samedi 10 juillet 2021

Un 300 bien entouré mais pas très excité !

Prologue

Après notre projet de 400 avec Roger avorté, pour cause de genou gaspésien bloqué, et avant mes vacances d'été, j'ai le goût de rouler un petit brevet de 300 bornes. Cela me gardera en forme et maintiendra ma charge kilométrique hebdomadaire. De plus, la météo du samedi s'annonce excellente, beau temps pas trop chaud, pas de pluie, peu de vent. Alors let's go, la vie est belle. 

Cependant, je n'ai pas envie de me lancer dans cette partie de manivelles en solo. Aussi, grâce à Jean, je rentre en communication avec Sebastian, mon partenaire du récent Pop Audax, pour l'initiation à son premier 300. Celui-ci est partant malgré sa 2ème dose de vaccin reçu l'avant veille du départ. Je lui propose de vivre cette expérience ensemble, en mode mollo. Il me prévient qu'il veut plutôt rouler à bonne allure. On verra ben !

Hanh, également présente au Pop Audax, entre en contact avec moi pour savoir si je veux rouler avec elle. Elle partirait de St Césaire afin de soustraire 100 km et faire juste 200 bornes. Je lui précise que je veux effectuer le 300 officiel, donc pas de départ déporté. Mais c'est une bonne idée à retenir pour s'éviter un aller-retour St Césaire et raccourcir la distance.


Samedi 10 Juillet

Le jour J est arrivé, l'heure H est prévue vers 6h du mat à la VM. Je m'y rends quelques minutes avant pour prendre le pouls des participants, en jasant par-ci par-là. 

Doc Pascal vient prendre le pouls des participants

D'abord voici Richard C, de retour de son Défi des 21 côtes, échoué de peu pour cause de crampes. Puis Jean le distributeur de cartes et son pote Martin D qui se prépare à son auto. 

Jean fidèle au départ et Richard bien affûté à 70 ans

Olivier C est là aussi, bien qu'ayant parcouru 1000 km la semaine passée. Il n'a pas l'air dégoûté du vélo malgré ses 72 heures d'effort intense sur les routes du Québec. 

Olive au départ du brevet après un 1000 la semaine passée

Yves, le chinois d'origine ayant étudié à Villeurbanne en France, retrouve son ami de brevet Stéphane, notre avocat déplumé, ils ont effectué quelques brevets ensemble et roulent souvent roue dans roue, gare la chute. Gaby fait aussi partie de la fête, je le salue fraichement, nous en reparlerons plus tard. Marcus et Romain sont venus se délier les jambes jusqu'au 1er contrôle, ils n'ont pas la journée à consacrer au vélo. 

Romain en invité surprise jase avec un gaspésien

Il manque un allemand à l'appel, c'est Sebastian qui me téléphone pour avertir qu'il est bloqué au pont Victoria ! Mais que diable fait-il là, c'est interdit pour les vélos. Il devra faire le tour par le pont Champlain et sera donc en retard. Je préviens Jean pour qu'il laisse sa carte de brevet sur le pare-brise de sa Camry. 

Fébrilité avant départ, Sebastian s'est égaré sur les ponts

Hyun est venu nous saluer au départ, c'est bien sympathique. Il va rouler avec sa femme pour 80 bornes dans le coin de Trois-Rivières. Photo de départ à 6h03 pétantes, c'est parti mon kiwi pour une nouvelle journée d'aventures.

Marcus au kodak et moi pas de vélo, en contact avec Seb


Km 0 - Départ de St Lambert

Jean Sans Terre et Richard Cœur de Lion filent à l'anglaise, je ne les reverrai plus pour aujourd'hui, bonne ride les aminches. Notre peloton de 6 reste groupé pour sortir de la banlieue par les grandes artères. Pensée pour Seb qui va devoir se défoncer pour nous rejoindre au prochain contrôle de St Césaire. 

Km 10

Grande Allée, ça papote dans les rangs, le jour se lève tranquillement, il fait bon, nous sommes en forme, tout va bien !

La pipelette de Maria ;-)

Km 20

Grande Ligne, route toujours aussi défoncée, l'allure n'est pas très élevée, avoisinant les 26 de moyenne. Chacun prend ça relax, c'est plutôt rare, je ne vais pas m'en plaindre. Le vent en campagne est négligeable. 

Tous en ligne sur Grande Ligne

Km 23

Une envie de pisser me démange depuis quelques kms, je m'arrête pour procéder à une vidange. Romain m'accompagne, la gang continue sans attendre, bien entendu. C'est la règle des randonneurs à allure libre. 

Km 27

En duo, nous entamons une course poursuite effrénée de 4 bornes pour rattraper le paquet. Je me prends pour un coureur du Tour de France attardé et je comprends comme ce n'est pas facile de revenir dans les roues d'un peloton lancé à allure de croisière. Après quelques PR à 42 km-h, nous effectuons la jonction. Merci Romain, mon légionnaire de garde, pour cet effort à haute intensité, hihi !

Sprint de rattrapage de peloton

Km 36

Petit tour sur la 112 vers Richelieu puis on déboule sur la Route des Champs. C'est toujours agréable de rouler sans auto sur cette piste en début de journée. Cliché du peloton dans la brume matinale sur fond du Mont Rouge ! Comme la couleur des pommes. 

Gorilles dans la brume matinale de Rougemont


Km 52 - Contrôle 1 de St Césaire

Vers 8h, nous rallions le célèbre Ultramar de St Césaire, point de chute de multiples brevets. Chacun vaque à ses occupations. Stéph retire ses chaussures, Olive se brosse les dents. J'ôte mes manches longues et vais me chercher de quoi déjeuner, un bon café au lait avec chausson tout chaud. Certains m'imitent, comme Yves qui se surprend à boire un chocolat. 

Stéph ôte ses shoes, Seb s'étire après son CLM solo

Nous disons au revoir à Marcus et Romain qui retournent dans leur foyer pour passer un samedi familial en Mauricie. Y a pas que le vélo dans la vie ! Pas de trace de Hanh qui devait partir d'ici, sûrement qu'elle est déjà sur la route, avec Jean à ses trousses. Sebastian arrive entre temps, il est parti avec un retard de 20 minutes, il n'a pas du se ménager pour nous rejoindre. Olive est le premier à remettre les voiles, peut-être espère-t-il rattraper Jean et Rich, l'espoir fait vivre. La pause se prolonge sans raison alors je me décide aussi à remettre en route. Seb le teuton m'emboite la roue aussitôt. 

Yves boit son chocolat, Marcus et Romulus se tirent ailleurs

Km 56

Sur la piste de la Route des Champs, les 4 poursuivants Gaby, Martin, Yves et Stéph nous rattrapent déjà. Nous prenons un bon rythme en direction de l'Est vers St Paul d'Abbotsford. Je discute avec Gaby au sujet d'un malentendu vite dissipé. Il est ben susceptible parfois mon autre ami gaspésien.

Sur la piste des Champs en côtoyant le mont Yamaska

Km 72

Fin de la piste verdoyante et voici Granby. La chaleur commence à monter mais ce n'est pas encore la canicule. Je propose un arrêt sanitaire au Vélogare du lac. 

Vélogare de Granby toujours très achalandé

Km 80

Pause collective donc, bienvenue pour tous apparemment. Dépôt du bilan pour bibi aux toilettes publiques, crémage et déshabillage pour certains. 

Tite pause bienvenue pour tous

Nous retrouvons Olive qui a préféré nous attendre pour ne pas rouler seul. Dix minutes plus tard, nous sommes repartis.  

Olive n'a pas rattrapé les 2 fusées, il nous attend

Km 88

Un bout de piste cyclable le long du lac Boivin en file indienne et nous retrouvons la 112 jusqu'à Saxby Corner. Les premiers reliefs commencent et l'allure augmente, faisant deux victimes, Gaby et moi-même. Je monte à mon rythme, pas envie de forcer mon talent. Je laisse filer les 5 devant. Seb et Martin suivent la cadence imposée par les autres plus costauds. Ciao bambini, on se reverra plus tard. 

Tout le monde s'éclate, à la queue leu leu !

Km 94

Belle descente sur Bromont ou règne un bordel de circulation. Des files d'autos chaudes et puantes, orchestrés par des flics aux intersections pour contrôler le trafic. Je m'extirpe de ce chaos pour attaquer les côtelettes à la sortie du village. Au profit des arrêts forcés, Gaby m'a presque rattrapé. Mais quelques bosses plus loin, il disparait à nouveau. Même principe pour moi et le club des 5 qui me précède. 

Km 106

Joli panorama des monts environnants et donc pas mal de cyclos dans le secteur. Bifurcation à gauche vers Bondville et son charmant coin de villégiature du lac Brôme. Je pédale solo pour rejoindre le lieu de picnic. Mon estomac crie famine, j'ai les crocs. 

Qu'il ferait bon farnienter au bord du lac Brôme ...


Km 115 - Contrôle 2 de Knowlton

Il est 11h lorsque je gare mon bécyk à l'IGA. Comme prévu, ma gang de breveteux est déjà arrivée et attablée autour de leur lunch. Petit tour dans le magasin pour puncher et ramasser ma pitance, croissant jambon, amuse-gueule fromage, raison, noix et crackers.

Après l'effort, le réconfort d'une bonne bouffe

Gaby arrive à son tour. Il donne une leçon d'allemand à l'assemblée plus ou moins attentive, et plus ou moins appréciée par certains. Quelle pipelette, ce Gasby ! Jasette avec Sebastian et Yves à la tablée des immigrés, on parle de soccer européen, le foot quoi ! Finale Italie-Angleterre demain, à ne pas manquer ! Ma boule de cristal me dit que les ritals vont battre les rosbifs aux tirs au but, 3 à 2 ! 

Ma pitance du jour, ben appétissant tout ça !

Mon repas avalé, je me crème bras et jambes pour ne pas cramer cet aprém. Comme je suis prêt, je repars avant tout le monde, les autres me rattraperont.

Les 2 tablées, les québécois pure laine et les immigrés

Km 130

J'aime cette verdoyante 243, d'autant plus qu'elle a été repavée récemment. Peu de vent, température agréable, j'enchaine tranquillement les montées et descentes. Gaby, qui avait suivi mon départ anticipé, a déjà disparu de mes arrières. En revanche, le groupe des 5 missiles me dépasse sans pitié vers le dépanneur Fusée. Ils roulent un ton au dessus du mien et j'ai la flegme de forcer pour les accrocher. Pas très excité le môssieu !

5 missiles me dépassent au dépanneur Fusée

Km 144

Les côtelettes se poursuivent. Peu avant d'arriver à Mansonville, je suis stoppé par une cohorte de motards, venant en sens inverse. L'impressionnante colonne s'allonge sur plus de 500 mètres ! 

Long ruban de motards et motardes, c'est quoi ce beans ?  

Ils arborent tous des froufrous roses pour démontrer leur soutien à la recherche pour le cancer du sein. Il y a d'ailleurs beaucoup de madames dans ce défilé. J'arrive à passer le barrage imposé, prétextant une épreuve chronométrée que je dois réaliser sans trop attendre ! Pause succincte au village à la recherche d'une fontaine d'eau dans le petit parc à touristes, c'est peine perdue. 

Défilé de froufrous roses pour le cancer du sein

Km 150

Je divague dans la vallée de la Missisquoi, toujours solo. Les jambes tournent bien mais je ressens cette fameuse solitude du randonneur démotivé. Le point positif est que la moitié est faite, il reste juste l'autre 50% à pédaler !

Coin de verdure du côté de Glen Sutton

Km 161

Je me rebooste avec une jujube et quelques guimauves pour attaquer la difficulté du jour, la côte de Scénic. À coup de 26x25, je gravis doucement mais sûrement la pente à 11% par endroit. Le sommet des 333 mètres est franchi. Je dévale à toute vitesse sur Abercorn.

L'affreuse maison aux statues d'Abercorn

Km 169

Je retrouve la 139 et son affreuse maison aux statues. Mais c'est quoi cette joke de bâtisse, batinse ? Le vent est maintenant légèrement défavorable, me forçant à appuyer davantage. J'ai hâte de me remplir la panse à la pause du prochain contrôle de Sutton. 


Km 178 - Contrôle 3 de Sutton

Youpi, l'IGA est atteint vers 14h30. Je retrouve mes 5 compagnons sur la fin de leur collation. De multiples bouteilles d'eau jonchent les tables de picnic. Tout le monde recherche l'hydratation, on dirait. Aller-retour pour ramener de quoi me sustenter avec appétit, un taboulé, des crottes de fromage salées, un coke et un dessert bien alléchant mais surgelé, je ne l'avais pas remarqué, crotte ! 

Nouveau lunch à Sutton, Martin et Seb dubitatifs

Sebastian et Martin semblent un peu fatigués mais ils sont toujours avec les bons rouleurs. Je suis un peu surpris, moi qui pensait rouler avec eux, c'est raté. Gabriel arrive un quart d'heure plus tard. J'ai le temps de terminer mon repas pour repartir avec le club des 5, délaissant mon dessert surgelé à Gaby, bien content de bouloter les restes. Je lui donne néanmoins RV au km 212, mon lieu habituel d'arrêt intermédiaire, à l'Ultramar de Dunham.

Km 180

À la sortie de Sutton, il y a ce raidillon assassin avec un parc et des toilettes publiques. Mes 5 lascars s'y arrêtent pour soulager leur vessie, et le reste. Je continue l'escalade seul, avec cette petite avance psychologique, qui aide à appuyer sur les pédales. Quand vont-ils me rattraper, l'épée de Damoclès est au dessus de ma tête. 

Km 192

Je finis de remonter la vallonnée 215 jusqu'au croisement de la 104. Un trio composé de Stéph, Yves et Seb me rejoint et me dépasse. Ils en ont mis du temps ! Qu'en est-il des 2 autres ? Seb accroche toujours le train des 2 rapidos, va-t-il tenir le coup jusqu'à la fin, je suis bien curieux de le savoir. 

Km 198

Je poursuis l'achalandée 104 jusqu'au coin de la 139. Chouette, la route d'habitude fort maganée a été rebitumée à cet endroit. Olive me rattrape, nous faisons un bout ensemble, puis il s'éloigne. Peu de temps après, c'est au tour de Martin de me faire le même scénario. Il a un peu faibli ces derniers kms et préfère continuer à son tempo. Je ne reverrais plus les 5 amigos de la ride, bonne route les gars !

Km 205

Fin de la maudite 104 à Cowansville. Je commence à avoir vraiment soif et mon Camelbak, bien que rempli d'eau fraiche, ne me désaltère plus assez. Je me motive en me fixant l'arrêt à Dunham pour un Perrier bien pétillant et un Magnum glacé.

Km 212

Enfin l'Ultramar salvateur, ça fait du bien quelques bulles fraiches dans le gosier, accompagné d'un délice gelé fraise à la crème. Je profite de la pause pour répondre à ma chérie qui me suit sur le tracker Followmee de mon iPhone, ainsi qu'à quelques uns de mes supporters sur Face de bouc. Cela me prend cette motivation extérieure car faut bien avouer que l'excitation du moment n'est pas au top. Je finis de me gaver de mes fraicheurs et me prépare à repartir. C'est le bon moment que choisit Gaby pour arriver dans le décor. Pas d'arrêt pour lui, nous repartons donc aussitôt.

Km 214

À la brasserie de Dunham, on vire sur la 202, la route des vignobles et vergers du secteur. Beaucoup de gens en promenade profitent des stands de dégustation pour se pavaner sous les parasols, à siroter quelques boissons plus ou moins alcoolisés. Sti, que j'aimerai bien être à leur place plutôt que de me tortiller sur ma selle de vélo qui commence à me faire souffrir. En effet, j'ai voulu essayer un cuissard très confortable sur les petites distances pour voir s'il faisait aussi a job sur de plus longues rides. Conclusion, à plus de 200 bornes, la mousse moins épaisse commence à maganer mon popotin. 

Km 224

Stanbridge East est atteint, on remonte maintenant plein nord vers St Césaire, distant encore de 40 kms. J'hais toujours autant cette portion car il ne se passe rien de notable sur ces petites routes. Certes ce sont de tranquilles paysages de campagne, bien exposées au vent. Mais je suis souvent en manque de jus, désaltéré, isolé et donc démotivé. Heureusement que Gaby est là pour me tenir compagnie ! C'est un peu pour cela que je l'ai attendu tout à l'heure. 

La route plate et le boute plate mais joli du 300

Km 232

Je m'arrête 2 minutes pour avaler un peu d'eau à bulles que j'avais embarqué à Dunham, pour étancher ma soif lorsque le besoin se fait trop sentir. Mon compagnon de route continue de m'abreuver de ses histoires, cela passe le temps mais pas la soif !

Km 249

Voici la route de contournement de Farnham. Encore une tite pause sur un pont à l'ombre en face du Tim, histoire de vider ma vessie, avaler quelques crottes salées et liquider le Perrier. Plus que 16 bornes avant le prochain checkpoint. 


Km 265 - Contrôle 4 de St Césaire

Un bout sur la piste cyclable et retour vers le centre du village pour accoster au Subway, il est 19h. Je jette un œil à l'Ultramar pour voir si nos 5 amis ne seraient pas encore là. Et bien non, déjà repartis, ils sont ! Je me rue au royaume du pain qui pue pour commander une soupe aux champignons. Il me faut du liquide, encore du liquide, pas envie de soumarins de 120 pouces. Ouf, la madame racle le fond du chaudron pour remplir mon bol. Gaby, qui m'imite souvent, n'aura que les dernières gouttes, cependant gratos ! Je prends aussi un Pepsi en fontaine et je refill mon Camelbak de glace pilée pour finir la ride. 

Lunch #3, soupe champi et biscuits choco

On déguste notre souper sur les bancs à l'extérieur. Le soleil et la chaleur déclinent en cette fin de journée. Puis on reclippe pour en terminer avec les dernières 48 bornes. 

Gasby le magnifique, toujours intarissable

Km 270

Nous avons retrouvé la Route des Champs, très tranquille à cette heure-ci. Des marcheurs locaux profitent de la piste pour une balade digestive. Nous progressons facilement, le vent est quasiment tombé, les jambes sont encore bonnes malgré une certaine lassitude. L'astre solaire descend sur l'horizon, en roulant, je grave l'instant sur la pellicule.

Route des Champs prise 2, dans la moiteur du soir

Km 281

Fin de la route cyclable goudronnée à Marieville car ensuite, c'est de la garnotte. On reprend donc la bruyante et mal nettoyée 112, ce serait dommage de faire un flat si près du but. Gaby caracole en tête vers Richelieu. À l'occasion d'une lumière, j'en profite pour le recoller. L'air rafraichit et c'est bien mieux ainsi.

Km 288

On franchit le pont du Richelieu, le soleil est sur le point de s'enfoncer derrière l'horizon. Je ne peux m'empêcher d'arrêter pour saisir encore l'instant, comme si c'était la première fois que j'observais ce phénomène ! Il est 20h42, c'est la 21729éme fois de ma vie que notre étoile solaire se couche. Bon dodo. Du coup, nous mettons les lumières pour voir et être vus. Gaby veut rentrer par la route des bois mais je préfère rentrer par le parcours officiel. Il me suit. 

Pour la énième fois, Galarneau va faire dodo

Km 292

Nous quittons l'infernale 112 pour prendre Bellerive, à bâbord toute. Ouf, c'est le calme revenu. Nous roulons à la brunante et j'adore ce moment. Il reste peu de kilomètres, le brevet achève avec le sentiment du devoir accompli, toutes les misères du jour s'effacent. Au même endroit, un groupe de 6 randonneurs vont terminer de s'arracher les muscles et les poumons pour rentrer au bercail. À chacun son plaisir !

Km 299

Grande Allée, la même que nous dévalions vers 6h30 ce matin, en sens inverse. la journée nous est passée à travers la peau et le corps. Quelle débauche d'efforts consentie. Gaby pique un dernier sprint dans la noirceur, tout excité le bougre. Je discerne juste sa petite loupiote rouge qui clignote dans la nuit. Roxanne ... chante la Police, put on the red light, dans mes écouteurs Bluetooth, toujours pas déchargés. Festival de couleurs et de sensations en ce jour qui s'achève ...

Km 304

Je grille une énième lumière écarlate sous les réprimandes de mon compagnon de virée. Nous enquillons le boulevard du Quartier Dix-30. Ça sent l'avoine ou plutôt le fumier du clapier de Lapinière, qui se transforme en Victoria en arrivant à St Lambert. 


Km 313 - Contrôle final de St Lambert

Personne ne nous acclame à l'arrivée du dépanneur Bon Coin, notre périple se termine dans l'indifférence totale. Il est 21h40, mission accomplie. On s'offre une dernière fraicheur liquide dans nos gosiers, en faisant signer notre carnet d'autographes. Dernière jasette avec Gaby le gaspésien qui me parle de Gaspésie. On discute de mon potentiel voyage là-bas en Août prochain. Sur le Strava d'Yves, je m'aperçois que leur gruppetto de 5, accompagné de Jean récupéré à St Césaire, a terminé vers 20h30. C'est donc seulement une heure d'avance en 100 bornes, pas si pire !

Encore un brevet de bouclé, champagne !!!


Épilogue

Ce fut tout de même une belle journée d'effort accompagné de personnes agréables. C'est encore un brevet de bouclé avec obstination car je dois bien m'avouer que la motivation n'y est plus toujours. Pourtant physiquement, c'est relativement correct, pas de folie cardiaque, pas de mal aux jambes, juste au cul à cause d'un test de cuissard. Mais surtout, petite douleur au bas du dos, ce qui est devenu récurent depuis prés de 3 ans. C'est dommage que le corps m'impose des limites, je dois vivre avec. 

Un peu magané mais heureux quand même !

Je constate néanmoins qu'il faut des objectifs en vue, genre PBP ou autres, pour se motiver à rouler plus d'une journée à vélo. 

Et le défi n'est plus là, pour moi, en tout cas. 

Mais une chose perdure, c'est même le titre de ce blog: J'aime le Vélo !!!

Ma fidèle monture m'emmène vers de nouvelles aventures ...


Voici le compte rendu de Jean:

Neuf cyclistes au départ de ce brevet de 300Km. Météo favorable avec pratiquement pas de vent aujourd'hui.

Peloton serré jusqu'à la sortie de la ville (km 10) puis j'ai pris le large. Richard m'a rattrapé à Chambly puis on a roulé ensemble. Au premier contrôle une amie, Hanh, devait être partie de ce point de contrôle vers 7h00 pour faire la boucle de 200Km qui repasse par ici. Je ne vois pas son auto mais elle l'a certainement garée au IGA d'en face. Je repars donc avec Richard sans avoir vu la gang de derrière. 

À Granby de reçois un appel de Hanh qui est à Bromont. Je pensais peut-être la rejoindre au contrôle #2 mais je la rejoindrai finalement à 11h30 dans le village de Mansonville (km 143) où je laisse partir Richard et terminerai la boucle jusqu'à St-Césaire avec Hanh. Avant d'arriver à St-Césaire Hanh et moi faisons une petite pause à Farnham où un petit groupe de randonneurs nous dépasseront sans nous en rendre compte. 

En arrivant à St-Césaire le groupe formé de Martin, Olivier, Yves, Stéphane et Sebastian remplissent leurs gourdes d'eau puis on repart direction St-Lambert après avoir dit au revoir à Hanh. La rentrée au bercail se fera plutôt rapidement car il me reste pas mal d'énergie. Je les ai tirés pratiquement tout le long à 33-34km/h. Tout le monde a terminé avec l'impression d'avoir vécu de beaux moments et on se dit à la prochaine.

Un petit message de Richard à Jean:

Je suis arrivé à 18h48. Merci d’avoir donné le tempo ce matin. Après t’avoir laissé, j’ai maintenu le tempo jusqu’à la fin en me motivant pour une arrivée avant 19h. Ce résultat me réconcilie avec moi-même suite à mon abandon au Défi des 21.Ce 12h48 de vélo en temps réel constitue mon meilleur temps sur ce parcours, j’en suis très content. Merci encore, il y a beaucoup de toi dans ce résultat.


samedi 5 juin 2021

Conditions difficiles pour un 200 sans Audax ;-((

 Prologue

Fort du beau succès de l'Audax de la semaine passée, j'ai demandé à Jean de remettre la formule au programme du brevet de 200 bornes de ce samedi. Malheureusement, à la lecture de la liste des participants, avec une dizaine de bons, voir de gros rouleurs, je me rends compte que je serai certainement l'unique cyclo du peloton Audax. Mais bon, attendons le jour J, des fois que des inconnus s'inscrivent sur place, et viennent grossir les rangs des Audacieux.

Y aura t il des Audacieux dans cette gang ?


Samedi 5 Juin 2021

Le jour J est arrivé. Il fait beau et chaud, ou l'inverse. En tout cas, la canicule est  annoncée pour ce début Juin, l'été promet d'être chaud dans les maillots ! En partant de mon condo ce matin à 6h, la température approche effectivement les 20 degrés, ça va donc chauffer. Il y a du monde quand j'arrive, pourtant tôt, au parking de la VM. Le propriétaire de la célèbre Camry avec son classeur de documents sur le top du coffre, commence la distribution des cartes postales. 


Prêt pour la distribution !

La dizaine de personnes prévues durant la semaine se pointe une à une. Voici Kevin le breton, Fred le champenois, Carl la fléchette diabétique, Jonathan le hipster montréalais, Yves le vietnamien, Stéphane l'avocat bicycologue, Jean le président, Martin le garde du corps du président, Hyun le sud-coréen néophyte des brevets et enfin Pascal le picard surgelé, votre narrateur ! 

Jean bénit les 3 frenchies au départ

C'est donc confirmé, je serai le seul Audacieux du jour, à moins que Hyun avec son gravel bike à gros pneus et grosses cuisses, décide de rouler à mon rythme mollo. Nous verrons bien sur la route. 

Bretagne vs Champagne, ça va pétiller !

Avant le départ, nous échangeons quelques mots sur l'avenir du club, il y a de l'animosité dans l'air, et quelques discussions enflammées ! Nous reprenons nos esprits pour prendre la photo d'un groupe uni. Chacun sort son plus beau sourire, rempli de joie et d'enthousiasme. C'est parti pour 200 bornes dans cette chaude journée de printemps. 

Décompte final : 9 Randonneurs et 1 Audacieux ;-((


Étape 1, de St Lambert à St Cyprien de Napierville, 43 km

Traditionnel coup de pistolet vers 7h02, avec le feu d'artifice d'entrée. Après avoir roulé dix mètres ensemble, bye bye Fred, Carl, Kevin et Jo ! Ces 3 derniers jeunots devraient s'entendre comme larrons en foire ! Stéph et Yves se détachent ensuite, nous sommes 4 à l'arrière garde, Jean, Martin, Hyun et bibi. 

Je fais connaissance avec le nouveau venu (de Hyundai !), sud-coréen bien entendu, en provenance de Vancouver, arrivé fraichement à Montréal pour une job dans les satellites. Nous jasons en anglais, of course, il me dit vouloir participer au Paris-Brest-Paris un jour, il s'attaque donc à la série de brevets randonneurs du club. J'apprends aussi que sa distance maxi est de 140 bornes mais qu'il est là pour apprendre les rudiments de la longue distance. Je lui fait remarquer que son vélo est parfait pour les chemins, moins adapté pour la route. Il promet de troquer ses gros pneus de 40 à petits crampons pour des slicks étroits lors du brevet de 300 de la semaine prochaine.

Le Vélo(ster) de Hyun(dai)

À peine 7 kms de roulés que Martin nous fait un flat. Bien sûr, son bon ami Jean l'assiste pour réparer. Hyun fait de même, peut-être à cause de ses bonnes manières coréennes ! Bon ben, j'attends aussi alors, bien que ce ne soit pas mon peloton Audax ! C'est juste une bande de randonneurs à allure libre, de nature sans pitié ! Une fois la chambre à air neuve remise, le pneu ne se gonfle pas. 

Les bricoleurs de tripes

C'en est trop pour moi, je décide de laisser mes lascars à leur propre sort de bricoleurs de tripes. J'emmène Hyun dans mon sillage car je soupçonne que leur manège peut durer très longtemps. En effet, ils feront une 2éme crevaison de l'arrière puis une autre de l'avant. Quelle aventure pour eux, on ne les reverra qu'au contrôle de Franklin, soit dans 100 bornes.

Nous voilà donc en paire avec Hyun, à commencer notre bataille contre le vent car celui-ci va nous souffler pleine face sur 60 kms, le temps de rattraper la frontière. Je lui propose de  nous organiser en relais pour avancer efficacement et ainsi partager notre effort. Au début, tout va bien, nous sommes plein de force, la moyenne évolue autour de 25 en traversant les pistes cyclables de Candiac. 

Puis à la sortie du village, dans la cambrousse éventée, Hyun décide de mettre le turbo. Ce doit être un Veloster ! Je le suis donc en serrant les dents et en me retroussant les narines car Éole a redoublé d'intensité dans le secteur. Nous enchainons les relais, les miens étant moins rapides que les siens, alors je lui refile rapidement la conduite de notre duo. Nous carburons ainsi, l'un derrière l'autre, jusqu'au premier contrôle de St Cyprien de Napierville, du km 43. 

Nous y retrouvons le duo Yves-Stéph prenant un café avec viennoiseries. Je vais pisser, puncher et m'acheter le même kit. Yabon pour refaire le plein d'énergie car ce petit sprint matinal en keirin m'a pas mal entamé les jambonneaux. J'ai aussi mal au bas du dos et ce n'est pas bon signe. 

Yves et Stéph (en chaussettes) au tit déj

On discute un bon quinze minutes et toujours pas de trace de Jean-Martin. On subodore qu'ils ont dû avoir d'autres petits problèmes de fuite ! Quelque peu requinqués, nous remettons en route vers notre destin côteux.

Hyun le néophyte ? Pas vraiment !


Étape 2, de St Cyprien de Napierville à Franklin, 66 km, total 109 km

C'est reparti mon kiki, à 4 cette fois, les relais devraient être plus espacés. Chacun s'exécute et on tourne tous les 2-3 bornes. Ça roule bien et je semble avoir repris du poil de la bête. Je prends même quelques clichés du gruppetto en action, avec Hyun en tête, suivi de Yves puis Stéph. 

Quelques secondes avant l'impact ...

Km 51, à peine le temps de ranger la caméra dans ma poche arrière, que notre avocat de service se met en butée sur la roue arrière de Yves. Lorsque celui-ci s'écarte, Stéph s'écrase au sol juste devant moi. Je pile, je reste en équilibre, et je suis incapable de déclipper. Boum Bada Boum !!! Je touche l'asphalte à mon tour, sur le coude et le genou. Chacun se redresse de sa fâcheuse position puis nous allons constater nos bobos sur le bas côté. Plus de peur que de mal mais on aurait pu s'en passer. 

... Boum Bada Boum !!! 

Nous nous remettons de nos émotions et poursuivons notre progression en relais. Hyun est devant plus qu'à son tour. Il ne daigne pas laisser la pôle position à la fin de ses 3 kms, encore ses bonnes manières coréennes, très certainement. Les autres derrière en profitent allègrement, en restant bien planqués dans sa roue. Au bout de 10 bornes de Hyun Solo, je me décide à le dépasser pour le soulager un peu. 

Nous voilà au km 63 et la bifurcation à l'ouest sur la Montée Glass. C'est le début du toboggan infernal vers la Covey Hill, le fameux bout que je n'apprécie guère. En effet rendu là, j'ai dû puiser dans mes ressources pour suivre la gang. Puis ça joue tout le temps à saute colline pendant une trentaine de bornes. Et surtout aujourd'hui, la température a monté sérieusement d'un cran. Bref, au premier raidillon, j'ai du mal à suivre le rythme imposé par Hyun, encore lui, cette bête de muscles. Je décroche donc bien sagement, pour revenir à mon allure de croisière. 

Sur le Chemin Roxham, mes acolytes se sont arrêtés. Est-ce pour m'attendre, se crémer contre le soleil ou reprendre un peu d'énergie ? C'est ben gentil de leur part mais je leur signale que je vais rouler à ma vitesse pépère, le juge de paix étant encore à 20 bornes. Je repars donc seul, mon trio me rejoint ensuite et disparait dans le lointain. 

Je connais cette route par cœur et ses petits coups de cul assassins. Surtout lorsque le vent souffle de face, avec personne pour t'abriter ! Je me traine à une maigre moyenne mais que voulez-vous, tout le monde ne s'appelle pas Fred Perman ! Au pied de la CH, je m'arrête pour une tite pause, je commence en effet à me déshydrater d'aplomb. J'ingurgite des guimauves pour me booster en sucre rapide puis redémarre sous la fournaise pour escalader le piton rocheux !

J'aperçois le trio des jeunes, déjà sur la route du retour. J'apprendrais que Carl a aussi eu un coup de bambou dans les côtelettes, la surchauffe y est sûrement pour quelque chose. Quant à moi, tant bien que mal, je me hisse au sommet pour espérer dévaler sans effort de l'autre côté. Mais le vent n'est pas de cet avis et il va me falloir appuyer solide sur les pédales pour avancer à vitesse respectable. D'autant plus que le ciel s'obscurcit de nuages bien noirs et que les rafales venteuses s'intensifient. Miss météo a prévu de la flotte sous forme d'orages violents aux alentours de midi, tout s'aligne comme prévu, Banzai !

Ciel bien menaçant à Frankiln 

Quelques gouttes commencent à clapoter sur la chaussée. Je rassemble alors les dernières forces qui me restent pour piquer un sprint jusqu'au checkpoint de Franklin du km 109, vent dans le dos, puisque j'ai changé de direction. À peine le temps de garer mon bécyk, que la pluie se met à tomber fortement. Ouf, je l'ai échappé belle. Ce n'est pas le cas du duo Jean-Martin qui arrive quelques minutes après, bien rincés par l'averse, avec le tonnerre qui gronde tout proche.

Viva los Amigos !

Je vais chercher ma pitance bien méritée à l'Amigos, sandwich au poulet haché et coke, que je m'enfile sur les fauteuils en bois, à l'abri de la pluie. Yves, notre monsieur météo, nous confirme que l'orage va passer et que ça devrait être correct jusqu'à St Lambert ... avant le prochain orage !

Y a toujours des cyclos égarés dans le secteur


Étape 3, de Franklin à St Édouard, 54 km, total 163 km

Ayant passablement repris du peps, avec du coke, je me décide à repartir avant mes compagnons, encore à déguster leur repas. 

Les rockstars du flat rechargent les accus

Je sors le célèbre, Catch me if you can ! Cela me donne au moins le luxe de penser que je ne suis pas le dernier du troupeau, ce qui me motive, un peu. C'est reparti sur le 26x25 à gravir le petit raidard à la sortie de Franklin, qui me hisse à nouveau sur le chemin de la Covey Hill. 

Ensuite 8 bornes de faux plat pour retrouver le sommet de la CH et les multiples cyclos qui se baladent dans ce secteur très prisé. Quelques gouttes font leur apparition dans la descente vertigineuse. Je fais gaffe, mais cela cesse bien vite. Au moins, ces nuages d'averse ont eu pour effet de baisser la température, c'est plus respirable pour rouler. Le vent est maintenant favorable, ce qui permet d'alléger mon coup de pédale. Au bout de la 203 en reprenant le Chemin Cowan, mon trio du matin, Hyun-Yves-Stéph, me rattrape. J'essaie d'accrocher les roues, sans tomber. Même avec le vent dans le dos, je n'arrive pas à suivre leur tempo et mon rythme cardiaque s'affole à nouveau. Je lâche le morceau assez vite et reprends ma vitesse pépère. Ce n'est pas la grande frite, mon pote ! 

Cela donne à réfléchir sur mes ambitions prochaines de vélo. Un 400 avec Roger, un 1000 début Juillet ! Il faudra refaire le point sur ma forme pour envisager de tels exploits, peut-être d'un autre âge pour moi ! C'est certain que je veux faire ce brevet de 400 avec mon fidèle gaspésien. Il est vraiment décidé et je lui ai promis de l'accompagner dans cette galère ! Faudra juste pas de canicule, mon organisme semble très mal supporter la chaleur intense. Faudrait pas non plus, trop jouer avec sa santé.

Je rattrape la 219, ou mon trio à majorité asiatique, s'est arrêté pour une pause hygiène et revigorante. J'en profite pour détendre mes muscles bien entamés par cette dure journée. La chute n'a sûrement pas aidé dans tout ce méli-mélo de sensations. J'ai encore une contracture dans le mollet gauche mais elle devrait passer avec le temps. Nous repartons pour 17 bornes jusqu'au 3ème contrôle, le trio en tête, et moi derrière, à la ramasse. Je me retourne de temps en temps, en espérant ne pas me faire rattraper par le duo Jean-Martin, les spécialistes de la crevaison. Aussi, j'effectue un CLM pour les quelques bornes restantes, avec le clocher du village en point de mire.

Ouf, je touche à l'église et au Brosco de St Édouard du km 163. Pause casse croûte encore bien attendue. Le duo infernal arrive juste 2-3 minutes après moi, j'ai ressenti leur souffle dans mon cou ! Un petit tour au dép pour dévaliser la caissière d'un pepsi et d'un autre sandwich sans trop de goût, histoire de me mettre quelque chose dans l'estomac. Nous faisons la dinette, attablés à 6 autour de notre festin. 

Hyun est tout étonné d'être là

Certains s'enfilent du pop corn, du gros n'importe quoi. L'important est de recharger les accus et de se remettre un peu de sel et de sucre derrière la cravate. Bon, c'est pas tout ça mais j'ai un foutu brevet à finir, je déclenche la reprise des hostilités.

La gang du popcorn


Étape 4, de St Édouard à St Lambert, 37 km, total 200 km

Nous repartons par un petit bout vent arrière, je mène la cadence à plus de 30 à l'heure. Un changement de cap avec rafales violentes dans la face, me ramène bien vite à l'ordre. Je ne peux que constater l'éloignement progressif de mon peloton non Audax, vive les Randonneurs ! Je bataille donc solo parmi quelques rangs plus ou moins exposés dans la campagne montérégienne. On finit toujours par retrouver cette banlieue habitée, synonyme de routes moins exposées au fureur d'Éole. Re-bonjour Candiac et tes pistes cyclables sympathiques. 

Revoici Taschereau, vent dans le dos, et des nuages menaçant dans le proche lointain. Faudrait peut-être activer la cadence si je veux rentrer au sec. Enfin Pelletier et Victoria et me voilà rendu. Les 5 randonneurs ne sont arrivés que depuis 10 minutes, je ne suis pas si poche que ça, tout compte fait, en solo en plus ! En regardant sur les rides Strava de mes compagnons, j'ai remarqué qu'ils sont passés par les pistes cyclables de Brossard et non par Taschereau, c'est quoi ce beans !

Hello les boys, me revoilou !


Épilogue

Bien content d'en avoir terminé, sain et sauf. Au moins en solitaire, il n'y avait personne pour me faire tomber ! Je déconne Stéph, c'était pas de ta faute, ni de la mienne ! 10h35 pour dérouler ces 200 bornes archi-connues, c'est loin d'être mon meilleur ! Mais les conditions furent assez difficiles, merci ! Nous avons à peine le temps de nous raconter nos exploits de la ride, de prendre la photo d'adieu, qu'il faut déjà plier les gaules et filer se mettre à l'abri car l'orage est à notre porte. 

Tirons-nous, on va s'en prendre une bonne !

Je pédale donc comme un forcené, ayant retrouvé des forces ultimes pour rejoindre mon condo. Mon fiston est venu me visiter de Québec, oh joie indescriptible ! Mais cela est ma vie privée, so no comment.

Alors, comme d'habitude, à la prochaine ? On verra ! 

Pour le 400, avec Roger ? Certainement ! 

Si et seulement si une canicule n'est pas annoncée ! 

À suivre ...

Mes stats sur Strava


Le compte rendu de Jean:

10 cyclistes au départ dont un nouveau participant Coréen Hyun Jang. Il est venu avec un bon vélo mais muni de pneus de 45mm pas lisse du tout. On pensait qu'il trainerait loin derrière mais ce fut tout le contraire. Il a tiré le peloton du milieu plus qu'à son tour. Fait à noter Martin Dugré n'avait que 200Km de piste cyclable de fait cette année.

Dès le départ les 4 plus rapides sont partis à l'avant et je ne les ai jamais revu. Pascal aurait bien aimé avoir quelques participants pour la formule Audax mais à part peut-être Hyun, les autres étaient trop rapides pour cette formule. Quoiqu'il en soit on a fait un bon bout ensemble jusqu'à ce que Martin fasse une crevaison sur son pneu arrière. Pascal et Hyun nous ont attendu un peu mais avec notre insistance pour qu'ils repartent sans nous attendre ils sont finalement repartis. Avec ses pneus de 45mm je ne voulais pas devoir attendre Hyun ni Pascal une fois la crevaison réparée.

En pompant le pneu on s'aperçoit que la chambre à air neuve est déjà percée. On redéfait le tout, on en remet une autre et on repart. 5 Km plus loin il en fait une sur sa roue avant. Tout ça nous a pris un bon 45 minutes alors en arrivant au premier contrôle (km 43) il n'y avait plus personne.

En route pour le second contrôle les 200Km dans les pattes de Martin ne semblent pas pouvoir rivaliser avec mes 1300Km. Je dois baisser un peu le rythme pour qu'il me suive. On arrive au second contrôle (km 110) vers 12h30, après s'être fait arroser d'une petite pluie durant les derniers 30 minutes. Notre gang du départ est là et on dîne ensemble. On apprend que Stéphane à accroché la roue de Hyun dans un moment d'inattention et qu'il a chuté. Il a quelques éraflures et son maillot est troué mais rien de brisé.

Ils repartent 20 minutes avant nous et nous nous retrouverons tous au troisième contrôle (St-Édouard Km 164). On prend un bon arrêt à cet endroit car on est bien installé dehors aux tables du Bosco et on repart tous les six ensemble. Seul Pascal n'est pas capable de suivre notre rythme et on le perd dans les 5 premiers kilomètres mais il arrivera au dernier contrôle que 10 minutes après nous.

C'est vrai que Hyun roule bien malgré ses pneus de 45mm à crampons. J'ai bien hâte de le voir au 300Km avec de vraies roues de route.

Finalement ce fut une très belle journée malgré un peu de vent et de pluie à l'aller. Il devait faire très chaud mais la pluie vers midi a fait baisser la température de quelques degrés. Le retour s'est fait rapidement avec parfois un vent de 30Km/h de dos.