samedi 9 septembre 2017

Pas chanceux, encore un brevet à la chasse

Des ambitions pour ce 200

Après ma mésaventure du populaire de la semaine passée, je suis bien décidé à conjurer le mauvais sort et prendre ma revanche pour ce dernier brevet de 200 km de la saison. Comme je me sens plutôt bien sur le vélo ces dernières semaines, je décide même de placer la barre un peu plus haut. En effet, je veux battre mon temps sur ce 200 nouvelle formule, soit 8h48 réalisé en Avril de cette année. Je l'avais pourtant bien commencé mais je fus fortement ralenti sur la fin à cause d'un vent à écorner les bœufs et pas de gruppetto pour rentrer abrité. J'ai donc établi mon plan de match à moins de 8h30 pour une moyenne de 26 avec 40 minutes maxi de pause. Ou encore mieux, à moins de 8h15 avec une moyenne de 27, il est permis de rêver un peu. 

Pour y arriver, je compte bien sucer quelques roues, bien planqué dans un paquet de grosses cylindrées afin de m'économiser le plus possible et terminer en force. Il ne faut cependant pas oublier que ce 200 comporte 2 ascensions de la Covey Hill, ce qui pour moi, fait baisser la moyenne considérablement. Il me faudra donc engranger de l'avance sur la moyenne avant les côtes, et peut-être après, s'il me reste du jus dans le réservoir. Reste à analyser les conditions météo. Pour samedi, il est prévu une température fraîche avec un vent modéré entre 10 et 15 km-h, malheureusement orienté Nord Nord-Ouest, ce qui est moins bon car défavorable pour le final sur environ 50 bornes. C'est toujours mieux d'avoir ce bon vieil ami d'Éole pour terminer, ça casse moins les pattes ainsi que le moral. Quoi de plus énervant que de voir sa moyenne baisser quand le vent est contraire ! 

2 ascensions de Covey Hill


Me voilà donc au départ de ce dernier RV du CVRM. Je ne suis pas à la bourre cette fois, j'ai pris soin de venir à vélo et d'éviter ainsi les problèmes de char. Douze amis mongols sont également de la partie en ce samedi 9 Septembre. Parmi eux, bon nombre que je connais bien et qui pourraient m'aider à atteindre mon objectif gardé secret. Il n'y aura pas Fred, ayant décommandé au dernier moment pour cause de fièvre, donc pas de fusée éclairante en tête de peloton. Anyway il ne m'aurait servi à rien car il roule trop vite. Je retrouve les gros bras ou plutôt les gros mollets du club, voilà Yvon (Ultra Défi 1000 km il y a un mois), Martin L, Olivier C et Marc (Granite Anvil 1200 km il y a 2 semaines), Michel du club Vélo Passion, nouvelle recrue sur les brevets qui roule très fort et très bien. Il y a aussi Jean, notre choix du président accompagné d'un de ses amis Patrick Gervais. Il y a surtout Carl Fréchette, une autre fusée à tête chercheuse de parcours car il s'égare de temps en temps. Pour finir la brochette de cyclos, je retrouve mon ami et fidèle Gaby, Robert Lafrance qui avait chuté lourdement il y a quelques années à cause d'une craque lors d'un 300 pluvieux, le mexicain Manuel, déjà présent au Pop et enfin un néophyte des brevets, il en faut toujours un. C'est Gigi Burchiani, peut-être un italien mais pas sûr, il est moins bien équipé pour la performance mais on peut être surpris. En invité surprise, David est venu se joindre à la gang avec son vélo Marinoni acheté d'occasion pour 500 pièces. Pour être complet, Marc est accompagné de son inséparable Romain, toujours à ses côtés, ils feront juste un petit tour de courtoisie avec nous avant de rentrer à la base pour le brunch. 

7 heures, tout le monde se rassemble pour l'inévitable photo de groupe, photo fantôme puisqu'elle n'apparaît même plus sur le site vieillot du CVRM. Mais que fait Jean avec cette photo, pour ses archives personnelles peut-être ? Pas une femme dans le groupe et pourtant ça jacasse comme des pipelettes, personne n'est décidé à donner le premier coup de pédale alors j'ouvre les hostilités. Il est déjà 7h02, c'est que j'ai un record à battre moi et chaque minute compte. Je démarre pourtant en douceur car papotant à mon tour avec Dave puis Gaby. Olivier, Martin et Michel trouvent que ça ne roule pas assez vite à leur goût, ils passent devant, nous les suivons à distance ainsi que le reste de la troupe. Les conditions sont humides, une légère pluie a terminé de tomber peu avant notre départ, il fait 12 degrés. Avec cette température, ce n'est pas prêt de sécher m'a prévenu l'ami Yvon. Le vent est bien de Nord, aussi il faut en profiter pour prendre de l'avance sur l'horaire. De plus, en peloton, ça devrait rouler à bonne allure sans trop forcer, cela s'annonce de bonne augure pour une performance. 

Exit Victoria et Provencher, voilà Taschereau qui défile sous nos roues. Soudain, l'instant se cristallise au km 12. J'entends un petit bruit provenant de ma roue avant, un objet contondant vient de s'enficher dans mon pneu. Je passe ma main pour vite l'extraire mais le mal est fait. Pschhhiiiiiittttttt, c'est un flat ! Fait chier, traduire, chus en tabarnak. J'observe mes compagnons défiler devant moi, d'un air dubitatif. Bien sûr, personne ne s'arrête, c'est la dure loi des brevets, Dieu pour tous et chacun pour soi ! Ou plutôt, un pour tous et tous pourris ! Ça commence bien mal quand on veut se battre contre le chronomètre. D'autant que je vais être obligé de rouler seul et fort pour garder l'espoir d'en rattraper quelques uns. Je me débats donc avec cette putain de crevaison, m'écorchant les doigts sur les rayons acérés de cette putain de roue Campagnolo, y a du sang partout. Je prends soin de vérifier qu'il n'y a pas d'autres saloperies dans le pneu, je remonte avec mes démonte-pneu, chose qu'il ne faut jamais faire au risque de pincer la chambre. Mais c'est trop dur à remettre et j'ai pas le temps de niaiser. Je profite de cette pause inopinée pour délester ma vessie puis je repars enfin. Une bonne quinzaine de minutes et quelques gouttes d'hémoglobine se sont écoulés. J'essaie de me re-motiver, pas évident quand c'est la 2ème fois en 2 semaines que je commence un brevet solo, en dernière position et à la poursuite de mes compagnons. La chasse est de nouveau ouverte. 

Je quitte Taschereau la maudite, déboule dans Candiac, à gauche Montée Monette, à droite sur la 217, tout en faisant crisser mes pneus, il est énervé l'animal. Me voilà en campagne avec vue dégagée, personne devant comme de bien entendu, je prends un rythme pas trop vite, ni trop lent, genre 27 à l'heure. Le vent est favorable mais pas très fort alors c'est pas la grosse vitesse de croisière espérée. Les autres en peloton doivent s'en donner à coeur joie et rouler plus vite que moi. Aussi ce n'est pas gagné pour les revoir au prochain contrôle de St Cyprien. Après 1h54 moins 17 minutes de pit stop, j'atteins le checkpoint du Shell, km 43. 

Il ne reste qu'un vélo à la station, c'est le Marinoni bleu de Dave. En 4 minutes chrono, je fais signer mon carnet, avale une banane, remets de l'air dans le pneu avant pas assez regonflé puis pars à la poursuite de mon albertain préféré qui vient de repartir. Sans peine, je le rejoins, il n'a pas l'air dans son assiette, le pauvre tousse et ne se sent pas bien. Nous roulons ensemble sur la 217 pendant quelques kilomètres tout en discutant, ma moyenne baisse un peu mais sa compagnie me fait du bien. Nous atteignons la Montée Guay soit le point extrême sud du parcours, km 63. Mon compagnon de fortune va se reposer et pense abandonner le brevet. Sur sa ride Strava, il écrira : Malade, mal ajusté, mal habillé, 140 km au lieu de 200. Zut alors, j'étais plus le dernier mais je le suis à nouveau suite à cette défection. 

Je continue ma chevauchée solitaire à travers le toboggan de montées et descentes qui longe la frontière. C'est dans ce secteur, sur le chemin Roxham, que les migrants des pays défavorisés passent au Québec, quelques milliers en quelques semaines récemment, O Canada, terre d'accueil. Dans cette portion côteuse du brevet, la moyenne en prend un coup. Déjà qu'elle n'était pas bien élevée et ça ne devrait pas s'améliorer jusqu'au km 130, après la 2ème ascension de la Covey Hill. Je reprends des forces en absorbant mes friandises libanaises et à la noix de coco achetées à la Prep du 1000 de la Gauchetière, des petites boules d'énergie toujours bien appréciées. 

Une pluie soudaine et passagère se déverse pendant quelques minutes, sacrebleu, ce n'était pas prévu au programme. Je n'ai pas emporté mon kit de pluie alors je subis l'averse, pas le choix. Km 83, le grain passe. J'aperçois au loin 2 cyclos dodelinant et peinant dans les côtelettes à répétition. Je reconnais Gaby puis Manuel alors que la CH se profile dans les 10 prochains kilomètres. J'ingurgite un gel de potion magique puis fonds sur mes 2 congénères. Je rattrape Gabriel qui me demande au passage de lui prendre un sandwich au prochain contrôle, des fois qu'il n'y en aurait plus à son arrivée. Ok, lui dis-je, alors que je m'éloigne déjà. Peu après, je dépasse l'ami Speedy Manuel qui a l'air de peiner dans ce relief hostile, je l'encourage en le doublant. 

Yes !!! Je ne suis plus le dernier de la ride. Cela me donne du peps et je fonce vers la Covey Hill, la fleur au fusil, le couteau entre les dents, bref la fleur entre les dents. Voici le camping-golf du Domaine Enchanté, j'amorce la grimpette de 2,6 km, 158 mètres d'ascension a 6%, c'est le segment Covey Hill de Strava. Ce ne sera pas mon meilleur temps mais ce n'est pas pire, je fais ce que je pneu, je me secoue les tripes. Puis c'est la douce descente qui sera remontée tout à l'heure. Cette route est de plus en plus maganée, il n'est pas bon de rouler trop à droite, heureusement qu'il y a peu d'auto par ici. J'arrive à Doréa, lieu lugubre avec son orphelinat désaffecté. Je ne fais pas de tourisme et m'enfuis dans la belle glissade de la 209. Quelques bifurcations plus loin, j'enquille la ligne droite de la 202 menant au 2ème contrôle de Franklin, km 113. 

 Youpi, tout le peloton est là, j'aurais donc repris mon retard. Malheureusement ma joie est de courte durée. À peine le temps de raconter à Jean mon flat de début de brevet, d'acheter un sandwich et un jus, de faire puncher ma carte, d'échanger quelques mots avec Carl qui se pose des questions existentielles, que le groupe des cadors repart, soit 8 cyclos d'un coup. Et merde. Faut dire qu'ils étaient là depuis une demie heure à se sustenter et se reposer. Dommage pour me faire tracter par ces locomotives, ce sera pour une autre fois. Adieu record, ça sent de plus en plus le roussi. Ma moyenne tourne aux alentours de 25 et avec le vent annoncé de Nord au retour, ça devient mission impossible. Un seul vélo est resté accoté, c'est celui de Gigi qui traîne dans les parages mais que je n'aperçois pas. Encore un de rattrapé en tout cas, ça m'en fait 4 depuis ma crevaison, petite satisfaction. Je mange goulument mes tranches de pain au jambon, ingurgite mon V8 aux légumes, soulage ma vessie et repars avant l'arrivée de Gaby et Manuel. Je ne lui ai pas acheté son sandwich car il en restait pas mal dans le frigo. 10 minutes chrono pour cette pause, je bats des records de ce côté. Je gagne effectivement du temps mais le corps peut moins se reposer, est-ce une bonne stratégie ? 

Je repars par la côtelette de la face Est de la montée Covey Hill, petit coup de cul puis ça monte en faux plat jusqu'au relais, pas très dur mais pas très roulant non plus. Puis c'est la vertigineuse descente vers le Domaine Echanté, bis repetita, il ne faut pas manquer le virage à gauche sur la 203, km 127. Ça continue en faux plat favorable jusqu'à Cowan puis direction ouest. Comme le vent est Nord-Ouest, je suis poussé légèrement, peut être que je peux remonter la moyenne. Mais les pauses restreintes commencent à se faire sentir, y a de la lassitude dans les jambonneaux. Je prends donc ça relax d'autant que bientôt je vais reprendre la direction Nord sur la 219 ou Éole m'attend au tournant. En effet, km 150, il me reste 8 bornes jusqu'au contrôle de Sherrington, la progression est plus pénible. Sur ce tronçon de 45 bornes, je fais une moyenne de 25 alors que les autres en groupe doivent avoir rouler à 28 ou plus avec la locomotive Fréchette d'argent. 

Voici le dépanneur Bon Jovy, sanctuaire du checkpoint, il y a encore un vélo, c'est celui de Robert Lafrance, c'est au moins ça. Pointage, casse-croûte et jus vite achetés, le petit gars de l'épicerie me pose plein de questions, c'est bien d'être curieux mon ami mais chus pressé d'aller relaxer. Je m'assois contre le mur pour déguster ma pitance-breuvage et reposer mes biscottos endoloris. Roberto est reparti, il a été rejeté par les bolides, lâché solo dans la nature et le vent, pas de pitié. Peut être le reverrai-je ? Après 12 minutes montre en main, je rembarque sur mon bécyk, dernière ligne droite éventée de 45 kilos jusqu'à St Lambert. Je ne crois plus à mon record mais je file tout de même, pas envie de me faire rattraper par d'autres en arrière. Je sais par expérience que Gaby peut finir fort sur le plat et malgré le vent. 221 Nord jusque St Édouard, un petit zéphyr pleine poire, je roule au ralenti, écœuré. 

Qu'on ne vienne pas me dire qu'il n'y avait pas de vent, comme semble le prétendre Jean dans son commentaire sur le site du CVRM : Pratiquement pas de vent ! Et il rajoute : Merci à Carl qui nous a tiré tout le retour ! Forcément, bien planqué derrière une moto, on ressent moins le souffle d'air dans la face mais plutôt l'aspiration. Car Carl a une toute autre impression des conditions atmosphériques du moment, comme il le commente dans son parcours Strava : Vent de partout et averses ! Morale de l'histoire, ne pas trop se fier à Jean pour le rapport météo. Car avec lui, il ne vente presque jamais et la pluie ne mouille même pas. 

Montée du Moulin et Rang St André, ça ne s'arrange pas. Je rassemble mes dernières forces en atteignant Taschereau, km 191. Je repasse à l'endroit de ma crevaison, là où j'ai scellé mon sort il y a presque 8 heures. Je rattrape Robert avant de tourner sur Provencher, il en a aussi plein son casque de ce petit vent rebelle de fin de brevet. Un coup d'œil au chrono, on peut arriver avant 16h soit 9h de ride, alors je pousse plus fort, Robert s'accroche. Malheureusement, les innombrables lumières en décident autrement. C'est avec un temps de 9h03 que Lafrance et le français en terminent au dépanneur du coin, bouclant les 203 bornes à une moyenne de 24,7 pour ma part, chus un peu déçu. 

J'apprendrai par la suite qu'un premier groupe composé de Carl la fusée, Jean, Yvon et Patrice est arrivé en 8h23, suivi du gruppetto Olivier, Martin et Michel en 8h36. Je relativise ma contre-performance puisque je ne suis pas si loin, ayant roulé 95% du temps tout seul, contrairement à eux. Et puis mon objectif de faire moins de 8h30 voir 8h15 a été à peine réalisé par les excellents rouleurs du club. Bien sûr, ils se sont arrêtés plus longtemps que moi aux contrôles, 1 heure et 15 minutes d'après les infos de Michel versus 43 minutes incluant 17 minutes de crevaison, soit 26 minutes de pause pour mes 200 bornes, un exploit pour moi. Je me suis amusé à décortiquer les stats Strava de Michel, Gaby et moi-même, c'est riche d'enseignement sur les moyennes et les pauses réalisées, voir tableaux. 3 autres cyclos arriveront ensuite, Gaby en 9h40 qui n'a pas réussi à me rejoindre, mais était-ce vraiment son intention ? Enfin Gigi terminera en 9h54 et Manuel en 10h50.

Ainsi s'achève le dernier brevet de 2017 sur une note personnelle mi-fugue, mi-raison. 2018 sera l'année des pré-qualifs pour le PBP 2019, mon nouvel objectif pour les 2 années à venir. Il vaudra mieux faire toute la série des brevets 200-300-400-600 pour mettre toutes les chances de mon côté pour la sélection à la reine des épreuves de longues distances de classe mondiale. En attendant, voilà que se pointe à l'horizon le terrible hiver des marcheurs blanc qui nous fera hiberner environ 6 mois. Pendant tout ce temps, le petit hamster n'a plus qu'à pédaler sur son rouleau pour être prêt à repartir dès la fonte des neiges et la coulée du sirop d'érable. 

samedi 2 septembre 2017

Un populaire à la bourre

Pourquoi à la bourre ?

En ce début septembre, la journée s'annonce plutôt sous de bons auspices pour l'avant dernier brevet 2017 du CVRM, le fameux populaire de 140 bornes. Il est prévu de faire beau, pas trop chaud, avec un vent négligeable, bref de belles conditions pour se faire une sympathique ride entre amis cycloteux. Je me réveille vers 7h dans une tranchée de Verdun, auprès de ma blonde, qu'il fait bon dormir, air connu. Je déjeune en écoutant les news sportives dont l'US Open et la Vuelta sur YouTube puis me prépare tranquillement. Pour 8h, un peu distrait, j'emmène mon stock a l'auto. J'ouvre le coffre sans débarrer les portières, je remets les clés dans le sac, je dépose le sac dans le coffre puis ferme celui-ci. Bravo Champion !!! Et elles sont ou les clés maintenant, à ton avis ? L'auto est barrée avec les clés à l'intérieur. Je retourne à l'appartement tout penaud en me mettant quelques baffes bien méritées. Le temps de chercher sur le web une solution simple à mon petit problème, d'appeler un taxi qui offre le service de déverrouillage d'auto pour les abrutis de mon espèce, d'ouvrir la portière conducteur à la manière d'un voleur, de tenter et réussir à débarrer le coffre qui résiste car pas d'ouverture de l'intérieur, qu'il est déjà dépassé 9h. Que faire ? Le départ du brevet étant donné à 9h pétantes, le temps de charger mon vélo et de passer sur la rive sud, que mes amis breveteux seront déjà bien loin. De toute façon, je suis réveillé et mindé pour faire du bécyk alors je relève le challenge et je file à St Lambert. 

Je rejoins donc le stationnement de la voie maritime et récupère ma carte de brevet laissée sur la voiture de Nathaniel, merci à l'organisateur de penser aux retardataires. Je finis de m'équiper puis m'élance enfin, il est 9h50. C'est quasi mission impossible de rattraper mes compagnons, n'ayant point les jarrets de l'ami Fred qui me permettraient de voler à leurs basques. Pas de panique, je roule tout de même à bonne allure, sait-on jamais qu'il y aurait des lambinards ou des malchanceux ayant eu des ennuis mécaniques. Je peste après les lumières de la banlieue qui me freinent encore un peu plus. Allez bordel, j'ai des vaches à traire et surtout 75 bornes à parcourir jusqu'au premier point d'arrêt programmé. Je quitte le trafic par Grande Allée, la moyenne s'élève doucement, je me prends à croire que je vais bien finir par les rattraper. Une moyenne de 27 est vite accrochée, malheureusement je plafonne à cette vitesse jusqu'au premier contrôle de Lacolle, sans prendre le temps de m'arrêter une seule fois. J'entre dans le dépanneur, achète un Pepsi, me fait signer la carte de brevet et demande à la madame mon retard sur les derniers cyclos repartis, environ 20 minutes me dit-elle. Le temps de vidanger ma vessie, de vider mon coke et remplir à nouveau ma vessie, d'avaler un peu d'énergie sous forme de banane et je repars avec 10 minutes de pause dans la musette. 

J'appuie de plus belle sur les pédales, sait-on jamais, peut être que ... le prochain contrôle étant distant d'une vingtaine de bornes. Je poursuis solo avec cette fatidique moyenne a 27, peux pas faire mieux, en fait, pas envie de faire mieux ! Il fait vraiment bon pour cycler, c'est une belle journée de fin d'été et je profite du paysage après tout. J'atteins le Shell du 2ème contrôle, achète un casse-dalle au jambon, me renseigne sur mon retard, une dizaine de minutes sur le dernier parti, m'informe-t-on. Fais chier, plus envie de me décarcasser, je prends le temps d'avaler mon sanouiche tranquillement en sirotant une boisson gazeuse. 

Il me reste une quarantaine de kilos à parcourir, sans grand espoir de rejoindre mon peloton de cuisses connues. Vers Candiac, j'aperçois un cyclo cherchant sa route à partir d'une feuille de papier, peut-être un nouveau venu au brevet pop qui ne connait pas bien le parcours. Je poursuis mon chemin par St Philippe puis la 104 et Taschereau. Pour 15h15, je me pointe au dépanneur de l'ultime contrôle sur Riverside mais celui-ci est fermé pour cause de rénovation. Ouin, que faire dans ce cas ? Je repars vers St Lambert à la recherche d'un autre commerce, je trouve l'Ultramar de mon pâté de maison ou je fais signer le carnet de route, juste pour la forme. Soit dit en passant, ce bout de carton n'a aucune valeur puisque c'est un brevet de découverte qui ne partira pas à l'homologation. 

Je retourne au parking de la VM et retrouve enfin mes compagnons du jour que j'ai poursuivis à distance. Mis à part Fred qui doit être là depuis plus d'une heure, les autres ont rejoint la base depuis un bon quart d'heure et font le débriefing de la sortie. Il y a Catherine et Odile une nouvelle venue, Nathaniel, Olivier Caty qui a fait le Granit Anvil récemment et Michel Lemaire, mon Mitch d'un 300 mémorable. Le dernier de la bande, un nouveau aussi, mexicain d'origine, se prénomme Manuel, mais il s'est fait décroché au retour et n'a pas encore rallié le fil d'arrivée. C'est bien lui que j'avais vu à Candiac, tout de vert vêtu, le voici enfin quelques minutes après moi. Toute la gang est satisfaite de cette belle journée, ils ont flyé ça à 28 de moyenne d'après les stats de Nathaniel. Dommage pour moi qui roulait juste un ton en dessous et presqu'une heure de retard. Manuel propose des bières fraiches à la communauté et certains se ruent dessus comme la pauvreté sur le monde. Ainsi s'achève ce brevet populaire, en pensant déjà au dernier brevet de 200 de la semaine prochaine. Cette fois, j'essaierai de ne pas être à la bourre !

Cliché façon JB

vendredi 11 août 2017

La Coupe à Roger pour son premier 200 MTL-OTT

La nuit fut courte car le cadran retentit à 3h45, c'est je jour J du fameux raid Montréal-Ottawa tant attendu par mon collègue Roger d'Hydro-Québec, depuis le temps qu'on en parle, je ne voudrais pas le décevoir. Je délaisse mon fiston dans la chambre, il dort du sommeil du juste ce brave petit. Déjeuner habituel café-toasts confiturés agrémenté d'une banane pour stocker un peu plus d'énergie. Mon matose est déjà prêt depuis la veille, ma sacoche Arkel est de sortie pour y loger des affaires pour l'autonomie, la nuit et la pluie, sait-on jamais. La météo est bonne pour le vent, favorable d'Est, parfait pour notre direction, c'est plutôt rare dans cette région, c'est dire que les astres semblent alignés pour réussir la mission chère à Mister Lapointe. Le sieur Bélanger a dû déclarer forfait il y a une semaine, il ne se pense pas assez en forme pour 200 bornes. En effet, il a eu mal au dos au bout d'une centaine de km lors d'une récente ride d'entrainement. Et pour couronner le tout, il s'est fait voler son vélo quelques semaines auparavant, pas évident de retrouver la position optimale sur son nouveau bécyk. Pas de chance l'ami, ce sera pour une prochaine fois. C'est d'autant plus dommage qu'il devait venir avec son fiston, nous aurions formé un paquet de 4 cyclos, soit les 3 mousquetaires et bibi dans le rôle de Dartagnan. Mais là, on s'écarte du sujet, alors revenons à nos moutons.

Pour 5h donc, j'installe mon Piuma sur l'auto et rejoins la rue Nadeau à Brossard. Roger m'attend de pied ferme, il a mal dormi car un peu excité par l'événement. C'est la première fois qu'il va réaliser plus de 200 000 mètres sur 2 roues, une douce folie. J'installe sa monture sur mon rack, un Specialized Awol en acier, à pneus de 32 et pédales pas de clip. Nous traversons le pont Champlain et faisons escale à Verdun chez ma chérie qui doit aussi dormir du sommeil du juste. J'ai mis mon tracker en marche avec position GPS aux 20 minutes car je sais que Marielle prend un malin plaisir à me suivre à distance. Je stationne mon auto derrière chez elle, on prépare les vélos, on se prend un premier cliché de départ à l'aube naissante et voila que débute notre randonnée pour la capitale fédérale. 

Départ de Verdun

5h45, c'est parti mon kiki, le jour se réveille et nous aussi, il fait déjà moite, la journée s'annonce chaude avec un petit risque d'orage à l'arrivée, on verra bien. D'abord, nous empruntons la piste cyclable, déserte à cette heure, comme c'est agréable. On papote, je prends quelques photos, les premiers kilomètres défilent doucement à allure relativement faible, je n'ose pas appuyer trop fort pour le départ, pas envie de mettre la pression sur mon partenaire. On atteint Lachine puis Dorval, pause santé, toilettes et banane, km 18. 

Sur la piste cyclable, pas un chat, juste Roger pis moé !

Aux chiottes Roger !

Les bécyks font connaissance

C'est ensuite le chemin du Bord du lac avec quelques secteurs fermés à la circulation pour cause de réfection de chaussée, heureusement à vélo, ça passe sans problème. En fait, y a pas vraiment de trafic, c'est vrai qu'on est vendredi, jour de semaine et que les touristes du week-end se fond plutôt rares. Nous voilà déjà à Ste Anne de Belleview, petit cliché, nous montons le tourniquet qui nous sort de l'île de Montréal par la piste longeant la 20. Arrêt un peu plus loin au Tim de Pincourt, km 42. Moyenne de 22 pour ce premier tronçon, on est sur la moyenne prévue mais on peut faire mieux vu les conditions météo favorables et l'absence de notre boulet Sylvain Bélanger, je te niaise mon Synvain, tu le sais bien. Tim déjeuner, café croissant saucisses patates, de quoi refaire le plein d'énergie pour la suite. 

Belle vue à Ste Anne de Bellevue

Ravito au Tim de Pincourt

Tim déjeuner frenchy avec café croissant

On ré enfourche nos bécanes pour 8h30, un peu d'avance sur l'horaire est toujours bon pour le moral. Traversée de Vaudreuil Dorion, pas mal achalandé pendant les heures de pointe, on retrouve bientôt la quiétude de la campagne et du bord de l'eau, on longe le lac des 2 Montagnes. Roger apprécie l'endroit, on fait un court stop au passage du traversier Hudson-Oka. Le revêtement de la route est comme je l'avais prédit, c'est à dire pas mal magané, à revoir cette route si elle veut que je la reprenne la prochaine fois. Mon compagnon est content de pédaler et il le manifeste en piquant une pointe à la sortie de Calumet, je me mets dans sa roue et j'attends qu'il se calme. C'était sur l'élan de la petite descente à 50 à l'heure me dira-t-il ensuite. Qui veut aller loin ménage sa monture mon Roger, adage bien connu du randonneur. On atteint déjà Rigaud, km 70 ou mon plan de match prévoit une pause. Mais comme tout va bien, pas fatigués, pas affamés, nous faisons juste un arrêt banane et sanitaire. Je me remets de la crème a cul car je soigne un petit bouton mal placé et je n'ai pas envie que ça dégénère, à date tout va bien de ce côté. 

Prend-on le traversier à Hudson ? Non !

Les conditions sont toujours parfaites, ciel bleu, chaleur pas encore trop accablante, vent faible et favorable, nous poursuivons vers Hawkesbury, prochaine étape. Nous quittons temporairement le Québec et sa 342 pour entrer en Ontario par un chemin de gravel déjà parcouru de nuit lors de notre MOM 2015 avec Gaby. La route est moins pourrie que je pensais, les gravillons ont été éjectés sur les bords de la route, c'est maintenant de la terre bien tapée que nous foulons. Rog roule à ballons rompus sur ce tronçon. Il s'en donne à cœur joie avec ses 32 crantées alors que je préfère rouler calmos avec mes 23 slick. Regroupement en arrivant à Chute à Blondeau, photo du panneau avec le fou à Blondeau, c'est qui? C'est kiki! Nous suivons de près la rivière Outaouais, quelle belle journée d'été, vive le vélo. Km 105, nous stoppons au Subway de Hawkesbury, repère de motards car la région est bien agréable donc très touristique. Il est 11h15 et nous avons près d'une heure d'avance sur l'horaire, moyenne de cette étape de 63 km à près de 25, bravo l'ami Roger. On s'enfile un panini chacun, des biscuits et une boisson en fontaine, nous refaisons aussi le plein d'eau fraîche et de glaçons dans nos Camelbak, super le Sub pour ça. 

Le fou à Blondeau !

En Ontario, vers le pont de Hawkesbury

Fill the tank of water !

Tim Horton vu du Subway à Hawkesbury (Ontario)

Après ce repos récupérateur, nous reclippons, enfin façon de parler, je reclippe, Roger pose ses pieds sur les pédales, il faudra qu'il songe à s'équiper plus adéquatement la prochaine fois, il ne peut que s'améliorer en maximisant son pédalage. Coup d'œil météo, le vent sud-est devrait perdurer encore 2 bonnes heures, ça tombe bien car nous sommes dans la bonne direction pour l'avoir full dos. Nous traversons le pont sur la rivière frontière pour revenir en terre québécoise et attraper la 148 ouest qui nous emmènera jusque Gatineau. L'asphalte de la bande cyclable est super bon, le ventre est plein, les muscles sont remplis d'énergie, le vent nous aide, tout cela contribue à faire monter notre moyenne d'un cran. Quelques pointes de vitesse à plus de 30, je mène l'allure, mon partenaire suit la cadence sans broncher. Du coup, Montébello km 134, est vite rejoint, pause photo devant le cadran solaire de Papineau et les belles demeures du village, c'est la capitale des maisons de bois rond icitte. Nous poursuivons notre rush sous la chaleur qui commence à s'intensifier et y a pas grand vent de face pour nous rafraîchir. On est bien content d'arriver au Tim de Papineauville, km 146, arrêt rafraîchissement, il est 13h30. Nous avons réalisé notre meilleure moyenne sur ce stretch, plus de 26 à l'heure pour 40 bornes, trop fort. Séquence souvenir, c'était à cet endroit qu'on avait roupillé une heure avec Gabriel lors de notre Aller-Retour Ottawa, les banquettes étaient toutes neuves, il y a 2 ans de cela, en phase de préparation du PBP. Épisode smoothie pour Rog et cappuccino glacé pour moi, sti que ça fait du bien d'être à l'air climatisé. On redescend en température mais on doit retourner à la chaleur accablante au dehors pour notre dernier quart du parcours. 

De retour au Québec, quel exotisme ce voyage !


Montébello et sa halte touristique

Papineau a t il inventé le cadran solaire ?

Tim de Papineauville, Gaby et moi y avions dormi en 2015

Les nuages commencent à envahir le ciel, la prévision d'orages se précise, le vent change de direction, la progression est moins facile. Je mène toujours le rythme, Roger commence à sentir quelques signes annonciateurs de fatigue. Son popotin se fait de plus en plus inconfortable sur sa selle en plastique bien dur, un de ces genoux commence à lui faire mal. Je maintiens une allure raisonnable a 23 et nous progressons tant bien que mal. Traversée de Plaisance, Roger me demande une pause pour faire souffler la machine, nous ferons alors l'arrêt prévu à Masson-Angers. Il n'y a pas de Tim, de Sub ou de McDo recensé sur mon itinéraire aussi je recherche un spot à bouffe sympa où nous pourrions relaxer. Le Coin du Ronfleur à Angers km 178 fait notre affaire, un Pepsi et une Sloche sont vite ingurgités en reprenant des glucides par des bananes et autres gâteries. Le poids des kilomètres font irrémédiablement leur effet sur mon compagnon pas habitué à la longue distance, c'est l'expérience qui lui rentre dedans. De mon côté, tous les voyants sont encore au beau fixe, mon corps est habitué à ce genre d'exercice, ce ne sont pas 178 malheureuses bornes qui vont m'entamer, c'est même pas la première étape du PBP qui compte 220 km ! On repart vers 16h, je lâche quelques mots de motivation à mon compagnon, il ne reste en effet que 30 kms avant la délivrance à Ottawa. 

Pause sloche à Masson-Angers au coin du ronfleur

Tout va bien dit Roger (mais j'ai un peu le cul en compote)
 
Nous continuons la route 148, la circulation s'intensifie à mesure que nous approchons de la grosse agglomération de Gatineau. De plus, ce sont les heures de pointe, de sortie de bureau et de départ en week-end, je n'avais pas prévu cet aspect, j'aurais dû tracer une autre parcours dans ce secteur. C'est donc au milieu des lumières du trafic, des automobilistes dangereux qui nous frôlent sans respecter la distance de sécurité que nous traversons l'immense zone commerciale qui semble interminable pour Roger. Quand est-ce qu'on rejoint la piste cyclable plus tranquille, me demande-t-il inquiet et passablement lessivé ? Dans environ 5 bornes, lui réponds-je sans savoir exactement si c'est la bonne réponse, juste pour le faire patienter. Après un bon gros 5 bornes de cascades périlleuses au milieu du flot des fous et furieux, le Garmin m'indique enfin la bifurcation à gauche pour le chemin plus calme et moins fréquenté. Manque de chance, il y a de la construction et cette foutue route se réduit à une voie de circulation avec un passage dans la garnote. De mon côté, je manque de me vautrer en roulant sur des roches tandis que Roger se fait frôler de très très près par un truck tractant un bateau plus gros que lui. Les Tabarnaks fusent de tous côtés. Heureusement, nous nous en sortons sain et sauf. 

Croyez-vous aux extra-terrestres ?

Un peu envoûté par l'endroit


Après cet épisode fortement risqué, je trouve un coin de pelouse où mon Roger peut se reposer en toute quiétude, il n'hésite pas une seconde à s'étaler sur le dos pour relaxer toutes les parties de son corps, même celles dont il ignorait l'existence. Je prends une photo à son insu pour immortaliser cette terrible scène d'un être humain en souffrance. J'en profite pour recharger mon GPS, lui aussi en manque d'énergie. 

Pause de survie à Gatineau

Le plan est devancé, une heure d'avance car la moyenne est à 24

Plus que 9 bornes, il faut se ressaisir et reprendre la route pour atteindre notre but final. Nous sommes encore en avance sur l'horaire alors y a pas le feu au bocal. Roger se décide à reposer ses fesses sur son bécyk, reprenant la piste cyclable qui longe la rivière des Outaouais. Belle vue sur une marina, je mitraille quelques photos sur le vélo alors que le ciel s'obscurcit, espérons que nous arriverons au sec. Le vent n'est plus notre allié, il faut à présent appuyer vigoureusement sur les pédales pour avancer. Mon Garmin se perd dans ce labyrinthe de pistes menant au Parlement d'Ottawa, je l'arrête donc, j'enregistre mon parcours avec 206 km à l'odomètre et 24 de moyenne, puis mon iPhone et Google Maps prennent le relais pour le final. Nous empruntons une estacade de bois fraîchement construite longeant la rivière avec le skyline de la capitale en toile de fond. Nous devons faire un détour car une magnifique exposition de sculptures végétales pour fêter le 150éme du Canada nous barre le chemin. Encore quelques prises de vue et nous roulons sur les planches du pont Alexandra, signe du fil d'arrivée tout proche. 

Arrivée vers Hull

Dédale de pistes cyclables, Roger soulage son popotin

Enfin le parlement d'Ottawa au loin

Détour à cause du Canada 150

Un dernier effort mon Roger et nous voici enfin sur les pelouses face au Parlement juste à côté de la flamme du centenaire. Bien entendu, nous demandons à un des innombrables touristes de la place de nous tirer fièrement le portrait à côté de nos valeureux destriers. C'est fait, nous pouvons célébrer notre arrivée victorieuse, il est 18h et 211 bornes dans la musette, bravo à nous 2. La coupe symbolique est décernée à Roger, coupe Rogers oblige! Notre seul regret est de ne pas avoir été accueilli par Justin mais je pense que son agenda ne le permettait malheureusement pas. 

La photo finish des vainqueurs du MTL-OTT 2017
 
Justin n'est pas venu nous accueillir à l'arrivée


Rog s'occupe de la logistique du retour en téléphonant à sa femme qui doit être en train de magasiner dans les environs avec une amie. Nous nous fixons un point de ralliement dans le centre ville à un coin de rues équipé d'un Tim Horton, of course. Nous y prenons un rafraîchissement en attendant le carrosse du rapatriement. Quelques minutes plus tard, Marie-Victoria et Virginia arrivent et stationnent le Honda CRV, c'est assez spacieux pour y loger nos 2 vélos avec les roues démontées, wow j'en suis agréablement étonné. Pour reprendre des forces et célébrer la fin cette belle aventure, nous allons nous restaurer au Lone Star Texas dans la banlieue d'Ottawa, la cuisine texane est à l'honneur. J'y prendrais des fajitas aux crevettes arrosées d'une bibine rousse bien fraîche et grand modèle SVP. Notre quatuor s'en met plein la panse en se racontant les péripéties de notre journée respective. 

Roger s'occupe la logistique de retour

Marie-Victoria et Viriginia sont là pour nous congratuler

Pause resto bienvenue au Texas Lone Star

Menoum miam les fajitas de shrimps

Marivic s'amuse, Roger se concentre !

Il est environ 21h lorsque nous mettons le cap sur la métropole québécoise, cette belle ville de Montréal. Roger est notre chauffeur, je lui parle en chemin pour éviter qu'il s'endorme, sait-on jamais! Nous déposons Virginia à Laval, enchanté d'avoir fait la connaissance de cette sympathique haïtienne d'origine. Puis le taxi Roger me reconduit à Verdun, je remercie encore Marivic d'être venue nous chercher à destination et je congratule encore plus l'ami Roger pour sa belle prestation. Nous ferons d'autres aventures cyclistes ensemble, ça c'est certain, reste plus qu'à trouver de nouveaux défis. Quant à lui, je lui conseille d'équiper son vélo de pédales à clip et de se trouver un meilleur kit selle-cuissard, il appréciera davantage sa performance en finissant en meilleure condition. 

Je retrouve ma dulcinée qui a suivi tous nos exploits grâce au tracker, elle m'a même envoyé quelques textos au cours de la journée. Je prends une douche réparatrice puis nous sirotons quelques boissons fraîches et ainsi s'achève cette journée du vendredi 11 août 2017 vers 23h30. Demain sera un jour nouveau et le début du week-end, nous aurons certainement envie de faire un peu de vélo, histoire de nous défouler les guiboles !!! 

samedi 8 juillet 2017

Jamais 2 sans 3, fois 100 bornes, le compte est bon !



Mon Piuma TI

Réveil de brevet vers 4h30, douche, déjeuner et derniers préparatifs pour un 300 bornes homologué. J'ai remis ma sacoche Arkel sur mon Piuma par l'intermédiaire du support Arkel fixé à la selle, tout ça parce que de la grosse pluie est annoncée et qu'il faudra peut être stocker du linge. J'ai encore hésité avant de me lancer mais cela faisait longtemps que j'avais planifié cette petite ride avant mes vacances alors je me lance, on verra bien, si ça me gave, je ferai demi-tour. 5h30 je quitte mon condo, le ciel est nuageux mais pas de goutte pour le moment, je file jusqu’à l'aire de départ. Quelques habitués sont fidèles au RV, Ralph qui va participer au prochain Londres-Édimbourg-Londres, nom de code LEL-2017, Olivier C, Gaby, Jean le président bien sûr et un nouveau sur la distance, Julien Lejour ayant déjà effectué un 200 récemment. Photo de départ vers 6h, qui malheureusement n'apparaîtra pas sur le site du CVRM car l'administrateur a des problèmes avec son fournisseur d'hébergement de photos, alors pas de photos ci-dessous. Je n'en prendrai d'ailleurs pas de la journée, pas le goût de ressortir mon iPhone, particulièrement en milieu humide. 

C'est parti mon kiki pour une joyeuse partie de manivelles, Jean et Julien partent devant en quittant la banlieue, ils ont des fourmis dans les jambes, le gruppetto de 4 que nous formons sera l'arrière garde pour la journée. A peine 20 minutes que nous pédalons que madame la pluie s'invite à notre balade, elle ne nous quittera pas jusque Granby, soit pendant 3 heures alors autant se faire une raison. Nous enfilons les impers sur Grande Allée, les nuages s'obscurcissent et l'ondée s'intensifie fortement. Voilà Richelieu puis Marieville, nous filons en formation sur la 104 fendant l'écume tels des navires puis naviguons sur les petites routes menant à St Césaire, km 54. C'est maintenant le déluge et nous sommes bien contents de nous abriter pour pointer nos carnets de route. Nous prenons un peu de réconfort à l'intérieur, on s'alimente sommairement mais la météo ne s'arrange pas et va falloir retourner sous la flotte. Au moins quand on pédale, on se réchauffe, alors qu’arrêté, on grelotte dans la clim du dépanneur. 

Nous ré enfourchons donc nos bécanes et attaquons la piste cyclable, Ralph et Olivier roulent à leur allure habituelle, c'est à dire soutenue, Gaby a du mal à suivre le rythme et traîne quelques centaines de mètres derrière. Je suis mes 2 maîtres de l'asphalte qui n'arrêtent pas de pipletter, je suis immergé dans ma bulle d'eau à écouter ma musique d'une oreille. Voici Granby, Gabriel nous rejoint. A l'amorce des bosses sur le chemin Saxby, les 2 hommes en OR s'enfuient par l'avant tandis que Gaby re disparaît par l'arrière. Je me retrouve seul à mon rythme dans les reliefs du chemin Brome jusqu'à l'IGA du 2ème contrôle, km 115. La pluie a enfin cessé et il est permis de penser que ce sera fini pour la journée, j'ai bien fait d'insister ce matin, je ne me sentais pas refaire demi tour et abdiquer comme à mon premier 300 en mai. Pourtant il y avait de quoi abandonner avec toute cette masse d'eau bien reçue 5 sur 5. Regroupement, ravitaillement et signature, nous ingurgitons nos victuailles pour remettre du gaz dans le réservoir, délestage des habits de pluie, passage aux toilettes mais elles sont occupées. Olivier va y passer un bon moment, environ 10 minutes à mon chrono, ce devait être un numéro 2 puissance 10. Enfin il me libère l'espace et lorsque j'en ressors à mon tour, mes compagnons ont levé le camp. 

Me voilà donc seul à repartir, merci Olivier. Côté vent, celui ci est plutôt favorable pour le moment, je navigue à allure soutenue sur la 243 ou l'accotement est toujours bien pourri. Je dépasse le dépanneur Fusée et quelques kilomètres plus loin, je rejoins mes acolytes arrêtés à une lumière de construction. Me revoici dans le gruppetto de 4, nous dépassons Mansonville, pas d'arrêt habituel cette fois-ci pour moi, je veux rester dans le pack. Dans la vallée de la Missisquoi, Olivier appuie sur les pédales sans trop regarder ce qui se passe en arrière, on se retrouve vite à 2 sans Ralph ni Gaby largué depuis un petit moment. La cote de la Scénic arrive bientôt au km 164, j'ai l'intention de monter à un bon rythme pour essayer de battre mon PR sur Strava car il n'est vraiment pas terrible. Je grimpouille énergiquement, pas le choix que de passer mon petit plateau, trop dur sur le 36 avec ces passages à 12%. On termine ensemble avec Olive, je pense que le PR est dans la poche car j'avais déclenché mon chrono en bas, 14'57, c'est largement battu de 2 minutes, ça me rassure, mon Piuma est bien plus léger que mon Turismo! On attend poliment Ralph au sommet mais pas Gaby, il doit être trop loin. Nous basculons sur Abercorn puis avalons les 9 bornes jusqu'au check point de Sutton, km 183. Ralph a envie de manger au Subway, royaume du pain qui pue, nous exauçons son vœu. On se restaure, pas de trace de Gaby, perdu dans la nature? 

On remet en route par la 215 qui remonte plein nord vers la 104. Le vent est défavorable sur cette portion, je laisse les relais aux hommes forts. À Cowansville, Gaby réintègre le paquet comme par enchantement, à la faveur des lumières. Joyeux pédalage vers Dunham par la 202 puis on bifurque vers Stanbridge. Encore quelques raidillons et plus de Gaby. C'est la section du brevet que j'apprécie le moins, c'est plate à tous les points de vue et les organismes commencent à accuser le coup. Ouf, voilà enfin Farnham, sa voie de contournement et son dépanneur ou mes compagnons ont besoin de refaire le plein alors on s'arrête, quoique St Césaire n'est plus très loin, la loi du nombre. On reclippe et on tombe sur des panneaux route barrée, en fait la route est juste défoncée et affaissée mais c'est largement passable à vélo. Ralph fait un flat à ce moment là mais je ne m'en aperçois pas et je continue ma route solo. J'atteins le check point en m'arrêtant à nouveau au Subway, une gentille famille me laisse passer devant, ça ira plus vite qu'au Tim me dis-je. J'engloutis ma soupe et mon 6 pouces, espérant revoir mes compères arriver bientôt. Mais à la fin du repas, personne ne se pointe, ne sachant pas qu'ils ont pris du temps pour réparer une crevaison. 

Je repars alors pour l'ultime stretch de 45 bornes sur la 112, il est presque 19h et je ne devrais pas avoir besoin de mes loupiotes. Éole me rentre un peu dans la face alors pas de grosse moyenne, je me maintiens a 25 jusque St Hubert. Je suis surpris de revoir Gaby, il est bon généralement dans le final, d'autant qu'il n'y a plus de bosse. Dans le dédale des lumières de la cité, je le perds à nouveau et me dépêche pour arriver avant l'heure juste et fatidique de 21h au dépanneur km 311, temps officiel de 14h51, 25,5 de moyenne, pas pire malgré le déluge du matin qui nous a pas mal pénalisé. Gabriel arrive 6 minutes plus tard, je le congratule et repars vers mon chez-moi. Ralph et Olivier arriveront 45 minutes après, ils clôtureront ce brevet. 

Téléphone à ma chérie, douche au condo et je repars en auto pour Verdun afin d'y terminer la soirée en bonne compagnie. Tour de France stage 8, le français Calméjane remporte l'étape en solo et avec des crampes, bibine puis dodo collés-serrés.

Mon brevet de 300 sur Strava, près d'une cinquantaine de PR sur ce parcours archi connu, plus mon PR dans Scénic Est. 

Mon Turismo TO