Simon, ils ferment la marche. 

Les 11 braves du 300 + 2 manquants (Photo CVRM)

Dès les premiers coups de pédale, je sens que ça ne va pas bien. J'ai du mal à suivre mes compagnons, mes pulsations sont anormalement élevées. Certes nous roulons entre 28 et 30 à l'heure avec un vent défavorable venant de l'est mais il n'a pas l'air si fort. Serait-ce dû à ma sacoche et son rack Arkel récemment installé après ma selle, le tout devant peser entre 3 et 4 kilos ? Est-ce dû à un mauvais entraînement cette semaine, trop ou pas assez, je n'aurai pas récupéré assez de force ? Ou est-ce mon organisme qui est affaibli à cause de je ne sais quoi, handicap physique ou psychologique ? 

Toujours est-il qu'après 20 bornes dans les roues, moyenne de 27 ;-), je me fais larguer à la régulière dans un faux plat longeant la 10. Me voilà seul, face au vent. Pourtant il me faut baisser le rythme cardiaque parce qu'il y a encore 290 kms à parcourir. Comme pour arranger les choses, il se met aussitôt à pleuvoir avec pas mal de nuages gris a l'horizon annonçant un futur immédiat relativement humide. Sur le boulevard industriel ramenant à Chambly, je m'arrête pour pisser, Jean me dépasse sans me voir. 

En rattrapant la 112, j'aperçois des cyclos pas très loin, sûrement le regroupement de Carl, Jonathan et Jean, mais impossible de hausser le rythme pour les rejoindre. Ça ne tourne pas rond dans mes jambes et dans ma tête, je commence à gamberger. Le constat est simple, qu'est-ce que je fous là, je n'ai pas de plaisir ! 

A Marieville, km 39, je dépasse Marc qui répare un flat, accompagné de Ralph et Martin L qui l'attendent. Pas envie de m'arrêter, je vais prendre un peu d'avance. Dix minutes plus tard, ils me rejoignent avec Gilles et me larguent sans un mot. Nouveau coup au moral. Je rallie St Césaire en négociant avec le vent, ma modeste moyenne de 25 prévue aujourd'hui sur mon tableau de marche, fond comme neige à soleil, je suis présentement à 24. 

Au contrôle, km 54, regroupement de la plupart des cyclos, cela me ragaillardit, je ne suis pas si nul que ça. Check rapide, je m'enfile banane et chocolat, je repars sans m'attarder. Il doit rester 5 ou 6 cyclos après moi, ça me rassure de ne pas être le dernier. 

Un peu reboosté, j'essaie de me motiver pour la suite, je rejoins la piste cyclable menant à Granby. La plupart de mes compères prennent cette route bien que ce ne soit pas le parcours officiel du CVRM, confère le fichier GPS. En 5 km, tous les gars derrière moi m'ont rattrapés et dépassés, ils ont l'air d'avancer facile tandis que je me traîne lamentablement à 22. 

Pour ajouter à la difficulté du vent, quelques averses s'abattent sur ma carcasse, je suis bien mouillé. Je me fais une petite frayeur en traversant un pont en bois avec les planches dans le sens de marche, c'est hyper glissant et ma roue avant commence à se dérober. Par chance, je rattrape le vélo in extremis. Nouveau coup dur pour le moral. J'insiste jusque Granby mais va falloir prendre une décision. 

Km 80, je me vélogare au Vélo-Gare face au lac, je m'assieds à une table sous abri, une nouvelle averse se déverse avec force, je grelotte. Je texte à ma chérie mon état de décomposition avancée, je lui indique que mon moral se trouve dans mes chaussettes ... mouillées ! C'est décidé, je vais rentrer, je ne suis plus motivé pour continuer, m'imaginant dans le vent, la pluie et les côtes à venir. Sur ce coup-là, pas très fort mon mental pour les brevets, que se passe-t-il ? Je suis tanné et je cède à la facilité. J'attends la fin de l'averse et fais demi tour à mon bécyk. Je suis déçu pour mon Piuma de ne pouvoir aller explorer les environs des monts de Sutton aujourd'hui, ce sera pour une autre fois. 

Sur mon retour, j'aperçois Simon qui arrive seulement, que lui est-il arrivé, problèmes mécaniques, erreur de GPS ? Je le salue et file maintenant vent dans le dos, ça change tout. En plus, la piste est en pente douce, j'ai l'impression que la forme est revenue mais pas la motivation. Même les averses cessent et le soleil tente une sortie. J'aurais peut-être dû encore insister une heure, mais c'est trop tard, c'est fait. J'ai abandonné le 300, il faut assumer cette décision, il n'y a pas de honte à cela. 

St Césaire est vite atteint avec ce courant d'air favorable, trop facile. Je m'arrête au Tim pour refaire le plein d'énergie avec un chili et un café-beigne. Il me reste 45 bornes pour en finir, vent dans le dos, une plaisanterie. Je fonce à plus de 30 de moyenne, je suis motivé ... pour rentrer chez moi, pas de regret. Je suis peut-être en train de faire une écoeurantite aigüe des brevets, faudra que je fasse le point avec moi-même, une petite pause et on y verra plus clair. Peut-être faire plus de vélo loisirs, voyage, découverte. Je dois d'ailleurs préparer un parcours pour deux jours de vélo avec mon fiston de 10 ans, c'est lui qui m'a demandé d'accomplir un 100 km sur une journée, c'est son défi à lui! 

Je dépasse Chambly sur la 112, certes bien pavée mais truffée de roches et autres objets contondants. Et ce qui devait arriver, arriva, loi de Murphy. En approchant de St Hubert à la fin de cette fameuse 112, mon pneu arrière roule sur une roche ou plutôt une broche et c'est la crevaison. Maudit pneu Cadence a marde. En réparant, j'observe de plus près la surface du pneu ayant à peine 1000 kms, il est déjà détruit, rempli de coupures, d'entailles, bouts de verre et de roches incrustées. Vraiment trop tendres ces Pro Pulsion Kevlar, je vais vite les changer et remettre mes GatorHardShell préférés qui n'attendaient qu'un autre flat pour prendre du service. Une auto s'arrête pour me demander si j'ai tout ce qu'il faut pour réparer, sympa le gars. Je le remercie car ça va aller. 

Mon Piuma renversé par un flat sur la 112

Je réintègre mon bled de banlieue à St Lambert avec 153 bornes au compteur, un demi 300, somme toute, le premier brevet de 150 du club. C'est aussi la première fois que j'arrive avant Fred, yes ! Je constate que je n'ai pas eu d'averse pour le retour, j'espère que mes compagnons auront aussi profité de cette accalmie météo. Je leur souhaite un bon brevet par la pensée, ces courageux, ces motivés. Ce n'était pas le cas pour moi aujourd'hui, mea culpa ! 

La moralité de l'histoire, c'est que si t'es pas motivé, reste couché ! J'avais prévu de faire le 400 et le 600 dans la foulée du 300. Mais fort de cette expérience, je vais peut être passer mon tour pour cette année. A moins que la flamme du breveteux qui brûle en moi, ne se rallume. A bientôt, peut-être ... 

A bientôt, peut-être ...

Pour la petite histoire, Marc m'a demandé le soir même par messagerie Facebook, comment s'était déroulé mon brevet. Je lui ai répondu que j'avais dû faire demi tour quand je me suis souvenu que je devais voter ce samedi 6 mai pour l'avenir de la France, avant la fermeture des bureaux de vote !

Je doute qu'il m'ait cru. 
Et vous, croyez-vous à toute cette histoire de manque de motivation ? 
Franchement ... 

samedi 29 avril 2017

L'importance de la météo dans les brevets ?

Deuxième étape logique dans la progression des brevets de la saison, celui de 200, on monte doucement en volume de kilomètres et en heures de selle. Je poursuis mes tests sur mon nouveau bike, l'objectif de ce samedi 29 avril serait d'améliorer mon temps sur cette distance, soit 8h42 réalisé l'année passée. 

Mais deux paramètres sont venus s'immiscer dans la réalisation de cette performance. D'abord un nouveau parcours largement modifié avec deux fois la montée de la Covey Hill, la première par le côté est, la plus dure, puis par le côté ouest en faux plat montant après un petit coup de cul. Ensuite et surtout, la météo annoncée. Certes il fera beau et la température sera douce mais le facteur gros vent s'est invité, et pas à peu près, 30 km-h d'ouest avec des rafales à plus de 50 km-h dans tous les secteurs traversés. Avec ces redoutables précisons de la science météorologique, on sait vraiment à quoi s'en tenir. 

J'ai recensé trois catégories de personnes face à l'analyse de la météo et sa prise en compte lors des brevets. Il y a celles qui la place en avant plan, si les conditions vont s'avérer très dures (pluie, vent, neige, tornade!), on va souffrir, y a plus de plaisir, ça peut être dangereux, donc je renonce. Ensuite. il y a une deuxième population qui s'en fout royalement, on a signé, c'est éventuellement pour en chier, ce ne sont pas trois gouttes et un petit courant d'air qui vont calmer nos ardeurs. C'est le cas par exemple de Jean le président et pas mal de vieux baroudeurs que rien n'arrête. Enfin il y a ceux qui en tiennent compte, qui pèsent le pour et le contre, qui réalisent qu'il y a un réel challenge et une difficulté ajoutée mais qui y vont quand même. Ils portent en eux ce petit grain de folie, c'est plutôt mon cas. Je me souviens cependant avoir chocké lors d'un 600 où une sacrée tempête était annoncée avec pluie et vent prévus au retour. Les quelques rescapés de ce brevet avaient effectivement bien soufferts, certains avaient terminé en état d'épuisement et d'hypothermie. Ceci étant posé, voyons ce qui s'est passé en ce fameux samedi soit disant un ti peu venteux. 

Tout de même légèrement anxieux, je me pointe vers 6h30 au stationnement de St Lambert dans ma belle auto. Nathaniel est déjà là, il n'a pas beaucoup d'entraînement mais il tient à faire ce 200. Pourtant Guiseppe Marinoni en personne a essayé de l'en dissuader, mais Nath est décidé, yes he can! Toute cette bande d'inconscients de breveteux se rassemble en une trentaine de minutes, chacun prépare son matose en mangeant des bananes. Je traverse une minute de terreur quand mon Garmin gèle inopinément à l'allumage, a 2 minutes du départ, impossible de faire un brevet sans GPS! Heureusement, Nathaniel est mon sauveur, il le remet en marche, comme par miracle. Fin de la grosse suée. 

Sténopé colorisé du départ du 29 Avril 1917 ;-)   (Photo CVRM)

Km 0, sept heures pétantes, clic clac Kodak de Jean, je m'élance le premier, impatient d'en découdre. Plus d'une vingtaine de joyeux pédaleurs m'accompagnent, ambiance habituelle de départ, on discute gentiment en tournant les jambes. C'est à peu près le même noyau qu'au brevet Pop, Fred la machine est déjà parti au large, suivi par Antoine. Puis Ralph, Olivier, Marc, Yvon et son fiston Jacob, Martin Doyon qui a troqué son fixie par son titane, Raymond le maitre des parcours, le groupe des trois athlètes Marise, Olivier C et Francis. D'anciens se sont ajoutés, Gaby, trois autres Martin, Bergeron, Lemay et Dugré, et pardon pour ceux que j'ai oubliés ou que je ne connais pas le nom. 

Km 10, pour l'instant le vent d'ouest ne s'est pas encore trop levé et nous progressons sans résistance. Voici Taschereau, peloton groupé, ça fait l'élastique en fonction des lumières et des arrêts. 

Km 18, nouveau parcours dans Candiac, on délaisse l'abominable 104. J'ai des problèmes avec mon indicateur de cadence, décidément, y'en a marre de ces bébelles électroniques. Trop d'appareils autour de mon Garmin, qu'il me dit l'effronté. Je me glisse en queue de peloton pour le resetter, ça fonctionne. Mais ça déconnera toute la journée quand je roulerai avec certains, bizarre et à suivre. 

Km 30, montée Monette, vent arrière toute puis 217 de côté. Les locomotives devant prennent leur rythme de croisière, ce sont Ralph, Olivier, Martin L et d'autres épisodiquement. Ça décroche fatalement par l'arrière, pas de pitié pour ceux en manque de forme, bye bye Gaby. Je m'accroche bien planqué dans les roues. 

Km 38, Les accélérations continuent et on a légèrement changé de direction, avec un vent pareil, ça ne pardonne pas. Les abris sont moins évidents et c'est plus dur. Je laisse filer les cadors en restant avec le petit groupe des trois athlètes, Marcus et Raymond. De toute façon, le contrôle n'est pas loin, on se reverra. 

Km 43, regroupement à St Cyprien, contrôle au Shell, moyenne de 28. On ne perd pas de temps, autographe, pain aux bananes, pipi et c'est reparti avec ma bande de flyeux d'une dizaine d'unités. Combien de temps vais-je rester à leurs basques, là est la question. Déjà Raymond et Marcus n'ont pas réussi à s'accrocher, ils sont rejetés du groupe, livrés à leur triste sort, à batailler contre le vent. 

Km 50, je veux rester dans les roues jusqu'au point le plus au sud de notre ride, soit la montée Guay, ce sera toujours ça de fait. Toujours vent de côté perturbant et pourtant la moyenne oscille entre 30 et 40. Je ressens un certain plaisir à filer avec eux et aussi une certaine gêne à ne pouvoir prendre un relais, je laisse ça aux gros mollets. 

Km 55, il y a ceux qui mènent l'allure, souvent les mêmes, Ralph, Olivier, Martin L parfois Martin Do, et les autres qui suivent en s'abritant comme ils peuvent, moi en tête, France, Martin B et un gars que je ne connais pas, Marc-André je pense. Je profite d'un moment de répit pour discuter de course à pied avec Martin B, il a réduit le volume à cause d'un mal de genou. T'as l'air plutôt en forme sur le vélo, lui dis-je. Non c'est l'orgueil, qu'il me répond. Cette portion de 20 bornes est couverte à 32 de moyenne. 

Km 63, extrême sud, objectif atteint, on bifurque plein ouest, vent pleine tronche, ça va être la partie la plus dure du brevet. Encore 30 km de côtelettes et de faux plat avant d'atteindre la Covey Hill, je sais pertinemment que je ne pourrais suivre le rythme du groupe car je suis déjà en sur régime musculaire. 

Km 70, je suis surpris d'être encore dans les roues mais une énième côtelette m'achève, je décroche en arrivant au chemin Roxham. Ma Maserati Piuma Ti n'a plus d'essence dans le réservoir. Il faut que je m'alimente et que je reprenne mon propre rythme. Il va me falloir négocier avec le vent en solo car je n'ai plus d'abri. 

Km 80, ça souffle toujours de face mais il n'est que 9h30 et le vent n'a pas encore atteint sa force maximale, faut donc pas flâner. Doucement mais sûrement, j'approche de la première montée de la Covey Hill, ce monument qu'on voit de loin. 

Km 91, au niveau du camping, c'est là que commence le segment de Strava pour la montée. C'est sans illusion que j'attaque la grimpette sur le triple plateau, je n'aurai pas la force de battre mon record de mercredi dernier, lors de ma reconnaissance avec Marielle. Je monte comme je peux, c'est déjà assez dur comme ça. 

Km 93, 15 minutes au lieu des 12 minutes à battre, j'étais plein d'ambitions ce matin dans mon lit quand je pensais à ce segment. Le rush des 70 premiers kilomètres m'a grugé pas mal d'énergie. 

Km 96, je salue Fred en sens inverse suivi 5 minutes plus tard d'Antoine. Ils ont terminé la boucle de Franklin et s'en retourne déjà. Ils ont plus de 20 bornes d'avance plus l'arrêt au contrôle, ce qui fait bien une heure d'avance à mi-parcours, ce qui fera deux heures à l'arrivée. Wow, ce sont des extra-terrestres. 

Km 100, je suis étonné de ne pas avoir été rattrapé par l'arrière car mon rythme jusque la CH a été plutôt lent. Mais voilà justement deux ombres qui se rapprochent derrière moi, c'est Jean et Gilles qui me dépassent en atteignant Doréa. Cet endroit est lugubre. Des bâtiments abandonnés constituaient un institut pour orphelins pendant les années 1950, ceux qu'on appelait les orphelins de Duplessis, une majorité d'enfants des premières nations qu'on voulait faire disparaitre. À regarder sur YouTube, c'est édifiant. Fin de la parenthèse historique. 

Km 105, je me motive en me disant qu'il ne reste plus que quelques bornes avant de virer de bord, donc fini le vent qui nous freine. Je suis repassé devant Jean en prenant le shortcut rejoignant Blackwood. Hey, t'as triché me lance-t-il ! Désolé mon cher, j'ai simplement suivi le fichier GPS que tu nous as gracieusement offert sur le site du CVRM. 

Km 109, c'est l'heure de sortir la grande voile car ça souffle fort dans le dos. Rapide rush par la 202 bien pavée jusqu'au contrôle de Franklin. 

Km 113, je retrouve ma bande de rapides de ce matin qui se restaure. Deuxième checkpoint, j'achète un sandwich jambon moutarde jaune pas très bon, et un coke qui passe de travers à la première gorgée. Je rassemble mes forces comme je peux car j'ai pas mal donné jusqu'ici. D'autres cyclos arrivent, Raymond, Marcus, Martin Du et les trois du tri. Même si le vent devrait être maintenant favorable pour les prochains kms, il va me falloir rentrer au bercail. Je laisse filer les locomotives et sans perdre de temps, je file moi aussi à l'anglaise, en solo. 

Checkpoint de Franklin (Photo Martin Doyon)

On s'alimente, on s'hydrate ! (Photo Martin Doyon)

Km 114, la montée Covey Hill m'attend à la sortie de Franklin, je monte relax, bien poussé dans le dos, c'est cool. J'atteins le plateau et la même route qu'à l'aller. C'est maintenant 4 km de faux plat pour le deuxième passage au sommet de la CH, Éole est à présent mon allié, je me sens rassuré. 

Km 122, descente vertigineuse, mon vélo fly à 75 km-h, je sens un léger flottement dans la direction de mon Piuma, pas les mêmes sensations que mon char d'assaut de Turismo, va falloir s'habituer. Gilles me rejoint en bas de la descente et me lâche sur la 203, km 126, vent de côté.

Vers la descente vertigineuse de la CH (Photo Martin Doyon)

Km 132, chemin Cowan, vent arrière à nouveau, ça file royalement, au dessus des 30 à l'heure sans forcer, c'est le pied. Encore 26 km jusqu'au contrôle, je trouve cette portion moins pénible que l'ancien 200. D'habitude je frappais un mur à ce moment, pendant la digestion. 

Km 146, un groupuscule formé de Jean, Yvon et Jacob me rattrapent à vive allure, genre 40 à l'heure, je les laisse s'éclater ensemble. J'avale un gel car je sens que j'ai besoin d'un boost pour rallier le contrôle. 

Km 150, à présent sur la 219, le vent est bien installé de côté, avec de fortes rafales latérales. Je m'accroche au guidon pour ne pas me faire emporter en perdant de l'adhérence, ça devient assez dangereux. Ouin, un grain de folie disais-je dans l'introduction de mon récit. Ça ne doit pas être évident de rouler en peloton dans ces conditions, à cause des écarts. Les larges jantes de roues ne sont pas très conseillées aujourd'hui, à cause de leur prise au vent, n'est-ce pas Fred avec tes flans de roue de 50 mm!

Km 158, voilà Sherrington et son troisième contrôle au dépanneur Jovy. Quelques cyclos discutent en s'hydratant car le soleil et surtout le vent dessèchent nos vieilles carcasses. Ralph, Oliver et Martin L sont absents, ils ne restent que Martin B et Do, France, Stéphane, Jean et le duo Clément. Je m'avale un autre sandwich jambon arrosé d'un grand Perrier avec lequel je refill mon bidon et mon Camelbak. Je m'assieds contre le mur pour reposer les jambes, Martin B fait de même, il a l'air épuisé, sûrement une de ses premières rides de l'année. Pas le temps de terminer mon lunch que la gang repart. Tant pis, j'ai manqué le train, il me faudra continuer solo. 

Du vent dans les voiles (Photo Martin Doyon)

Ya bon Jovy ! (Photo Martin Doyon)

Km 165, on rejoint la 221 pour atteindre St Édouard vers 14h. Le rafales s'intensifient encore, les bourrasques latérales balayent la poussière des champs et la ramène sur la route. On se croirait dans l'Ouest américain ou rien n'arrête le vent dans ses grandes plaines. Il ne manque que les boules de buisson traversant le paysage.

Km 170, Stéphane Proulx me rejoint sur la route après un arrêt pour besoin naturel, je suppose. Nous montons la montée Monette à 48 de moyenne sur l'overpass de la 15, ce sera notre dernier fast rush du brevet. 

Km 174, en effet, en rattrapant le rang St André, nous obliquons nord-ouest. Nous avons grand peine à avancer car même si le vent est de côté, parfois presque face, nous sentons sa force contre la nôtre. Il nous faut mouliner pour grignoter chaque kilomètre et la moyenne s'en ressent. Jusque là, j'étais à 26,5 km-h et j'ambitionnais d'atteindre les 27 à l'heure pour finir, tel que prévu sur ma feuille de route. Mais c'était mal étudier le final avec ce maudit vent défavorable. Pour l'heure, on se traine à 20, de vrais escargots. 

Km 186, voilà Candiac, un peu plus abrité dans les rues, quelques passages poussés sur la rue d'Auteuil. Stéphane navigue parfois devant, parfois derrière, au gré de ses accélérations et de ses ralentissements. De mon côté, je roule plutôt constant. Même dans ces éprouvantes conditions, la conduite de mon Piuma me donne entière satisfaction, je suis confiant pour la suite des brevets. Je ne ressens pas de douleurs, ni aux jambes, ni au haut du corps. 

Km 191, retrouvailles avec Taschereau, je bouffe le reste de mon sandwich qui trainait dans ma poche arrière remplie de mayonnaise, celui que je n'avais pas terminé à Sherrington. Pas de grosse moyenne là non plus, adieu record envisagé, j'essaye de sauver les meubles. 

Km 198, passage sur Pelletier, je largue Stéphane au profit des lumières. Ultime rush sur Victoria, vent une dernière fois dans la poire. On boira le calice jusqu'à la lie puis on sonnera l'hallali. 

Km 203, enfin le dépanneur du coin. Quelques cyclos sont encore présents, Jean et les Martin B et Do qui viennent aussi d'arriver depuis peu. Mon carnet est estampé à 15h48, temps de 8h48, moyenne 25,6, je suis écoeuré. Il me manque 7 minutes pour battre ma perf de l'an passé, ça aurait été possible avec un peu plus de conviction mais cette foutue météo m'a pas mal découragé. Ce sera pour une autre fois, avec Piuma, rien d'impossible. Jean est inquiet pour Martin Du et Marcus qui ne sont pas encore arrivés. Je reconstitue mes forces avec un lait au chocolat puis m'en retourne au stationnement. 

Rangement du matose, texto à ma chérie et bilan de cette journée avec un vent à écorner les boeufs. Était-ce une bonne idée d'aller faire du vélo malgré les conditions extrêmes annoncées par miss météo? Je pense que oui, c'était parfois à la limite du danger mais nous avons eu une belle journée ensoleillée. Ça aurait été plus compliqué si la pluie s'en était mêlée. Comme dirait Jean, cette expérience nous rendra plus fort pour les prochaines rides. Et la prochaine sera le brevet de 300, cet autre samedi qui vient. En attendant, je vais surveiller la prévision météorologique. Mais pour me décider d'aller rouler, ce n'est pas elle qui va faire la pluie et le beau temps ! 

Le soir, en regardant les activités du jour sur Strava, j'aperçois celle de mon ami Rémi B qui a flyé un Montréal-Québec, vent arrière à 31 de moyenne, sans effort précise-t-il. Cela peut aussi être jouissif, la météo !

samedi 22 avril 2017

Premier brevet pop avec mon Piuma Ti

Thanks God it's Saturday, c'est jour de brevet! C'est le premier brevet de la saison à part de ça, le fameux populaire destiné a la populasse. C'est aussi la première ride collective avec mon bécyk en titanium, une bonne occasion de mettre à l'épreuve mon agressif Piuma avec ma gang de mongols favoris. Je vais pouvoir tester cette nouvelle monture et savoir si elle répond à mes attentes, soit rouler plus vite sans dépenser plus d'énergie. Mon objectif est de suivre autant que possible quelques cyclos qui d'habitude me larguent rapidement et ainsi d'augmenter ma moyenne sur les brevets. 

Après quelques anecdotes pas racontables avec mon président préféré du CVRM au sujet de parcours GPS et de diffusion sur Facebook, me voilà fin prêt pour le jour J. J'ai seulement quelques centaines de kilomètres sur route dans les jambes à cause de cet hiver qui n'en finit pas de finir, nous sommes au Québec, dois-je le rappeler. Les sensations sur le vélo que Marinoni m'a concocté et livré le 8 avril quoique commandé le 14 janvier, sont bonnes. 

Livraison du Piuma: cycliste heureux

Piuma Ti avec 0 kilomètre

Mon Piuma en titane présente de belles améliorations par rapport à mon Turismo en acier Colombus. La géométrie du cadre est différente, la roue arrière est plus rapprochée du pédalier, ce qui le rend plus réactif au pédalage. Le vélo est aussi plus léger et plus confortable sur route déformée grâce aux propriétés physiques du titanium. Les roues ne sont pas haut de gamme mais font là job pour l'instant. Ce sont des Campagnolo Zonda C17 a jante plus large de 17mm, ce qui confère à mes pneus kevlar de 23, une largeur effective de 24, donc un meilleur confort et un bon rendement. Il a fallu que je retrouve ma position optimale sur le vélo et après quelques tests, celle-ci semble correcte quoique encore perfectible. Ceci étant dit, revenons à notre brevet Pop. 

Samedi 22 Avril, 6h33, mon cadran sur iPhone n'a pas le temps de sonner que je me réveille avant, que voulez-vous, je suis un peu excité d'aller rouler en groupe. D'autres ont des problèmes avec le réveil matin, n'est-ce pas mister Defrag, ce n'est pas vraiment mon cas. Douche, déjeuner et je pars de Verdun avec le bécyk félin dans l'auto délaissant ma chérie au fond de son lit. Celle-ci n'est pas très vélo cet an-ci, elle a jeté ses forces dans la course à pied, ce qui accapare pas mal de son temps. 8h30 au stationnement de la voie maritime, la météo annoncée n'est pas optimum, couvert nuageux avec averses passagères, environ 8 degrés pour la journée avec vent moyen d'ouest. Alors faut quand même s'habiller chaudement mais pas trop pour éviter la surchauffe. Fred et Cath sont déjà arrivés, la vingtaine d'autres cyclos arrive petit à petit. Voilà Jean notre président, t'as pas besoin de ta tuque me lance-t-il chaleureusement, on en reparlera tout à l'heure, quand l'humidité s'abattra sur nos carcasses. Des têtes connues se pointent à leur tour, Ralph, Oliver, Marc, Yvon qui seront mes compagnons pour la journée, ainsi que David et Trevor, nos anglos de la bande. Des nouvelles têtes dont Simon qui est venu avec des amis de son club de triathlon, une bande de maudits français. Martin alias the Yellow Shark et son fixie arrive juste à temps pour être sur la photo et prendre le départ de 9h. 

Le kodak du départ

Consignes avant le départ du brevet

C'est parti, on roule à St Lambert pour le premier brevet populaire 2017, enfin! Ça discute toujours en partant, histoire de se dérider les mandibules et de s'échauffer un peu les mollets en quittant la banlieue sud de Montréal. Comme à son habitude, Fred s'est enfui rapidement devant en solitaire, on ne le reverra plus de la journée. 

Km 12, je suis dans le groupe des poursuivants, une douzaine de zouaves bien décidés à rouler à 30 de moyenne à la sortie de St Hubert par le chemin de Grande Allée. Le reste de la troupe se met en route tranquillement derrière, nous ne les reverrons plus. Le vent dominant sera de côté une bonne partie du parcours puisque nous effectuons un aller retour nord sud avec quelques petites variations est-ouest. 

Km 20, chemin de Salaberry, les relais s'organisent pour faire avancer le groupe a bonne allure malgré les conditions venteuses. Je me retrouve aux avant postes puisque tout va bien, les sensations sont bonnes, les pulsations pas trop élevées. 

Km 28, j'entame mon relais lorsque la féminine du groupe triathlon me double, je lui colle au train sans broncher, emmenant le paquet dans ma roue. Peu après, je reprends le devant de la scène me permettant de monter un faux plat à 30 de moyenne. Pour l'instant, je fais le malin mais je n'oublie pas que la route est encore longue. 

Km 34, on rattrape le bon asphalte de route 219 néanmoins mouillée par un crachin qui nous tombe dessus. Je traîne a l'arrière pour me refaire une santé en avalant une banane. Oups, j'ai jeté la pelure dans les buissons. 

Km 37, à droite toute sur route Principale, vent arrière, on lâche les chevaux vapeurs. Martin sur son fixie va bientôt perdre les pédales à force de mouliner comme un déchaîné. Dans mon dernier brevet pop, c'était dans cette portion que je m'étais fait larguer par les tontons flingueurs de l'époque à plus de 35 km/h. Cette fois-ci, tout va bien et je vais vendre chèrement ma peau si on veut me décrocher. 

Km 46, à droite sur montée de l'Église, faux plat bien éventé, on s'en prend plein la gueule. Tout le monde s'accroche à sa machine en essayant de suivre les plus costauds. Ça décroche par l'arrière, le peloton se réduit, c'est sauve qui peut. 

Km 49, notre parcours est perturbé par un pont barré. Yvon qui connait le secteur, nous conseille de suivre les panneaux de déviation pour reprendre la 223 un peu plus loin. Le vent redevient notre allié, le spinnaker est à nouveau de sortie. Marise la tri athlète, en profite pour devenir la QOM sur un segment Strava à plus de 38 km/h, bravo! 

Km 54, à droite sur la 223 Sud, on dépasse l'ancien contrôle de St Paul aux Noix au km 58, déclassé par notre maître des parcours et repoussé 12 bornes plus loin, va savoir pourquoi. Cela nous fait une étape non stop de plus de 72 km, faut donc pas oublier de s'alimenter en route. Et ne pas omettre de boire non plus, même s'il ne faut pas chaud, les électrolytes dissous dans l'eau de mon Camelbak sont les bienvenus. 

Km 64, St Valentin et sa route des amoureux, notre bande de tri athlètes unis dans l'effort attend une des leurs, victime d'un coup de pompe. Ils nous rattrapent un peu plus loin, bel esprit d'équipe. 

Km 70, deux kilomètres en moins sur la prévision à cause du pont barré, voici enfin le contrôle de Lacolle au dépanneur Axep. Je stoppe mon Garmin, moyenne de 29,4 km/h, pas pire pour ce premier stretch. On se rue dans l'épicerie, tout le monde semble affamé. Croissant jambon arrosé d'un pepsi constitueront de quoi luncher tandis que je n'oublie pas de me faire puncher. On se retrouve dehors pour grignoter, il fait ben frette, sentiment amplifié par nos vêtements humidifiés par la bruine récente. Je discute avec mes compatriotes français, c'est jour d'élections présidentielles en France. L'extrême droite, l'extrême gauche, la droite, la gauche, le centre, toutes les positions géo-politiques sont représentées, les sondages sont très serrés, tout est possible. Qui l'emportera au premier tour car il n'y a que deux places pour le deuxième tour, réponse demain dimanche. (NDLR; ce sera le centriste Macron qui passera avec la fasciste Le Pen). On écourte la pause repas en se disant qu'on aura plus chaud à pédaler. Martin a déjà pris le large en éclaireur. Voici Dave, Trevor et Cath qui se pointent pour pointer, celle-ci me raconte sa déception de n'avoir pu accrocher les wagons dès les premières accélérations du peloton. Je repars avec ROMY (Ralph, Olivier, Marc, Yvon ;-)

Km 78, nous remontons plein nord à présent donc vent de côté la plupart du temps, c'est bien chiant. Marc déraille, deux des tri athlètes nous rejoignent, un des deux perd sa pompe, que de péripéties ! Au km 80, on bifurque plein ouest à nouveau, notre moyenne stagne à 24 malgré notre bonne volonté, Éole ne semble pas décidé à nous laisser établir un record aujourd'hui. 

Km 90, Napierville, on se rapproche du 2éme du contrôle qui n'est distant que de 23 km du premier, mais nom de dieu, qui a fait ce parcours ? On se bouffe encore quelques rafales venteuses et aussi moultes gouttes boueuses, ce qui nous transforme en cyclistes du Paris-Roubaix. 

Km 94, second punch de la journée, je m'enfile une tartelette au sucre à 1$73 qui a dû rester un bon moment sur la tablette tellement elle est sèche. Une bonne rasade d'électrolytes par la-dessus et me voilà revigoré pour l'ultime ligne droite de 45 km. On récupère Martin et on repart à 6 unités, plus motivés que jamais. 

Km 98, on rattrape le rang de Sloan, asphalte merdique combiné à ce maudit vent d'ouest, cela ne fait pas monter la moyenne. Le soleil tente de percer les nuages mais c'est dur aussi pour lui. 

Km 105, à droite sur Montée Monette, wind in the back, woohoo, tout à droite aussi côté cassette, on s'en paye une bonne tranche à presque 40 à l'heure. Ça file et Martin doit bien tourner les jambes à 120 tours minutes sur son fixie. 

Km 109, rang St André, encore et toujours à se battre contre les caprices de ce zéphyr. J'essaie de m'accrocher comme je peux aux locomotives que sont Ralph et Olivier. Soudain Martin met son flasher et s'arrête net, on ne sait pas pourquoi. J'apprendrais plus tard par son récit qu'il a été victime de crampes, manque d'électrolytes d'après lui. 

Km 115, Marc et moi sommes à la peine derrière, un trou se crée. Marcus m'encourage, il n'est pas décidé à se faire larguer alors je sers les dents et nous recollons au paquet. 

Km 121, on retrouve des lieux familiers, St Philippe et sa 217 de marde, le vent redevient notre allié. Ça roule plus facile et je récupère de l'énergie, ça devrait être bon jusque la fin car je connais ce final par cœur, c'est bon pour le moral. J'entends le doux klaxon du son du texto que ma chérie vient de m'envoyer pour me demander des nouvelles. Je lui répondrai plus tard car je suis pour l'instant occupé.

Km 123, bien positionné sur mon Piuma de rêve, j'ai retrouvé des ressources pour mener notre petit groupe jusqu'à la 104 à plus de 30 de moyenne. Vent arrière, y a rien là, me direz-vous. Tout de même, je jubile (jubiler: manifester une joie intense et souvent intérieure). 

Km 127, retour par la 104 puis Taschereau, ça sent l'écurie. Festival des autos, des lumières et des stops and gos. Enfin Pelletier et Provencher, ultime sprint jusqu'au dernier checkpoint.

Km 137, on s'engouffre dans le dépanneur 7 jours, 14h32 quand la madame horodate et appose sa signature sur nos carnets de route. Faudra retirer les 2 minutes à attendre des clients qui valident leur Loto 6-49, peuvent pas aller faire du vélo ceux-là. Je suis bien content d'avoir pulvériser mon temps sur le populaire, 5h30 à 28 de moyenne roulée. C'est vrai qu'on a fait 2 km de moins que prévu, cela fait toute une différence. On se prend un petit égo portrait de groupe, histoire de sceller notre belle coopération. Je remercie tous mes compagnons de route pour avoir contribué à ma performance du jour et plus particulièrement Raph, Olivier, Marc, Yvon et Martin qui arrivera un peu plus tard. 

ROMY et moi à l'arrivée

Km 140, retour au stationnement de la voie maritime avec Marcus, on parle de nos gros projets de l'année. Pour lui, ce sera probablement un 600 aux États Unis et le 1200 en Ontario. Pour moi, on verra. Le but de la journée était de me tester sur mon nouveau Piuma Ti, mission accomplie avec succès et cycliste enchanté. 

Je fais un premier bilan de mes sensations sur ce nouveau vélo. J'ai bien aimé ses accélérations efficaces et instantanées quand j’appuie sur les pédales, il n'y a pas de perte de puissance si je compare avec mon Turismo. Est-ce dû à mes nouvelles pédales SPD-SL plus chaussures à semelle carbone, la géométrie du cadre du Piuma, la légèreté du vélo ou les roues Campa, sûrement un mélange de tout cela. Très bien aussi son comportement au dessus des 30 km/h, le vélo ne perd pas de vitesse et ne demande qu'à accélérer encore, c'est nouveau pour moi. Enfin j'ai très bien passé les petites côtelettes du parcours, j'étais souvent facile par rapport à mes compagnons, il faudra tester ça dans de vrais raidillons genre la CH, comprendre la Covey Hill.
 
Vivement le 200 de samedi prochain, en espérant le soleil, mais pas trop, jamais content celui-là.