vendredi 11 août 2017

La Coupe à Roger pour son premier 200 MTL-OTT

La nuit fut courte car le cadran retentit à 3h45, c'est je jour J du fameux raid Montréal-Ottawa tant attendu par mon collègue Roger d'Hydro-Québec, depuis le temps qu'on en parle, je ne voudrais pas le décevoir. Je délaisse mon fiston dans la chambre, il dort du sommeil du juste ce brave petit. Déjeuner habituel café-toasts confiturés agrémenté d'une banane pour stocker un peu plus d'énergie. Mon matose est déjà prêt depuis la veille, ma sacoche Arkel est de sortie pour y loger des affaires pour l'autonomie, la nuit et la pluie, sait-on jamais. La météo est bonne pour le vent, favorable d'Est, parfait pour notre direction, c'est plutôt rare dans cette région, c'est dire que les astres semblent alignés pour réussir la mission chère à Mister Lapointe. Le sieur Bélanger a dû déclarer forfait il y a une semaine, il ne se pense pas assez en forme pour 200 bornes. En effet, il a eu mal au dos au bout d'une centaine de km lors d'une récente ride d'entrainement. Et pour couronner le tout, il s'est fait voler son vélo quelques semaines auparavant, pas évident de retrouver la position optimale sur son nouveau bécyk. Pas de chance l'ami, ce sera pour une prochaine fois. C'est d'autant plus dommage qu'il devait venir avec son fiston, nous aurions formé un paquet de 4 cyclos, soit les 3 mousquetaires et bibi dans le rôle de Dartagnan. Mais là, on s'écarte du sujet, alors revenons à nos moutons.

Pour 5h donc, j'installe mon Piuma sur l'auto et rejoins la rue Nadeau à Brossard. Roger m'attend de pied ferme, il a mal dormi car un peu excité par l'événement. C'est la première fois qu'il va réaliser plus de 200 000 mètres sur 2 roues, une douce folie. J'installe sa monture sur mon rack, un Specialized Awol en acier, à pneus de 32 et pédales pas de clip. Nous traversons le pont Champlain et faisons escale à Verdun chez ma chérie qui doit aussi dormir du sommeil du juste. J'ai mis mon tracker en marche avec position GPS aux 20 minutes car je sais que Marielle prend un malin plaisir à me suivre à distance. Je stationne mon auto derrière chez elle, on prépare les vélos, on se prend un premier cliché de départ à l'aube naissante et voila que débute notre randonnée pour la capitale fédérale. 

Départ de Verdun

5h45, c'est parti mon kiki, le jour se réveille et nous aussi, il fait déjà moite, la journée s'annonce chaude avec un petit risque d'orage à l'arrivée, on verra bien. D'abord, nous empruntons la piste cyclable, déserte à cette heure, comme c'est agréable. On papote, je prends quelques photos, les premiers kilomètres défilent doucement à allure relativement faible, je n'ose pas appuyer trop fort pour le départ, pas envie de mettre la pression sur mon partenaire. On atteint Lachine puis Dorval, pause santé, toilettes et banane, km 18. 

Sur la piste cyclable, pas un chat, juste Roger pis moé !

Aux chiottes Roger !

Les bécyks font connaissance

C'est ensuite le chemin du Bord du lac avec quelques secteurs fermés à la circulation pour cause de réfection de chaussée, heureusement à vélo, ça passe sans problème. En fait, y a pas vraiment de trafic, c'est vrai qu'on est vendredi, jour de semaine et que les touristes du week-end se fond plutôt rares. Nous voilà déjà à Ste Anne de Belleview, petit cliché, nous montons le tourniquet qui nous sort de l'île de Montréal par la piste longeant la 20. Arrêt un peu plus loin au Tim de Pincourt, km 42. Moyenne de 22 pour ce premier tronçon, on est sur la moyenne prévue mais on peut faire mieux vu les conditions météo favorables et l'absence de notre boulet Sylvain Bélanger, je te niaise mon Synvain, tu le sais bien. Tim déjeuner, café croissant saucisses patates, de quoi refaire le plein d'énergie pour la suite. 

Belle vue à Ste Anne de Bellevue

Ravito au Tim de Pincourt

Tim déjeuner frenchy avec café croissant

On ré enfourche nos bécanes pour 8h30, un peu d'avance sur l'horaire est toujours bon pour le moral. Traversée de Vaudreuil Dorion, pas mal achalandé pendant les heures de pointe, on retrouve bientôt la quiétude de la campagne et du bord de l'eau, on longe le lac des 2 Montagnes. Roger apprécie l'endroit, on fait un court stop au passage du traversier Hudson-Oka. Le revêtement de la route est comme je l'avais prédit, c'est à dire pas mal magané, à revoir cette route si elle veut que je la reprenne la prochaine fois. Mon compagnon est content de pédaler et il le manifeste en piquant une pointe à la sortie de Calumet, je me mets dans sa roue et j'attends qu'il se calme. C'était sur l'élan de la petite descente à 50 à l'heure me dira-t-il ensuite. Qui veut aller loin ménage sa monture mon Roger, adage bien connu du randonneur. On atteint déjà Rigaud, km 70 ou mon plan de match prévoit une pause. Mais comme tout va bien, pas fatigués, pas affamés, nous faisons juste un arrêt banane et sanitaire. Je me remets de la crème a cul car je soigne un petit bouton mal placé et je n'ai pas envie que ça dégénère, à date tout va bien de ce côté. 

Prend-on le traversier à Hudson ? Non !

Les conditions sont toujours parfaites, ciel bleu, chaleur pas encore trop accablante, vent faible et favorable, nous poursuivons vers Hawkesbury, prochaine étape. Nous quittons temporairement le Québec et sa 342 pour entrer en Ontario par un chemin de gravel déjà parcouru de nuit lors de notre MOM 2015 avec Gaby. La route est moins pourrie que je pensais, les gravillons ont été éjectés sur les bords de la route, c'est maintenant de la terre bien tapée que nous foulons. Rog roule à ballons rompus sur ce tronçon. Il s'en donne à cœur joie avec ses 32 crantées alors que je préfère rouler calmos avec mes 23 slick. Regroupement en arrivant à Chute à Blondeau, photo du panneau avec le fou à Blondeau, c'est qui? C'est kiki! Nous suivons de près la rivière Outaouais, quelle belle journée d'été, vive le vélo. Km 105, nous stoppons au Subway de Hawkesbury, repère de motards car la région est bien agréable donc très touristique. Il est 11h15 et nous avons près d'une heure d'avance sur l'horaire, moyenne de cette étape de 63 km à près de 25, bravo l'ami Roger. On s'enfile un panini chacun, des biscuits et une boisson en fontaine, nous refaisons aussi le plein d'eau fraîche et de glaçons dans nos Camelbak, super le Sub pour ça. 

Le fou à Blondeau !

En Ontario, vers le pont de Hawkesbury

Fill the tank of water !

Tim Horton vu du Subway à Hawkesbury (Ontario)

Après ce repos récupérateur, nous reclippons, enfin façon de parler, je reclippe, Roger pose ses pieds sur les pédales, il faudra qu'il songe à s'équiper plus adéquatement la prochaine fois, il ne peut que s'améliorer en maximisant son pédalage. Coup d'œil météo, le vent sud-est devrait perdurer encore 2 bonnes heures, ça tombe bien car nous sommes dans la bonne direction pour l'avoir full dos. Nous traversons le pont sur la rivière frontière pour revenir en terre québécoise et attraper la 148 ouest qui nous emmènera jusque Gatineau. L'asphalte de la bande cyclable est super bon, le ventre est plein, les muscles sont remplis d'énergie, le vent nous aide, tout cela contribue à faire monter notre moyenne d'un cran. Quelques pointes de vitesse à plus de 30, je mène l'allure, mon partenaire suit la cadence sans broncher. Du coup, Montébello km 134, est vite rejoint, pause photo devant le cadran solaire de Papineau et les belles demeures du village, c'est la capitale des maisons de bois rond icitte. Nous poursuivons notre rush sous la chaleur qui commence à s'intensifier et y a pas grand vent de face pour nous rafraîchir. On est bien content d'arriver au Tim de Papineauville, km 146, arrêt rafraîchissement, il est 13h30. Nous avons réalisé notre meilleure moyenne sur ce stretch, plus de 26 à l'heure pour 40 bornes, trop fort. Séquence souvenir, c'était à cet endroit qu'on avait roupillé une heure avec Gabriel lors de notre Aller-Retour Ottawa, les banquettes étaient toutes neuves, il y a 2 ans de cela, en phase de préparation du PBP. Épisode smoothie pour Rog et cappuccino glacé pour moi, sti que ça fait du bien d'être à l'air climatisé. On redescend en température mais on doit retourner à la chaleur accablante au dehors pour notre dernier quart du parcours. 

De retour au Québec, quel exotisme ce voyage !


Montébello et sa halte touristique

Papineau a t il inventé le cadran solaire ?

Tim de Papineauville, Gaby et moi y avions dormi en 2015

Les nuages commencent à envahir le ciel, la prévision d'orages se précise, le vent change de direction, la progression est moins facile. Je mène toujours le rythme, Roger commence à sentir quelques signes annonciateurs de fatigue. Son popotin se fait de plus en plus inconfortable sur sa selle en plastique bien dur, un de ces genoux commence à lui faire mal. Je maintiens une allure raisonnable a 23 et nous progressons tant bien que mal. Traversée de Plaisance, Roger me demande une pause pour faire souffler la machine, nous ferons alors l'arrêt prévu à Masson-Angers. Il n'y a pas de Tim, de Sub ou de McDo recensé sur mon itinéraire aussi je recherche un spot à bouffe sympa où nous pourrions relaxer. Le Coin du Ronfleur à Angers km 178 fait notre affaire, un Pepsi et une Sloche sont vite ingurgités en reprenant des glucides par des bananes et autres gâteries. Le poids des kilomètres font irrémédiablement leur effet sur mon compagnon pas habitué à la longue distance, c'est l'expérience qui lui rentre dedans. De mon côté, tous les voyants sont encore au beau fixe, mon corps est habitué à ce genre d'exercice, ce ne sont pas 178 malheureuses bornes qui vont m'entamer, c'est même pas la première étape du PBP qui compte 220 km ! On repart vers 16h, je lâche quelques mots de motivation à mon compagnon, il ne reste en effet que 30 kms avant la délivrance à Ottawa. 

Pause sloche à Masson-Angers au coin du ronfleur

Tout va bien dit Roger (mais j'ai un peu le cul en compote)
 
Nous continuons la route 148, la circulation s'intensifie à mesure que nous approchons de la grosse agglomération de Gatineau. De plus, ce sont les heures de pointe, de sortie de bureau et de départ en week-end, je n'avais pas prévu cet aspect, j'aurais dû tracer une autre parcours dans ce secteur. C'est donc au milieu des lumières du trafic, des automobilistes dangereux qui nous frôlent sans respecter la distance de sécurité que nous traversons l'immense zone commerciale qui semble interminable pour Roger. Quand est-ce qu'on rejoint la piste cyclable plus tranquille, me demande-t-il inquiet et passablement lessivé ? Dans environ 5 bornes, lui réponds-je sans savoir exactement si c'est la bonne réponse, juste pour le faire patienter. Après un bon gros 5 bornes de cascades périlleuses au milieu du flot des fous et furieux, le Garmin m'indique enfin la bifurcation à gauche pour le chemin plus calme et moins fréquenté. Manque de chance, il y a de la construction et cette foutue route se réduit à une voie de circulation avec un passage dans la garnote. De mon côté, je manque de me vautrer en roulant sur des roches tandis que Roger se fait frôler de très très près par un truck tractant un bateau plus gros que lui. Les Tabarnaks fusent de tous côtés. Heureusement, nous nous en sortons sain et sauf. 

Croyez-vous aux extra-terrestres ?

Un peu envoûté par l'endroit


Après cet épisode fortement risqué, je trouve un coin de pelouse où mon Roger peut se reposer en toute quiétude, il n'hésite pas une seconde à s'étaler sur le dos pour relaxer toutes les parties de son corps, même celles dont il ignorait l'existence. Je prends une photo à son insu pour immortaliser cette terrible scène d'un être humain en souffrance. J'en profite pour recharger mon GPS, lui aussi en manque d'énergie. 

Pause de survie à Gatineau

Le plan est devancé, une heure d'avance car la moyenne est à 24

Plus que 9 bornes, il faut se ressaisir et reprendre la route pour atteindre notre but final. Nous sommes encore en avance sur l'horaire alors y a pas le feu au bocal. Roger se décide à reposer ses fesses sur son bécyk, reprenant la piste cyclable qui longe la rivière des Outaouais. Belle vue sur une marina, je mitraille quelques photos sur le vélo alors que le ciel s'obscurcit, espérons que nous arriverons au sec. Le vent n'est plus notre allié, il faut à présent appuyer vigoureusement sur les pédales pour avancer. Mon Garmin se perd dans ce labyrinthe de pistes menant au Parlement d'Ottawa, je l'arrête donc, j'enregistre mon parcours avec 206 km à l'odomètre et 24 de moyenne, puis mon iPhone et Google Maps prennent le relais pour le final. Nous empruntons une estacade de bois fraîchement construite longeant la rivière avec le skyline de la capitale en toile de fond. Nous devons faire un détour car une magnifique exposition de sculptures végétales pour fêter le 150éme du Canada nous barre le chemin. Encore quelques prises de vue et nous roulons sur les planches du pont Alexandra, signe du fil d'arrivée tout proche. 

Arrivée vers Hull

Dédale de pistes cyclables, Roger soulage son popotin

Enfin le parlement d'Ottawa au loin

Détour à cause du Canada 150

Un dernier effort mon Roger et nous voici enfin sur les pelouses face au Parlement juste à côté de la flamme du centenaire. Bien entendu, nous demandons à un des innombrables touristes de la place de nous tirer fièrement le portrait à côté de nos valeureux destriers. C'est fait, nous pouvons célébrer notre arrivée victorieuse, il est 18h et 211 bornes dans la musette, bravo à nous 2. La coupe symbolique est décernée à Roger, coupe Rogers oblige! Notre seul regret est de ne pas avoir été accueilli par Justin mais je pense que son agenda ne le permettait malheureusement pas. 

La photo finish des vainqueurs du MTL-OTT 2017
 
Justin n'est pas venu nous accueillir à l'arrivée


Rog s'occupe de la logistique du retour en téléphonant à sa femme qui doit être en train de magasiner dans les environs avec une amie. Nous nous fixons un point de ralliement dans le centre ville à un coin de rues équipé d'un Tim Horton, of course. Nous y prenons un rafraîchissement en attendant le carrosse du rapatriement. Quelques minutes plus tard, Marie-Victoria et Virginia arrivent et stationnent le Honda CRV, c'est assez spacieux pour y loger nos 2 vélos avec les roues démontées, wow j'en suis agréablement étonné. Pour reprendre des forces et célébrer la fin cette belle aventure, nous allons nous restaurer au Lone Star Texas dans la banlieue d'Ottawa, la cuisine texane est à l'honneur. J'y prendrais des fajitas aux crevettes arrosées d'une bibine rousse bien fraîche et grand modèle SVP. Notre quatuor s'en met plein la panse en se racontant les péripéties de notre journée respective. 

Roger s'occupe la logistique de retour

Marie-Victoria et Viriginia sont là pour nous congratuler

Pause resto bienvenue au Texas Lone Star

Menoum miam les fajitas de shrimps

Marivic s'amuse, Roger se concentre !

Il est environ 21h lorsque nous mettons le cap sur la métropole québécoise, cette belle ville de Montréal. Roger est notre chauffeur, je lui parle en chemin pour éviter qu'il s'endorme, sait-on jamais! Nous déposons Virginia à Laval, enchanté d'avoir fait la connaissance de cette sympathique haïtienne d'origine. Puis le taxi Roger me reconduit à Verdun, je remercie encore Marivic d'être venue nous chercher à destination et je congratule encore plus l'ami Roger pour sa belle prestation. Nous ferons d'autres aventures cyclistes ensemble, ça c'est certain, reste plus qu'à trouver de nouveaux défis. Quant à lui, je lui conseille d'équiper son vélo de pédales à clip et de se trouver un meilleur kit selle-cuissard, il appréciera davantage sa performance en finissant en meilleure condition. 

Je retrouve ma dulcinée qui a suivi tous nos exploits grâce au tracker, elle m'a même envoyé quelques textos au cours de la journée. Je prends une douche réparatrice puis nous sirotons quelques boissons fraîches et ainsi s'achève cette journée du vendredi 11 août 2017 vers 23h30. Demain sera un jour nouveau et le début du week-end, nous aurons certainement envie de faire un peu de vélo, histoire de nous défouler les guiboles !!! 

samedi 8 juillet 2017

Jamais 2 sans 3, fois 100 bornes, le compte est bon !



Mon Piuma TI

Réveil de brevet vers 4h30, douche, déjeuner et derniers préparatifs pour un 300 bornes homologué. J'ai remis ma sacoche Arkel sur mon Piuma par l'intermédiaire du support Arkel fixé à la selle, tout ça parce que de la grosse pluie est annoncée et qu'il faudra peut être stocker du linge. J'ai encore hésité avant de me lancer mais cela faisait longtemps que j'avais planifié cette petite ride avant mes vacances alors je me lance, on verra bien, si ça me gave, je ferai demi-tour. 5h30 je quitte mon condo, le ciel est nuageux mais pas de goutte pour le moment, je file jusqu’à l'aire de départ. Quelques habitués sont fidèles au RV, Ralph qui va participer au prochain Londres-Édimbourg-Londres, nom de code LEL-2017, Olivier C, Gaby, Jean le président bien sûr et un nouveau sur la distance, Julien Lejour ayant déjà effectué un 200 récemment. Photo de départ vers 6h, qui malheureusement n'apparaîtra pas sur le site du CVRM car l'administrateur a des problèmes avec son fournisseur d'hébergement de photos, alors pas de photos ci-dessous. Je n'en prendrai d'ailleurs pas de la journée, pas le goût de ressortir mon iPhone, particulièrement en milieu humide. 

C'est parti mon kiki pour une joyeuse partie de manivelles, Jean et Julien partent devant en quittant la banlieue, ils ont des fourmis dans les jambes, le gruppetto de 4 que nous formons sera l'arrière garde pour la journée. A peine 20 minutes que nous pédalons que madame la pluie s'invite à notre balade, elle ne nous quittera pas jusque Granby, soit pendant 3 heures alors autant se faire une raison. Nous enfilons les impers sur Grande Allée, les nuages s'obscurcissent et l'ondée s'intensifie fortement. Voilà Richelieu puis Marieville, nous filons en formation sur la 104 fendant l'écume tels des navires puis naviguons sur les petites routes menant à St Césaire, km 54. C'est maintenant le déluge et nous sommes bien contents de nous abriter pour pointer nos carnets de route. Nous prenons un peu de réconfort à l'intérieur, on s'alimente sommairement mais la météo ne s'arrange pas et va falloir retourner sous la flotte. Au moins quand on pédale, on se réchauffe, alors qu’arrêté, on grelotte dans la clim du dépanneur. 

Nous ré enfourchons donc nos bécanes et attaquons la piste cyclable, Ralph et Olivier roulent à leur allure habituelle, c'est à dire soutenue, Gaby a du mal à suivre le rythme et traîne quelques centaines de mètres derrière. Je suis mes 2 maîtres de l'asphalte qui n'arrêtent pas de pipletter, je suis immergé dans ma bulle d'eau à écouter ma musique d'une oreille. Voici Granby, Gabriel nous rejoint. A l'amorce des bosses sur le chemin Saxby, les 2 hommes en OR s'enfuient par l'avant tandis que Gaby re disparaît par l'arrière. Je me retrouve seul à mon rythme dans les reliefs du chemin Brome jusqu'à l'IGA du 2ème contrôle, km 115. La pluie a enfin cessé et il est permis de penser que ce sera fini pour la journée, j'ai bien fait d'insister ce matin, je ne me sentais pas refaire demi tour et abdiquer comme à mon premier 300 en mai. Pourtant il y avait de quoi abandonner avec toute cette masse d'eau bien reçue 5 sur 5. Regroupement, ravitaillement et signature, nous ingurgitons nos victuailles pour remettre du gaz dans le réservoir, délestage des habits de pluie, passage aux toilettes mais elles sont occupées. Olivier va y passer un bon moment, environ 10 minutes à mon chrono, ce devait être un numéro 2 puissance 10. Enfin il me libère l'espace et lorsque j'en ressors à mon tour, mes compagnons ont levé le camp. 

Me voilà donc seul à repartir, merci Olivier. Côté vent, celui ci est plutôt favorable pour le moment, je navigue à allure soutenue sur la 243 ou l'accotement est toujours bien pourri. Je dépasse le dépanneur Fusée et quelques kilomètres plus loin, je rejoins mes acolytes arrêtés à une lumière de construction. Me revoici dans le gruppetto de 4, nous dépassons Mansonville, pas d'arrêt habituel cette fois-ci pour moi, je veux rester dans le pack. Dans la vallée de la Missisquoi, Olivier appuie sur les pédales sans trop regarder ce qui se passe en arrière, on se retrouve vite à 2 sans Ralph ni Gaby largué depuis un petit moment. La cote de la Scénic arrive bientôt au km 164, j'ai l'intention de monter à un bon rythme pour essayer de battre mon PR sur Strava car il n'est vraiment pas terrible. Je grimpouille énergiquement, pas le choix que de passer mon petit plateau, trop dur sur le 36 avec ces passages à 12%. On termine ensemble avec Olive, je pense que le PR est dans la poche car j'avais déclenché mon chrono en bas, 14'57, c'est largement battu de 2 minutes, ça me rassure, mon Piuma est bien plus léger que mon Turismo! On attend poliment Ralph au sommet mais pas Gaby, il doit être trop loin. Nous basculons sur Abercorn puis avalons les 9 bornes jusqu'au check point de Sutton, km 183. Ralph a envie de manger au Subway, royaume du pain qui pue, nous exauçons son vœu. On se restaure, pas de trace de Gaby, perdu dans la nature? 

On remet en route par la 215 qui remonte plein nord vers la 104. Le vent est défavorable sur cette portion, je laisse les relais aux hommes forts. À Cowansville, Gaby réintègre le paquet comme par enchantement, à la faveur des lumières. Joyeux pédalage vers Dunham par la 202 puis on bifurque vers Stanbridge. Encore quelques raidillons et plus de Gaby. C'est la section du brevet que j'apprécie le moins, c'est plate à tous les points de vue et les organismes commencent à accuser le coup. Ouf, voilà enfin Farnham, sa voie de contournement et son dépanneur ou mes compagnons ont besoin de refaire le plein alors on s'arrête, quoique St Césaire n'est plus très loin, la loi du nombre. On reclippe et on tombe sur des panneaux route barrée, en fait la route est juste défoncée et affaissée mais c'est largement passable à vélo. Ralph fait un flat à ce moment là mais je ne m'en aperçois pas et je continue ma route solo. J'atteins le check point en m'arrêtant à nouveau au Subway, une gentille famille me laisse passer devant, ça ira plus vite qu'au Tim me dis-je. J'engloutis ma soupe et mon 6 pouces, espérant revoir mes compères arriver bientôt. Mais à la fin du repas, personne ne se pointe, ne sachant pas qu'ils ont pris du temps pour réparer une crevaison. 

Je repars alors pour l'ultime stretch de 45 bornes sur la 112, il est presque 19h et je ne devrais pas avoir besoin de mes loupiotes. Éole me rentre un peu dans la face alors pas de grosse moyenne, je me maintiens a 25 jusque St Hubert. Je suis surpris de revoir Gaby, il est bon généralement dans le final, d'autant qu'il n'y a plus de bosse. Dans le dédale des lumières de la cité, je le perds à nouveau et me dépêche pour arriver avant l'heure juste et fatidique de 21h au dépanneur km 311, temps officiel de 14h51, 25,5 de moyenne, pas pire malgré le déluge du matin qui nous a pas mal pénalisé. Gabriel arrive 6 minutes plus tard, je le congratule et repars vers mon chez-moi. Ralph et Olivier arriveront 45 minutes après, ils clôtureront ce brevet. 

Téléphone à ma chérie, douche au condo et je repars en auto pour Verdun afin d'y terminer la soirée en bonne compagnie. Tour de France stage 8, le français Calméjane remporte l'étape en solo et avec des crampes, bibine puis dodo collés-serrés.

Mon brevet de 300 sur Strava, près d'une cinquantaine de PR sur ce parcours archi connu, plus mon PR dans Scénic Est. 

Mon Turismo TO

samedi 27 mai 2017

300 bornes dont 150 avec un genou en compote

L'acteur principal de la journée
 
Après l'échec de mon dernier 300, commencé mais terminé en brevet de 150, j'ai des comptes à rendre avec moi-même. La pilule a été dure à avaler. Je décide donc de m'inscrire pour le prochain 300, histoire de remonter mon estime personnelle. Ce sera aussi un test pour mon Piuma sur une plus longue distance, notamment pour peaufiner ma position et améliorer mon rendement sur un tel bolide. Ultime check de la météo deux jours avant le rendez-vous, celle-ci passe le test. J'envoie mon inscription à Jean, nous sommes 6 inscrits sur le site du CVRM. 

A l'aube du samedi 27 Mai, je quitte mon condo et pédale pour le lieu de départ. Je suis faiblement chargé, pas de sacoche Arkel, juste un sac de selle extensible qui contient mon kit de dépannage, diverses crèmes et quelques bricoles à grignoter. J'ai aussi mon petit sac de tube horizontal qui contient mon tableau de marche sur le dessus, mes blocs d'alimentation pour mes recharges en électricité ainsi que quelques denrées énergétiques. L'objectif du jour est d'abord d'aller au bout, ensuite d'essayer de foncer pour faire un bon temps, enfin de tenter de battre mon record de 14h09 établi en 2015, lors de la préparation du PBP. 

Jean et Fred sont déjà stationnés, discussion amicale avec notre fusée champenoise de service. Lui aussi voudrait faire une performance sur ce brevet, les conditions météo étant effectivement idéales. Après tout, qu'est-ce que 300 bornes quand on sait qu'une certaine Jessica Belisle a effectué environ cette distance pendant 10 jours consécutifs lors de son Tour du Québec. Nous autre, on serait bien capable de le faire juste une fois, que je souffle à super Perman, mon demi-belge préféré. Michel Lemaire et Martin Dugré finissent de préparer leur matose, nous serons 5 participants au lieu des 6 prévus, Yvon Clément ayant préféré rester sous la couette, le chanceux. Pour 6h, chacun sort son plus beau sourire et c'est parti pour une belle journée de plaisir. 

Bibi, Martin, Michel, Fred et Jean derrière le kodak (photo CVRM)

1- De St-Lambert à St-Césaire, 54 bornes. 

Fred s'élance sans attendre, parti encore une fois pour la postérité, battra-t-il son record, réponse dans une dizaine d'heures, temps à battre 10h20, Go Freddy Go ! Martin n'est pas encore prêt au coup de starter, Jean le bon samaritain attend son copain. Nous partons à deux avec Michel, un nouveau venu au club. Je m'arrête sur Lapinière pour mettre en marche le tracker sur mon cell, comme cela ma chérie pourra suivre ma progression et venir me rejoindre si ça lui tente. 

Je fais connaissance avec mon compagnon d'aventure, sûrement qu'on passera une partie de la journée ensemble. Michel en est à son premier brevet de 300, il est un peu anxieux. Âgé de 58 ans, il a été victime de problèmes cardiaques il y a quelques années, il s'est donc mis au vélo pour la première fois de sa vie, d'abord pour se remettre en santé puis pour se lancer de nouveaux défis. Tiens donc, ça me rappelle certaines personnes du club qui ont aussi choisi le vélo pour se donner d'autres chances de bouffer la vie à pleine dent. Pour compléter le portrait, il chevauche un Specialized Tarmac carbone, roues a boyaux, il fait partie du club Vélo Passion et son objectif serait de participer au PBP 2019 en effectuant les brevets qualificatifs. Je le trouve très en shape, la mission est déjà à moitié accomplie. 

Nous roulons aisément sur une base de 26 sans forcer. La température n'est pas trop fraiche ce matin, je suis habillé en cuissard court mais un justaucorps sous le maillot n'est pas de trop. Les conditions sont super pour cycler, vent faible moins de 10 km/h à dominance ouest, ciel voilé qui passera à bleu en journée et une température maxi de 24 degrés, merci pour ce bulletin météo. J'ai remonté ma selle en début de semaine, me trouvant trop bas. J'espère que cette nouvelle position améliorera mon rendement, c'est ce qu'on verra par la suite. 

On enchaîne les relais, l'entente est bonne. Voilà Chambly, on papote encore quand les conditions le permettent. Un bout sur la 104, un autre bout dans la campagne proche d'un golf et St-Césaire est atteint à 8h10, mon tableau de marche est respecté. Je voudrais limiter les arrêts au minimum car c'est en partie de cette manière qu'on peut gagner sur le temps écoulé. Jean et Martin arrivent peu après nous, ça marche bien votre affaire nous dit Jean, gracias lui réponds-je. Pointage, pipi, grignotage et on remet en route. 

Michel, la nouvelle recrue

Jean, bouffeur de muffin

Mon nouveau compagnon d'aventures

2- De St-Césaire à Lac-Brôme, 61 bornes. 

Je repars avec mon nouvel équipier, les 2 autres prolongent leur pause, vous nous rattraperez, leur dis-je. On enchaîne par la piste cyclable, le contexte est agréable, la verdure est revenue dans le paysage, ça sent les beaux jours, on apprécie le moment. En approchant de Granby, sur les petits faux plats insignifiants, je ressens par court instant, de drôles de sensations dans le genou gauche, bizarre, bizarre, néanmoins à suivre. Nous dépassons le lac Boivin, km 80, pas de halte, les jambes sont correctes. Je me remémore le dernier 300, assis à l'abri du vélogare et dégoûté par une énième averse. J'avais renoncé là par manque de motivation évidente. Cette fois-ci, j'ai passé le cap, je suis motivé et ça va être une belle journée. 

Un peu de 112 et hop à droite, on grimpouille par le chemin Saxby en direction de Bromont. Je demande à Michel s'il est bon dans les côtes, il me répond que c'est pas son point fort, cool, moi non plus. En fait, tous mes points ne sont pas forts. Sans trop forcer, on passe les côtelettes du chemin Brôme. Mes mauvaises sensations sont toujours présentes mais c'est supportable, ça va passer que je me dis. On redescend sur la 104 partiellement repavée, excellente initiative, on peut même rouler en sécurité sur la très petite bande cyclable. 

Voilà déjà l'IGA du 2éme contrôle au km 115. Il est 11h, toujours dans les temps prévus, 20 minutes d'arrêt. Le duo Jean-Martin nous rejoint alors que nous sommes attablés à dévorer notre pitance, sandwich au jambon, salade de crevettes, jello comme dessert, pas de liquide, mes gourdasses sont encore bien remplies. Texto à ma chérie qui me suit et m'encourage à distance, je lui dis que ça ne va pas trop mal pour l'instant. Intermède sanitaire and it's time to go pour notre duo qui reclippe pour la suite de notre aventure. 

Carbone et Titane

Petit rictus joyeux ?

Pause ravito à Lac-Brôme

3- De Lac-Brôme à Sutton, 63 bornes. 

Nous attaquons la boucle du mont Sutton, ça commence par l'abominable 243, toujours pas refaite depuis le temps que je l'emprunte. Les relais se succèdent sur cette route passagère, ça file bon train malgré les faux plats et les bosselettes nous conduisant à Mansonville. Je propose le court arrêt facultatif au dépanneur, Michel acquiesce volontiers, un peu de boisson fraîche ne fait jamais de mal. Jean et Martin étaient sur nos talons, ils stoppent aussi, passage aux puits pour Jeannot. Ils repartent devant, nous leur emboîtons le pas 2 minutes après mais nous n'effectuons pas la jonction. 

Voici à présent la vallée de la Missisquoi parsemée de petits raidillons, la douleur au genou se réveille soudainement, ça commence à tirer méchamment sur mon tendon. Oups, je n'avais pas prévu ce scénario car je n'ai jamais eu de problème avec mes articulations. Il reste la moitié de la distance à parcourir m'indique mon GPS, soit 150 bornes, la situation est grave mais pas désespérée. Cependant, la redoutable Scénic approche bientôt et il va falloir négocier avec mon handicap. Je laisse filer Mitch devant et décide de ménager mon côté gauche, c'est le droit qui devra fournir plus d'énergie. Qui va piano va sano, doucement mais sûrement, je franchis l'obstacle, mes pulsations sont bien tranquilles car il fallait réduire la puissance des bielles du moteur. Ce n'est pas encore ce coup-ci que je pulvériserai mon record personnel sur la Scénic. 

En haut de la côte, je ne retrouve pas mon acolyte, je crains qu'il ait pris à droite, la route directe indiquant Sutton 7 km, évitant ainsi le passage par Abercorn. C'est effectivement ce qui se passe, malgré les remontrances de son Garmin 800 lui indiquant Hors Parcours, il a continué dans la mauvaise direction. Je redescends donc solo sur Abercorn puis remonte plein nord vers le 3éme checkpoint de Sutton, km 180. Le vent est sensiblement défavorable, ce que n'apprécie pas mon genou, ça me fait vraiment chier, vivement la pause. 

Pour 14h, j'atteins l'IGA ou Michel est déjà là depuis un bon quart d'heure, avec 5 km de moins au compteur mais quelques bosses en plus. Jean et Martin sont aussi arrivés et font un long arrêt au Subway, nous le saurons par la suite et repartirons avant eux. Pour le moment, halte gastronomique, mon compagnon de fortune m'attend pour reprendre ensemble, c'est sympa. Faut dire qu'il se sent peut-être plus rassuré d'avoir un guide ayant fait le parcours plus d'une dizaine de fois. Au menu, taboulé, petite assiette dégustation composée de raisin, fromage, crackers, noix, le tout arrosé d'un coke. Ça aurait pris plutôt une petite coupe de vino mais bon. J'essaye d'éviter les boissons sucrées qui taxent trop l'organisme en glucose mais de temps en temps ça donne un boost. 

J'informe ma chérie de mon problème de guibole, elle me répond que je peux toujours prendre le bus à Granby. No way, je veux terminer ce maudit 300, dussé-je terminer sur les rotules et y passer la nuit. Je profite aussi de l'arrêt pour comprendre d’où viennent mes ennuis. Peut-être que ma jambe est trop en extension, aussi je redescends ma selle dans son ancienne position. Mais le mal est fait. Peut-être que c'est la faute de ma selle qui s'est encore déformée, trop à gauche, ce sont les bons et les mauvais côtés des selles Brooks, faudra que j'étudie ça par la suite. 

4- De Sutton à St-Césaire, 86 bornes. 

J'ai déjà du mal à remettre ma cale en partant, ça commence bien. Je sens cependant que la pause a été bénéfique car la douleur semble moins forte qu'il y a 30 minutes. Nous remontons par la 215 Nord jusqu'à la 104. Les faux plats jusque Cowansville réveille la blessure, Michel étant au courant de mon handicap, il ajuste sa vitesse en fonction de la mienne, c'est bien gentil de sa part. 

Mon autre arrêt facultatif à l'Ultramar de Dunham au km 212 s'impose obligatoirement, histoire de soulager ce fichu tendon car c'est de pire en pire. Jean et Martin, que l'on pensait devant, nous rejoignent, quelle belle surprise. On grignote, on jase en se désaltérant, je les informe que ça va être dur de terminer les 100 dernières bornes, et que ce n'est pas la peine de m'attendre. 

On repart pourtant à 4, j'essaie de suivre comme je peux. Doucement, le rythme s'élève à 30 de moyenne. Comme le vent est légèrement défavorable, je me dis que c'est mieux de serrer les dents et de m'accrocher au train plutôt que d'en chier seul. C'est aussi meilleur pour le moral. Je réfléchis qu'il me faut un analgésique pour endormir mon mal, malheureusement personne n'en a dans notre gruppetto. J'en avais pourtant préparé dans mon kit de survie mais il est resté dans ma sacoche Arkel, grrrrr. Il me faudra attendre un dépanneur, le prochain est à Farnham, juste à côté du Tim. 

Cette idée de soulagement prochain m'incite à aller au bout de ma torture et à coller la roue de Jean. Celui-ci m'y encourage et j'apprécie son intention. La moyenne ne fléchit pas jusque Farnham, km 243, ça fonce. Voilà le dép salvateur et ses Tylénol extra fort, allez hop, 2 dans le gosier et attendons les effets. On profite de cette halte inopinée pour se sustenter. St-Césaire n'est qu'à 16 km, on décide de faire juste un stop and go à cet avant dernier contrôle. 

Ça repart toujours aussi vite, les médocs commencent à agir, je me sens mieux jusqu'au checkpoint, atteint vers 18h15, c'est encore très bon dans mon plan de marche. Comme prévu, nous prenons une courte pause à l'Ultramar de St-Césaire, dans l'agréable tiédeur de cette fin de journée. 

Prise de dope à Farnham

3 Piuma Ti au repos

Courte halte à St-Césaire

5- De St-Césaire à St-Lambert, 45 bornes. 

On rembraye à fond la caisse sur la 112, c'est Mitch qui prend un relais pendant 10 km, elle est bonne notre nouvelle recrue. L'allure est toujours élevée à mon goût, frisant le 32 à l'heure. Martin assure le relais suivant, je suis en 2éme roue. Mais à ce rythme et à force de tirer comme un damné, ma souffrance se réveille. Il faut que j'arrête pour prendre une autre dose d'anti-inflammatoire. Mais après absorption, rien n'y fait. Tant pis, je devrais serrer les dents jusqu'au bout. 

Jean nous fait découvrir une autre route de retour à partir de Chambly, par la piste cyclable de la forêt puis en coupant à travers Brossard pour rejoindre Grande Allée. Je suis perdu dans ces quartiers même si j'habite pas loin d'ici. Le jour décline gentiment tandis que nous flânons sur Lapinière puis Victoria. Enfin voici le contrôle ultime et la fin de mon calvaire. 

Il est 20h22 lorsque nous pointons dans le dépanneur Bon Coin, soit 14h22 pour 314 kilomètres au compteur avec une moyenne de 26. Wow, à 13 minutes de mon record perso et presque synchro avec mon tableau de marche. Je dois évidemment cette performance à mes remorqueurs, mes 3 compagnons de brevet qui m'ont offert une belle assistance pendant ces 100 derniers kilomètres. Je dois bien avouer que je me voyais abandonner ce foutu 300 mais la nature humaine est quand même source de résistance insoupçonnée. 

Selfie de nos 4 faces de fin de brevet, congratulations et dislocation. Michel est bien content pour son premier 300, je pense qu'il a de belles ressources pour devenir un super randonneur de longue distance. Il a juste à travailler son mental car c'est la clé dans ces épreuves d'ultra-endurance. Et aussi à améliorer la lecture de son GPS. 

Ouf, on est arrivé !

4 belles faces de vainqueur

Autre satisfaction de la journée, c'est le nouveau meilleur temps du CVRM pour l'ami Fred, 10h19 soit une minute de moins que la précédente marque, bravo à lui. 

Fred raconte son exploit:
Une belle victoire pour moi aujourd'hui....
Toujours bon de performer dans son sport surtout lorsque l'on revient de blessures comme moi. Aujourd'hui avait lieu un brevet cycliste de 300km sur la rive sud de Montréal et.... j'ai battu le record du club détenu par moi-même et Claude Binchet le 20 juin 2013. Battu d'une minute en 10 heures et 19 minutes mais au contraire de 2013 ou nous avions fini tous les deux et ou nous avions reçu l'aide de 5 autres cyclistes une partie du parcours, là j'ai tout fait tout seul 32.1 km par heure, avec un parcours en Estrie donc avec des côtes... de bonne augure pour mes objectifs en juillet et août....

Il ne me reste plus qu'à remettre d'aplomb mon genou sérieusement magané et à régler intelligemment ma position sur ce nouveau vélo. Car le prochain défi cycliste se profile déjà la semaine prochaine, le 50 km du Tour de l’île de Montréal avec mon fiston de 11 ans !!! 

Mon brevet de 300 sur Strava avec une bonne vingtaine de PR sur ce parcours maintes fois parcouru.